Robert Sarah

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Robert Sarah
Image illustrative de l'article Robert Sarah
Le cardinal Robert Sarah en 2015.
Biographie
Naissance (72 ans)
à Ourouss (Afrique-Occidentale française)
Ordination sacerdotale par
Mgr Tchidimbo
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le pape Benoît XVI
Titre cardinalice Cardinal-diacre de S. Giovanni Bosco in via Tuscolana
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Benelli
Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements
Depuis le
Président du Conseil pontifical Cor unum
Secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples
Archevêque de Conakry

Blason
« Sufficit tibi gratia mea » (2Co 12,9)
(« Ma grâce te suffit »)
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
(en) Articles sur www.cardinalrating.com

Robert Sarah, né le à Ourouss dans le nord de la Guinée, est un cardinal catholique guinéen, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2014. Il est connu pour ses positions conservatrices.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Robert Sarah est né le 15 juin 1945 en Guinée, en pays Coniaguis[1].

La biographie écrite par Nicolas Diat rapporte qu'il fréquente régulièrement une mission de Pères spiritains dès l'âge de douze ans, et que c'est là qu'il découvre sa vocation. Sarah relate qu'il n'était pas évident qu'il ait accès à la prêtrise en tant que noir, et qu'il a fallu lui proposer[2]. Il étudie au petit séminaire Saint-Augustin à Bingerville, en Côte d'Ivoire[3].

Études en théologie, ordination et première mission[modifier | modifier le code]

Suite à la situation politique guinéenne, considéré comme un des grands résistants contre le régime marxiste de Ahmed Sékou Touré[4], il revient à Conakry trois ans plus tard. Il y passe son baccalauréat[5] avant de rejoindre la France pour étudier la théologie et la philosophie au Grand Séminaire de Nancy (1964-1967) où il rencontre le cardinal Eugène Tisserant[2].

Robert Sarah est ordonné prêtre le  ; l'ordination se déroule à la cathédrale Sainte-Marie de Conakry[2].

Souhaitant poursuivre ses études exégétiques, il se rend à Rome et y reste jusqu'en 1974 ; son séjour est entrecoupé par une année passée à Jérusalem, en 1971.

Il retourne ensuite en Guinée comme curé de Boké, où il veille à visiter chaque village de sa paroisse, y compris les plus reculés, ces derniers restés quelques années sans prêtre depuis l'expulsion des missionnaires[Laquelle ?] en 1967. En 1976, il devient professeur puis directeur du petit séminaire de Conakry[6].

Nomination d'évêque et à la Curie romaine[modifier | modifier le code]

Robert Sarah est nommé archevêque de Conakry le par Jean-Paul II à l'âge de trente-quatre ans, devenant ainsi le plus jeune évêque du monde[2],[7]. Il est consacré le 8 décembre suivant par le cardinal Giovanni Benelli, alors archevêque de Florence.

Il occupe cette fonction jusqu'en octobre 2001, date à laquelle il est appelé à la Curie comme secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

Le 7 octobre 2010, le pape Benoît XVI le nomme président du Conseil pontifical Cor Unum[8], lequel traite toutes les questions en rapport avec les activités caritatives. Quelques semaines plus tard, il est créé cardinal par Benoît XVI lors du consistoire du 20 novembre 2010. Il reçoit alors le titre de cardinal-diacre de S. Giovanni Bosco in via Tuscolana.

En 2013, lors d'un pèlerinage de séminaristes français à Rocamadour, il rappelle qu'« [o]n a trop discuté, ces dernières années, de la nature du prêtre, et trop peu prié. Or ce qui fait en premier le prêtre, c'est la prière et l'adoration »[2].

Du 18 au 21 mars 2014, il entreprend un voyage au Guatemala pour rencontrer les associations caritatives de l'archidiocèse du Guatemala. Il en profite aussi pour inaugurer un ensemble de maisons et une chapelle, sachant que, à la suite des catastrophes subies par le Guatemala[9], la construction de celle-ci a seulement pu se réaliser grâce au concours du pape François.

Le , comme l'ensemble des chefs de dicastère, il est nommé par François père synodal pour la troisième assemblée générale extraordinaire du synode des évêques sur la famille se déroulant du 5 au 19 octobre[10]. Trois jours plus tard, il est également nommé membre de la Congrégation pour la cause des saints[11].

Le , le pape le nomme préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements[12]. D'après le journaliste italien spécialiste des religions Sandro Magister, sa nomination en 2014 au sein de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements n'est pas une promotion, mais un moyen de le « neutraliser », le privant de facto de toute autorité effective en l'entourant d'hommes qui lui sont hostiles et même allé jusqu'à contredire en public ses propositions de « réforme de la réforme » dans le domaine de la liturgie, faisant référence aux débats internes sur le sujet de la liturgie entre 2014 et 2017[13].

Prises de positions et publications[modifier | modifier le code]

Le , il publie chez Fayard Dieu ou rien, un livre d'entretien sur la foi réalisé en collaboration avec l'écrivain Nicolas Diat.

En octobre 2015, il affirme que « les idéologies occidentales de l’homosexualité et de l’avortement et le fanatisme islamique sont aujourd’hui ce qu’étaient le nazisme, le fascisme et le communisme au XXe siècle » lors du synode sur la famille. Pour répondre à ces problèmes, il recommande à l’Église d'encourager une « épiphanie de la famille », car la crise du mariage actuel a selon lui pour origine une crise de Dieu en plus d'une crise de la foi[14].

Il rédige le puis promulgue le un décret pour la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur la demande de François, modifiant la cérémonie du lavement des pieds dans le rite romain. S'appuyant sur le chapitre 13 de l'évangile selon Jean, notamment sur la nécessité d'amour fraternel et du salut de la race humaine tout entière, le lavement des pieds jusque-là réservé à des garçons pris parmi le peuple de Dieu, est étendu à l'ensemble du peuple dans sa diversité. Le cérémonial des évêques et le missel romain sont ainsi modifiés[15].

Le , le cardinal Sarah appelle une première fois les prêtres à célébrer ad orientem, soit tournés vers l'est en étant au « dos du peuple »[16],[17]. Il reformule ce souhait lors d'une conférence à Londres le 5 juillet suite aux protestations[4],[18]. Selon lui, l'enjeu est de remettre Dieu au cœur de la liturgie : « Par cette manière de célébrer, nous expérimenterons, jusque dans nos corps, la primauté de Dieu et de l’adoration ». Le Vatican rappelle alors le que la messe est à célébrer face au peuple et qu'aucune évolution des directives liturgiques n'était prévue[19] .

Le , il publie chez Fayard La force du silence, un second livre d'entretien toujours réalisé en collaboration avec l'écrivain Nicolas Diat. Il exprime à travers son ouvrage une spiritualité radicale et remet au centre des préoccupations de l'homme une vie de prière puisqu'il s'agit selon lui d'être la seule voie d'avenir pour l'Église[4].

Le 17 novembre 2017 à l’Assemblée Générale de l'association Notre Dame de Chrétienté et le lendemain à l’Université d’Automne, Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, annonce la présence du cardinal Sarah à la messe de clôture du pèlerinage 2018 qui aura lieu à Chartres, le 21 mai 2018[20].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Sarah Nicolas Diat, p. 21.
  2. a, b, c, d et e Jean-Marie Dumont, « Enfant de l'Eucharistie », Famille chrétienne, no 1925,‎ , p. 66 (ISSN 0154-6821, lire en ligne)
  3. Robert Sarah Nicolas Diat, p. 35-41.
  4. a, b et c Jean-Marie Guénois, « À la rencontre du cardinal Sarah », Figaro,‎ (lire en ligne)
  5. Robert Sarah Nicolas Diat, p. 42-54.
  6. Robert Sarah Nicolas Diat, p. 63-78.
  7. Laurent Dandrieu, « Cardinal Sarah : « Nous voulons défendre la famille traditionnelle » », Valeurs actuelles,‎ (lire en ligne)
  8. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « RINUNCE E NOMINE », sur press.vatican.va, (consulté le 18 mars 2014)
  9. Radio Vatican, « Mission du cardinal Sarah au Guatémala », sur news.va, (consulté le 18 mars 2014)
  10. « Liste des participants au Synode sur la famille », sur la-croix.com, (consulté le 10 septembre 2014)
  11. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Rinunce e nomine », sur press.vatican.va, (consulté le 11 septembre 2014)
  12. (en) « Card Sarah named Prefect for Congregation for Divine Worship », sur Radio Vatican, (consulté le 24 novembre 2014)
  13. Jean-Marie Guénois, « Le soutien discret de Benoît XVI à un cardinal qui dérange François », Le Figaro, samedi 27 / dimanche 28 mai 2017, page 8.
  14. « Le cardinal Robert Sarah voit deux menaces : « l’idéologie du genre et Daech » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  15. (it) Robert Sarah, « Decreto della Congregazione per il Culto Divino e la Disciplina dei Sacramenti sul Rito della “Lavanda dei Piedi” », sur press.vatican.va, (consulté le 21 janvier 2016)
  16. « Cardinal Sarah : comment remettre Dieu au cœur de la liturgie », sur Famille Chrétienne, .
  17. « Le cardinal Sarah encourage la messe « dos au peuple » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  18. « Le cardinal Sarah suggère aux prêtres de célébrer la messe « vers l’Orient » à partir de l’Avent 2016 », sur Famille Chrétienne, .
  19. « Le Vatican rappelle que la messe est à célébrer « face au peuple » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  20. « Le cardinal Sarah sera à Chartres en 2018 », sur lesalonbeige.blogs.com (consulté le 10 décembre 2017)
  21. Ambassade de France près le Saint-Siège, « Remise des Insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur à Son Eminence Révérendissime le Cardinal Robert Sarah », sur france-vatican.orf, (consulté le 28 décembre 2015)
  22. (en) « Cardinal Sarah admitted to Order of Malta with the rank of Bailiff Grand Cross of Honour and Devotion », sur orderofmalta.int, (consulté le 12 juin 2016)
  23. Radio Vatican, « Bénin : A Dassa-Zoumè, le Cardinal Sarah reçoit le titre de Grand-Croix », sur fr.radiovaticana.va, (consulté le 22 novembre 2016)