Hervé Le Bras

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Hervé Le Bras
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Hervé Le Bras lors du forum « L’année vue par les sciences » organisé par France Culture le 13 février 2016

Naissance (73 ans)
Paris (France)
Nationalité Française
Champs Démographie
Mathématiques
Histoire
Anthropologie
Institutions Institut national d'études démographiques
École des hautes études en sciences sociales
Diplôme École polytechnique

Hervé Le Bras, né le à Paris (Seine), est un démographe français, chercheur émérite à l'Institut national d'études démographiques (INED), et un historien enseignant à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Hervé Le Bras, d'ascendance bretonne, est le fils du juriste et universitaire Gabriel Le Bras.

Études et début de carrière[modifier | modifier le code]

Après une année de droit et sciences économiques à l'université de Paris (1960-1961), il s'oriente vers les mathématiques supérieures et spéciales au lycée Louis-le-Grand (1961-1963). De 1963 à 1965, il est élève à l'École polytechnique (X1963), puis obtient un diplôme de recherche opérationnelle du CIRO (1965-1966).

Il part vivre auprès des Massa, au Tchad, en 1966 en tant qu'« anthropologue stagiaire ». À son retour, il est élève à l'Institut de démographie de Paris (IDUP) (mastère de démographie) et passe un DEA de mathématiques économiques de la faculté des sciences de Paris (1966-1967). Il rejoint l'Institut national d'études démographiques (INED) en tant qu'ingénieur de recherche (1968-1974). Il est également statisticien en neurolinguistique à l'INSERM de 1967 à 1970.

Enseignement et recherche[modifier | modifier le code]

Par la suite, il enseigne et fait de la recherche au sein de plusieurs institutions.

  • École nationale d'architecture de Paris-Belleville
    • Professeur de géométrie, représentation et morphologie (1969-1990)

Missions[modifier | modifier le code]

  • Membre (1969-2003) puis président (2002-2003) du conseil scientifique de la Délégation à l'aménagement du territoire (DATAR)
  • Membre en outre des conseils scientifiques du Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA) (2000-2004), de la Bibliothèque nationale (1976-1980), des actions concertées de Villes et Espace du Territoire (1998-2005)
  • Membre des conseils d'administration de l'Institut français d'architecture (1982-1986) de l'École normale supérieure (1997-), de l'École des hautes études en sciences sociales (1992-2000), de l'école d'architecture Paris-Belleville (1998-2006), du Haut comité de la Population (1986-1991), du Conseil national des sciences sociales (1999-2001)
  • Membre du Haut conseil de la population et de la famille (1981-1986)
  • Membre de la conférence des régions périphériques d’Europe (Union européenne), depuis 1998
  • Expert auprès de la Commission européenne sur les migrations euro-méditerranéennes (2003-)
  • Membre de la commission Attali (2007-2008)
  • Membre de la commission Juppé-Schweitzer (Commission du Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France) en 2007
  • Membre du Think Tank Futurescence de BNP-Paribas (2007-)
  • Membre de la commission Mazeaud sur les quotas d'immigration (2008)
  • Membre de la mission Wieviorka sur la diversité (2008)
  • Membre du CORA (Conseil d’Orientation et de réflexion de la Fédération française des assurances (2008-)
  • Cofondateur et membre de la CARSED (Commission alternative de réflexion sur les « statistiques ethniques » et les discriminations) (2009)

Édition[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prises de position[modifier | modifier le code]

L'obsession démographique française[modifier | modifier le code]

Hervé Le Bras, opposé à ce qu'il nomme « l'obsession nataliste française », apparaît comme un démographe iconoclaste[réf. nécessaire]. Il s'affronte sur ce sujet en 1990 au directeur de l'Institut national d'études démographiques (INED), Gérard Calot.

Ce débat entraîna une campagne de dénigrement, notamment de la part du Club de l'horloge[3], à laquelle il a répondu en publiant deux ouvrages dénonçant l'un, en 1992, l'obsession démographique française, Marianne et les Lapins : L'Obsession démographique, et l'autre, en 1998, Le Démon des origines : Démographie et Extrême Droite. Ce dernier ouvrage lui valut un procès intenté par l'INED[4].

Contre les statistiques ethniques[modifier | modifier le code]

En 1998, Hervé Le Bras s'oppose au projet de statistiques ethniques, ce qui contredit une nouvelle fois la position de l'Institut national d'études démographiques (INED) et en particulier celle de la démographe Michèle Tribalat, qui soutient que « le seul critère de la nationalité ne permet pas d'analyser les phénomènes de discrimination »[5]. Pour Hervé Le Bras, ce sont les catégories ethniques introduites par Michèle Tribalat qui posent problème : « La collecte de données n'est pas une menace en elle-même. Ce qui constitue une menace ce sont les catégories utilisées pour classer les données[6]. »

Dans un article du Monde, Philippe Bernard et Nicolas Weill résument ainsi la position du démographe : « S'interroger, comme le faisait Michèle Tribalat en 1991, sur les stratifications de la population française en fonction des vagues migratoires, conduit, par défaut, à utiliser la catégorie des "Français de souche". » Hervé Le Bras se dit « révulsé » par l'expression de « Français de souche », qui flatte le « vieux fond ethnique » de la droite : « Du Français de souche, on glisse insensiblement vers l'Indo-Européen, cher à l'extrême droite païenne[5]. »

L'idée de statistiques ethniques paraît néanmoins être alors proche de réunir un consensus, y compris au sein de l'intelligentsia de gauche[Qui ?], récemment sensibilisée aux thématiques multiculturalistes et communautaristes[7]. Mais, elle est rejetée par le Conseil constitutionnel en 2007[8].

Cependant, la polémique réapparaît en mars 2009, quand le président de la République Nicolas Sarkozy charge l'homme d'affaires Yazid Sabeg de créer le Comité pour la mesure et l’évaluation des discriminations et de la diversité (Comedd), présidé par François Héran, directeur de l’INED[9]. La commission devra « identifier, évaluer et proposer les catégories d’observation mobilisables pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations ». Yazid Sabeg considère que les statistiques ethniques sont nécessaires pour « mettre en chiffres les inégalités afin de conduire une politique favorable à la diversité »[10].

Dénonçant l'absence de débat au sein de cette commission, 22 chercheurs venus d'horizons différents (anthropologie, droit, statistiques, démographie, philosophie, sociologie, géographie), dont Hervé Le Bras, créent une commission indépendante, la Carsed (Commission alternative de réflexion sur les « statistiques ethniques » et les discriminations)[11]. Cette commission présenta son rapport en juin 2009 sous le titre « Le Retour de la race - Contre les "statistiques ethniques" »[12].

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Enfant et la Famille dans les pays développés, OCDE, 1978 (traduit en anglais)
  • Statistical Studies of Historical Social Structure (avec P. Laslett, K. Wachter, E. Hammel), Academic Press, 1979
  • L'Invention de la France (avec Emmanuel Todd), coll. Hachette, 1981
  • Les Trois France, Odile Jacob-Le Seuil, 1985 ; rééd. Opus, 1995
  • Population (dir.), Hachette-Pluriel, 1987
  • Marianne et les Lapins : L'Obsession démographique, Olivier Orban, 1991 ; rééd. Hachette, 1992
  • La Planète au village, Éditions de l'Aube, 1992 ; rééd. 1996
  • Le Sol et le Sang : Théories de l'invasion au XXe siècle, Éditions de l'Aube, 1993 ; rééd. 1996, 1998, 2007 (traduit en slovène, 2003)
  • Les Limites de la planète : mythes de la nature et de la population, Flammarion, 1994 (traduit en espagnol, arabe, portugais). Édition en poche, coll. « Champs », 1996
  • Les Libertés de la ville (dir., avec E. Malet), Unesco, 1995
  • Le Peuplement de l'Europe, La Documentation française, 1996
  • Démographie et Politique (dir., avec F. Ronsin et E. Zucker), université de Dijon, 1997
  • Le Démon des origines : Démographie et Extrême Droite, Éditions de l'Aube, 1998 (traduit en italien, éd. Feltrinelli)
  • Naissance de la mortalité : L'Origine politique de la statistique et de la démographie, Gallimard-Le Seuil, 2000
  • Essai de géométrie sociale, Odile Jacob, 2000 (traduit en portugais, éd. Piaget)
  • L'Invention des populations : Biologie, Idéologie, Politique (dir.), Odile Jacob, 2000 (traduit en portugais)
  • Kafka y la familia (ill. Hervé di Rosa), Ediciones Sin Nombre, 2001
  • Une autre France : Votes, Réseaux de relations, Classes sociales, Odile Jacob, 2002
  • 365 jours pour la Terre, La Martinière (commentaire des photos d'Yann Arthus-Bertrand, 2002
  • L'Adieu aux masses : Population et Politique, éd. de l'Aube, 2003 ; rééd. 2006 (traduit en italien, éd. Eleuthera)
  • L'Europe jusqu'où ? (avec A. Duhamel et P. Moreau-Defarges), éd. de l'Atelier, 2004
  • La Démographie, Odile Jacob, 2005, traduit en anglais éd. Princeton University Press, 2008
  • Immigration positive (avec Jack Lang), Odile Jacob, 2006
  • Entre deux pôles : La Démographie entre science et politique, Aux lieux d'être, 2006
  • Les 4 Mystères de la population française, Odile Jacob, 2007
  • Contre le conservatisme démographique français : Quatre essais sur la population actuelle de la France, En temps réel, 2008
  • Vie et Mort de la population mondiale, Édition Le Pommier, 2009
  • Le Retour de la race : Contre les "statistiques ethniques" (collectif), Éditions de l'Aube, 2009
  • Doit-on contrôler l'immigration ? avec Gérard-François Dumont, Prométhée, coll. « Pour ou contre ? », Bordeaux, 2009 (ISBN 978-2916623054)
  • L'Invention de la France (avec Emmanuel Todd), Gallimard, nouvelle édition complétée d'un chapitre final sur la crise idéologique et politique actuelle, 2012 (ISBN 978-2-07-013643-8)
  • Le Mystère français (avec Emmanuel Todd), Paris, Le Seuil, coll. « La République des idées », 2013 (ISBN 2021102165)
  • Le Pari du FN, Autrement, 2015
  • Le Nouvel ordre électoral à l'âge du tripartisme, Seuil, La République des idées, 2016
  • Anatomie sociale de la France. Ce que les big data disent de nous, Robert Laffont, 2016

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]