Pascal Bruckner

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Pascal Bruckner
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Pascal Bruckner à Varsovie, le 26 janvier 2017.

Naissance (68 ans)
Paris
Activité principale
Distinctions
Auteur

Œuvres principales

Pascal Bruckner, né le à Paris, est un romancier et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille chrétienne[1][Note 1], Pascal Bruckner passe son enfance entre l'Autriche, la Suisse et la France. Son père est protestant (non pratiquant), sa mère catholique (pratiquante) et lui-même a été baptisé catholique, comme il l'explique dans son livre autobiographique Un bon fils, publié en 2014.

Son père[2], René Bruckner, ingénieur de l'École des mines de Paris[3], antisémite convaincu, était très favorable aux thèses nazies[4] et haïssait les Juifs. Il devança le STO et œuvra pour les usines Siemens, à Berlin, puis à Vienne, entre 1942 et 1945[5].

Sa mère, Monique Bruckner, ancien professeur au collège Notre-Dame-de-Sion à Petrópolis (Brésil), est morte le 11 février 1999[6].

Dans Un bon fils, il évoque l'extrême violence physique exercée par son père à l'encontre de sa mère, et de lui-même.

Études[modifier | modifier le code]

Pascal Bruckner vit jusqu'à l'âge de 6 ans dans un sanatorium en Autriche[7]. Il étudie notamment chez les jésuites à Lyon, poursuit ses études à Paris, au lycée Henri-IV (hypokhâgne et khâgne), à l'université Paris I et à l'université Paris VII, puis à l’École pratique des hautes études.

Sa thèse de 3e cycle, consacrée à l'émancipation sexuelle dans la pensée du socialiste utopiste Charles Fourier (« Le corps de chacun est accessible à tous »), a été dirigée par Roland Barthes (et soutenue en 1975 à l'université Paris VII)[8],[9].

Carrière[modifier | modifier le code]

Depuis 1986, il enseigne dans des universités américaines, notamment celle de New York. À compter de 1990, il est maître de conférences à l’Institut d'études politiques de Paris mais ne fait pas partie actuellement du corps enseignant permanent.

Outre ses activités d'écrivain, Pascal Bruckner est éditeur chez Grasset. Il collabore au Nouvel Observateur, au Monde et à Causeur.

Engagements et prises de position[modifier | modifier le code]

De par son nom et sa sympathie exprimée à l'égard de l'État d'Israël, Pascal Bruckner a souvent été erronément considéré comme de confession juive et comme un « intellectuel juif »[4]. Il qualifie d'« ironie de l'histoire assez cocasse » le fait d'être considéré comme juif[10].

Comme il l'explique dans Un bon fils, il est, dans les années 1970, proche des mouvements gauchistes, plutôt libertaires, et sympathisant du Parti socialiste unifié. Il fait partie, à cette époque, des « nouveaux philosophes ».

En 1986, Guy Hocquenghem le critique dans sa Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary. Selon le journaliste Jérôme Garcin, dans une formule journalistique en accroche d'un article de 2014, il a flirté avec le maoïsme – ce qu'il nie dans son livre autobiographique – puis avec le sarkozisme[11].

De 1983 à 1988, il est membre du conseil d'administration d'Action contre la faim.

De 1992 à 1999, il milite contre les différentes offensives serbe en ex-Yougoslavie[12], en Croatie d'abord, puis en Bosnie et au Kosovo. Il figure aux élections européennes de 1994 sur la liste L'Europe commence à Sarajevo. En 1999, il défend l'intervention militaire de l'OTAN contre les forces serbes.

Il est en 2003 signataire de l'appel de soutien à l'Initiative de Genève[13], plan de paix prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

En mars 2003, favorable à la destitution de Saddam Hussein, il appuie la guerre d'Irak lancée par le gouvernement de George W. Bush dans un article paru dans Le Monde, cosigné par Romain Goupil et André Glucksmann[14],[15], qui participeront, trois ans plus tard, à la création de la revue d'orientation néo-conservatrice Le Meilleur des mondes. En mai 2004, il critique dans Le Figaro l'impréparation de l'armée américaine ainsi que l'usage de la torture à la prison d'Abou Ghraib[16].

Autrefois de gauche, il soutient Nicolas Sarkozy pour le second tour de l'élection présidentielle de 2007. Il dira plus tard en avoir été déçu. Il se revendique du camp progressiste, « malgré l'épaisse bêtise et la bonne conscience qui y règnent »[4].

En novembre 2013, il signe le « Manifeste des 343 salauds » publié par la revue Causeur, qui défend les hommes faisant appel aux services de prostituées.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Pascal Bruckner a été durant quelques années le compagnon de Caroline Thompson[17],[18].

Critique de la notion d'islamophobie et procès[modifier | modifier le code]

Pascal Bruckner critique à plusieurs reprises le concept d'islamophobie, dont il affirme que :

« calqué sur celui de xénophobie, [il] a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion, système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y adhèrent[19],[20]. »

Il accuse aussi le mot d'avoir été « forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour contrer les féministes américaines », une affirmation qualifiée de mensongère par les sociologues, Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat[21],[22].

En 2015, les associations les Indivisibles et les Indigènes de la République portent plainte contre lui après qu'il les a accusées d'avoir « justifié idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo ». L'audience a lieu le  ; lors du verdict, rendu le [23], les deux associations sont déboutées par la justice[24].

Publications[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

  • Allez jouer ailleurs, Le Sagittaire, 1976
  • Lunes de fiel, Seuil, 1981 Adapté au cinéma par Roman Polanski.
  • Parias, Seuil, 1985
  • Qui de nous deux inventa l'autre ?, Gallimard, 1988
  • Le Divin Enfant, Seuil, 1992
  • Les Voleurs de beauté, Grasset, 1997 Prix Renaudot.
  • Les Ogres anonymes, Grasset, 1998
  • L’Amour du prochain, Grasset, 2005
  • Mon petit mari, Grasset 2007
  • La Maison des anges, Grasset 2013
  • Un bon fils, Grasset 2014 (ISBN 978-2-246-80028-6)

Livres jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Le Palais des claques, Points-Virgule Seuil 1986
  • Au secours, le Père Noël revient, illustré par Hervé Di Rosa, Seuil 2003

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bruckner est un patronyme germanique signifiant « pontonnier » et porté originellement aussi bien par des protestants que par des juifs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Hors des pensées battues », Luc Le Vaillant, Libération.fr, 21 juillet 2000.
  2. L'histoire de son père nazi, Myboox.
  3. « Antisémite, raciste, révisionniste… Mon père ce vieux salaud », Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 14 avril 2014.
  4. a, b et c Raphaël Leyris, « Pascal Bruckner : mon père ce nazi », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Pacal Bruckner, mon père ce nazi, Raphaëlle Leyris, Le Monde, 17 avril 2014.
  6. Voir sur scholar.lib.vt.edu.
  7. Voir sur lexpress.fr.
  8. Catalogue SUDOC.
  9. (OCLC 26347042)
  10. Philippe Plassart, « Pascal Bruckner : L’impératif de bien nommer les choses », sur Le Nouvel Economiste, .
  11. Voir sur bibliobs.nouvelobs.com.
  12. Pascal Bruckner, « Punir Milosevic », Le Monde, 8 avril 1994.
  13. « Il faut soutenir le Pacte de Genève »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 17 mai 2017), Marianne, 1er décembre 2003.
  14. « Point de vue : la faute », Pascal Bruckner, André Glucksmann et Romain Goupil, 14 avril 2003.
  15. « Irak : silence des néoconservateurs français », Béligh Nabli, huffingtonpost.fr, 16 juin 2014.
  16. Pascal Bruckner, « L'intervention américaine en Irak : l'effroyable gâchis », Le Figaro, 11 mai 2004.
  17. Voir sur philomag.com.
  18. Fille de Danièle Thompson et petite fille de Gérard Oury.
  19. L'invention de l'islamophobie, Libération, 23 novembre 2010.
  20. « Pascal Bruckner : “L’islamophobie, ça n’existe pas !” », Causeur, 29 octobre 2012.
  21. « Islamophobie : un abus de langage ? », Libération, 20 septembre 2013.
  22. Tiphaine Le Liboux, « Pourquoi Valls n’aime pas le mot "islamophobie" », rue89.nouvelobs.com, 4 août 2013.
  23. Saïd Mahrane, « Le curieux procès Bruckner », lepoint.fr, (consulté le 6 décembre 2016)
  24. « Procès Bruckner : une défaite pour les “collabos” de l'islamisme », entretien avec Laurent Bouvet, lefigaro.fr, 19 janvier 2017.
  25. Présentation sur le site de l'éditeur.
  26. « "Le Fanatisme de l'Apocalypse : sauver la Terre, punir l'homme", de Pascal Bruckner : la rhétorique de la dérision en défaut » sur lemonde.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]