Cécile Kyenge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cécile Kyenge
Cécile Kyenge, alors conseillère provinciale.
Cécile Kyenge, alors conseillère provinciale.
Fonctions
Députée européenne
pour l'Italie
En fonction depuis le
Élection 24-25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique S&D
Députée de la République italienne
Élection
Législature XVIIe
Ministre italienne pour l'Intégration
Président du Conseil Enrico Letta
Gouvernement Letta
Prédécesseur Andrea Riccardi
Successeur Poste supprimé
Biographie
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Kambove (Congo-Léopoldville)
Parti politique Parti démocrate
Diplômé de Université catholique du Sacré-Cœur
Profession Ophtalmologue
Résidence Castelfranco Emilia

Cécile Kyenge, née Kashetu Kyenge [kaʃetu kijɛ:nʒe] le à Kambove (Congo-Léopoldville, aujourd’hui Congo-Kinshasa), est une femme politique italienne, membre du Parti démocrate (PD) et ministre pour l'Intégration du gouvernement Letta de 2013 à 2014

Biographie[modifier | modifier le code]

Une formation d'ophtalmologie[modifier | modifier le code]

Installée en Italie où elle arrive clandestinement[1] à partir de 1983, elle passe une laurea de médecine et chirurgie à l'université catholique du Sacré-Cœur. Elle se spécialise ensuite en ophtalmologie, à l'université de Modène et de Reggio d'Émilie, puis devient ophtalmologiste.

Ses débuts en politique[modifier | modifier le code]

Aux élections municipales de , elle est élue à Modène, sous les couleurs des Démocrates de gauche (DS), alors que la coalition de L'Olivier remporte le scrutin. Cinq ans plus tard, membre du Parti démocrate, elle est élue au conseil provincial de la province de Modène, l'alliance de gauche conservant la majorité.

De la Chambre des députés au gouvernement[modifier | modifier le code]

À l'occasion des élections générales anticipées des 24 et 25 février 2013, elle est candidate en Émilie-Romagne pour la Chambre des députés et y remporte un siège.

Le , elle est nommée ministre pour l'Intégration, sans portefeuille, du gouvernement de grande coalition d'Enrico Letta. Elle prête serment devant le président de la République, Giorgio Napolitano, et le président du Conseil, Enrico Letta, le lendemain, au palais du Quirinal. Elle devient alors la première femme noire à être nommée ministre dans l'histoire de l'Italie[2].

Sa prise de fonction fait l'objet de nombreux commentaires ou actes racistes[3], xénophobes ou sexistes sur des sites d'extrême droite, le député européen de la Ligue du Nord Mario Borghezio insinuant qu'elle devait son entrée au gouvernement à une promotion canapé et l'accusant de vouloir imposer « des traditions tribales » en Italie et clamé que les africains n’avaient « pas produit de grands gènes ». Le gouvernement a décidé d'ouvrir une enquête après la diffusion de ces insultes racistes[4]. À la suite d'un fait divers tragique impliquant un immigré clandestin ghanéen en mai 2013, Matteo Salvini membre de la Ligue du Nord accuse « la ministre de couleur d’instigation à la violence à partir du moment où elle dit que la clandestinité n’est pas un délit »[5]. En juillet 2013, le vice-président du Sénat, Roberto Calderoli, la compare à un orang-outan ; des propos sévèrement condamnés par l'ensemble des personnalités politiques italiennes, dont la présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini. Calderoli se plaint ensuite d’être victime d’un sort de marabout que, pour venger sa fille, le père de Cecile Kyenge aurait jeté sur lui. Depuis il ne cesserait d’être accablé de malheurs et il voudrait que l’auteur de cette malédiction la retire[6]. Ce à quoi Cécile Kyenge répond qu’elle est bonne catholique et ne croit pas à la sorcellerie.

Elle est élue député européen d'Italie de la 8e législature le 25 mai 2014[7].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée, depuis 1994, avec Domenico, un ingénieur de nationalité italienne, Cécile Kyenge est la mère de deux filles adolescentes, Giulia et Maisha, et vit à Castelfranco Emilia[8]. Son père est polygame et a 38 enfants[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le bar de l'Europe : Cécile Kyenge », sur TV5MONDE,‎ (consulté le 24 décembre 2015)
  2. « Kyenge,1e femme noire ministre en Italie », sur Le Figaro,‎ (consulté le 24 décembre 2015)
  3. « La ministre italienne Cécile Kyenge à nouveau visée par un acte raciste », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  4. « Italie: des insultes racistes contre la ministre de l'Intégration », sur RTBF Info,‎ (consulté le 24 décembre 2015)
  5. « Italie: un fait divers tragique, impliquant un Ghanéen, crée une polémique xénophobe - Europe - RFI », sur RFI.fr,‎ (consulté le 24 décembre 2015)
  6. (it) « Calderoli: "Papà Kyenge ritiri la macumba contro di me. Ho passato troppi guai" », sur Il Fatto Quotidiano,‎ (consulté le 24 décembre 2015)
  7. (it) « Elezioni: la lista degli eletti italiani - EurActiv.it », sur www.euractiv.it,‎ (consulté le 24 décembre 2015)
  8. (it) « Kyenge: « Prestero la voce a chi non ne ha possibilita »,‎ (consulté le 4 mai 2013)
  9. (en) Tom Kington in Rome, « Italy's first black minister: I had bananas thrown at me but I'm here to stay », sur the Guardian,‎ (consulté le 24 décembre 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]