Enzo Traverso

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Enzo Traverso (né le à Gavi, dans la province d'Alexandrie, au Piémont) est un historien italien, actuellement professeur à l'université Cornell aux États-Unis[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié l’histoire contemporaine à l’université de Gênes, Enzo Traverso s’installe à Paris, en 1985, où il obtient son doctorat à l’EHESS, en 1989, sous la direction de Michael Löwy. Il travaille pour l’Institut de recherche et de formation d’Amsterdam entre 1989 et 1991, puis à la BDIC de Nanterre jusqu’en 1995, lorsqu’il est recruté par l’université de Picardie comme maître de conférences. Il est professeur de science politique depuis 2009. Il a aussi enseigné comme chargé de cours à l’université Paris-VIII (1993-1995) et à l’EHESS (1995-1997). Il a été professeur invité dans plusieurs universités en Allemagne (université libre de Berlin), Belgique (université libre de Bruxelles), Italie ([uUniversité de Macerata]], université de Venise), Espagne (université de Valence, université autonome de Barcelone), Argentine (université nationale de La Plata) et Mexique (UNAM, INAH, université Claustro). Il a participé à des colloques et donné des conférences dans plusieurs pays européens et latino-américains, ainsi qu’aux États-Unis et au Canada.

Il est ou a été membre du comité de rédaction et du conseil scientifique de plusieurs revues françaises et étrangères, parmi lesquelles La Quinzaine littéraire (1993-2000), Lignes (2002—), Illusio (2004-), Contretemps (2001-2007). Il a été membre du collectif éditorial de La Fabrique (1998-2008).

Ses recherches portent sur l'histoire politique et intellectuelle du XXe siècle, ainsi que sur l'histoire sociale et culturelle des violences du monde contemporain.

Enzo Traverso fut membre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) (jusqu'à la disparition de ce mouvement en 2009) et contribuait à ce titre aux publications Rouge et Critique communiste.

Ses travaux[modifier | modifier le code]

Il est spécialiste de la philosophie juive allemande, du nazisme, de l'antisémitisme et des deux guerres mondiales.

Enzo Traverso analyse les parallèles entre nazisme et stalinisme. Il est attentif aux cycles historiques : Europe entre 1914 et 1945, Révolution française et époque napoléonienne, guerre de Trente Ans. Ses réflexions portent sur la culture de la guerre, le carnavalesque des conflits, la violence faite aux populations[2].

Dans son ouvrage La fin de la modernité juive : Histoire d'un tournant conservateur, il avance que l’antisémitisme traditionnel aurait disparu en Occident pour être substitué par l’islamophobie[3]. L'hostilité contre les Juifs-Israéliens est causée par un phénomène qualitativement différent[4].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les marxistes et la question juive. Histoire d’un débat 1843-1943, préface de Pierre Vidal-Naquet, PEC-La Brèche, Paris, 1990 ; rééd. Kimé, Paris, 1997 (trad. anglaise, allemande, italienne, espagnole, japonaise, turque).
  • Les Juifs et l’Allemagne. De la « symbiose judéo-allemande » à la mémoire d’Auschwitz, Éditions La Découverte, Paris, 1992 (trad. allemande, anglaise, japonaise, italienne, espagnole).
  • Siegfried Kracauer. Itinéraire d’un intellectuel nomade, La Découverte, Paris, 1994 ; rééd. 2006. (trad. espagnole).
  • Pour une critique de la barbarie moderne. Écrits sur l’histoire des Juifs et de l’antisémitisme, Cahiers libres, Éditions Page 2, Lausanne, 1997 (trad. anglaise et allemande).
  • L’Histoire déchirée. Essai sur Auschwitz et les intellectuels, Éditions du Cerf, Paris, 1997 (trad. allemande, italienne, japonaise, espagnole, tchèque).
  • La violence nazie. Une généalogie européenne, La Fabrique, Paris, 2002 (trad. anglaise, allemande, italienne, espagnole, néerlandaise).
  • La pensée dispersée. Figures de l’exil judéo-allemand, Éditions Leo Scheer, Paris, 2004 (trad. italienne et espagnole).
  • Le passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique, La fabrique, Paris, 2005 (trad. allemande, espagnole, catalane, italienne, turque).
  • À feu et à sang. De la guerre civile européenne 1914-1945, Éditions Stock, Paris, 2007 ; rééd. sous le titre 1914-1945 . La guerre civile européenne, Hachette-Pluriel, 2009 (trad. italienne, allemande, espagnole).
  • L’histoire comme champ de bataille. Interpréter les violences du XXe siècle, La Découverte, Paris, 2010. ; rééd. coll. Poche, 2012
  • Conversation avec Régis Meyran, Où sont passés les intellectuels ?, éd Textuel,2013
  • La fin de la modernité juive : Histoire d'un tournant conservateur, La Découverte, Paris, 2013
  • Mélancolie de gauche : la force d’une tradition cachée (XIXe-XXIe siècle), La Découverte, , 300 p. (ISBN 978-2707190123)
  • Les nouveaux visages du fascisme, Textuel, , 157 p. (ISBN 978-2845975712)
Direction d’ouvrages collectifs
  • Le totalitarisme. Le XXe siècle en débat, (éd. Enzo Traverso), Seuil, Paris, 2001, 928 p. (l’introduction est parue en forme d’ouvrage en italien et en espagnol).
  • Storia della Shoah. La crisi dell’Europa, lo sterminio degli ebrei e la mémoria del XX secolo, (édité en collaboration avec Marina Cattaruzza, Marcello Flores, Simon Levis Sullam), UTET, Torino, 2005-2006, 2 vol.
  • Storia della Shoah in Italia (édité en collaboration avec Marcello Flores, Simon Levis-Sullam et Marie-Anne Matard-Bonucci), UTET, Torino, 2010, 2 vol.

Articles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation sur le site de l'université Cornell
  2. Le Figaro littéraire du 10 mai 2007
  3. "La Revue du crieur" : le meilleur (et le pire) de Mediapart, marianne.net, 14 juin 2015
  4. « Nous avons rencontré Enzo Traverso », (consulté le 24 août 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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