Vlaams Belang

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Vlaams Belang
Image illustrative de l'article Vlaams Belang
Logo officiel
Présentation
Président Tom Van Grieken
Fondation 1978
Siège Place Madou 8/9
1210 Bruxelles
Positionnement Extrême droite[1]
Idéologie Nationalisme[1]
Séparatisme[1]
Populisme
Euroscepticisme
Identitarisme
[réf. nécessaire]
Affiliation européenne Europe des nations et des libertés
Couleurs Noir et jaune
Site web http://www.vlaamsbelang.org/
Représentation
Députés européens
(collège électoral néerl.)
1 / 12
Députés fédéraux
(groupe néerlandophone)
3 / 87
Sénateurs
(groupe néerlandophone)
2 / 35
Députés flamands
6 / 124
Députés bruxellois
(groupe néerlandophone)
1 / 17

Le Vlaams Belang (« Intérêt flamand »), qui s'appelait Vlaams Blok (« Bloc flamand ») jusqu'au , est un parti politique d'extrême droite et nationaliste flamand. Aux élections du Parlement flamand du , le Vlaams Belang a recueilli 15,30 % des votes, maintenant ainsi sa place de deuxième parti flamand, derrière le CD&V (chrétiens-démocrates), et ce malgré une chute de près de 10 % de son nombre d'électeurs. Un an plus tard, aux élections fédérales flamandes, le Vlaams Belang a encore reculé en n'enlevant que 12,6 % des voix et douze sièges de députés, ce qui le place au rang de cinquième parti flamand. Son groupe au parlement Européen est Europe des nations et des libertés depuis le 16 juin 2015.

Histoire[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Aux élections du , le Vlaams Blok était une sorte de cartel réunissant deux dissidences de la Volksunie : le Vlaams Nationale Partij (« Parti national flamand ») de Karel Dillen et le Vlaamse Volkspartij (« Parti populaire flamand ») de Lode Claes. Ces deux partis s'étaient séparés de la Volksunie, le parti nationaliste flamand, à la suite d'un désaccord sur le pacte d'Egmont[2].

Karel Dillen fut le seul élu et la tendance qu'il représentait finit par prendre l'ascendant : le Vlaams Nationale Partij fusionna définitivement avec l'aile radicale du Vlaams Volkspartij pour former le Vlaams Blok. Lode Claes disparut de ce nouveau parti. Karel Dillen décrivit dans un Manifest van het rechts Vlaams-nationalisme (« Manifeste du nationalisme flamand de droite ») les conceptions fondamentales du parti.

Le 18 novembre 1992, le Parlement flamand vote une motion qui condamne le programme « anti-immigrés » du Vlaams Blok.

Schéma des partis nationalistes flamands.

Transformation du Vlaams Blok en Vlaams Belang[modifier | modifier le code]

Le Vlaams Belang lors de la Coupe Sels 2015 à Merksem.

Le , lors d'un congrès réuni à Anvers, le Vlaams Blok se dissout et refonde un nouveau parti avec les mêmes personnes et essentiellement le même programme : le Vlaams Belang[3].

Le congrès faisait suite à la décision de la Cour de cassation de Belgique, le 9 novembre, de confirmer un précédent arrêt de la cour d'appel de Gand, le [4], qui condamnait pour racisme et xénophobie plusieurs associations « proches » du Vlaams Blok : Vlaamse Concentratie (VC), Nationaal Vormingsinstituut (NV) et Nationalistische Omroepstichting (NOS), à de lourdes amendes pénales et risquait d'entraîner, à court terme, une mise hors-la-loi du parti lui-même[5]. En effet, la loi dit qu'un parti que la justice qualifie de « raciste » peut se voir priver de sa dotation publique. Or le VB ne pouvait prendre le risque de voir ainsi s'échapper une partie non négligeable de ses finances[6].

Le parti change donc de nom, tout en conservant les mêmes initiales (VB) et les mêmes couleurs, le noir et le jaune, qui sont celles de la Flandre. En prévision de l'arrêt du 9 novembre, qui était attendu, le parti avait préalablement modifié ses statuts, renonçant à demander « le renvoi vers leur pays [d'origine] de larges groupes d'immigrés non-européens », et fait désormais campagne pour une non-acceptation de ceux qui « rejettent, nient ou combattent notre culture »[7].

Le président du Vlaams Blok, Frank Vanhecke, qui devrait jouer un rôle comparable dans le nouveau parti (de même que les autres figures marquantes telles que Filip Dewinter) appelait récemment[Quand ?] au départ immédiat des immigrés clandestins et à la nécessité, pour les immigrés respectant les conditions de séjour, de « s'adapter à notre manière de vivre, à notre langue et à notre culture ».

Durant la législature 2000-2006, un élu Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V) du district de Deurne passe au Vlaams Belang devenant ainsi le tout premier échevin de ce parti.

Ascension[modifier | modifier le code]

De 1978 à 2004, le parti a connu une ascension lente mais irrésistible jusqu'à recueillir 24 % des votes aux élections du Parlement flamand du , devenant ainsi le deuxième parti flamand, derrière le cartel CD&V/N-VA (démocrates chrétiens + nationalistes).

Déclin[modifier | modifier le code]

À partir de 2011, le parti commence son déclin électoral[8].

Lors des élections communales à Anvers du 14 octobre 2012, le Vlaams Belang chute de 33,51 % à 10,18 % soit un recul historique de plus de 23 points[9].

Cet échec historique est dû à Bart De Wever[réf. nécessaire], leader de la N-VA, qui siphonne les voix du Vlaams Belang et remporte les élections à Anvers avec 37,68 % des voix contre 28,62 % pour la liste de cartel sp.a-CD&V emmenée par Patrick Janssens[9].

Après la victoire de Bart De Wever, le Vlaams Belang, laminé, offre ses services à la N-VA pour monter une coalition, son leader Filip Dewinter déclarant : « Le Vlaams Belang a semé pendant des décennies afin que la N-VA et Bart De Wever puissent maintenant moissonner »[10].

Dans le même temps, la section de Bruxelles du Vlaams Belang dénonce (en français) sur son site le « Frankenstein politico-médiatique NVA, produit sponsorisé par le régime, bricolé pour servir de caisse de résonance d’une partie du patronat flamand et pour réduire l’électorat du Vlaams Belang » avec un programme qui « est sur les questions de la sécurité et de l’immigration un copié-collé de celui du Vlaams Belang »[11]. Dans la foulée, le parti obtient le soutien d'un autre parti d'extrême droite européen, le Front national de Marine Le Pen[12],[13].

Aux élections de 2014, le parti perd énormément de voix et de sièges au profit de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA)[réf. nécessaire]. En effet, le Vlaams Belang perd neuf sièges à la Chambre des représentants, n'ayant plus que trois élus. Au Parlement flamand, le parti passe de vingt à six députés. Enfin, au Parlement européen, le parti n'a plus qu'un élu, en la personne Gerolf Annemans.

Programme et positionnement politique[modifier | modifier le code]

La plupart des observateurs politiques situent le Vlaams Belang à l'extrême droite[14]'[15].

Le Vlaams Belang milite pour le départ des immigrés et pour l'indépendance de la Flandre sous prétexte que la Belgique est « une construction artificielle et incohérente ». Multipliant les accusations de corruption contre le gouvernement, il a contraint plusieurs ministres[Lesquels ?] à démissionner[réf. nécessaire].

On trouve aussi dans son programme les thèmes de la sécurité et de la défense de la famille traditionnelle, entre autres par l'instauration d'un salaire pour les hommes et femmes au foyer.

En prévision des élections du 10 juin 2007, Filip De Man (qui a notamment déclaré que l'islam ne pouvait être compatible avec la démocratie[16]'[17]) dévoile quelques éléments de la prochaine campagne (cité dans le journal De Morgen) : « Nous retournons à la base, à la source : contre l'immigration massive, pour la protection de notre culture européenne supérieure » [18].

En novembre 2004, la Cour de cassation a confirmé le jugement prononcé par la cour d’appel de Gand qui avait infligé des amendes au parti nationaliste flamand pour « incitation permanente à la ségrégation et au racisme »[19]'[20].

Plusieurs reportages dont celui du journaliste Jean-Claude Defossé réalisé pour la RTBF (un documentaire intitulé « La face cachée du Vlaams Blok »), se sont également efforcés de mettre en avant l'idéologie raciste et xénophobe de ce parti[réf. nécessaire].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Parlement fédéral[modifier | modifier le code]

Chambre des représentants[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges
1978 75 635 1,37
1 / 212
1981 66 424 1,10
1 / 212
1985 85 391 1,41
1 / 212
1987 116 534 1,9
2 / 212
1991 405 247 6,6
12 / 212
1995 475 677 7,8
11 / 150
1999 613 399 9,87
15 / 150
2003 767 605 11,59
18 / 150
2007 799 844 11,99
17 / 150
2010 506 697 7,76
12 / 150
2014 247 746 3,67
3 / 150

Sénat[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges
1978 80 809 1,47
0 / 106
1981 71 733 1,20
0 / 106
1985 90 120 1,50
0 / 106
1987 122 953 2,0
2 / 105
1991 414 481 6,8
5 / 70
1995 463 896 7,8
3 / 40
1999 583 208 9,42
4 / 40
2003 741 940 11,32
5 / 40
2007 787 782 11,89
5 / 40
2010 491 547 7,60
3 / 40

Entités fédérées[modifier | modifier le code]

Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges
1989 9 006 2,06
1 / 75
1995 12 507 3,03
2 / 75
1999 19 310 31,89[21]
4 / 75
2004 21 297 34,07[21]
6 / 89
2009 9 072 17,51[21]
3 / 89
2014 3 006 5,62[21]
1 / 89

Parlement flamand[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges
1995 465 239 12,33
15 / 124
1999 603 345 15,54
20 / 124
2004 981 587 24,15
32 / 124
2009 628 564 15,28
21 / 124
2014 248 840 9,36
6 / 124

Parlement européen[modifier | modifier le code]

Résultats dans le collège néerlandophone.
Année Voix  % Sièges Rang Groupe
1984 73 174 2,10
0 / 13
6e
1989 241 117 6,59
1 / 13
6e NI
1994 463 919 12,56
2 / 14
4e NI
1999 584 392 15,09
2 / 14
3e NI
2004 930 731 23,16
3 / 14
2e NI (2004-2007), ITS (2007) et NI (2007-2009)
2009 647 170 15,88
2 / 13
3e NI
2014 284 891 6,76
1 / 12
6e NI (2014-2015), ENL (depuis 2015)

Les têtes du parti[modifier | modifier le code]

Le Vlaams Belang est aujourd'hui représenté principalement par deux figures de proue : Filip Dewinter (député à la Chambre des représentants) et Gerolf Annemans (député au Parlement européen). Le président est Tom Van Grieken.

Vlaams Belang (asbl)[modifier | modifier le code]

Le Moniteur belge faisant foi, il existe une asbl homonyme Vlaams Belang (nom choisi comme un pied de nez à l'autre) constituée à Liège le 8 novembre 2004, par Thierry Bodson, Marc Goblet, Vincent Grignard et Pierre Heldenbergh.

Cette asbl a pour objet la défense « des valeurs démocratique en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles, de s'opposer à la montée des partis d'extrême droite, et de donner l'occasion à l'ensemble des citoyens de manifester leur attachement aux valeurs démocratiques »[22].

À ne pas confondre donc avec le parti politique « Vlaams Belang » qui est, de son nom complet, l'asbl Algemeen Vlaams Belang (en abrégé AVB), constituée à Bruxelles le 22 décembre 2004, par Frank Vanhecke, Gerolf Annemans, Philip Dewinter et Patsy Vatlet[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe » (consulté le 22 juillet 2015)
  2. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2010, p. 231.
  3. Libération, 10 novembre 2004.
  4. Le portail du droit belge, 10 novembre 2004.
  5. Libération, 24 avril 2004.
  6. B. Cadranel et J. Ludmer, La législation concernant le financement des partis liberticides, CRISP, Courrier hebdomadaire no 2001-2002, 60 p., 2008.
  7. La Croix, 12 novembre 2004.
  8. Teun Pauwels, « Le Vlaams Belang », in Pascal Delwit, Jean-Benoit Pilet, Emilie van Haute (Eds), Les partis politiques en Belgique, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2011, p. 219-235
  9. a et b xxx, « Elections 2012 », RTL Info,‎
  10. A.L. avec Belga, « Bart De Wever futur bourgmestre d'Anvers: avec quelle coalition? », RTBF,‎
  11. Site de la section de Bruxelles du Vlaams Belang
  12. La Libre, 24 janvier 2014.
  13. Johan Gulbenkian, Alliance Front national-Vlaams Belang, Marine Le Pen à Bruxelles pour soutenir l'extrême droite flamande, RésistenceS, 3 janvier 2014.
  14. Jérôme Jamin, 30 ans de lutte contre le racisme en Belgique : bilan et perspectives, Département de Science politique - Université de Liège, in La Revue Nouvelle, avril 2013/no 4.
  15. Dirk Voorhoof et Ann Braeckman, De veroordeling van drie Vlaams Blok VZW's in toepassing van de antiracismewet. Implicaties voor de VRT, Université de Gand, décembre 2004.
  16. Nadia Geerts, Islam : Le Vlaams Belang ne parle plus d’une même voix, RésistanceS, mis en ligne le 26 mars 2005.
  17. Interview, NovoPress, 9 mai 2012.
  18. http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/334681/le-vlaams-belang-renoue-avec-sa-ligne-dure.html
  19. RFI, 9 novembre 2004.
  20. (nl) « Hirsi Ali wil Vlaams Belang verbieden », De Standaard, Anvers,‎ (lire en ligne)
  21. a, b, c et d Pourcentage selon les résultats du collège électoral néerlandophone
  22. (fr)[PDF]Publication aux annexes du Moniteur belge, 22 NOV 2004 sur ejustice.just.fgov.be
  23. (fr)[PDF]Publication aux annexes du Moniteur belge, 31 DEC 2004 sur ejustice.just.fgov.be

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Vlaams Belang.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Euro-Rus, organisation fondée en 2003 par un ancien du mouvement Vlaams Belang

Liens externes[modifier | modifier le code]