Multiculturalisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Monument au multiculturalisme de Francesco Perilli à Toronto (Canada). Quatre sculptures identiques sont situées à Buffalo City (Afrique du Sud), Changchun (Chine), Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) et Sydney (Australie).

Le multiculturalisme est un terme utilisé à la fois en sociologie et en philosophie politique. C'est un terme ambigu qui peut signifier un pluralisme culturel dans lequel les différentes ethnies collaborent et dialoguent sans avoir à sacrifier leurs identités particulières.

En sociologie et selon son acception la plus courante, le multiculturalisme est synonyme de pluralisme. Pluralisme et multiculturalisme sont souvent utilisés indifféremment et peuvent se référer soit à zone géographique où des communautés ethniques vivent en mixité et où coexistent des traditions culturelles différentes, soit à un pays dans sa globalité dans lequel vivent différentes communautés ethniques. La multiculturalité fait aujourd'hui le plus souvent référence à la coexistence d'un groupe ethnique indigène et de groupes ethniques étrangers.

Toujours d'un point de vue sociologique, le multiculturalisme est la conséquence d'un processus naturel ou artificiel, par exemple, l'immigration légalement contrôlée, et se produit à l'échelle d'un pays ou à une échelle plus locale. Le multiculturalisme peut être artificiellement créé suite, par exemple, à la création d'une juridiction agrandissant en fusionnant des zones avec deux ou plusieurs cultures différentes, par exemple, le Canada francophone et le Canada anglophone.

Le multiculturalisme en tant que philosophie politique fait référence à des idéologies et des politiques diverses[1] qui peuvent aller du plaidoyer d'un respect des diverses cultures d'une société, à des politiques de promotion de la diversité culturelle ou identitaires, visant à favoriser l'expression des particularités des diverses cultures, en passant par des politiques anti-discriminatoires, visant à assurer un statut social égal aux membres des diverses cultures, des politiques communautaires, permettant l'existence de statuts (légaux, administratifs…) spécifiques aux membres de telle ou telle communauté culturelle et faisant la distinction des personnes en fonction des groupes religieux ou des groupes ethniques auxquels elles appartiennent[2],[3]. Aujourd’hui le multiculturalisme se centre notamment sur le thème religieux (pluralisme).

Le multiculturalisme qui favorise le maintien du caractère distinctif des cultures multiples au sein d'une société est souvent opposé à d'autres politiques telles que l'intégration sociale, l'assimilation culturelle ou la ségrégation raciale. Pour parler de multiculturalisme, les termes « creuset  » ou « mosaïque culturelle » sont parfois employés[4].

Multiculturalisme s’oppose à interculturalisme. Dans une société interculturelle les immigrés ou leurs descendants participent à l’ensemble des activités de la société d’accueil. Une intégration culturelle réussie nécessiterait l’abandon d’une partie de la culture d’origine qui ne serait pas compatible avec les valeurs de la société d’accueil.

Allemagne[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Multiculturalisme canadien.

En adoptant la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, promue par le Premier ministre Pierre Elliott Trudeau (PLC), le gouvernement canadien a opté en faveur d'une politique favorable au multiculturalisme. Une loi de 1988 la précise et en élargit la portée. Pour le sociologue Mathieu Bock-Côté, il s'agissait de désamorcer les revendications historiques du Québec en faisant en sorte que cette province ne soit plus une nation mais une communauté ethnique parmi d'autres au sein du Canada[5]. Le fils de Pierre Elliott Trudeau et Premier ministre depuis 2015 Justin Trudeau poursuit cette politique[6].

Au Québec, l'État provincial est responsable de la sélection des immigrants réguliers, alors que l'État fédéral est responsable du regroupement familial et de l'accueil des réfugiés. Par ailleurs, le gouvernement québécois est chargé de la scolarisation et de la francisation de l'ensemble des migrants, alors que le gouvernement fédéral est chargé de l'acquisition de la citoyenneté canadienne.

Tout de même, le Québec se tourne davantage vers un modèle à mi-chemin entre le modèle anglo-saxon canadien et le modèle républicain américain[Quoi ?],[réf. souhaitée]. Néanmoins, en 2007, le premier ministre Jean Charest (PLQ) a créé une Commission de consultation sur les pratiques d'accommodements reliés aux différences culturelles, coprésidée par le philosophe Charles Taylor et le sociologue Gérard Bouchard, qui a rendu son rapport en mai 2008.

Le Prix Paul-Yuzyk commémore le patrimoine légué par le sénateur Paul Yuzyk, qui fut le premier à désigner le multiculturalisme comme l’une des caractéristiques fondamentales de l’identité du Canada[7].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni compte plusieurs villes détruites par l'aviation allemande et des usines à faire tourner. Devant ce besoin de main d'œuvre, elle accueille donc des travailleurs originaires des Antilles. Ceux-ci ont la même langue, la même culture et la même religion que les Britanniques mais sont victimes de discriminations, ce qui déclenche par exemple des émeutes raciales dans les années 1950. Afin d'éviter que se reproduise dans le pays le mouvement des droits civiques américain, les autorités réagissent. Dans les années 1960, le ministre de l'Intérieur travailliste Roy Jenkins préfigure ainsi une politique multiculturelle. Il prône notamment l'importance des cultures d'origine et la nécessité de les préserver dans la vie publique, ce qui déclenche des critique de certains conservateurs comme Enoch Powell. Culturellement, cette politique trouve ses racines dans l'histoire britannique, avec la notion de tolérance, le protestantisme acceptant plus facilement l'existence de sectes religieuses. Deux lois contre le racisme sont votées en 1965 et en 1968 mais c'est surtout en 1976 que voit le jour la première loi importance, le Race Relations Act 1976 (en), avec la Commission pour l'égalité raciale (Commission for Racial Equality). Les autorités locales comportant de fortes concentrations ethniques étrangères peuvent dès lors créer une politique de gestion de la diversité, reconnaissant de ce fait l'existence de ces communautés. Ainsi, il devient possible de porter plainte pour discrimination en tant qu'individu membre d'une communauté. Le chercheur Didier Lassalle note : « Ainsi, le modèle d'intégration prôné par Joy Jenkins en 1965 repose sur la conviction qu'on ne peut pas demander aux immigrés de devenir des copies conformes des Anglais, et qu'ils doivent garder leur culture, leur langue et leur religion »[8].

Alors que la France prône nationalement une stricte laïcité et en est venue à parfois faire des accommodements raisonnables (selon le vocabulaire québécois), le Royaume-Uni a effectué un parcours inverse, le multiculturalisme municipal étant ensuite érige au niveau national entre 1997 et 2001. Didier Lassalle poursuit : « La société s'est alors adaptée aux demandes des minorités : les mariages arrangés pratiqués dans la communauté pakistanaise ont été tolérés, les sikhs ont obtenu le droit de conduire des motos ou de travailler sur des chantiers avec leur turban… ». Après 2001, les gouvernements de Tony Blair, Gordon Brown et David Cameron s'éloignent de cette politique. En 2001, après les émeutes interethniques entre Blancs et musulmans à Bradford, Burnley et Oldham, le ministre de l'Intérieur travailliste David Blunkett déclare qu'il y a un impératif linguistique et la nécessité d'un minimum d'intégration culturelle. Après les attentats de Londres de 2005, le Premier ministre travailliste Tony Blair reprend ces propos sur les dérives de la diversité puis Gordon Brown, à partir de 2008, lequel « va s'efforcer de devenir le chante des valeurs britanniques ». En 2011, le Premier ministre conservateur David Cameron déclare que le « multiculturalisme d'État » des travaillistes entre 1997 et 2001 est à l'origine d'un séparatisme communautaire et des crispations identitaires, qui selon lui sont un terreau pour le terrorisme islamiste. Theresa May poursuit la même politique. Didier Lassalle note qu'en 2017, « à part dans les milliers universitaires et la gauche radicale, plus personne [ne] parle] » du multiculturalisme. Depuis 2007, la doctrine officielle est de promouvoir un retour à l'intégration des minorités ethniques afin de vivre en commun sur la base d'un certain nombre de principes[8].

Cependant, conclut Didier Lassalle : « Les minorités ont tendance à vouloir rester entre elles. Et les Blancs, eux, n'ont pas vraiment envie de vivre avec les minorités. Cela favorise la concentration ethnique, comme dans certains quartiers de Londres ou de Birmingham, qui ne sont pas pour autant des ghettos ». Dans ces endroits ont pu avoir lieu des émeutes, comme en 2001. Le chercheur ajoute au sujet du multiculturalisme britannique : « Cela dit, le bilan n'est pas mauvais. Il y a eu des avancées. La société britannique me paraît plus apaisée qu'auparavant », regrettant que des tensions soient nées autour notamment de la montée du parti UKIP mais relevant que des personnes issues de minorités accèdent à de hautes responsabilités, comme le maire de Londres Sadiq Khan[8].

  • Dans les bibliothèques municipales britanniques, il est considéré comme normal de stocker un grand nombre d'ouvrages dans les langues minoritaires (surtout des langues du sous-continent indien).
  • La collecte de statistiques sur l'origine ethnique de la population, depuis le dernier recensement l'identification non à une religion, est pratiquée officiellement, pour mieux comprendre les évolutions sociologiques et formuler des politiques publiques adaptées.

Le multiculturalisme britannique prend ses racines dans le « Commonwealth of Nations ».

États-Unis[modifier | modifier le code]

Si les États-Unis sont un pays jeune en comparaison des sociétés européennes et s'est constitué par l'apport de populations diverses, le multiculturalisme en tant que tel date des années 1980, lié à la montée des revendications de la communauté noire, suivie par la suite par d'autres minorités qui s'estiment également discriminées[5].

France[modifier | modifier le code]

Historiquement depuis la Révolution française, la France la Première République est opposé au multiculturalisme et développe l’idée d’un universalisme républicain, c’est-à-dire l’égalité de traitement pour tous les citoyens sans distinction d’origine ethnique notamment. La conception du peuple français est depuis lors issue de la vision jacobine d’un peuple français uni dont la souveraineté n’est parfaite que si elle est entière et ne subit aucune exception au sens de Rousseau pour qui la volonté est générale ou elle n’est pas[9],[10]. La motivation principale des Jacobins était de créer une communauté politique et sociale effaçant les particularités locales et les inégalités de l'Ancien Régime[11]. Ce modèle jacobin en imposant une centralisation administrative et une politique d’inspiration rousseauiste visait en pratique à résorber la variété ethnique et culturelle des provinces puis plus tard celle des colonies et des immigrants[12]. Cet « illibéralisme français » se caractérise notamment par le refus d'envisager la constitution de corps intermédiaires[11].

Vers la fin du 19ème siècle, la conception moderne de la citoyenneté évolue de l'universalisme vers le multiculturalisme. La nationalité française a été définie durant une longue période principalement par trois facteurs : l'intégration, l'adhésion individuelle, et la primauté du sol (jus soli). La politique d’intégration repose sur des politiques volontaires qui visent à créer une identité commune et à l'intériorisation par chaque individu d'un héritage culturel et historique commun. En France, l'État a précédé la nation et les gouvernements ont mis en œuvre d’importantes politiques volontaires pour la création de cette identité culturelle commune[13]. L'influence grandissante de l’approche multiculturaliste fait dire à certains universitaires comme M. François Miclo, que le principe d’égalité n’était [plus] qu’un principe résiduel[14].

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

L'immigration change de nature à partir de 1976, suite à l'entrée en vigueur du décret sur le regroupement familial publié par le président Valéry Giscard d'Estaing et son premier ministre, Jacques Chirac. Les effets de ce décret posent de grandes questions de société. L'immigration de travail n'est plus majoritaire et un nombre grandissant d'étrangers s'installe en France avec leur famille.

La question du multiculturalisme se pose à partir des années 1970 et 1980. La politique d'intégration des étrangers se transforme pour passer d'un modèle d'assimilation culturelle au multiculturalisme, modèle anglo-saxon très ancien. (On pourrait, par exemple, comparer l'assimilation et le multiculturalisme aux politiques coloniales d'intégration des populations colonisées françaises et anglaises.[réf. nécessaire]) La tradition française s'oppose donc à la vision multiculturelle de l'intégration des immigrés puisque la France a toujours recouru à ce processus d'assimilation, c'est à dire l'abandon par les immigrés de leur culture d'origine pour une adoption totale de la culture française, selon le précepte d'Ambroise de Milan, « À Rome, fais comme les Romains ».

On peut ainsi expliquer pourquoi tant de Français s'opposent au multiculturalisme[réf. nécessaire], qui ne s'inscrit pas dans la vision française de la nation. Il voit, en effet, la cohabitation de cultures différentes sur un même territoire, et la nation française est depuis des siècles fondée sur une unité très forte (cela se traduit, par exemple, aussi par la centralisation). Depuis la première république, ce n'est pas l'ethnicité, la religion ou l'ancienneté de la présence sur le territoire (contrairement à d'autres nations, notamment européennes) qui définissent un Français, mais c'est son adhésion aux valeurs françaises, proprement culturelles[réf. nécessaire].

Le multiculturalisme pose alors le problème de l'identité. La montée du racisme, avec un risque d’« ethnicisation de la France »[15], en sont sans doute les conséquences. En effet, le multiculturalisme oblige à redéfinir la base de la société et à répondre à une question politique fondamentale : pourquoi vivre en commun si la même culture n'est pas partagée par tous ?

La critique d'une France multiculturelle fait notamment partie des prises de position récurrentes d'Éric Zemmour ou d'Alain Finkielkraut[16].

Maroc[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Les cultures berbères sont bien inscrites dans le paysage marocain, comme dans les autres pays d'Afrique du Nord (pays Tamazgha), tout en étant traditionnellement attachées aux valeurs communautaires musulmanes. Malgré la domination des systèmes référentiels musulmans, on peut dire que le Maroc est un pays multiculturel au sens religieux, linguistique ou encore folklorique dont le métissage culturel est la conséquence des différents mouvements migratoires, depuis la plus haute antiquité, par les voies maritimes ou terrestres. Les différences culturelles sont principalement liées aux religions monothéistes qui coexistent avec leurs pratiques propres. La sphère musulmane regroupe arabes et berbères des plaines, du Rif, du Haut et Moyen Atlas, comme du Sous ou du Sahara, chaque sous-groupe ayant ses propres rites, traditions tribales en termes de chants, de danses.

La communauté juive autochtone, millénaire d'abord puis alimentée par l'irruption des Sépharades andalous, a vu sa représentativité chuter de manière radicale par expatriation. La communauté chrétienne, qui a atteint son apogée sous les protectorats, principalement composée de colons allochtones, s'est vu progressivement, après l'indépendance, décliner pour finalement se stabiliser. Ces deux communautés vivent principalement dans les centres urbains. La coexistence du multiculturalisme résulte principalement du multilinguisme.

Critiques[modifier | modifier le code]

Idéologie multiculturaliste[modifier | modifier le code]

Selon Michel Onfray, l'universalisme multiculturaliste n'est pas universel mais est une idée chrétienne inventée par Saint Paul par opposition au judaïsme qui serait une religion nationale et identitaire et contrairement à l'Islam qui rejetterait le multiculturalisme[17].

Pour Hervé Juvin, l'idéologie dominante affirme au nom du multiculturalisme que les hommes sont tous les mêmes et sépare l'homme de tout ce qui le détermine : famille, origine, sexe, religion, langue. En conséquence, l'Europe serait devenue un no man's land livré au monde et aux marchés sans aucune préférence pour soi. Toujours selon Juvin, le multiculturalisme serait la négation absolue de l'altérité et de l'autre. Le multiculturalisme serait un totalitarisme soft proclamant l'individu absolu ainsi qu'un terrorisme intellectuel interdisant d'identifier, de nommer, de compter et de débattre de l'immigration de masse. Le multiculturalisme est devenu, pour Hervé Juvin, une perversion de l'universalisme et une forme de racisme moderne qui veut que tous les habitants du monde deviennent des habitants français comme les autres[18],[19].

Effets du multiculturalisme[modifier | modifier le code]

Robert D. Putnam, professeur de sciences politiques à Harvard, a conduit une étude de près de dix ans sur la façon dont la diversité affectait la confiance entre les membres d'une société[20]. Il a pour cela interrogé 26 200 personnes dans 40 communautés américaines. Cette étude montre la communauté est raciale, plus la perte de confiance est grande. Les gens vivant dans des sociétés multiculturelles « ne font pas confiance au maire local, ne font pas confiance au journal local, ne font pas confiance aux autres et ne font pas confiance aux institutions », écrit Putnam[21]. En présence d'une diversité ethnique, Putnam soutient que:

Nous agissons comme des autruches. L'effet de la diversité est pire que ce que l'on avait imaginé. Et ce n'est pas seulement que nous ne faisons pas confiance aux gens qui ne nous ressemblent pas. Dans une société multiculturelle, les gens ne faisons plus confiance aux gens qui leur ressemblent[20].

Selon l'éthologue Frank Salter, les sociétés relativement homogènes investissent davantage dans les biens publics, ce qui indique un niveau plus élevé d'altruisme public. Par exemple, le degré d'homogénéité ethnique est en corrélation avec la part du gouvernement dans le produit intérieur brut ainsi que la richesse moyenne des citoyens. Des études de cas aux États-Unis constatent que les sociétés multiethniques sont moins charitables et moins aptes à coopérer pour développer l'infrastructure publique. Une étude récente de plusieurs villes portant sur les dépenses municipales en biens publics aux États-Unis a révélé que les villes ethniquement ou racialement diverses dépensent une partie plus faible de leur budget et une somme plus petite par habitant dans les services publics que les villes plus homogènes[22].

Selon Bruce Bawer, le multiculturalisme créé des frictions au sein de la société[23].

Multiculturalisme contre assimilation[modifier | modifier le code]

Pour le sociologue Mathieu Bock-Côté, le multiculturalisme fait rompre le paradigme qui voulait que l'immigré devait s'intégrer dans la société d'accueil en s'appropriant son histoire. Désormais, c'est cette dernière qui doit s'adapter (à travers ses institutions, sa culture) pour accepter les nouveaux arrivants. Selon lui, la culture nationale en tant que telle n'existe plus, sauf pour faire repentance des persécutions faites dans son passé sur des minorités : « afin d'expier les péchés d'hier, la culture nationale doit par conséquent travailler à sa propre déconstruction ». Il critique en cela une réécriture de l'Histoire à l'aune des discriminations qui conduit à une fragmentation sociale et au règne du politiquement correct. La montée des partis populistes serait par ailleurs une conséquence du refus par le peuple d'un multiculturalisme décidé par les élites des pays accueillant l'immigration[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Thomas L. Harper, Michael Hibbard, Heloisa Costa et Anthony Gar-On Yeh, Dialogues in Urban and Regional Planning, Taylor & Francis, (ISBN 9780203842027, lire en ligne)
  2. « the definition of multiculturalism », sur Dictionary.com (consulté le 6 octobre 2017)
  3. (en) Kenan Malik, « Multiculturalism undermines diversity | Kenan Malik », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  4. (en) Ann Carroll Burgess et Tom Burgess, Guide to Western Canada, Globe Pequot Press, (ISBN 9780762729876, lire en ligne)
  5. a, b et c Mathieu Bock-Côté, interviewé par Jean Sévillia, « Mathieu Bock-Côté : "Le multiculturalisme fragmente la société : c'est le contraire du prétendu vive-ensemble" », Le Figaro Magazine, semaine du 27 mai 2016, pages 34-38.
  6. Caroline Valentin, « Trudeau, le Canada et l'excision: derrière la polémique, le paradoxe du multiculturalisme », lefigaro.fr, 1er août 2017.
  7. http://www.cic.gc.ca/francais/multiculturalisme/paulyuzyk/prix.asp
  8. a, b et c Didier Lassalle, interviewé par Antoine Flandrin, « Du multiculturalisme à l'intégration », cahier « Idées » du Monde n°22537, samedi 17 juin 2017, page 6.
  9. Arnaud Hacquet, Le concept de souveraineté en droit constitutionnel français, (lire en ligne)
  10. Henri Mendras, « Le « mal de Bodin » », Le Débat, no 105,‎ , p. 71–89 (ISSN 0246-2346, lire en ligne)
  11. a et b Christophe Premat, « Le modèle politique français, la société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours. Lecture d'un ouvrage de Pierre Rosanvallon », Revue Sens public,‎ (lire en ligne)
  12. Brigitte Krulic, « 'Peuple' et 'Volk' : réalité de fait, postulat juridique - Le peuple chez Maurice Barrès, une entité insaisissable entre unité et diversité », Revue Sens public,‎ (lire en ligne)
  13. Voir Eric Hobsbawm
  14. Mélin-Soucramanien, Ferdinand, « Le principe d'égalité dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel », http://www.theses.fr/,‎ (lire en ligne)
  15. Jean-Loup Amselle, L'Ethnicisation de la France, Éditions Lignes, 2011, 244 p. (ISBN 978-2-35526-080-3)
  16. « Alain Finkielkraut : «Il n’y a rien de raciste à vouloir persévérer dans son être» », sur http://www.hebdo.ch, (consulté le 12 janvier 2014)
  17. Michel Onfray Actualités, « Michel Onfray Abécédaire : Multiculturalisme - 3/02 2017 », (consulté le 9 octobre 2017)
  18. Hervé Juvin, La Grande séparation. Pour une écologie des civilisations, Editions Gallimard, (ISBN 9782072497421, lire en ligne)
  19. « Hervé Juvin : la fin de la mondialisation et le retour des identités », FIGARO,‎ (lire en ligne)
  20. a et b (en) Robert D. Putnam, « E Pluribus Unum: Diversity and Community in the Twenty-first Century The 2006 Johan Skytte Prize Lecture », Scandinavian Political Studies, vol. 30, no 2,‎ , p. 137–174 (ISSN 1467-9477, DOI 10.1111/j.1467-9477.2007.00176.x, lire en ligne)
  21. (en) « The American Conservative », sur The American Conservative (consulté le 10 octobre 2017)
  22. (en) On Genetic Interests: Family, Ethnicity, And Humanity in an Age of Mass Migration, Transaction Publishers, (ISBN 9781412830065, lire en ligne), p. 146
  23. Bruce Bawer, « Crisis in Europe », The Hudson Review, vol. 58, no 4,‎ , p. 577–597 (DOI 10.2307/20464487, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Taylor, Multiculturalisme, différence et démocratie, Paris, Aubier, 1992.
  • Neil Bissoondath, Le marché aux illusions. La méprise du multiculturalisme, Montréal, Boréal, 1995.
  • Jean-Loup Amselle, Vers un multiculturalisme français. L'empire de la coutume, Paris, Flammarion, « Champs », 2001.
  • Christian Gros, David Dumoulin Kervran, "Le Multiculturalisme. un Modele Latino-Americain ?" (Presses Sorbonne Nouvelle), 2010.
  • Philippe d'Iribarne, "Les immigrés de la République : Impasses du multiculturalisme" (Seuil), 2010.
  • Milena Doytcheva, "Le multiculturalisme" (Éditions La Découverte), 2011.
  • Patrick Savidan, Le Multiculturalisme, PUF, « Que sais-je ? » no 3236)
  • (en) Brian Barry, Culture & Equality: An Egalitarian Critique of Multiculturalism (2001)
  • Mathieu Bock-Côté, Le multiculturalisme comme religion politique, Éditions du Cerf, 2016.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Critique du multiculturalisme[modifier | modifier le code]