Multiculturalisme

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Le Monument au multiculturalisme de Francesco Perilli à Toronto (Canada). Quatre sculptures identiques sont situées à Buffalo City (Afrique du Sud), Changchun (Chine), Sarajevo (Bosnie) et Sydney (Australie).

Le multiculturalisme est un terme sujet à diverses interprétations. Il peut simplement désigner la coexistence de différentes cultures (ethniques, religieuses, etc.) au sein d'un même ensemble (pays, par exemple). Il peut aussi désigner différentes politiques volontaristes :

  • anti-discriminatoires, visant à assurer un statut social égal aux membres des diverses cultures ;
  • communautaires, permettant l'existence de statuts (légaux, administratifs…) spécifiques aux membres de telle ou telle communauté culturelle ;
  • identitaires, visant à favoriser l'expression des particularités des diverses cultures ;
  • et aujourd’hui le multiculturalisme se centre sur le thème religieux (pluralisme).

Multiculturalisme s’oppose à interculturalisme. Dans une société interculturelle les immigrés ou leurs descendants participent à l’ensemble des activités de la société d’accueil. Une intégration culturelle réussie nécessite l’abandon d’une partie de la culture d’origine qui ne serait pas compatible avec les valeurs de la société d’accueil.

Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Multiculturalisme canadien.

En adoptant la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, promue par le Premier ministre Pierre Elliott Trudeau (PLC), le gouvernement canadien a opté en faveur d'une politique favorable au multiculturalisme. Pour le sociologue Mathieu Bock-Côté, il s'agissait de désamorcer les revendications historiques du Québec en faisant en sorte que cette province ne soit plus une nation mais une communauté ethnique parmi d'autres au sein du Canada[1].

Au Québec, l'État provincial est responsable de la sélection des immigrants réguliers, alors que l'État fédéral est responsable du regroupement familial et de l'accueil des réfugiés. Par ailleurs, le gouvernement québécois est chargé de la scolarisation et de la francisation de l'ensemble des migrants, alors que le gouvernement fédéral est chargé de l'acquisition de la citoyenneté canadienne.

Tout de même, le Québec se tourne davantage vers un modèle à mi-chemin entre le modèle anglo-saxon canadien et le modèle républicain américain[Quoi ?],[réf. souhaitée]. Néanmoins, en 2007, le premier ministre Jean Charest (PLQ) a créé une Commission de consultation sur les pratiques d'accommodements reliés aux différences culturelles, coprésidée par le philosophe Charles Taylor et le sociologue Gérard Bouchard, qui a rendu son rapport en mai 2008.

Le Prix Paul-Yuzyk commémore le patrimoine légué par le sénateur Paul Yuzyk, qui fut le premier à désigner le multiculturalisme comme l’une des caractéristiques fondamentales de l’identité du Canada[2].

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

  • Dans les bibliothèques municipales britanniques, il est considéré comme normal de stocker un grand nombre d'ouvrages dans les langues minoritaires (surtout des langues du sous-continent indien).
  • La collecte de statistiques sur l'origine ethnique de la population, depuis le dernier recensement l'identification non à une religion, est pratiquée officiellement, pour mieux comprendre les évolutions sociologiques et de formuler des politiques publiques adaptées.

Le multiculturalisme britannique prend ses racines dans le « Commonwealth of Nations ».

États-Unis[modifier | modifier le code]

Si les États-Unis sont un pays jeune en comparaison des sociétés européennes et s'est constitué par l'apport de populations diverses, le multiculturalisme en temps que tel date des années 1980, lié à la montée des revendications de la communauté noire, suivie par la suite par d'autres minorités qui s'estiment également discriminées[1].

France[modifier | modifier le code]

En France, la question du multiculturalisme ne se pose que depuis les années 1970 et 1980. En effet, l'immigration a changé de forme depuis 1976, quand le décret sur le regroupement familial a été publié par le président Valéry Giscard d'Estaing et son premier ministre, Jacques Chirac. Ce décret a posé de grandes questions de société. L'immigration de travail n'est plus devenue majoritaire, et un nombre grandissant d'étrangers s'est installé en France avec sa famille.

C'est là que la politique d'intégration des étrangers s'est transformée pour passer du modèle de l'assimilation culturelle au multiculturalisme, modèle anglo-saxon très ancien. (On pourrait, par exemple, comparer l'assimilation et le multiculturalisme aux politiques coloniales d'intégration des populations colonisées françaises et anglaises.) La tradition française s'oppose donc à la vision multiculturelle de l'intégration des immigrés puisque la France a toujours recouru à ce processus d'assimilation, l'abandon par les immigrés de leur culture d'origine pour une adoption totale de la culture française, selon le précepte d'Ambroise de Milan, « À Rome, fais comme les Romains ».

On peut ainsi expliquer pourquoi tant de Français s'opposent au multiculturalisme, qui ne s'inscrit pas dans la vision française de la nation. Il voit, en effet, la cohabitation de cultures différentes sur un même territoire, et la nation française est depuis des siècles fondée sur une unité très forte (cela se traduit, par exemple, aussi par la centralisation). Cela n'est pas l'ethnicité, la religion ou l'ancienneté de la présence sur le territoire (contrairement à d'autres nations, notamment européennes) qui définissent un Français, mais c'est son adhésion au valeurs françaises, proprement culturelles.

Le multiculturalisme pose alors le problème de l'identité. La montée du racisme, avec un risque d’« ethnicisation de la France »[3], en sont sans doute les conséquences. En effet, le multiculturalisme oblige à redéfinir la base de la société et à répondre à une question politique fondamentale : pourquoi vivre en commun si la même culture n'est pas partagée par tous ?

La vision d'une France multiculturelle fait notamment partie des prises de position récurrentes d'Éric Zemmour et Alain Finkielkraut[4].

Maroc[modifier | modifier le code]

Les cultures berbères sont bien inscrites dans le paysage marocain, comme dans les autres pays d'Afrique du Nord (pays Tamazgha), tout en étant traditionnellement attachées aux valeurs communautaires musulmanes. Malgré la domination des systèmes référentiels musulmans, on peut dire que le Maroc est un pays multiculturel au sens religieux, linguistique ou encore folklorique dont le métissage culturel est la conséquence des différents mouvements migratoires, depuis la plus haute antiquité, par les voies maritimes ou terrestres. Les différences culturelles sont principalement liées aux religions monothéistes qui coexistent avec leurs pratiques propres. La sphère musulmane regroupe arabes et berbères des plaines, du Rif, du Haut et Moyen Atlas, comme du Sous ou du Sahara, chaque sous-groupe ayant ses propres rites, traditions tribales en termes de chants, de danses.

La communauté juive autochtone, millénaire d'abord puis alimentée par l'irruption des Sépharades andalous, a vu sa représentativité chuter de manière radicale par expatriation. La communauté chrétienne, qui a atteint son apogée sous les protectorats, principalement composée de colons allochtones, s'est vu progressivement, après l'indépendance, décliner pour finalement se stabiliser. Ces deux communautés vivent principalement dans les centres urbains. La coexistence du multiculturalisme résulte principalement du multilinguisme.

Anti-multiculturalisme et racisme[modifier | modifier le code]

Les critiques du multiculturalisme commencent avec Samuel P. Huntington et son livre Le Choc des civilisations en 1996, Huntington écrit un article pour répondre à « La Fin de l'histoire et le Dernier Homme » de Francis Fukuyama en 1989 dans The National Interest. Avant 2001 les critiques aux États-Unis visent les immigrés hispaniques catholiques et leurs langues espagnoles qui ne s’intègrent pas dans l’Amérique anglophone protestante.

Le tueur xénophobe norvégien Anders Behring Breivik accuse le multiculturalisme de vouloir mettre fin à la civilisation blanche et chrétienne[5] tandis que le mouvement conservateur du Tea Party[6] dénonce le culte du multiculturalisme[7].

Critiques[modifier | modifier le code]

Pour le sociologue Mathieu Bock-Côté, le multiculturalisme fait rompre le paradigme qui voulait que l'immigré devait s'intégrer dans la société d'accueil en s'appropriant son histoire. Désormais, c'est cette dernière qui doit s'adapter (à travers ses institutions, sa culture) pour accepter les nouveaux arrivants. Selon lui, la culture nationale en tant que telle n'existe plus, sauf pour faire repentance des persécutions faites dans son passé sur des minorités : « afin d'expier les péchés d'hier, la culture nationale doit par conséquent travailler à sa propre déconstruction ». Il critique en cela une réécriture de l'Histoire à l'aune des discriminations qui conduit à une fragmentation sociale et au règne du politiquement correct. La montée des partis populistes serait par ailleurs une conséquence du refus par le peuple d'un multiculturalisme décidé par les élites des pays accueillant l'immigration[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Mathieu Bock-Côté, interviewé par Jean Sévillia, « Mathieu Bock-Côté : "Le multiculturalisme fragmente la société : c'est le contraire du prétendu vive-ensemble" », Le Figaro Magazine, semaine du 27 mai 2016, pages 34-38.
  2. http://www.cic.gc.ca/francais/multiculturalisme/paulyuzyk/prix.asp
  3. Jean-Loup Amselle, L'Ethnicisation de la France, Éditions Lignes, 2011, 244 p. (ISBN 978-2-35526-080-3)
  4. « Alain Finkielkraut : «Il n’y a rien de raciste à vouloir persévérer dans son être» », sur http://www.hebdo.ch,‎ (consulté le 12 janvier 2014)
  5. [1] 40 000 Norvégiens réunis pour interpréter la chanson haïe de Breivik; Le Monde.fr avec AFP, 26.04.2012 " qualifiant son geste d'"attaques préventives contre les traîtres à la patrie" coupables, selon lui, de livrer la Norvège au multiculturalisme et à "l'invasion musulmane".
  6. [2] cbsnews.com février 2010, Tom Tancredo Tea Party Speech Slams "Cult of Multiculturalism"
  7. Richard Lamm, "Two Wands, One Nation: An Essay on Race and Community in America" (2006) (gouverneur du Colorado et militant contre l'immigration) fullcrum publishing

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Taylor, Multiculturalisme, différence et démocratie, Paris, Aubier, 1992.
  • Neil Bissoondath, Le marché aux illusions. La méprise du multiculturalisme, Montréal, Boréal, 1995.
  • Jean-Loup Amselle, Vers un multiculturalisme français. L'empire de la coutume, Paris, Flammarion, « Champs », 2001.
  • Christian Gros, David Dumoulin Kervran, "Le Multiculturalisme. un Modele Latino-Americain ?" (Presses Sorbonne Nouvelle), 2010.
  • Philippe d'Iribarne, "Les immigrés de la République : Impasses du multiculturalisme" (Seuil), 2010.
  • Milena Doytcheva, "Le multiculturalisme" (Éditions La Découverte), 2011.
  • Patrick Savidan, Le Multiculturalisme, PUF, « Que sais-je ? » no 3236)
  • (en) Brian Barry, Culture & Equality: An Egalitarian Critique of Multiculturalism (2001)
  • Mathieu Bock-Côté, Le multiculturalisme comme religion politique, Éditions du Cerf, 2016.

Articles connexes[modifier | modifier le code]