Bat Ye'or

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Littman.
Bat Ye'or
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Gisèle OrebiVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Bat Ye'or
Yahudiya MasriyaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Essayiste, conspirationniste, écrivaineVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
Domaine
Membre de
Counterjihad (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Islam and Dhimmitude: Where Civilizations Collide (d), Eurabia: The Euro-Arab Axis (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Bat Ye'or (hébreu : בַּת יֵאור, « fille du Fleuve, du Nil ») — nom de plume de Gisèle Littman-Orebi — est une essayiste britannique née égyptienne au Caire en 1933[1],[2] dans une famille juive, écrivant en français et en anglais. Elle a également publié sous le pseudonyme arabe Yahudiya Masriya (« Juive égyptienne »).

Elle s'est spécialisée dans des études sur la notion de dhimmi[1], introduisant notamment dans ses ouvrages le néologisme controversé de « dhimmitude », associé par elle à un sens politico-historique très particulier[2], inventé spécialement pour exprimer le concept de dhimma.

Sa thèse sur « Eurabia » a été accueillie favorablement dans certains milieux, dont néo-conservateurs ou pro-israéliens, mais est également considérée comme alarmiste et inexacte, voire conspirationniste par ses critiques. Il est toutefois important de préciser que « Eurabia » n'est pas une invention de Bat Ye'or, mais le nom d'une publication du Comité européen de coordination des associations d'amitié avec le monde arabe créée en 1975[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Bat Ye'or, qui signifie « fille du Nil » en hébreu[1], est le nom de plume de Gisèle Littman-Orebi. Bat Ye'or a donné elle-même, dans un livre remarqué[4],[5],[6], Autobiographie politique. De la découverte du dhimmi à Eurabia[7], le récit détaillé de sa biographie.

Gisèle Orebi nait en 1933 en Égypte, dans une famille juive. En 1956, dans le contexte de l'expulsion des Juifs d'Égypte lors de la Crise du canal de Suez, elle et sa famille sont déchues de leur nationalité égyptienne. Ils émigrent au Royaume-Uni en 1957. De 1958 à 1960, elle étudie à l'Institut d'archéologie de l'université de Londres. C'est là qu'elle rencontre David Littman qu'elle épouse en septembre 1959[8]. En 1960, elle part s'installer avec son mari en Suisse. En 1961 et 1962, elle étudie les sciences sociales à l'université de Genève. Ils ont trois enfants et plusieurs petits-enfants, dont certains sont aujourd'hui installés en Israël.

En 1961, Bat Ye'or et son mari David Littman prennent au Maroc une part active à l'Opération Mural, montée par l'Agence Juive avec le concours du Mossad, pour exfiltrer clandestinement vers Israël via la Suisse plus de 500 enfants juifs, auxquels le gouvernement marocain refusait de délivrer des passeports[9],[10]. En juin 2008, ils seront reçus par le Président Shimon Pérès lors d'une commémoration organisée en leur honneur[11].

Bat Ye'or entame l'écriture dans les années 1970 avec un premier ouvrage intitulé « Les Juifs en Égypte. Aperçu sur 3 000 ans d'histoire », dédié « Aux communautés juives des pays arabes dont les épreuves demeurent encore méconnues ». Une version en hébreu est publiée en 1974 à l'initiative du ministère israélien de la Culture et de l'Organisation sioniste mondiale[12].

Thèses[modifier | modifier le code]

Bat Ye'or a publié plusieurs ouvrages traitant de la vie des Juifs en Égypte, des dhimmis, des relations entre juifs et chrétiens et des relations entre l'Europe et le monde arabe. Elle a élaboré dans ceux-ci deux thèses principales au travers des néologismes « dhimmitude » et « Eurabia ».

La « dhimmitude » désigne la condition des « dhimmis », c'est-à-dire les populations indigènes des pays conquis par le djihad, qui se trouvent contraintes d'adopter une position de « servage »[13], après l'application des lois discriminatoires de la « charia[14] ». Dans « Les Chrétientés d'Orient : Entre jihad et dhimmitude VIIe-XXe siècle », Bat Ye'or chronique les persécutions dont les minorités juives et chrétiennes (anciennement majoritaires) ont été victimes à différentes échelles et leur soumission à la « Charia » et elle décrit l'adoption du « djihad » et plus tard du terrorisme par l'Islam militant[15]. Elle y défend la thèse que les « Églises dhimmis palestiniennes » puis de manière plus large les « Églises chrétiennes orientales » sont devenues antisémites puis antisionistes par soumission et par peur, préférant nier la légitimité d'Israël plutôt que de dénoncer l'oppresseur islamique. Elle dénonce l'influence qu'elles ont exercée sur le monde chrétien en ce sens[16]. Elle y dénonce l'arabisation de Jésus et la dé-judaisation de la Bible et appelle juifs et chrétiens à résoudre leurs différends[16]. Elle s'inquiète du risque d'auto-destruction du monde occidental entretenu par l'influence de la haine provenant du monde de la dhimmitude[16]. Bat Ye'or a été soutenue dans les années quatre-vingt par l'historien, sociologue et théologien protestant[17] Jacques Ellul[2] qui dénonce une incompatibilité entre le judéo-christianisme et l'islam et le danger que constituerait ce dernier pour l'Occident[18]. Elle se spécialise dès lors dans l’histoire de la réduction à l'état de minorités des cultures originaires en terre d’islam : les dhimmis. Jacques Ellul préfacera son livre Les chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude, paru en 1991[14] et avant cela l'édition en anglais de son livre sur Le Dhimmi[14].

Dans sa thèse « Eurabia », développée dans son ouvrage « Eurabia: l'axe euro-arabe »[19], elle dénonce un accord passé entre certaines instances dirigeantes européennes après la crise pétrolière de 1973 sous l'instigation de la France et sous couvert du « dialogue euro-arabe »[2]. Selon Bat Ye'or, « le dialogue entre Européens et musulmans n’est pas mené selon les critères rationnels propres à l’Occident, mais selon les règles de la Da-wa, qui prévoient la conversion des infidèles à l’islam »[20]. L'objectif serait de créer un ensemble méditerranéen euro-arabe visant à contrebalancer les États-Unis[20]. Dans cette perspective, les dirigeants européens auraient négocié une « reddition politique et culturelle » en vue d'obtenir des garanties dans leur approvisionnement en pétrole et dans la lutte contre le terrorisme tout en favorisant l'immigration musulmane et en adoptant une politique anti-israélienne et pro-palestinienne[20],[2],[21],[22].

Réception et critiques[modifier | modifier le code]

Milieux néo-conservateurs[modifier | modifier le code]

Bernard Lewis a cité les ouvrages de Bat Ye'or dans son livre Jews of Islam[21]. Robert Wistrich a immédiatement soutenu Bat Ye'or en la publiant dès 1977 dans le Bulletin de la Wiener Library[7]. Puis il remarqua que ses livres suscitent plus d'intérêt depuis la prise de « conscience de l'aspect fanatique de l'Islam »[21].

Les idées de Bat Ye'or sont reprises par Pierre André Taguieff dans « Judéophobie des Modernes : Des Lumières au Jihad mondial » où il fait référence à son ouvrage sur « Eurabia » comme étant une « critique sévère et argumentée de la démission des Européens face aux offensives convergentes des islams politiques, ainsi que de leur glissement politique opportuniste vers les positions « antisionistes » radicales »[23].

Selon Niall Ferguson, « les futurs historiens regarderont un jour son invention du terme Eurabia comme prophétique. Ceux qui souhaitent vivre dans une société libre doivent être éternellement vigilants. La vigilance de Bat Ye'or est sans égal »[24].

Intellectuels[modifier | modifier le code]

Des intellectuels et commentateurs tels que Ivan Jablonka[2], Caroline Fourest[25], David Aaronovitch (en)[26], The London Review of Books[27], loonwatch.com[28] et de nombreux autres[29] ont préféré souligner le caractère « conspirationniste » de sa thèse « Eurabia ». Par exemple, André Sapir (en) écrit que « l'idée même d'Eurabia [est] basée sur une théorie du complot extrémiste, selon laquelle l'Europe et les États arabes joindraient leurs forces pour rendre la vie impossible à Israël et islamiser le vieux continent (...) »[22]. Le politologue Jean-Yves Camus, qui n'a « dans le passé, pas ménagé Bat Ye’or », reconnait à présent qu'« il faut faire le commentaire et la critique scientifique, donc raisonnée, des faits et interprétations que Bat Ye’or propose[30]. »

Certains vont jusqu'à la comparer aux Protocoles des Sages de Sion[20] comme Mohamed Sifaoui qui écrit qu'elle reproduit « un schéma de pensée dont elle a elle-même été victime ainsi que des millions de ses coreligionnaires » et qu'elle « marche sur les pas de ces écrivains racistes dont l'objectif n'était pas autre chose que de stigmatiser, de manière très négative, un groupe ethnique ou religieux »[31]. Robert Wistrich répond à cette comparaison en soulignant qu'au contraire des Protocoles, qui sont un faux, les écrits de Bat Ye'or sont documentés et argumentés même s'ils peuvent être discutés[21]. L'Europe et le spectre du califat[32] notamment, est principalement constitué de reproduction de documents internationaux officiels.

Robert Brenton Betts voit dans ces thèses une tentative de diaboliser la prétendue menace islamique envers la civilisation occidentale avec un résultat généralement peu édifiant et souvent irritant[33]. Pour Alain Gresh, Bat Ye'or fait partie des purs idéologues dont les travaux relèvent uniquement d’une volonté d’engager le monde dans une guerre de civilisation[34], ce qui est un point de vue peu compatible avec les propres écrits de Bat Ye'or : « Si la connaissance de ce passé de souffrances pouvait amener des peuples qui s’entretuent à construire ensemble un avenir de paix dans le respect des droits de chacun, alors le destin dhimmi, émergeant du néant silencieux des génocides et porté devant la conscience du monde, trouverait sa dure justification[14]. »

Monde académique[modifier | modifier le code]

Bat Ye'or a présenté ses travaux lors de conférences universitaires à Georgetown, Brown, Yale, Brandeis et Columbia[35],[36]. Les spécialistes du sujet, tels que Hames Constant[37], Sindre Bangstad[38], Ivan Jablonka[2], Anver Emon[39] jugent cependant qu'ils ne répondent pas aux standards scientifiques ou universitaires ; à l'exception notable de Martin Gilbert qui la loue[40] et fait référence à ses travaux[41], allant jusqu'à la qualifier d'« experte reconnue sur le sort des juifs et chrétiens en terres islamiques »[40].

Pour Hames Constant, le « [travail de Bat Ye'or sur les dhimmis doit] être pris avec des pincettes non pas parce qu'il est partisan (...) mais parce que les assises historiques générales et locales, les analyses sociologiques spécifiques sont quasiment absentes et que le plaidoyer court à travers les siècles, les lieux, les textes, de façon tout à fait cavalière et sans situer le contexte »[37]. Il estime cependant, qu'on soit d'accord ou non avec la thèse et malgré son mauvais traitement, que le sujet, rarement abordé, mérite réflexion[37]. Pour Bernard Lewis, la « dhimmitude » est un « mythe » qui « contient des éléments significatifs de vérités » ; la « vérité historique » se situant « à sa place habituelle quelque part au milieu des extrêmes »[42]. Michael Sells (en) a également critiqué les travaux de Bat Ye'or notamment pour ses constructions de comparaisons inexactes entre les minorités non chrétiennes en Europe et les minorités non musulmanes dans le monde islamiques[43],[44]. Esther Benbassa critique « l'emploi de son néologisme « dhimmitude », utilisé par elle à la place de « dhimmité » : « dhimmitude » évoque une proximité phonétique voulue avec le mot « servitude » (qui existe en français et en anglais, et que l'on retrouve dans ses ouvrages dans ces deux langues)[45].

Un philosophe comme Rémi Brague, spécialiste de la pensée arabe médiévale, continue à tenir l’étude de la Britannique pour importante, déclarant : « Je ne dirais pas qu’il faut prendre tout ce qu’elle avance au pied de la lettre, mais son travail est documenté et ne doit pas être négligé[46]. »

Analyse des origines idéologiques[modifier | modifier le code]

Joel Beinin (en), auteur d'un ouvrage sur les juifs égyptiens (The Dispersion Of Egyptian Jewry: Culture, Politics, And The Formation Of A Modern Diaspora, 1998), situe la vogue de la vision "néo-lacrymale"[47] de l'histoire des juifs arabes, et plus généralement des juifs mizrahim (orientaux), que Bat Ye'or cherche à diffuser, dans le contexte idéologique israélien. Les thèses de Bat Ye'or qui donnent une image dramatique du sort des juifs orientaux durant les siècles passés relève selon lui d'une "interprétation sioniste normative de l'histoire". Elles confèrent aux juifs orientaux un statut comparable à celui des juifs ashkénazes rescapés de la Shoah, alors même que les situations de l'un et de l'autre groupes sont très différentes. "Le prix de l'admission des juifs arabes dans la société israélienne" est, selon J. Beinin, de prendre leurs distances avec leurs racines culturelles arabes, et Bat Ye'or effectue précisément cette opération qui consiste pour les juifs arabes à dévaloriser leurs sociétés d'origine.

Influence sur les extrêmes droites occidentales[modifier | modifier le code]

Selon Raphaël Liogier, bien qu'initialement confinée à quelques groupes extrémistes, la thèse d’Eurabia s’est diffusée en Europe pour devenir un des argument majeur des extrêmes droites comme en France, en Suisse, en Norvège, en Autriche ou au Royaume-Uni[48]. Le sujet d'une Europe envahie par l'Islam a fait depuis la une de nombreux journaux[48]. Des intellectuels en font la promotion comme la journaliste Oriana Fallaci, l'économiste Thilo Sarrazin ou l'écrivain Renaud Camus[48]. La thèse est également reprise par des chercheurs tels que l’historien Egon Flaig (de) en Allemagne ou la démographe Michèle Tribalat qui a rédigé une préface au livre de Christopher Caldwell prédisant l’effondrement d’une Europe vaincue par l’islam[48]. En ce qui concerne la France, une équipe de chercheurs dirigée par Georges Bensoussan a publié quinze ans après Les Territoires perdus de la République, un nouveau livre préfacé par Élisabeth Badinter : Une France soumise[49] où est détaillé « une seconde société [qui] tente de s'imposer insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession ».

Au travers de leur soutien dans les milieux néo-conservateurs, les travaux de Bat Ye'or ont servi de support à des débats publics aux États-Unis sur le droit à critiquer l'Islam ainsi que ses dérives et son intolérance supposées. En 2010, ils ont été utilisés dans le cadre d'une campagne nationale visant à faire interdire la Charia[39].

Les thèses de Bat Ye'or semblent avoir influencé Anders Behring Breivik, l'auteur des attentats de 2011 en Norvège, qui se réfère plusieurs dizaines de fois à ses théories dans le « manifeste » qu'il a rédigé[50]. Breivik affirme également dans son manifeste que Bat Ye'or lui aurait écrit, ce qui n'a pas été prouvé et que Bat Ye'or dément formellement[20]. Elle dit être choquée par cette récupération et que Breivik est un fou qui a agi comme un djihadiste[20]. Selon elle, « on essaie de m’imputer la responsabilité des massacres d’Oslo parce que je suis citée dans le manifeste, mais il s’agit d’une campagne d’incitation à la haine contre ma personne. On cherche à discréditer, voire à supprimer mes travaux »[20]. Elle estime être « victime d'une chasse aux sorcières bien organisée par des plumitifs ignares recourant uniquement à la diffamation d’une œuvre qu’ils n’ont pas même lue »[51].

Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et ancien député français, publie en 2018 un livre analysant la stratégie de conquête culturelle de l'Occident, adoptée expressément par l'Organisation de la conférence islamique[52] ; dans son ouvrage, il fait référence à plusieurs reprises à des livres de Bat Ye'or[53].

Bat Ye'or est également reconnue par Michel Houellebecq comme une de ses sources dans son best-seller international Soumission[54], paru en France le jour même de l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015 : « Dans un sens la vieille Bat Ye’or n’a pas tort, avec son fantasme de complot Eurabia », observe un personnage.

Autres idées[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (avril 2015)
Motif avancé : Pertinence d'informations sourcées par le site web personnel ?

Lors d'interviews et sur son site web, Bat Ye'or présente d'autres thèses et néologismes afférents.

« Palestinisme »[modifier | modifier le code]

Bat Ye'or définit le « Palestinisme » comme une idéologie inventée par des intellectuels et politiciens européens et arabes qui vise à remplacer Israël par la Palestine[55]. Selon elle, il est « le cheval de Troie de la reddition de l’Europe, de son islamisation, de sa flagellation, de sa négation d’une identité chrétienne car elle est enracinée dans le judaïsme et dans l’histoire d’Israël que l’islam nie et que l’Europe nazie a abhorrés »[56].

Le « Palestinisme » s'oppose à Israël pour deux raisons. Les Juifs étant un peuple de dhimmis, ils ne peuvent gouverner des musulmans et encore moins gouverner un pays, de surcroit s'il s'agit d'un pays libéré de la colonisation du jihad, ce qui est le cas d'Israël[55]. Ensuite, la doctrine musulmane rejetant la Bible, elle considère que le judaïsme et le christianisme sont des falsifications de l'Islam : elle nie donc le patrimoine ancestral des juifs et des chrétiens en Terre Sainte, ce qui explique sa guerre contre Israël[55].

Selon Bat Ye'or, dans le monde arabe et musulman, le « Palestinisme » est un outil utilisé par des djihadistes pour détruire l'indépendance et la liberté du peuple dhimmi juif. En Europe, il sert de prétexte à la Communauté européenne pour soutenir le djihad de la Ligue arabe et lui fait oublier ses valeurs judéo-chrétiennes pour soutenir l'objectif djihadiste d'imposer l'islam totalitaire au monde entier[55]. La guerre palestinienne contre Israël est une occasion pour les antisémites européens de maintenir une culture de haine et de dénigrement des Juifs en vue d'offrir un soutien moral et politique à un second holocauste[55].

Selon Bat Ye'or, « l'Europe a légitimé les intentions de l'OLP de détruire Israël dès les années septantes, ses enlèvements et ses massacres de civils, ses détournements d'avions, son terrorisme, par le rejet de sa responsabilité sur les victimes plutôt que sur leurs auteurs »[55]. L'Europe est également le plus grand bailleur de fond des Palestiniens[55]. En faisant d'Israël la source des conflits, l'Europe se paralyse face à ses ennemis, s'empêche de combattre leur idéologie et se condamne à la disparation[56].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Voir liste avec couvertures sur le site de l'auteur

Quelques articles et conférences[modifier | modifier le code]

Voir Bibliographie sur le site de l'auteur : bycv.html et background.html

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c cf. Yves Ternon : « Bat Ye'Or, Juifs et chrétiens sous l'islam : les dhimmis face au défi intégriste », in Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1995, vol. 45, no 1, p. 167-168, recension en ligne.
  2. a b c d e f et g Ivan Jablonka, Bat Ye’or et le spectre de l’« Eurabie », La Vie des idées, 01/05/2006, ISSN 2105-3030, article en ligne.
  3. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34356516p
  4. « Bat Ye'or, l'anticonformiste », sur LExpress.fr, (consulté le 16 mai 2019)
  5. « Bat Ye’or, l’égérie des nouveaux croisés », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 16 mai 2019)
  6. « Le djihad contre les juifs est aussi une guerre contre l’Europe », Revue des deux mondes
  7. a et b Bat̲ Ye'ôr (1933-....)., Autobiographie politique : de la découverte du dhimmi à Eurabia (ISBN 9782912833426 et 2912833426, OCLC 1022116818, lire en ligne)
  8. Raphael Israeli, Remembering David G. Littman, historian, activist, and a great friend, 21 mai 2012
  9. Yigal Bin Nun, La quête d'un compromis pour l'évacuation des juifs du Maroc, Pardès 2003/1 no 34, p. 75-98, en ligne (consulté le ).
  10. Michel Orcel, De la dignité de l'Islam, Bayard 2011, p. 107-108 (critique).
  11. Conferring the "Hero of Silence" Order on David G. Littman, New English Review, 1er juillet 2009.
  12. Joel Beinin, The dispersion of Egyptian jewry, The American University in Cairo Press, 1998, p. 14.
  13. Esther Benbassa « Réponse à une idéologue militante », in Le Point, 17/03/2005.
  14. a b c et d Bat̲ Ye'ôr, 1933-...., Ellul, Jacques, 1912-1994. et Impr. Laballery), Le dhimmi : profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe, "Les Provinciales, dl 2017 (ISBN 9782912833501 et 2912833507, OCLC 1030610830, lire en ligne)
  15. Revue de Islam and dhimmitude, Middle Eastern Studies, Vol. 38, octobre 2002.
  16. a b et c Calvin E. Shenk, « Islam and Dhimmitude (Book Review) », Missiology,‎ (lire en ligne)
  17. Frédéric Rognon, Jacques Ellul : une pensée en dialogue, éd. Labor et Fidès, 2007, p. 139, extrait en ligne
  18. « Non à l’intronisation de l’Islam en France », Réforme, 15 juillet 1989.
  19. (en) Bat Ye'or, Eurabia: The Euro-Arab Axis, New Jersey, USA, Fairleigh Dickinson University Press, (ISBN 978-0838640777)
  20. a b c d e f et g Patricia Briel, A Gland, une égérie d'Anders Breivik, Le Temps, 4 août 2011.
  21. a b c et d Adi Schwartz, The protocols of the elders of Brussels, Ha'aretz, 20 juin 2006.
  22. a et b André Sapir (en), Europe's destiny : the old lady and the bull, Johns Hopkins University Press, p. 161 écrit : « The very idea of Eurabia was based on an extremist conspiray theory, according to which Europe and the Arab states would join forces to make life impossible to Israel and islamize the old continent (...) »
  23. Pierre André Taguieff, Judéophobie des Modernes : Des Lumières au Jihad mondial, Odile Jacob, 2008, p. 674.
  24. « Future historians will one day regard her coinage of the term 'Eurabia' as prophetic. Those who wish to live in a free society must be eternally vigilant. Bat Ye'or's vigilance is unrivalled. » cité dans le dossier de presse de Eurabia: The Euro-Arab Axis
  25. Caroline Fourest dans un entretien avec Rudy Reichstadt, Une mise au point sur "Eurabia"[1], Conspiracy Watch, 2010-02-23;
  26. « This is a concept created by a writer called Bat Ye’or who, according to the publicity for her most recent book, “chronicles Arab determination to subdue Europe as a cultural appendage to the Muslim world-and Europe’s willingness to be so subjugated”. This, as students of conspiracy theories will recognise, is the addition of the Sad Dupes thesis to the Enemy Within idea. » dans David Aaronovitch (en), It's the latest disease: sensible people saying ridiculous things about Islam, The Times, 2005-11-15.
  27. « The second rule to bear in mind when putting together a conspiracy theory is that in order to hold water it needs to be circular, or rather spiral, so that any criticism can be sucked in and turned into evidence in its favour. » dans Thomas Jones, « Short Cuts: How to concoct a conspiracy theory », London Review of Books,‎ (lire en ligne);
  28. « Bat Ye'or: a crazy old lady » dans Danios, Bat Ye’or: Anti-Muslim Loon with a Crazy Conspiracy Theory Named “Eurabia” (« Bat Ye'or : une cinglée anti-musulmans avec une théorie du complot délirante nommée "Eurabia" »), loonwatch.com, 2009-09-10;
  29. Jean Yves Camus, « Le legs de Bat Ye'or », L'Arche,‎ avril 2018, no 671., p. 14-15
  30. [7]
  31. Bat Yeʼor., L'Europe et le spectre du califat, Provinciales, (ISBN 9782912833228 et 2912833221, OCLC 671691400, lire en ligne)
  32. « The first thing that strikes the reader of Bat Ye'or's study is that it is not only about Eastern Christianity under Islam but also about Judaism in equal if not greater measure. Thus the title is misleading, and the basic premise of her text is flawed since the two communities had virtually no contact with each other in traditional Islamic society (both dealt directly with their Muslim rulers) and, while both were regarded as dhimmis or protected citizens, they tended to be treated quite differently. [...] The general tone of the book is strident and anti-Muslim. This is coupled with selective scholarship designed to pick out the worst examples of anti-Christian behavior by Muslim governments, usually in time of war and threats to their own destruction (as in the case of the deplorable Armenian genocide of 1915). Add to this the attempt to demonize the so-called Islamic threat to Western civilization and the end-product is generally unedifying and frequently irritating. » dans (en) Robert Brenton Betts, « The Decline of Eastern Christianity Under Islam: From Jihad to Dhimmitude (review) », Middle East Policy (en), Wiley-Blackwell, vol. 5, no 3,‎ , p. 200–203 (DOI 10.1111/j.1475-4967.1997.tb00274.x, lire en ligne[archive du ]) (inscription nécessaire)
  33. Alain Gresh, « Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe », blog du Monde Diplomatique, 26 septembre 2006
  34. Julia Duin, « State of 'dhimmitude' seen as threat to Christians, Jews », The Washington Times,‎ (lire en ligne)
  35. Nidra Poller, « The Brave New World of Eurabia », The New York Sun,‎ (lire en ligne)
  36. a b et c Hames Constant. Bat Ye'or Le dhimmi. Profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe, Archives des sciences sociales des religions, 1980, vol. 50, no 2, p. 240.[8]
  37. « It would be an understatement to assert that the work of Gisèle Littman/Bat Ye’or is regarded among most qualified historians of Islam and the Middle East as failing to meet basic standards of academic research, yet the pseudo-scientific appearance of her work, replete with academic paraphernalia such as extensive footnotes and references, is central to its ability to convince readers. » dans Sindre Bangstad, Eurabia Comes to Norway, Islam and Christian-Muslim Relations, vol. 24-3, pp. 369-391, 2013-06-03, DOI:10.1080/09596410.2013.783969.
  38. a et b Anver M. Emon, Religious Pluralism and Islamic Law: Dhimmis and Others in the Empire of Law, Oxford University Press, 2012, p. 39-40.
  39. a et b Martin Gilbert, A History of the Twentieth Century, Volume III: 1952–1999, p. 127: "Most of those who went elsewhere did so as 'stateless refugees, among them Gisele Orebi (later Gisele Litrman), who was to become the acknowledged expert on the plight of Jews and Christians in Muslim lands, and their vigorous champion: her book The Dhimmi. Jews and Christians under Islam, written under the pen name Bat Ye'or, brought the issue of continuing discrimination to a wide public."
  40. Robert Irwin, In The House Of Ishmael: A history Of The Jews In Muslim Land, By Martin Gilbert, The Independant, 3 décembre 2010
  41. Bernard Lewis, 'The New Anti-Semitism', The American Scholar Journal – Volume 75 No. 1 Winter 2006 p. 25–36.
  42. « The essentialism of Ellul and Bat Yeo'r has been discredited by scholars of minorities in Islam. » dans Michael Sells, Kosovo Mythology and the Bosnian Genocide, pp. 180-206, dans Omer Bartov, Phyllis Mack (dir.), In God's Name: Genocide and Religion in the Twentieth Century, Berghahn Books, 2001-01-01, (ISBN 978-1-57181-302-2), p. 194.
  43. « by obscuring the existence of pre-Christian and other old, non-Christian communities in Europe as well as the reason for their disappearance in other areas of Europe, Bat Ye'or constructs an invidious comparison between the allegedly humane Europe of Christian and Enlightenment values and the ever present persecution within Islam. Whenever the possibility is raised of actually comparing circumstances of non-Christians in Europe to non-Muslims under Islamic governance in a careful, thoughtful manner, Bat Ye'or forecloses such comparison. » dans Emran Qureshi et Michael Sells, The New Crusades: Constructing the Muslim Enemy, Columbia University Press, New York, 2003, (ISBN 978-0-231-12666-3), p. 364
  44. Esther Benbassa « Réponse à une idéologue militante », in Le Point, 17/03/2005. Sur l'étude de la notion de dhimmi (en dehors de l'exégèse islamique sur cette question), les travaux des historiens sont nombreux. Pour d'autres approches occidentales du sujet, différentes de celle de Bat Ye'Or, voir par exemple, Esther Benbassa, « Comment être non-musulman en terre d'Islam », L'Histoire, 134, juin 1990, p. 86-91.
  45. Jean Birnbaum, « Bat Ye’or, l’égérie des nouveaux croisés », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 16 mai 2019)
  46. "In 1974, a Jewish Israeli woman with the pen name of Bat Ye’or (daughter of the Nile) published Les Juifs en Égypte, to which Beinin credits with originating the “neo-lachrymose” view of Arab Jews, often referred to as Sephardic Jews, or more commonly as Mizrahim (Easterners), as they have come to be called in Israel", David B. Green (éditorialiste à Haaretz), "Arab Jews and Myths of Expulsion and Exchange", http://www.palestinechronicle.com/arab-jews-and-myths-of-expulsion-and-exchange/?print=pdf
  47. a b c et d Raphaël Liogier, Le mythe de l’invasion arabo-musulmane, Le Monde diplomatique, mai 2014.
  48. Bensoussan, Georges, 1952-, Bonnet, Charlotte,, Lefebvre, Barbara, et Marchand-Taillade, Laurence,, Une France soumise : les voix du refus (ISBN 9782226396068 et 2226396063, OCLC 971330640, lire en ligne), p. 13
  49. Toby Archer, « Breivik's Swamp »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 26 janvier 2015), Foreing Policy, 25 juillet 2011.
  50. Bat Ye'or, Les vrais conspirateurs d'Eurabia, dhimmitude.org, 17 février 2012.
  51. ISESCO, Stratégie de l’action islamique culturelle à l’extérieur du monde islamique, , 109 p. (lire en ligne)
  52. Poisson, Jean-Frédéric (1963-....)., L'islam à la conquête de l'Occident : la stratégie dévoilée. (ISBN 9782268100647 et 2268100642, OCLC 1076574285, lire en ligne)
  53. Houellebecq, Michel,, Soumission (ISBN 9782081354807 et 2081354802, OCLC 900410783, lire en ligne)
  54. a b c d e f et g entretien entre Jamie Dazlov et Bat Ye'or, [9] La « palestinisation » de l'Europe, FrontPageMagazine.com (en), 26 avril 2007.
  55. a et b Véronique Chemla, Interview de Bat Ye'or sur son livre : l'Europe et le spectre du califat, 23 janvier 2014.
  56. Voir (en) différences : « J'ai supprimé les passages concernant les politiques internationales et américaines, et ajouté des informations sur l'action de l'Union européenne et de ses institutions ».