Histoire du peuplement de la France

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L'histoire du peuplement de la France commence avec l'arrivée des premiers hommes modernes en Europe de l'Ouest au début du Paléolithique supérieur, remplaçant progressivement, entre environ 42 000 et 35 000 ans avant le présent, les populations néandertaliennes antérieures. Vers 5 000 av. J.-C., des populations originaires d'Anatolie, arrivées par la Méditerranée ou par la vallée du Danube, s'installent sur le territoire actuel de la France, en y apportant l'agriculture : c'est le début du Néolithique. Elles supplantent en grande partie les populations mésolithiques. À partir d'environ 2 000 av. J.-C., un nouveau remplacement de population a lieu avec l'arrivée des locuteurs de langues indo-européennes en provenance d'Europe centrale. Vers le VIe siècle av. J.-C., les Celtes investissent le territoire en apportant avec eux les cultures de Hallstatt puis de la Tène : c'est la naissance de la Gaule. Elle tombe sous domination romaine au cours d'une période allant du IIe au Ier siècle av. J.-C. Profitant du déclin de l'Empire romain à partir du IVe siècle, des peuples germaniques, notamment francs, alamans, burgondes et wisigoths, commencent à s'installer en Gaule sous juridiction romaine, avant d'imposer finalement leur domination sur le territoire au Ve siècle.

Aux Ve et VIe siècles, des communautés entières de Bretons émigrent en Armorique depuis les régions du sud-ouest de la Bretagne insulaire. Des populations de Vikings, principalement venues du Danemark, s'installent en Normandie à la fin du Ier millénaire.

Principalement après la Seconde Guerre mondiale, et par le recours à des populations provenant en grande partie du second empire colonial, une immigration de populations d'origine extra-européenne se met en place.

Premiers peuplements[modifier | modifier le code]

Paléolithique[modifier | modifier le code]

Reconstitution montrant un homme de Cro-Magnon enseignant la taille du silex

Les premiers hommes modernes arrivent en Europe de l'Ouest au début du Paléolithique supérieur, remplaçant progressivement, entre environ 42 000 et 35 000 ans avant le présent (AP), les populations néandertaliennes antérieures.

La population européenne fluctue durant le Paléolithique supérieur en fonction des cycles climatiques, augmentant lors des brèves périodes de redoux et chutant lors des phases de froid les plus aigües. Le dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans, voit un quasi-dépeuplement du continent européen, en dehors des péninsules refuges que sont alors l'Espagne, l'Italie, et les Balkans.

Lors du recul des glaciers vers - 19.000 ans, l'Europe du Nord dont la France est repeuplée par des chasseurs-cueilleurs du sud-ouest de l'Europe, provenant notamment d'Espagne[1].

Selon les estimations [réf. nécessaire], la population aurait été multipliée par 4 entre 100 000 et 17 000 ans avant le présent

  • environ 3−4 000 habitants vers 100 000 ans AP (soit moins de 0,006 hab/km²) ;
  • environ 8−10 000 habitants entre 40 000 et 20 000 ans AP (soit environ 0,015 hab/km², ou environ une centaine d'habitants pour un territoire ayant la taille d'un département français) ;
  • peut-être 14 000 habitants au Magdalénien (17 000 à 14 000 ans AP)[2].
Ötzi, porteur de l'haplogroupe G2a qui s'est révélé être le groupe dominant parmi les premiers agriculteurs du Néolithique qui migrèrent d'Anatolie vers l'Europe entre - 6 500 et - 4 500. Reconstitution au musée de Bozen-Bolzano[3]
Essai d'estimation de la population de la France dans les périodes préhistoriques[4]
Période préhistorique de à Population selon une

sélection des

gisements préhistoriques

selon l'Atlas

Archéologique Universel

Population selon une

sélection des

gisements préhistoriques

selon la

« Préhistoire française »

Paléolithique inférieur (dates avant le présent) 1 200 000 350 000 1 961 1 966
Moustérien 350 000 40 000 3 189 3 834
Aurignacien et Gravettien 40 000 22 000 6 280 3 262
Solutréen 22 000 17 000 42 370 5 989
Magdalénien 17 000 14 000 14 769 10 188
Mésolithique (dates av. J.-C.) -9 700 -5 000 12 343 13 029
Néolithique -5 000 -2 000 36 266 20 350

Selon une étude paléogénétique publiée en 2016, basée sur 51 fossiles d'Homo sapiens européens datés entre 45 000 et 7 000 ans avant le présent, les populations européennes de l'époque de Cro-Magnon (Gravettien) n'ont participé qu'à la marge au patrimoine génétique des populations européennes actuelles. Plusieurs vagues de peuplement postérieures venues du Proche-Orient ou d'Europe orientale ont en effet profondément remanié la composition génétique des populations européennes entre le dernier maximum glaciaire et l'Âge du bronze, effaçant à chaque fois une partie importante du fond génétique antérieur[5].

Néolithique[modifier | modifier le code]

Selon Jacques Dupâquier[6], l’essor de la population sur le territoire français commence au début du Néolithique, vers 5 500 av. J.-C. Au milieu du Ve millénaire av. J.-C., les populations pratiquent l’agriculture et l’élevage sur l’ensemble du territoire. Au début du IIIe millénaire av. J.-C., la population atteindrait le million d'habitants. En 1800 av. J.-C., il y aurait au moins quatre millions d’habitants sur l'actuel territoire de France.[pas clair]

Comme dans le reste de l'Europe, les premiers fermiers néolithiques présents sur le territoire français sont une population très homogène venue d'Anatolie. On observe deux grands courants de néolithisation, le courant danubien (culture rubanée) et le courant méditerranéen (culture de la céramique cardiale), qui sont en réalité le fait d'une seule et unique population colonisatrice issue d'une seule et même source commune qui a conquis la majeure partie de l'Europe, presque sans mélange avec les chasseurs-cueilleurs rencontrés sur le chemin, même longtemps après la séparation des deux courants, et ce jusqu'à son arrivée sur les côtes atlantiques. On a pu ainsi déterminer que, si mélange conséquent il y avait eu avec les anciens chasseurs-cueilleurs, celui-ci aurait alors plutôt eu lieu dans les Balkans, en amont de la séparation des deux grands courants, de sorte que les deux courants sont issus du même mélange génétique[7].

Cette population venue d'Anatolie montre une distance génétique très importante vis-à-vis de la population actuelle du Proche-Orient, cette dernière étant le fruit de migrations et remplacements de population plus récents dans cette région du monde. La population ancienne du Néolithique d'Anatolie était en revanche bien plus proche des Européens actuels ; elle était surtout très étroitement apparentée aux premiers fermiers européens du Néolithique (les EEF), dont le vestige le plus proche sont les actuels Sardes. À leur entrée en Europe ces premiers agriculteurs n'ont connu en réalité qu'un mélange limité (7 à 11 %) avec les chasseurs-cueilleurs européens, avant de coloniser et peupler une grande partie de l'Europe, dont l'actuel territoire français[8],[9].

Peuples d'origine indo-européenne[modifier | modifier le code]

Des gènes issus des steppes[modifier | modifier le code]

Aire de répartition de l'haplogroupe R1b en Europe

Cette population de fermiers néolithiques va être presque totalement remplacée ou assimilée par l'arrivée de nouvelles populations, de la fin du Néolithique au début de l'Âge du bronze. Comme pour la colonisation par les fermiers néolithiques, cette migration n'est pas propre au seul territoire français mais concerne l'ensemble de l'Europe. Une migration très importante s'est produite depuis la steppe pontique (culture Yamna) vers le centre de l'Europe, puis les autres parties de l'Europe à partir de [10],[11]. Cette migration a joué un rôle clé dans la diffusion de la culture campaniforme[12],[13].

Le marqueur génétique de cette migration est l'haplogroupe R1b. Cet haplogroupe totalement absent d'Europe avant le néolithique est généralement associé à diffusion des langues indo-européennes et à l'ascendance pontique[14]. L'haplogroupe R1b-M269, un sous-clade de R1b, qui représente 60 % des lignées masculines en France est déjà présent dans la culture Yamna. Dans certaines parties de l'Ouest de la France, la fréquence de R1b est plus élevée que 90 %[15]. Le pourcentage de cet haplogroupe augmente progressivement au cours de l'Âge du bronze et l'Âge du fer, les populations celtiques puis germaniques arrivant sur le territoire français étant elles-mêmes très majoritairement porteuses de cet haplogroupe[16].

Les pasteurs nomades que sont les locuteurs des langues indo-européennes se caractérisent notamment par la maîtrise du cheval, l'invention de la roue, l'introduction de technologies metallurgiques du bronze et par la mise en place de nouvelles structures sociales. Cet ensemble d'innovations aurait favorisé les sociétés indo-européennes et leurs descendants[17]. Comme dans le reste de l'Europe, les études génétiques confirment le modèle avancé par les historiens du Ver sacrum, des confrèrie de jeunes guerriers devant chercher un nouvel établissement, et indiquent une contribution plus élevée des hommes dans ces migrations que des femmes[18]. .

Ces groupes montrent une continuité sociologique et génétique majeure dans le temps avec des familles patrilinéaires dérivées de population de la culture campaniforme et de Yamna. Cette continuité de l'âge du bronze est particulièrement visible dans de nombreuses générations de différentes familles patrilocales pratiquant l'exogamie féminine, montrant un héritage patrilinéaire principalement dans les lignées de l'haplogroupe R1b-P312 (principalement U152 +), toutes suivant apparemment un système sociopolitique similaire s'étendant sur plus de 700 ans, depuis l'arrivée des populations de la culture campaniforme d'Europe centrale (environ 2500 ans av. J.-C.) jusqu'à au moins la fin de l'âge du bronze moyen (environ 1300 av. J.-C.)[19],[20]. On observe un type d'inégalité sociale basée i) sur des ménages complexes constitués d'une famille de base jouissant d'un statut supérieur, transmettant richesse et statut aux descendants, ii) des femmes non locales non liées, riches et ayant un statut élevé et iii) de personnes locales ayant un statut inférieur[19].

Selon l'archéologue Pere Bosch Gimpera et d'autres chercheurs, ce flux se serait poursuivi. Ainsi, des groupes de populations de la culture des champs d'urnes, seraient partis de Bavière, Wurtemberg et Bâle et seraient passés par la trouée de Belfort pour arriver au centre de la France (champs d'urnes de Pougues-les-Eaux dans la Nièvre, de Saint-Père-sous-Vézelay dans l'Yonne — deux stations thermales —, de Dompierre-sur-Besbre dans l'Allier) ; auraient ensuite contourné les Cévennes par l'ouest pour arriver dans le Tarn (nombreuses nécropoles vers Saint-Sulpice-la-Pointe), la plaine de Toulouse et les Pyrénées, et de là passer en Catalogne. Un autre groupe du même peuple, passant par le plateau suisse et la vallée du Rhône où il aurait remplacé la civilisation palafitte, aurait suivi le bord de la Méditerranée pour peupler le Roussillon et le Narbonnais[21].

Il semblerait donc qu'il n'y ait pas eu une seule vague migratoire que l'on pourrait qualifier d'invasion vers l'Europe occidentale et la France, mais, à des époques différentes, des infiltrations de petits groupes possédant une structure sociale avancée, dont le système politique, religieux et mythologique a été décrit par les comparatistes comme Georges Dumézil.

Avant l'arrivée des Celtes, les populations installées en Gaule comme les Ligures sont très probablement déjà indo-européennes.

Ligures[modifier | modifier le code]

Vestiges de l'oppidum d'Entremont, capitale de la confédération des Celto-Ligures, en particulier des Salyens
Les peuples celto-ligures au début de l'époque romaine

Les Ligures auraient quant à eux occupé le sud-est de la France et le nord de l'Italie. Présentés par les Grecs, comme l'un des trois grands peuples barbares, on ne possède toutefois aucun texte en langue ligure qui pourrait apporter des informations sur leur origine. On ne connait cette langue que par des quelques noms propres (ethnonymes, toponymes, anthroponymes) et quelques termes cités dans les textes antiques.

Il existait un vieux débat sur l'ascendance indo-européenne de la langue ligure. Si l'hypothèse indo-européenne semble aujourd'hui confirmée, de nombreux chercheurs affirmaient l'antériorité de cette culture. Le professeur d'antiquités germaniques Karl Viktor Müllenhoff fut le pionnier de cette théorie pré-indo-européenne[22], suivi de l'historien et celtologue Henri d'Arbois de Jubainville[23] et du géologue et paléontologue italien Arturo Issel[24]. Certains auteurs (Benvenuto Terracini, Paul Kretschmer, Hans Krahe), pour expliquer la présence d'ethnonymes non indo-européens, avaient fait l'hypothèse qu'un peuple indo-européen aurait imposé sa domination à des populations pré-indo-européennes. Bernard Sergent considère quant à lui le ligure comme un membre particulier du groupe celtique[25].

Le même débat existe sur l'extension de leur territoire. Selon Roger Dion, les auteurs grecs appelaient Ligures l'ensemble des peuplades moins civilisées de Méditerranée occidentale et que le terme ne désigne donc pas un peuple précis dans les écrits anciens[26].

D'autres estiment que les Ligures constituent un peuple indigène de la Gaule méridionale, auquel sont venus successivement se mêler les Ibères et les Celtes. La thèse de l'autochtonie fut notamment défendue par Dominique-François-Louis Roget et Camille Jullian. Camille Jullian soutient en outre la thèse d'une très large extension ligure (Gaule, Espagne, Italie, îles Britanniques) et, tout comme Henri Hubert, d'une invasion ibère de l'ouest du territoire ligure.

Tout comme pour les populations du Pays basque, les études génétiques récentes réfutent les suppositions d'une origine « pré-indo-européenne » des populations ligures. Elles associent celles-ci au vaste groupe italo-celtique dont l'un des marqueurs caractéristique est l'haplogroupe U152, sous clade de R1b-P312, lui-même sous clade de R1b-M269[27].

À la veille de la conquête romaine, le sud-est de la France est occupé par des peuples ligures étroitement liés aux Celtes. On connait peu de choses sur les Celto-Ligures et de nombreuses hypothèses existent sur leur lien avec les Gaulois. Ainsi on hésite sur l'ascendance ligure ou celte de plusieurs peuples comme les Belendi, Draganes, Memini, Quariates ou Venisami. Selon certaines théories les Vellaves ou Vellaunes seraient aussi d'origine ligure, théorie attestée par « la persistance des noms ligures dans le pays : la toponymie des noms de lieu, écrit Gimon[Qui ?], tend de plus en plus à prouver que la plupart de nos localités, sources, rivières et montagnes portent des noms à radicaux ligures[28]. (…) La région où les radicaux ligures sont particulièrement abondants s’étend des Alpes-Maritimes et du Var (pays des Vellaunes) jusqu’aux Hautes-Alpes, à la Drôme, au Velay, au Languedoc…[29]… » Joseph Déchelette et Gimon[Qui ?] insistent sur les différences culturelles de ces régions ligures par rapport à celles du reste de la Gaule : « le mode de sépulture n’est pas le même, l’industrie diffère totalement, l’art se rapproche de l’art italien ou sicilien et se différencie nettement de l’art celte. »

Parmi les peuples ligures et alpins du Sud-Est de la France et des régions environnantes, on distingue notamment :

D'autres peuples sont originellement considérés comme celto-ligures :

Ibères[modifier | modifier le code]

La langue ibérique (couleur vert pomme) dans le contexte des langues paléo-hispaniques, son expansion touche le Languedoc actuel.

Les Ibères constituaient la population autochtone de l'actuelle péninsule Ibérique à laquelle ils ont donné leur nom. Toutefois on remarque des traces de leur présence dans le sud-ouest de la France et en Corse, selon Gustave Bloch : « À l’arrière-plan de notre histoire figure le peuple des Ibères. Il était répandu dans la Sicile, dans la Corse, dans la péninsule Hispanique, dans l’Italie et dans le midi de la France. Le géographe Strabon, qui vivait au commencement de notre ère, nous apprend que le mot Ibérie s’était appliqué autrefois à tout le pays compris entre les golfes de Gascogne et du Lion, et en effet ce sont des Ibères que les Phocéens rencontrèrent sur la côte du Languedoc vers 600 av. J.-C. »[30]. En outre la langue ibère est identifiée sur tout le littoral méditerranéen de la péninsule Ibérique jusque dans le golfe du Lion en Gaule méridionale et selon Javier de Hoz aurait été une langue véhiculaire[31].

Leur ascendance correspond également à un important flux de populations depuis l'Europe centrale[32],[18]. Cette ascendance issue de la steppe pontique-est apparue dans toute la péninsule ibérique, mais avec moins d'impact au sud. La preuve la plus ancienne concerne des personnes datant de 2500 à 2000 av. J.-C. qui ont coexisté avec des populations locales sans ascendance steppique. Ces groupes vivaient à proximité et se sont mélangés pour former la population de l'âge du bronze après 2 000 ans avant notre ère[32]. Le remaniement du chromosome Y (masculin) est très prononcé, les lignages courants dans l'Ibérie de l'âge du cuivre (haplogroupes I2, G2 et H) sont presque complètement remplacés par une lignée, R1b-M269 ce qui indique une contribution plus élevée des hommes entrants que des femmes[32].

La question des Basques[modifier | modifier le code]

Carte du proto-basque en l'an 1
Distribution de l'hqplogroupe R1b-M269

Du fait de la particularité linguistique de la langue basque, des linguistes ont supposé que celle-ci pouvait être un isolat, et que les populations vivant dans le territoire du Pays basque pourraient être caractérisées par une certaine continuité génétique depuis le Mésolithique.

Les études génétiques récentes vont à l'encontre de ces suppositions. Comme pour le reste du territoire français, les populations présentes dans cette région sont caractérisées par l'arrivée au néolithique d'agriculteurs venus d'Anatolie qui se sont mélangés avec la population locale de chasseurs-cueilleurs[33]. Le Pays basque ne se distingue également en rien de l'Ouest de la France, il voit environ 2.000 avant notre ère le remplacement de 40 % des ancêtres présents et de près de 100 % de ses chromosomes Y par des personnes d'ascendance steppique. Ces études montrent que durant l'âge du fer, l'ascendance steppique s'est répandue non seulement dans les régions parlant des langues indo-européennes, mais aussi dans les régions de langues non indo-européennes. Elles révèlent que les Basques actuels sont mieux décrits comme étant une population typique de l'âge du fer sans les adjonctions qui ont ensuite affecté le reste de la péninsule Ibérique[32]. Ainsi, les Basques modernes se superposent génétiquement aux populations de l'âge du fer, montrant des niveaux substantiels d'ascendance steppique. Ils représentent seulement un isolement récent avec des goulots d'étranglement de l'ADN-Y après les mouvements de population de l'âge du fer à l'époque romaine[32]. L'haplogroupe R-DF27, un sous clade de R-M269 haplogroupe très présent parmi les populations celtiques, se manifeste jusqu'à 70 % chez les Basques[34].

Autres peuplements[modifier | modifier le code]

Phocéens[modifier | modifier le code]

La fondation de la cité de Massalia (Marseille) remonte à 600 av. J.-C. est le fait de colons grecs venus de Phocée en Asie mineure[35]. Selon la légende rapportée dans l’Abrégé des Histoires Philippiques de Trogue Pompée de Justin[36], ces colons grecs « fondèrent Marseille, entre les Ligures et les peuplades sauvages de Gaulois...Cependant les Ligures, jaloux de la croissance de la ville, harcelaient de guerres continuelles les Grecs qui firent tant d'efforts en repoussant les dangers, qu'après avoir vaincu les ennemis, ils établirent beaucoup de colonies sur les terres dont ils s'étaient emparés ».

Les Alpes Cottiennes dans l'Empire romain vers 120

Le territoire celto-ligure recule donc sous l'influence grecque mais également sous la pression romaine. Le territoire alpin des Celto-Ligures devient ainsi une province romaine impériale dissociée des Gaules, sous Auguste[37] sur le territoire des Segusini. En effet, Marcus Julius Cottius, le roi celto-ligure local, allié de Rome, avait ouvert aux Romains la route du val de Suse. En remerciement de son attitude favorable, il fut nommé préfet par Auguste et continua de régner dans sa capitale à Suse tandis que le nom de la nouvelle province, les Alpes cottiennes, lui est dédié. Cottius fait construire un arc de triomphe en 8 av. J.-C. dédié à Auguste. Cet Arc d'Auguste est un témoignage historique précieux car il indique le nom des quatorze tribus qui composaient le royaume de Cottius dont notamment :

La colonie prospère considérablement et atteint son apogée au VIe siècle av. J.-C. Le domaine de Marseille décrit alors un arc de cercle depuis les Alpes Maritimes jusqu’à l’Andalousie, intégrant les deux ports phéniciens de Melqart (Monaco et Villefranche-sur-Mer) et de nouvelles colonies comme le port de Nicè (Nice) et d'Antipolis (Antibes) ainsi que d'autres établissement comme Athénè dans la baie de Saint-Tropez, Héraclée Caccabaria, dans la baie de Cavalaire, Olbia, près d’Hyères, Citharista (La Ciotat), Agathè Tychè, au cap d'Agde et le port de Vénus (Port-Vendres). Dans l'intérieur des terres, l'influence se fait sentir dans le delta rhodanien et la vallée du Rhône à Arles et Avignon et de la Durance à Cavaillon. Culturellement les Grecs introduisent l'écriture, la culture du vin et de l'olivier en Gaule, les Massaliotes sont aussi des navigateurs célèbres (Euthymènes, Pythéas) et ils établissent des institutions politiques calquées sur le modèle aristocratique grec.

Des études génétiques ont fait l'hypothèse d'un apport important des populations helléniques. En 2011 une analyse comparée entre 51 personnes d'origine provençale et 89 Grecs d'Anatolie dont les ancêtres viennent de Smyrna et du port de Phocée en Asie Mineure (le lieu historique d'embarcation des Phocéens), montrerait que 17 % des chromosomes Y seraient d'origine grecque. L'étude en conclut que « Les évaluations du rapport démographique colons grecs / indigènes celto-ligures envisage un maximum de 10 % pour la contribution grecque, ce qui suggère une élite dominante grecque masculine mélangée à la population de la Provence de l'Âge de fer[38]. Cette influence génétique persisterait encore de nos jours.

Phéniciens[modifier | modifier le code]

Aires d'influence en Méditerranée occidentale en 509 av. J.-C.
  • Carthaginois
  • Étrusques
  • Grecs
  • Romains

Les Phéniciens font leur première apparition dans la Méditerranée occidentale vers l’an 1100, peuple de commerçants et de navigateurs il est fort probable qu'ils aient établi des comptoirs sur les côtes méditerranéennes de la Gaule. Pour Gustave Bloch,

« Les établissements qu’ils fondèrent sur notre littoral ne sont pas mentionnés par les historiens et n’ont laissé de leur existence aucune trace matérielle... Leurs établissements portent le nom de l’île Phoenice et des Pomégues et font clairement allusion aux Phéniciens. Les noms de Ruscino, Castel-Roussillon, sur le Têt, sont tirés d’une racine sémitique qui veut dire tête, cap. D’autres noms rappellent les dieux dont le culte fut implanté sur ces rivages par les marins de Tyr et de Sidon. Les principaux étaient Astarté et Melqart, dont les Grecs et les Latins ont fait Aphrodite et Vénus, Héraclès et Hercule... Le promontoire d’Aphrodite, maintenant le cap Creus, le Port de Vénus, Portus Veneris, Port-Vendres, évoquent le culte d’Astarté. Les deux Héraclée, à l’embouchure du Rhône et dans la baie de Cavalaire, les deux ports d’Hercule, dans la rade de Villefranche et au pied du rocher de Monaco, ont été consacrés à Melqart. La deuxième Héraclée, dans la baie de Cavalaire, Heraclea Caccabaria, a de plus un nom qui fut donné à Carthage (Caccabe). Monaco vient de Menouha, qui veut dire halte, repos. »[réf. à confirmer]

Corses[modifier | modifier le code]

La Corse est habitée depuis le Paléolithique et sa population présente des caractéristiques génétiques relativement proches de la Sardaigne voisine[39]. Les études génétiques récentes (2019) montrent que ces îles ont reçu un afflux initial de populations d'ascendance néolithique, puis sont restée relativement isolées des expansions du néolithique tardif et de l'âge du bronze qui ont eu lieu en Europe continentale. C'est la raison qui explique que ces populations sont remarquables par le fait que les individus néolithiques de l'Europe continentale sont plus proches d'elles que de toutes les populations européennes actuelles[40]. Les événements néolithiques / chalcolithiques, d'un point de vue de la genèse de la population, semblent avoir été beaucoup plus importants que les processus historiques ultérieurs[41]. Les études suggèrent également une population isolée avec une faible taille effective de la population et un haut degré d'endogamie[42].

Les Phéniciens, venus de Tyr, commercent avec la Corse, mais ne s’y arrêtent pas.

Les Grecs de Phocée essaiment en mer Méditerranée occidentale et fondent vers 565 av. J.-C. Alalia, sur la côte orientale corse. Ils construisent une cité en dur, introduisent la vigne, l’olivier et le blé, enseignent l’écriture, exploitent les gisements d’argent, de fer et de plomb, tandis que les autochtones se replient sur les hauteurs, le maquis et la forêt pour y vivre de l'agriculture, de la récolte du miel et surtout de l’élevage (chèvre). Cependant, le commerce existe entre les deux.

Après l'invasion de l'île d'Elbe, les Étrusques, venus de Toscane, s'allient aux Carthaginois, héritiers des Phéniciens et maîtres des rivages nord-africains et de la Sardaigne. En 535 av. J.-C., leurs flottes affrontent celle des Phocéens au large d’Alalia. Après cette bataille, une partie des Phocéens émigre pour fonder Élée. La population du comptoir devient largement cosmopolite, et les trois peuples y cohabitent. Cependant, en 453 av. J.-C., les Syracusains débarquent sur l'île et chassent les Étrusques. Ils aménagent un port dans un golfe du sud de la plaine orientale : Port Syracusain (Porto-Vecchio). Plus tard, vers 280 av. J.-C., les Carthaginois, reviennent prendre la place des Syracusains. Seuls maîtres de l'île et de sa plus grande ville, Alalia, ils dévastent la Corse en détruisant nombre d’arbres fruitiers et de plantes comestibles et en interdisant toute agriculture[réf. nécessaire].

Selon Claude Ptolémée, la Corse était habitée par douze nations qui, pour la plupart autochtones, n'ont subi l'influence romaine que dans de faibles proportions[43].

L'analyse du génome de la population corse (2019) révèle une affinité génétique plus étroite avec les populations du nord et du centre de l'Italie plutôt qu'avec les Sardes, tout en partageant avec ces derniers une proportion notable d'ascendance, des processus démographiques et d'isolement similaires[42].

Des Celtes aux Gaulois[modifier | modifier le code]

Celtes[modifier | modifier le code]

Culture de Hallstatt : 800-450 av. J.-C.
Culture de La Tène d'après Atlas of the Celtic World, by John Haywood ; London Thames & Hudson Ltd., 2001, p. 30-37.
Extension de la culture celtique au IIIe siècle av. J.-C. d'après Francisco Villar dans Les Indo-Européens et les origines de l'Europe - version italienne p. 446

Dans les sources historiques de l'Antiquité il existe de nombreuses confusions entre les terminologies de celte, gaulois, galate et germain, et leur foyer de peuplement. La recherche actuelle s'accorde néanmoins sur le fait que les populations celtiques proviennent d'Europe centrale : Autriche, Bohème, Suisse, Sud de l'Allemagne.

Pour l’archéologue Venceslas Kruta, « Le groupe proto-celtique devait avoir occupé au IIe millénaire av. J.-C. de vastes territoires de l’Europe centrale et occidentale, depuis la Bohême méridionale et la partie occidentale de l’Autriche, jusqu’au régions atlantiques[44]. »

Le contact entre le monde celtique et germanique reste difficile à établir. La première énigme apparaît lors de la Guerre des Cimbres : ce peuple semble avoir migré du nord de l'Europe (plus précisément du Jutland) au IIe siècle av. J.-C., puis défaits à la Bataille d'Aix. Bien que généralement considérés comme germaniques en raison de leur région d'origine, des incertitudes sur leur langue ou leur culture ont pu apparaître, notamment du fait de nombreux anthroponymes celtiques parmi leurs chefs[45])[source insuffisante]. Les Teutons n'apparaissent dans les textes que lors de la Bataille de Noreia (sud de l'Autriche). Toujours selon Henri Hubert, la jonction entre les deux groupes aurait eu lieu en Allemagne centrale près du Main, région celtique avant sa germanisation au milieu du premier millénaire avant notre ère. Il est donc possible que ces migrations aient pu donner lieu à des confédérations de tribus mêlant Celtes et Germains.

Selon Strabon[46], les Gaulois sont apparentés aux Germains : « Passé le Rhin, tout de suite après les Celtes ou Gaulois, on rencontre, en allant vers l'Est, la nation des Germains. Comparés aux Celtes, les Germains offrent bien quelques petites différences, ils ont par exemple des mœurs plus sauvages, une taille plus élevée, les cheveux plus blonds, mais à cela près ils leur ressemblent fort et l'on retrouve chez eux les mêmes traits, le même caractère, le même genre de vie que nous avons précédemment décrits chez les Celtes. C'est même là, croyons-nous, ce qui leur a fait donner par les Romains le nom qu'ils portent : les Romains avaient reconnu en eux les propres frères des Gaulois, et les auront appelés Germani, d'un mot de leur langue qui désigne les frères nés de même père et de même mère »[47].

C'est Jules César qui définira précisément la limite entre Celtes et Germains dans la Guerre des Gaules, limite définie par le Rhin[48]. Le but politique paraît établi, d'une part par le caractère trop simple de cette limite, d'autre part par le fait que Celtes et Germains ont pu coexister au-delà ou en deçà de cette limite[49],[50]. Serge Levuillon qualifie cette limite d'aberration, dans un contexte où Celtes et Germains ont pu se côtoyer et échanger culture et coutumes[51],[52]. Selon Lucien Bely, les Celtes étaient présents au-delà du Rhin[53][source insuffisante]. Le cas des Belges illustre bien le problème dans la mesure où personne ne peut aujourd'hui affirmer à quel groupe culturel se rattachaient les peuples de la région. César entretient lui-même l'incertitude en ne classant la région ni dans la « Celtique », ni dans la « Germanie ». Les études toponymiques, linguistiques ou anthroponymiques n'ont jamais pu éclaircir la question. Les différents auteurs sont partagés entre l'option celtique (Jean Loicq), l'option germanique avec aristocratie celtique (Ugo Janssens), et d'autres encore penchent vers une théorie plus récente dénommée Nordwestblock< défendue notamment par Rolf Hachmann, Georg Kossack ou Hans Kuhn, et où le nord-ouest de l'Europe continentale aurait connu une culture distincte des Celtes et des Germains[réf. nécessaire].

Gaulois[modifier | modifier le code]

Les Celtes qui ont d'abord peuplé l'Europe centrale (Vindélicie, Norique) entre les Alpes et la forêt hercynienne[54], ont commencé à migrer en -500 vers l'ouest, rejoignant la population autochtone pour constituer une partie importante de la population des différentes régions de la Gaule. Il est communément admis que la culture celtique s'épanouit en Gaule avec La Tène, c'est-à-dire au deuxième Âge du fer, à partir du Ve siècle av. J.-C.. L'infiltration des tribus celtes par petits groupes fait entrer la Gaule dans l'Âge du fer en apportant aux populations locales un niveau de développement inconnu jusqu'alors[55].

Les Gaulois se composent de nombreuses tribus parlant un ensemble de dialectes celtes, partageant un même mode d'organisation politique et sociale et la même religion. Ces différents peuples peuvent se lier par des alliances ou des fédérations (arvernes, éduens)

Les 4 régions de la Gaule

Quand César vient avec ses troupes dans cette région, il trouve une terre habitée, non seulement par les Celtes, qui occupent la plupart du territoire, mais aussi par les Belges (plus exactement des Gaulois belges qui sont également des Celtes, et quelques peuples germaniques celtisés qu'il appelle Germains cisrhénans)[56], qui occupent, depuis le Ve siècle av. J.-C., les terres au nord-est de la Gaule, des populations comme les Ligures et les Rhètes au sud-est, ainsi que les Ibères au sud-ouest, près de la péninsule Ibérique[57].

« Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes, et dans la nôtre, Gaulois. Ces nations diffèrent entre elles par le langage, les institutions et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine... : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux. Par la même raison, les Helvètes surpassent aussi en valeur les autres Gaulois ; car ils engagent contre les Germains des luttes presque journalières, soit qu'ils les repoussent de leur propre territoire, soit qu'ils envahissent celui de leurs ennemis. Le pays habité, comme nous l'avons dit, par les Gaulois, commence au Rhône, et est borné par la Garonne, l'océan et les frontières des Belges ; du côté des Séquanes et des Helvètes, il va jusqu'au Rhin ; il est situé au nord. Celui des Belges commence à l'extrême frontière de la Gaule, et est borné par la partie inférieure du Rhin ; il regarde le nord et l'orient. L'Aquitaine s'étend de la Garonne aux Pyrénées, et à cette partie de l'océan qui baigne les côtes d'Hispanie ; elle est entre le couchant et le nord. »

— Jules César, Guerre des Gaules, I, 1

Géopolitique des principaux peuples gaulois
Peuples gaulois de l'Armorique

Avant la conquête romaine, la population gauloise est estimée selon Jean-Noël Biraben à 6,8 millions[58] et selon R. Étienne à 4 ou 4,5 millions[59].

Ces populations sont confrontées aux pressions démographiques des peuples germaniques (en particulier les Suèves), ce qui provoque la tentative de migration des Helvètes au milieu du Ier siècle av. J.-C. sous la direction d'Orgétorix et l'entrée en guerre des Romains. César témoigne des préoccupations gauloises dans son ouvrage, La Guerre des Gaules, « Mais les Séquanes vainqueurs ont éprouvé un sort plus intolérable que les Héduens vaincus : en effet, Arioviste, roi des Germains, s'est établi dans leur pays, s'est emparé du tiers de leur territoire, qui est le meilleur de toute la Gaule, et leur ordonne maintenant d'en abandonner un autre tiers à vingt-quatre mille Harudes qui, depuis peu de mois, sont venus le joindre, et auxquels il faut préparer un établissement. Il arrivera dans peu d'années que tous les Gaulois seront chassés de leur pays, et que tous les Germains auront passé le Rhin ; car le sol de la Germanie ne peut pas entrer en comparaison avec celui de la Gaule, non plus que la manière de vivre des deux nations. »[60].

Les Séquanes, les Arvernes, les Éduens forment alors les peuples les plus puissants de la Celtique. Les Belges furent considérés comme un peuple gaulois ou comme un peuple germanique dominé par une aristocratie gauloise (hypothèse suggérée par le fait que les noms des chefs belges sont d'origine celtique, ainsi que les toponymes anciens et non pas germaniques. Des analyses plus précises[réf. nécessaire] des noms de leurs tribus, de leurs chefs et de leurs dieux amènent à ces diverses hypothèses: certaines tribus seraient authentiquement gauloises (comme les Rèmes, les Bellovaques, les Morins ou encore les Atrébates)[réf. nécessaire] ; d'autres montreraient des caractères germaniques (Nerviens, Aduatuques, Condruses, Ménapiens…) selon César (De bello gallico ii 4) certains auteurs suggèrent un troisième groupe, pas vraiment germanique, avec des affinités italiques (Pémanes, Menapi…)[réf. nécessaire].

Les Aquitains, étaient une confédération de tribus proto-basques, peuples d'éleveurs, ils habitaient les vallées pyrénéennes et l'intérieur de la Vasconie (vivant de l'agriculture du blé). Ils ne formaient pas une unité politique avant l'arrivée des Romains. Posidonios d'Apamée[réf. nécessaire] et Jules César[61] ont remarqué qu'ils s'apparentaient plus à des Ibères qu'à des Gaulois. Il a également précisé que ce proto basque nommé aquitain se differenciait netemment des autres parlers gaulois ou belges[réf. nécessaire].

Après la Guerre des Gaules, Jules César fait déporter un million de Gaulois[62] dans toute l'Italie. Pline l'Ancien dans le livre VII de son Histoire naturelle (§ 91-99) évalue à 1 200 000 morts les pertes subies par les peuples gaulois à seule fin de la conquête de la Gaule par Jules César. « Je ne peux placer parmi ses titres de gloire, écrit Pline l'Ancien, un si grave outrage fait au genre humain ». Plutarque, pour sa part, (dans Pompée 67,10, et César 15,5) retient le chiffre de 1 000 000 de morts et de 1 000 000 de prisonniers emmenés pour servir d'esclaves. Les valeurs réelles peuvent être inférieures, comme correctes[réf. nécessaire].

Peuples gaulois[modifier | modifier le code]

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Romains[modifier | modifier le code]

Répartition schématique de certains peuples Ibéroaquitains (en noir)

La conquête romaine entraine la colonisation de la Gaule narbonnaise, avec la fondation de villes comme Arles, Orange, Nîmes, etc. Mais le nombre de ces colons romains reste inconnu (il s'agissait dans un premier temps de légionnaires vétérans ayant acquis le droit de posséder une terre à l'issue de leur engagement militaire).

La romanisation tient pour l'essentiel à une adoption par les indigènes gaulois du mode de vie romain perçu comme plus raffiné et aux nécessités générées par leur intégration dans l'Empire. Les garnisons romaines n'ont pas besoin de stationner en Gaule après la pacification qui suit la Guerre des Gaules, aussi se concentrent-elles pour l'essentiel, semble-t-il, sur le limes au nord est de l'Empire.

  • D'un point de vue juridique et politique, l'une des étapes majeures de la romanisation de la Gaule transalpine (encore appelée Gaule chevelue ou gallia bracata, Gaule en braie), est le célèbre discours de Claude au Sénat, parvenu jusqu'à nous grâce à la retranscription des Tables claudiennes retrouvées à Lyon alors capitale de Gaule. En effet, ce discours marque un tournant dans l'histoire de la Gaule romanisée ; à ce titre, il est parfois considéré comme l'acte de naissance de la civilisation gallo-romaine. C'est originellement par ce discours que fut consacrée l'intégration des élites gauloises à la citoyenneté romaine, même s'il s'agit d'un processus qui s'étale sur plusieurs décennies.

Peuples germaniques[modifier | modifier le code]

Division de la Gaule en 481, en rouge, les Alamans, en vert, les Burgondes, en orange, les Bretons et les Armoricains, en bleu, les Francs, en violet, les Gallo-romains, en jaune, Ostrogoths et Wisigoths.

La colonisation de peuples germaniques provient en premier lieu du fait de l'administration romaine elle-même. En effet, elle installe des Germains arrivés en groupe dans l'Empire sous la direction d'un chef : ce sont les foederati liés à leur chef qui a conclu un traité, un foedus avec l'empereur. Les Romains les laissent entrer dans l'Empire selon la règle de l'hospitalité. Ainsi trouve-t-on des groupes de Goths et de Burgondes. Ils sont généralement peu nombreux. De plus, l'Empire fixe dans le Nord de la Gaule notamment, des Germains vaincus, des prisonniers de guerre, souvent comme laeti (colons-agriculteurs), astreints à un service militaire, pour repeupler des terres délaissées[63]. On trouve également les Germains entrés dans l'armée romaine, habitant de façon durable dans l'Empire, leurs enfants nés dans l'empire étant attachés au service de l'Empire. Ainsi trouve-t-on de nombreux contingents germaniques dans l'armée romaine du Bas-Empire, dont certains sont évoqués dans la Notitia dignitatum. Certains historiens estiment que 80 % de l'armée romaine dans le nord de la Gaule est constitué d'auxiliaires germains.

Selon Jacques Dupâquier, ce processus démographique concernerait une population de moins de 10 % sur l'ensemble de la Gaule, mais peut-être 12 à 21 % en Gaule du nord[64], voire au-delà.

À partir de 406, les Germains envahissent la Gaule. Avec les Grandes Invasions, des populations germaniques s'installent en Gaule et fonde des royaumes. Les Vandales, les Alains et les Quades, qui représentent chacun quelques dizaines de milliers de personnes, entrent en Gaule mais ne s'implantent pas sur le territoire. Les Francs saliens, quant à eux, colonisent le Nord de la Gaule, en Belgique inférieure, au Ve siècle leur roi est aussi devenu proconsul des Gaules, c'est-à-dire un fonctionnaire romain d'origine germanique mais bien assimilé.

Les Francs, puis les Burgondes et les Goths représentent des populations bien intégrées, qui s'assimilent aux gallo-romains. Ces populations sont peu nombreuses pour influencer la composition ethnique des Gaules[réf. nécessaire], la plupart des colons germains se latinise et s'intègre à la population gallo-romaine tandis que l'aristocratie militaire, en particulier franque, se marie avec les élites romaines tout en conservant la langue francique comme marque de noblesse[réf. nécessaire]. Les familles de la noblesse romaine continuent longtemps à concentrer l'essentiel du véritable pouvoir politique dans les cités épiscopales : les « patrices », comme le marseillais Mauronitus, ou les évêques, comme l'auvergnat Grégoire de Tours, sont les véritables représentants des populations[réf. nécessaire]. La culture nouvelle qui se développe en Gaule, après la période impériale, est avant tout chrétienne.

Plus généralement, les permanences observables dans le cadre de vie de l'Antiquité tardive jusqu'au VIIe siècle sont nombreuses en Gaule : c'est surtout à partir du milieu du VIIe siècle, temps de crise, que les patronymes germaniques se multiplient au sein des élites, indiquant par là que le centre de gravité de l'Europe s'est déplacé vers le nord et que les équilibres du monde antique se sont rompus. En définitive, si la culture latine classique recule, le latin continue à constituer la langue de la culture et surtout, celle exclusive de l'écrit (le premier document écrit en langue vernaculaire étant les serments de Strasbourg, datés de 842). Aussi, l'usage des noms « Gaule » et « Gaulois » se conserve jusqu'à la fin de la période mérovingienne, du moins à l'écrit. Lentement, durant la période carolingienne, le nom de « Francie » (Francia, puis francia occidentalis) se répand pour désigner la réalité politique majeure qu'est devenu le royaume des Francs (regnum francorum). Mais ce nom ne désigne qu'incidemment les territoires correspondant à l'ancienne Gaule romaine, désormais rattachés à un ensemble plus vaste.

Statuette trouvée au Mans représentant un Franc. Dumbarton Oaks, Washington.
L'expansion des Francs du Ve siècle jusqu'en 768.

La date symbolique de la disparition de l'Empire romain d'Occident en 476 et celle du baptême du roi des Francs Clovis, vers 496, ne marquent pas non plus, à cet égard, de rupture : ces événements ont lieu à une époque où Francs, Burgondes et Wisigoths ont fait « souche » et détiennent depuis longtemps déjà le monopole des affaires militaires. Clovis, couronné à Tournai installe sa capitale à Soissons. L'historiographie républicaine reconnaitra plus tard en lui le premier roi de ce qui devint la France, et la tradition royale voit en lui le premier roi chrétien du royaume des Francs.

5 peuples germaniques se sont installés sur l'actuel territoire de France :

  • Les Francs, représentent, selon Jacques Leclerc, 5 % du territoire qu'ils occupent[65]. Pour Jacques Dupâquier, ils représentent environ 50 000 à 100 000 personnes, face à une population gallo-romaine de sept à huit millions d’habitants sur le territoire actuel de la France[64]. Différents auteurs décrivent l'aspect et les caractéristiques physiques des Francs tel leur contemporain Sidoine Apollinaire « Ils ont la taille haute, la peau blanche, les yeux bleus, ils se rasent entièrement le visage, sauf la lèvre supérieure où ils laissent pousser deux petites moustaches ; leurs cheveux, courts derrière et longs devant, sont d'une blondeur admirable ; leur vêtement est si court qu'ils ne leur couvre même pas le genou, et si serré qu'il laisse voir la forme de leur corps ; ils portent une large ceinture où pend une lourde épée, très tranchante[66] ».
  • Les Burgondes, installés sur les territoires actuels de Suisse romande, de Franche-Comté, de Bourgogne, dans les régions alpines et rhodaniennes. Le royaume burgonde comprend 5 à 10 % de Burgondes, c'est-à-dire une population dont les estimations varient de 10 à 25 000 membres dont 2 000 à 5 000 guerriers[67]
Reconstitution d'une maison alamane au musée de Vörsteten
Reconstitution d'une maison/écurie au musée des Alémans de Vörstetten (Bade-Würtemberg).
  • Les Alamans. Les Alamans furent continuellement en conflit avec l'Empire romain. Initialement situés au nord de la province de Rhétie, dans une région qu'ils abandonneront aux Thuringes, ils sont contenus par les Romains jusqu'au milieu du IIIe siècle, puis en deux siècles d'affrontements, ils se déplacent peu à peu vers le sud ouest pour s'installer définitivement sur un territoire couvrant une partie de l'Helvétie (la Suisse), la Décumanie (le pays de Bade) et une partie de la Séquanaise (l'Alsace) formant un royaume alaman. Ils contribuèrent à la germanisation de ces régions précédemment romanisées.
  • Les Wisigoths sont issus d'un regroupement de tribus issues des pourtours de la mer Baltique avant de migrer vers la mer Noire, de s'allier à d'autres peuples avec lesquels dès 268 ils mèneront des guerres entrecoupées de paix peu durables contre l'Empire romain. Les Wisigoths et leur roi Athaulf entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407 à 409. En 416, les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur migration dans la péninsule Ibérique où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d'autres barbares. Lorsque la paix avec les Romains est conclue par le fœdus de 416, Honorius leur accorde des terres dans la province Aquitaine seconde (actuellement Bordelais, Charentes et Poitou). La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia.

Le royaume wisigoth eut d'abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis les battit à la bataille de Vouillé en 507, ils ne conservèrent que la Septimanie (correspondant au Languedoc) et une partie de la Provence avec l'aide des Ostrogoths. Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède pour toute la suite. En 575 ils conquirent le royaume des Suèves (situé dans le nord du Portugal et la Galice). En 711 leur royaume fut détruit par les musulmans mais des formes d'organisation culturelles et juridiques datant de la fusion des cultures romaine et wisigothique vont perdurer discrètement. Il est probable que les populations wisigoths installées dans le Sud de la France migrent définitivement vers l'Espagne à partir de 531.

Peuplement breton en Armorique[modifier | modifier le code]

Vagues migratoires bretonnes

L'Armorique durant l'Empire romain ne se différencie pas des autres territoires, elle possède une population gallo-romaine d'origine celtique mais latinisée, en tout cas, en partie, comme le reste de la Gaule. Toutefois plusieurs vagues migratoires de Bretagne insulaire vont contribuer à « receltiser » la région. La première provient des romains[68], qui installent des contingents bretons (fœderati) venus de l'île de Bretagne, actuelle Grande-Bretagne au IIIe siècle et IVe siècle[69].

Au Ve siècle et VIe siècle, des communautés entières de Bretons (cité-clan) émigrent en Armorique depuis les régions de l'ouest de la Bretagne insulaire (surtout depuis le Devon et la Cornouailles) pour fuir l'invasion anglo-saxonne. Il existe de nombreux débats sur l'extension et la nature de ce peuplement, les liens entre Armoricains et Bretons et la nature actuelle de la langue soit perçue comme continuité autochtone avec l'ancienne langue gauloise d'Armorique ou comme un apport insulaire.

Selon Geoffroy de Monmouth du XIIe siècle, « les Bretons se seraient emparés de l'Armorique, auraient exterminé les hommes et épousé les femmes, après leur avoir coupé la langue, pour qu'elles ne pussent apprendre à leurs enfants la langue indigène ; d'où le nom de Letewicion (à demi-muets), donné, suivant Nennius, par les Bretons insulaires aux Bretons armoricains, parce qu'ils parlent confusément. »[70].

À partir du XVIe siècle et l’intégration à la France, l’épisode breton permet de justifier les prétentions de l’ancien duché à l’indépendance en dissociant la Bretagne de la France d’ascendance franque. Jean-Christophe Cassard résume le débat actuel par une transition de la justification idéologique vers l'étude objective d'un sujet historique :

« Aujourd'hui un consensus apaisé semble réunir historiens, linguistes et archéologues : rejetant les visions par trop réductrices dans le temps comme dans l'espace d'une migration des Bretons chrétiens vers la seule Armorique, la recherche contemporaine inscrit ce phénomène dans le cadre plus général des « déplacements de peuples » survenus vers la fin de l'Antiquité et aux débuts du Moyen Âge (les anciennes « grandes invasions » [...], tout en insistant sur l'irréductible originalité du processus à l'œuvre dans la genèse historique du peuple breton armoricain.

C'est qu'ici, contrairement à ce qu'il advint partout ailleurs dans l'Empire d'occident, l'installation des nouveaux venus se fit sans pressions aux frontières ni usage de la force contre Rome, et elle s'avéra pérenne, à l'inverse de l'aventure des peuplades germaniques précipitées par leurs chefs à la curée des dépouilles impériales, pour se retrouver assimilées au terme de quelques générations au point de disparaître comme telles, perdant leurs langues, leurs usages propres et jusqu'à leur foi arienne, pour ne plus subsister de nos jours, dans le meilleur des cas, que sous la forme presque anecdotique de noms de provinces en France ou en Italie. Bretagne et Bretons, quant à eux, existent encore quinze siècles après tous ces bouleversements caractéristiques de l'Antiquité tardive, avec leur parfum propre et jusqu'à leur langue dont les spasmes d'agonie n'empêchent pas quelques surgeons de germer... »[71]

Enfin, d’autres études utilisant la génétique ont soutenu la thèse d'isolats sociologiques[pas clair] comme celle, par exemple, du professeur Youinou en 1983 dans le Pays Bigouden évoquant un isolat fondé sur un patrimoine génétique commun celtique avec les populations de l’Île de Man et du Pays de Galles[72].

Frontières approximatives du royaume de Bretagne (845-867), la zone violette correspond aux zones de transitions entre influence bretonne et gallo-romane

Même s'il est difficile de quantifier ces mouvements de population, certains historiens avancent le nombre de 30 à 50 000 personnes sur une population initiale de 100 000 habitants. Ces réfugiés émigraient généralement par familles ou par clans entiers (« Tud » ou « Kenedl », chaque clan étant gouverné par un « Mac’htiern »), et débarquaient en Armorique sous la conduite de leurs chefs religieux et civils. Non seulement ces familles demeuraient entre elles, mais elles tendaient encore à se regrouper selon leurs lieux d'origine, principalement dans des contrées désertées de tout temps ou bien abandonnées.

Ainsi, le nord de la péninsule (notamment le Trégor) a été massivement peuplé par des gens originaires de Domnonée (actuels Devon et Somerset), au point de lui transmettre son nom. Il en va de même de la Cornouaille, massivement peuplée par les Bretons des Cornouailles britanniques tandis que les immigrants originaires de l'actuel Pays de Galles, ont plutôt peuplé le Pays de Léon et le Vannetais. Dans cette dernière région, l'immigration bretonne fut cependant moins importante, leur influence culturelle se fit donc moins ressentir, notamment au niveau linguistique. À l'est de l'Armorique, dans l'actuelle Haute-Bretagne, on enregistrait une densité de populations armoricaines gallo-romaines plus importante concentrée dans des centres urbains comme Rennes et Nantes alors occupés par les Francs, c'est l'origine d’une zone mixte à la fois bretonne et armoricaine qui donne naissance au pays Gallo. Des colonies d’émigrants se sont également installées vers le nord-est de la péninsule et de manière partielle aux environs de Rennes (Pléchâtel) et de Nantes (Guérande, Paimbœuf). En toponymie, on distingue l'influence bretonne dans les noms terminés en -ac (Comblessac, Avessac, etc.) par opposition aux noms terminés en (Vitré, Aubigné, Acigné, etc.) d'origine armoricaine. Petit a petit et surtout avec la formation du Royaume de Bretagne ces deux peuples se sont rapprochés et ont fusionné vers le Xe siècle[73].

La plus grande des deux péninsules de l'Armorique devient alors la Bretagne mineure ou Petite Bretagne, puis n'est plus appelée que Bretagne[74].

Peuplement du Sud par les Vascons[modifier | modifier le code]

Mort de Roland à la bataille de Roncevaux en 778

Les ancêtres des Vascons sont les Aquitains désignés ainsi par César, une population qui vivait dans la même région pendant l'Antiquité et qui parlait l'aquitain, ou proto-basque, un ancêtre du basque actuel. Les Gascons doivent leur nom aux Vascons, peuple synonyme, dont le nom est de même racine que Biscaye ou basque, ce peuple dominera politiquement la Novempopulanie à partir de la fin du VIe siècle ap. J.-C. Conquis par les Romains en 56 av. J.-C., les Aquitains obtinrent leur séparation des Gaulois au tournant du IIe et du IIIe siècle, en obtenant leur propre province entre Garonne et Pyrénées : la Novempopulanie (« Province des neuf peuples »).

À la fin du VIe siècle et au début du VIIe siècle, ceux que l'on appelait en latin les Vascones, peuple qui habitait la Navarre actuelle et l'ouest de l'Aragon, mais faisant partie du même groupe ethnolinguistique que les Aquitains, ont « repris » la Novempopulanie et l'ont dominée politiquement. Le nom de Novempopulanie changea en 626 pour prendre celui de Vasconie[75]. Après les campagnes franques contre les Vascons, les Francs en 602 réussissent à imposer Genialis comme vassal et duc puis Aighinane en 626.

Les Gascons partagent les mêmes origines ethniques qu'une partie des Basques, par contre ils ont été fortement latinisés. Le fait qu'ils aient adopté si facilement le nom de « Vascons » indique probablement qu'ils étaient encore très proches des futures populations basques aux VIe – VIIe siècles. Le gascon contient des traces linguistiques provenant d'un proto-basque, ce qui le distingue nettement des autres langues (ou dialectes) d'oc voisines[réf. nécessaire]. Selon une étude récente, un proto-gascon existait déjà au VIIe siècle mais il faut attendre le XIe siècle et les témoignages en langue « vulgaire » pour arriver à distinguer clairement les Gascons des Basques puisqu'ils portaient le même nom en latin.

L'union personnelle au temps d'Eudes « le Grand » (710-740 ans).

À l'époque médiévale, les Gascons sont clairement considérés par tous comme étant un peuple particulier, distinct des Francs (au sens strict de l'époque : peuple situé au nord de la Loire) mais aussi de leurs voisins Languedociens. Ils sont de lignées vasconnes mais leur degrés de latinisation les distingue désormais des Basques.

Les Vascons vont constituer au haut Moyen Âge, de 660 à 768 (108 ans), des unions personnelles avec leurs nouveaux maitres, des ducs indépendants des Francs qui gouvernent à la fois le duché d'Aquitaine et la Vasconie et luttent ensemble contre les Francs carolingiens (Félix (660-670), Loup Ier de Vasconie (670-688), Eudes (688-735), Hunald Ier (735-748) et Gaïfier ou Waïfre (748-768))[76].

Après la conquête de cette principauté (768) les révoltes des Vascons contre les Francs sont nombreuses et ne cessent en fait qu'avec l'affaiblissement considérable des rois francs dont le pouvoir se limite au nord de la Loire à partir de la seconde moitié du IXe siècle. Un de ces conflits est entré dans la légende avec la Chanson de Roland, en 778, les Vascons anéantirent l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne lors de la bataille de Roncevaux qui faisait suite au sac de Pampelune par les Francs.

Une principauté gasconne unie se forme à partir du IXe siècle avec Sanche II Sanche de Vasconie (836-v.864) qui est peut-être le mythique « Mitarra » réputé être le créateur de la principauté dans l'historiographie gasconne du XIe siècle.

L'apogée de la principauté gasconne est atteinte sous le règne de Guilhem-Sants, qui aurait défait les Vikings à la bataille de Taller dans les Landes vers 988. Il devient comte de Bordeaux en 977. Mais le dernier duc et comte de Gascogne, Sants-Guilhem (1010-1032) meurt sans héritier, ce qui permet à terme (1058 pour Bordeaux, 1063 pour le reste) l'union du duché-comté de Gascogne avec le duché d'Aquitaine des comtes de Poitou, ancêtres d'Aliénor d'Aquitaine.

Peuplement anglo-scandinave en Normandie[modifier | modifier le code]

Le peuplement nordique de la Normandie aux Xe et XIe siècles

La Normandie tient son nom des envahisseurs vikings qui menèrent des expéditions dans une grande partie de l’Europe à la fin du Ier millénaire en deux phases (790-930 puis 980-1030). Les textes rédigés en latin médiéval mentionnent les Nortmanni (pluriel de Nortmannus) « Normands », étymologiquement « hommes du Nord ». Les Vikings commencèrent leur raid entre 790 et 800 sur les côtes de la Gaule occidentale. La Neustrie, qui est recouverte en partie par l'actuelle Normandie et Paris, constitue leur principale cible sur le territoire français actuel. Le roi des Francs Charles le Simple, incapable d'assurer la défense de son royaume, finit par céder au chef viking Rollon, le comté de Rouen (correspondant plus ou moins à la Haute-Normandie actuelle) à l'issue d'un traité conclu à Saint-Clair-sur-Epte, en échange d’un serment de vassalité (prononcé en 940), l'engagement de Rollon à se faire baptiser et à fixer sur ses territoires ou à défaire les bandes de Vikings qui menaceraient à nouveau le royaume. Cet acte fondateur de la Normandie va donner naissance à un duché quasi indépendant.

L'historiographie médiévale normande a soutenu la thèse d'un peuplement massif de la Neustrie par les Normands. Ainsi les Gesta Normannorum, épopée écrite par le chanoine Dudon de Saint-Quentin à la demande des ducs Richard Ier et Richard II à partir de 990, établissent une version officielle de la colonisation de la Normandie comme colonie de peuplement normand. Selon Mathieu Arnoux et Christophe Maneuvrier[77] :

Maison normande de l'Eure qui a gardé selon Viollet-le-Duc de nombreux traits scandinaves

« Le cadre de cette œuvre démiurgique est donc bien évidemment un désert, lieu de tous les commencements possibles [...] L’argument tient donc une place importante dans le récit officiel des origines du duché. Il est pourtant totalement démenti par les faits, archéologiques, religieux ou institutionnels, qui excluent formellement que la Normandie ait pu connaître au Xe siècle une phase de désertion étendue et prolongée. »

On ne peut quantifier le peuplement normand, d'après les sources documentaires, la toponymie et l'ensemble des données linguistiques, le peuplement nordique de la Normandie aurait été surtout danois avec, toutefois, une minorité importante de Norvégiens continentaux et insulaires (d'Irlande) et quelques groupes bandes Varègues venues de Suède. Il y a distorsion entre la richesse du matériel linguistique, notamment la toponymie qui a un caractère nordique évident surtout dans le pays de Caux, la Basse-Seine et le Cotentin, et la pauvreté du matériel archéologique viking, soit qu'on ne l'ait pas suffisamment cherché, soit qu'il y en ait peu. Ce qui fait dire à l'archéologue Jacques Le Maho que l'essentiel du peuplement nordique est le fait de fermiers anglo-scandinaves et non pas de vikings. Cette théorie est d'ailleurs confirmée par la toponymie et l'anthroponymie qui ont un caractère nettement anglo-scandinave avec des noms typiquement vieil-anglais ou scandinaves d'Angleterre[78].

Comme beaucoup d'autres communautés migratrices, la culture normande fut particulièrement entreprenante et adaptable. Elle s'est rapidement intégrée aux populations locales, dans une société qui est composée d'une élite héritée de la période franque, les homines liberi ou vavasseurs, et de paysans (rustici) qui ne sont pas soumis au servage.

La fusion entre les éléments scandinaves et autochtones a contribué à créer le plus puissant état féodal d’Occident. Le dynamisme et le savoir-faire en fait de construction navale, dont témoigne le lexique technique normand, puis français, des nouveaux venus leur permettront de se lancer par la suite à la conquête de l’Angleterre, de l’Italie du Sud, de la Sicile et du Proche-Orient lors des croisades.

Du Royaume de France à la Révolution[modifier | modifier le code]

Espaces culturels, nations et provinces dans la France médiévale[modifier | modifier le code]

À partir du Ier millénaire, l'espace linguistique de la France actuel est déjà formé. La division entre langue d'oïl et langue d'oc est établie comme en témoigne un grand nombre d'auteurs contemporains de l'époque. Gustave Fallot en témoigne par le cri de guerre des croisés au XIe siècle : « Due le volt » dans le Nord, « Diou lou vo » dans le Sud et « Due lou vo » dans l'Est[79] tandis que G.F Burguy dit que provençal et français se différencient déjà à partir du IXe siècle[80].

Ce sera plus tard que le florentin Dante fait une première classification dans De vulgari eloquentia (1303-1304) déterminant par la manière de dire « oui » : la « langue d'oïl » (français), la « langue d'oc » (lenga d'òc, occitan) et la « langue de si » (italien). Oïl vient du latin: hoc ille (celui-ci), oc de hoc (ceci), et si de sic (ainsi). Cette division entre Nord et Sud, se retrouve également en droit, avec l'existence du droit coutumier au Nord, et du droit écrit latin au Sud.

Dans le Nord de la France, entre les XIIe et XIIIe siècles, la plupart des parlers d'oïl allaient perdre de l'importance au profit d'un parler interdialectal favorisant les échanges littéraires et juridiques entre les régions. Cette koinè interdialectale allait ensuite se développer en région parisienne, siège du pouvoir, et passer du statut de langue écrite à celui de langue parlée. À la fin du XIIIe siècle, cette koinè avait pris officiellement le nom de français. Cette langue était toutefois (et l'est encore) influencée par les différentes langues locales, ce qui explique qu'un Parisien ne parle pas le français comme un Marseillais (occitan) ou un Namurois (pourtant parler d'oïl également).

Carte des traites en 1732, régime fiscal des provinces

Dans le Sud de la France, la langue romane fut utilisée, pendant toute la période médiévale, comme langue écrite, relativement uniforme, pour tous les actes juridiques, ainsi que comme langue littéraire avec les troubadours et trobairitz (de l'occitan ancien trobar, faire des tropes ou figures poétiques[81]). La communication orale se faisait par une multitude de dialectes apparentés qui ont été réunis à partir du XIXe siècle pour former l'occitan.

Au Moyen Âge, le sud-ouest de la France est réuni progressivement sous la suzeraineté de deux lignages carolingien de même souche, les ducs d'Aquitaine, dont dépendent la dynastie raymondine des comtes de Toulouse et de Rouergue, et surtout les comtes de Barcelone qui réunissent entre le XIe siècle et le XIIIe siècle, notamment Raimond-Bérenger III le Grand, les titres de comte de Barcelone, de Cerdagne, de Roussillon, de Carcassonne, de Provence, de Rodez, vicomtes de Millau et de Carlat, en partie de La Marche en Limousin et du Velay en Auvergne, seigneur de Laurac et du Lauragais[82]. Ils ont une chancellerie et une cour littéraire brillante où se développe l'occitan comme langue littéraire, savante et poétique et qui confère une unité culturelle à toute la région[83] qu'on appellera le Midi de la France.

La France en 1477

Dans le Royaume de France, on distingue des nations culturelles et politiques comme en témoigne le fonctionnement de la faculté des arts de l'ancienne université de Paris où les écoliers se répartissaient en quatre groupements appelés « nations » : la nation de Normandie, la nation de Picardie, la nation d’Angleterre, puis d’Allemagne, et la nation de France. Les provinces de France bénéficient d'ailleurs d'une large autonomie avec des parlements autonomes. Dans le régime fiscale d'Ancien Régime on distingue toujours les provinces étrangères des 5 grosses fermes (Anjou, Aunis, Berry, Bourbonnais, Bourgogne, Champagne, Maine, Orléanais, Picardie, Poitou, Touraine). Les provinces étrangères étaient celles qui parlent alors, dans la vie quotidienne, une autre langue que le français : le basque, l'occitan et ses dérivés gascons ou provençal, le catalan, le breton, le gallo, l'alsacien, le flamand. La langue est donc le facteur de division entre ce qui est français (parlant les langues d'oïl) ou étranger (pays d'Oc, flamands, basques, catalans…).

C'est également au Moyen Âge qu'apparait la première idée de nation française délimitée par des frontières naturelles, selon Armand Brette[84]. Il faut toutefois relativiser l'existence d'un nationalisme au Moyen Âge, en particulier parce que l'historiographie récente montre comment l'État-nation, en tant que tel, n'est réellement apparu qu'avec la Révolution française et l'émergence de l'« ère des nationalismes » (Eric Hobsbawm) au XIXe siècle. Certains auteurs, tels Gaines Post, avaient cependant soutenu l'hypothèse d'une ébauche de nationalisme aux XIIIe et XIVe siècles, avec le début de la construction des États territoriaux (Royaume d'Angleterre, de France et d'Espagne) liée, selon eux, à l'apparition d'un sentiment de patriotisme (patria communis) unissant les sujets et le souverain dans une même allégeance. En tout état de cause, si nationalisme il y avait, celui-ci différait fortement du nationalisme moderne : l'éclatement du système juridique et linguistique français diffère ainsi largement des conditions modernes du jacobinisme.

Construction pré-nationale des États bourguignons[modifier | modifier le code]

La croix de Saint-André, symbole du nationalisme bourguignon.

L'État bourguignon est un cas spécifique dans l'histoire de France, puisqu'il constitue de la part des ducs de Bourgogne, une tentative original de construire un empire indépendant de la France et reposant sur des motifs nationaux spécifiques :

  • La tradition bourguignonne : Les colons burgondes, installés en Gaule depuis le Ve siècle, vont former un premier royaume burgonde qui s'étend sous Gondebaud de Langres à Marseille et du Rhin à la Loire. Ce royaume se fonde sur un droit spécifique incarné par la Loi gombette qui définit les relations entre les deux peuples burgond et gallo-romain. Cette loi reste en vigueur après l'annexion franque en 534, servant d'élément de cohésion permettant l’ébauche d’une individualité régionale[85]. La Burgondie qui devient progressivement la Bourgogne survit au sein des pagi bourguignons pendant la période carolingienne permettant au royaume burgonde de conserver son unité. Mais quand Charlemagne, organise sa succession au profit de ses fils, dès 806, il le morcelle sans attacher la moindre importance à la tradition bourguignonne[86], provoquant la naissance de la Lotharingie. Au IXe siècle, la Bourgogne impériale voit naître, en son sein, deux royaumes qui perpétuent l'héritage burgonde, celui du royaume d'Arles au sud, touchant les rives de la Méditerranée et le second, appelé « royaume de Bourgogne », situé à l'origine en Helvétie, (en Transjurane, au-delà des monts du Jura), intègre rapidement d'autres domaines, dont les terres du diocèse de Besançon. Rodolphe II unira ces deux royaumes en un seul royaume de Bourgogne en 933. À cette époque les chroniqueurs distinguent trois ethnies principales : germanique, romaine ou wallonne et italien, faisant du royaume une zone d'échange inter-culturelle[87]. La Bourgogne se sépare ensuite en duché (actuelle région de Bourgogne) sous suzeraineté française et comté (actuelle région de Franche-Comté) sous influence du Saint-Empire romain germanique.
  • L'héritage lotharingien : La Lotharingie est constituée en 855 comme royaume de Lothaire II. Si elle dure peu de temps (jusqu'en 965), elle va influencer la création d'une identité lorraine (la Lorraine est issue du duché de Haute-Lotharingie et préfigure la géographie des États Bourguignons de même qu'elle apparait postérieurement comme une zone tampon entre la France et le Saint-Empire germanique.
Charles le Téméraire en armure de combat (Musée des Beaux-Arts de Dijon)

La montée en puissance des ducs de Bourgogne au XVe siècle permet de créer une sorte d'impérialisme bourguignon qui vise à unir au sein d'un royaume indépendant les peuples qui conformaient jadis le Royaume de Bourgogne et la Lotharingie. Ce projet national est explicité par Philippe III de Bourgogne qui vise à restaurer l'unité lotharingienne et surtout par son fils Charles le Téméraire qui s'affranchit de la suzeraineté du roi de France qui se réfère davantage aux différents royaumes de Bourgogne (Burgondes, Mérovingiens, Bivinides et Welfs). En rappelant le souvenir des différents royaumes de Bourgogne, il s'agissait de légitimer le titre principal de détenteur des États bourguignons. Les possessions bourguignonnes sont alors organisées sous l'objectif d'une unité étatique.

Cet idéal bourguignon a survécu à l'annexion française en 1477 sous de multiples formes :

  • En Franche-Comté et partiellement en Artois, le nationalisme bourguignon est revendiqué comme forme de résistances aux tentatives d'annexion françaises jusqu'à la fin du XVIIe siècle.
  • Henri Pirenne[88], pour des raisons idéologiques liées à la construction nationale belge[89], justifie la constitution de l'État belge à partir de l'unité pré-nationale issue des ducs de Bourgogne. Johan Huizinga, tout en soulignant le caractère anachronique de la chose, repris la théorie[90].

Évolution territoriale[modifier | modifier le code]

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Juifs[modifier | modifier le code]

Costumes des juifs français au Moyen Âge
Rues des Juifs en France
France location map-Regions and departements-2016.svg
Alençon
Alet-les-Bains
Apt
Avignon
Bagnols-sur-Cèze
Beaupréau
Bernis (Gard)
Béziers
Bué
Cangey
Carpentras
La Celle-Guenand
Chalabre (impasse)
Châlons-en-Champagne
Chambéry
Changé
Châteauneuf-de-Gadagne
Châteauneuf-du-Rhône
Châtillon-sur-Seine
Courgains
Crémieu
Dieulefit
Digne-les-Bains
Donzère
Draguignan
Épernay
Étampes
Fanjeaux
La Flèche
Fontenay (Eure)
Fréjus
Grazay
Guérande
La Haie-Fouassière
L'Isle-sur-la-Sorgue
Istres
Le Croisic
Lignières-la-Carelle
Lignol-Le-Château
Lorgues
Lourmarin
Lyon
Malaucène
Le Mans
Marigny-le-Châtel
Marvejols
Le Mesnil-Aubert
Merlieux-et-Fouquerolles
Montaigu (Vendée)
Montélimar
Montmirail (Marne)
Mortagne-sur-Sèvre
Nantes
Nice : Carriera de la Judaria
Niort
Nyons
Parthenay
Pélissanne
Pernes-les-Fontaines
La Perrière (Orne)
Peyruis
Pézenas
Pignans
Le Pin-en-Mauges
Pontlevoy
Le Puy-en-Velay
Richebourg
Riez
Robion
Saint-Fulgent-des-Ormes
Saint-Georges-du-Bois (Maine-et-Loire)
Saint-Gilles (Gard)
Saint-Herblain
Saint-Paul-Trois-Châteaux
Sancerre
Sens
Sézanne
Valence
Valensole
Vallon-sur-Gée
Vienne (Isère)
Viens
Vitry-en-Perthois
Agen
Aix-en-Provence (rue du puits juif)
Argentan
Argoules
Armaucourt
Arnaville
Arquèves
Argentan
Arnaville
Aubencheul-aux-Bois
Augny
Aumale
Aups
Authumes
Autrécourt-sur-Aire
Bacqueville-en-Caux
Barembach
Baigneux-les-Juifs
Baugé
Baume-les-Dames
Bavay
Bazoches-sur-Vesles
Behonne
Beaufort-en-Vallée
Bellegarde (Loiret
Bergheim
Berlaimont
Bermonville
Bernaville
Billy-sous-Mangiennes
Blevaincourt
Blois
Bogny-sur-Meuse
Boisbergues
Boncourt-sur-Meuse
Boulay-Moselle
Bourges
Bouxwiller (Bas-Rhin)
Boncourt-sur-Meuse
Boulay-Moselle
Bourges
Bouxwiller (Bas-Rhin)
Brezolles
Brie-Comte-Robert
Brognon (Ardennes)
Brumath
Bruyères-le-Châtel
Bruys
Buchy (Seine-Maritime)
Bué
Bugnicourt
Buis-les-Baronnies
Buxy
Caen
Cambrai
La Carneille
Castilly (Hamel aux Juifs)
Cerisy-la-Salle
Chablis (Yonne)
Chaillon
Châlons-en-Champagne
La Chapelle-Gaceline
Charny (Côte-d'Or)
Charny-sur-Meuse
Chartres
Chaumont-Porcien
Chéhéry
Chevillon (Haute-Marne)
Chuisnes
Cires-lès-Mello
Clermont-Ferrand
Commercy
Corny-Machéroménil
Coullemont
Courtenay (Loiret)
Cousolre
Crasville
Darnétal
Daubeuf-la-Campagne
Dominois
Dompierre-sur-Helpe
Douai
Drachenbronn-Birlenbach
Dury (Somme)
Écardenville-la-Campagne
Échenoz-la-Méline
Épernon
Escarmain
Esquéhéries
Estrun
Étréaupont
Étrepy
Fenétrange
Ferreux-Quincey
Flavy-le-Martel
Florent-en-Argonne
La Folie
Fontaine-Guérin
Foucaucourt-sur-Thabas
Fraillicourt
Francourville
Fresnois-la-Montagne
Froeningen
Gaillefontaine
Gamaches-en-Vexin
Gauville (Somme)
Gennes (Maine-et-Loire)
Gerstheim
Gespunsart
Giverny
Gondrecourt-le-Château
Gonnelieu
Gorron
Gourdon (Lot)
Les Grandes-Ventes
Granville
Gray
Hagenbach
Hannogne-Saint-Rémy
Haute-Amance
Hautmont
Havrincourt
Hohengoeft
Honnecourt-sur-Escaut
Huppy
Ingersheim
Jeanménil
Joigny
Joigny-sur-Meuse
Kingersheim
Krautergersheim
Laferté-sur-Aube
Lagnieu
Joigny
Joigny-sur-Meuse
Kingersheim
Krautergersheim
Laferté-sur-Aube
Lafresguimont-Saint-Martin
Lagnieu
Lametz
Landifay-et-Bertaignemont
Landouzy-la-Ville
Laperrière-sur-Saône
Lays-sur-le-Doubs
Ligny-le-Châtel
Lingolsheim
Livry-sur-Seine
Longueville (Calvados)
Loye-sur-Arnon
Marigny-le-Châtel
Maroilles (Nord)
Marolles-sous-Lignières
Matougues
Maulévrier
Mécrun
Méré (Yonne)
Merlieux-et-Fouquerolles
Mervent
Mézangers
Mignères
Mignières
Milly-la-Forêt
Mommenheim
Mons (Charente) (Prairie des Juifs)
Montcenis
Montebourg
Montgenost
Monthermé
Montmartin-sur-Mer
Montmorency-Beaufort
Montreuil (Pas-de-Calais)
Montreuil-l'Argillé
Moyen
Mulhouse
Mutzig
Mussy-sur-Seine
Nettancourt
Neuillé-Pont-Pierre
La Neuville-à-Maire
La Neuville-au-Pont
Niedermodern
Niedervisse
Nogent-le-Roi (rue du pont aux Juifs)
Norrey-en-Auge
Noyal-Muzillac
Nyoiseau
Obernai
Ollé
Orléans
Pagny-la-Ville
Palinges
Péronne
Péroy-les-Gombries
Pertuis (Vaucluse)
Pierregot
Pipriac (la Noë aux Juifs)
Piseux (la Noé juive)
Pissotte
Plainfaing
Plomion
Poix-du-Nord
Pompierre-sur-Doubs
Pourcy
Préaux
Prisces
Provins
Quiévy
Quincampoix
Regnauville
Reguisheim
Reichshoffen
Remilly-sur-Lozon
Résigny
Ribeauvillé
Richwiller
Riquewihr
Rothonay
Rouen
Rougemont (Côte-d'Or)
Rougemont (Doubs)
Rue (Somme)
Rumaucourt
Ry
Sablé-sur-Sarthe
Sains-Richaumont
Saint-Alexandre (Gard) (Pas des Juifs)
Saint-Blimont
Saint-Denis-d'Anjou
Saint-Denis-de-l'Hôtel
Saint-Dié-des-Vosges
Saint-Florentin (Yonne)
Saint-Genix-sur-Guiers
Saint-Gondon
Saint-Lambert-des-Levées (rue juive)
Saint-Laurent-Nouan
Saint-Martin-d'Ablois
Saint-Maurice-sur-Aveyron
Saint-Nicolas-de-Port
Saint-Pierre-de-Bailleul
Saint-Pierre-Tarentaine
Saint-Rémy (Côte-d'Or)
Saint-Souplet
Sainte-Marguerite-sur-Mer
Sarre-Union
Sarrey
Schalbach
Schirrhoffen
Schweighouse-sur-Moder
Schwenheim
Senaide
Senonches
Seppois-le-Bas
Sommevoire
Soppe-le-Bas
Soufflenheim
Senaide
Seppois-le-Bas
Sommevoire
Soppe-le-Bas
Soufflenheim
Souvigny
Strasbourg
Suèvres
Tarascon
Théméricourt
Thenelles
Thezey-Saint-Martin
Thièvres (Pas-de-Calais)
Le Titre
Trannes
Trois-Fontaines-l'Abbaye
Tronville
Valmy
Varennes-en-Argonne
Vaudrey
Vauvert
Vaux-lès-Rubigny
Vecqueville
Velet
Vertrieu
Vertus
Villebon (Eure-et-Loir)
Villenave d'Ornon (Île des Juifs)
Villers-lès-Mangiennes
Villers-l'Hôpital
Villiers-Fossard
Vironchaux
Vittonville
Volmunster
Le Vrétot
Walschbronn
Westhoffen
Wissembourg
Bellegarde (Loiret)
Bourges
Grussenheim
Ingwiller
Lurcy
Méré (Yonne)
Pont-de-Veyle
La Réole
Rouffach
Schwindratzheim
Vaudelnay
Bazouges-sur-le-Loir
Bonnefontaine
Chaudenay
Faugères
Les Rosiers-sur-Loire
Saumur
Bar-le-Duc (rue du cimetière israélite)
Bordeaux (rue judaïque)
La Canourgue (Montjézieu)
Cavaillon (rue hébraïque)
Clermont-Ferrand (rue Fontgiève)
Courtemaux (la Mort aux Juifs)
Conteville (Eure) (la Judée)
Équeurdreville-Hainneville (la Judée)
Fermanville (la Judée)
Le Guislain (la Judée)
Lavaur (rue Joux-Aygues)
Marseille (traverse du cimetière des Juifs)
Metz (En Jurue)
Périgueux (rue judaïque)
Planquery (la Judée)
Remiremont (chemin des Israélites)
Rions (rue judaïque)
Toulouse (rue Joutx-Aigues)

Point carte.svg indique l'utilisation du terme juif
City locator 2.svg indique l'utilisation des termes rue juive
City locator 3.svg indique l'utilisation du terme juiverie
City locator 12.svg indique l'utilisation d'un autre terme désignant les Juifs

Des juifs sont implantés sporadiquement en France depuis l'Antiquité, comme l'atteste l'existence de Hérode Archélaos, fils d’Hérode le Grand, exilé par Auguste à Vienne en l’an 6, en vertu de la loi romaine et de l’édit de Caracalla, du même statut que leurs concitoyens. Pendant le Haut Moyen Âge, ils servent des souverains comme Chilpéric Ier ou Charlemagne.

Au Moyen Âge, les communautés juives forment une nation étrangère qui séjourne par une permission du roi et qui en relèvent directement. Ces communautés sont toujours établies dans des villes où elles sont assignées dans une rue ou dans un quartier. Elles possèdent leurs propres juridictions civiles, leurs notaires, leurs état-civils, leurs cimetières, leurs fours à pain, et sont représentées par un syndic. Ainsi à Paris, on désigne la rue de la Vannerie dans la Cité comme la rue de la Juiverie. Dans le Midi, elles vivent aussi en communautés organisées en marge des municipalités ou consulats: à Perpignan, le quartier juif, appelé Aljaïma, est administré par deux syndics élu par la communauté et un scribe. Les Juifs du Pape (Avignon, Cavaillon, Carpentras) forment une nation dirigée par des bailes ou consuls.

Le recensement des Juifs de Paris (1 500 pour 150 000 habitants) permet d'évaluer qu'à l'époque de Philippe le Bel, les Juifs représentent 1 % de la population française, pourcentage qui va en s'amenuisant jusqu'à l'exil définitif de 1394[91]. En 1306, le Trésor étant vide, le roi fait arrêter les Juifs, leur fait signifier leur exil et saisit leurs propriétés y compris leurs créances. On a pu estimer le nombre de Juifs exilés à plus de cent mille. Ils sont rappelés en 1305[92].

Victimes de nombreuses discriminations et persécutions, les populations chrétiennes les accusent de nombreux maux (enlèvements d'enfants, empoisonnement des puits, propagation de la peste etc.). Finalement, les juifs sont définitivement expulsés de France sous Charles VI le Fol qui signe, le 17 septembre 1394, un arrêt interdisant aux Juifs de séjourner dans le royaume. Toutefois les juifs continuent à résider dans le Midi de la France et dans les territoires du Saint-Empire romain germanique rattachés plus tard à la France (en particulier en Alsace et en Lorraine).

Quand éclate la Révolution française, il y a 40 000 juifs dans le royaume, dont près de la moitié vivent en Alsace[93]. Selon le recensement de 1866, la France compte 90 000 Juifs (soit environ le double de ce qu'ils étaient au début du siècle) dont 36 000 en Alsace[N 1]. La perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine est a pour conséquence que le recensement de 1872 ne compte plus que 49 000 Juifs. Toutefois, beaucoup des Juifs d'Alsace et de Lorraine (15 000 soit près de 40 %), choisissent de quitter l'Alsace ou la Lorraine allemandes et d'émigrer vers la France. Les estimations du Consistoire indiquent 60 000 Juifs en France en 1882 et 71 000 en 1897[92].

Durant l'entre-deux guerres, la communauté juive de France se transforme rapidement. La révolution russe, la recrudescence de l'antisémitisme en Europe centrale et orientale, le succès même de l'Alliance israélite universelle, qui donne une culture française aux Juifs de Grèce ou de Turquie, entraînent à nouveau une forte immigration juive vers la France, si bien qu'on estime à 200 000 le nombre de Juifs en 1930. La montée du nazisme en Allemagne accélère ce mouvement et on évalue aujourd'hui à 300 000 le nombre de Juifs en France à la veille de la Seconde Guerre mondiale auxquels s'ajoutent les 110 000 Juifs d'Algérie[94].

Après la Seconde Guerre mondiale, le judaïsme français est exsangue. Un quart des Juifs présents en France au début de la guerre ont disparu. De 1948 à 1967, environ 235 000 Juifs d'Afrique du Nord[95] se réfugient en France, principalement quand ils sont citoyens français (comme en Algérie, indépendante en 1962) ou francophones (dans les autres pays d'Afrique du Nord comme le Maroc et la Tunisie, indépendants en 1956, ou l'Égypte, pays qui compte une importante population juive francophone). Ces Juifs nord-africains forment une part importante des « pieds-noirs ». De ce fait, la population juive en France bondit, entre 1950 et 1976, de 225 000 à 650 000 personnes environ[96].

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Tsiganes[modifier | modifier le code]

Fin du XVIIIe siècle au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Dès la fin du XVIIIe siècle les familles françaises limitèrent le nombre de leurs enfants soit un siècle plus tôt que les autres pays européens. Près de quatre millions d'Européens auraient migré vers la France entre 1851 et 1946[97]. Cette immigration devenient un phénomène notable au cours des années 1920, notamment pour pallier les lourdes pertes humaines causées par la Première Guerre mondiale. La tendance s'intensifie après la Seconde Guerre mondiale à travers un recours à des populations d'origines extra-européennes, provenant en grande partie des pays issus du second empire colonial[97].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la population française, Paris, PUF, 4 volumes, 1988. Ouvrage collectif dirigé par Jacques Dupâquier
  • Fernand Braudel, L'identité de la France - Les Hommes et les Choses, éd. Flammarion, 1990, (p. 215)
  • Hervé Le Bras et Emmanuel Todd, L'invention de la France, éd. Hachette, 1981
  • Hervé Le Bras, « Enquête sur le peuplement de la France », L'Histoire (article), no 326, décembre 2007, (p. 47-49)
  • Auguste Longnon, Origine et formation de la nationalité française, éd. Librarie nationale, 1912
  • Charles Seignobos, Histoire sincère de la nation française, 1937, éd. Presses universitaires de France, 1982

Domaines particuliers[modifier | modifier le code]

  • Esther Benbassa, Histoire des Juifs de France, Seuil,
  • Bernhard Blumenkranz, Histoire des Juifs en France, Toulouse, Privat, Éditeur, .
  • Jean-Louis Brunaux, Nos ancêtres les Gaulois, éd. Seuil, 2008
  • Jean-Louis Brunaux, « Nos ancêtres les Gaulois... », L'Histoire, no  326, décembre 2007 (lire en ligne)
  • Dominique Garcia, « Les Celtes de Gaule méditerranéenne. Définition et caractérisation.. Celtes et Gaulois », dans M. Szabó, Celtes et Gaulois, l’Archéologie face à l’Histoire.3 : les Civilisés et les Barbares (du Ve au IIe siècle avant J.-C.). Actes de la tableronde de Budapest, Glux-en-Glenne, Bibracte, Centre archéologique européen, , p. 63-76
  • Pierre Riché et Philippe Le Maître, Les Invasions barbares, Paris, PUF, 7e édition 1989 (1re en 1953), collection Que sais-je ?, 128 pages
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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les chiffres sont précis car les recensements de 1851 à 1872 demandent aux Français de déclarer leur religion, pratique qui est abandonnée ensuite par la République.

Références[modifier | modifier le code]

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    « (en anglais dans le texte) The process of Greek colonization of the central and western Mediterranean during the Archaic and Classical Eras has been understudied from the perspective of population genetics. To investigate the Y chromosomal demography of Greek colonization in the western Mediterranean, Y-chromosome data consisting of 29 YSNPs and 37 YSTRs were compared from 51 subjects from Provence, 58 subjects from Smyrna and 31 subjects whose paternal ancestry derives from Asia Minor Phokaia, the ancestral embarkation port to the 6th century BCE Greek colonies of Massalia (Marseilles) and Alalie (Aleria, Corsica). Results 19% of the Phokaian and 12% of the Smyrnian representatives were derived for haplogroup E-V13, characteristic of the Greek and Balkan mainland, while 4% of the Provencal, 4.6% of East Corsican and 1.6% of West Corsican samples were derived for E-V13. An admixture analysis estimated that 17% of the Y-chromosomes of Provence may be attributed to Greek colonization. Using the following putative Neolithic Anatolian lineages: J2a-DYS445=6, G2a-M406 and J2a1b1-M92, the data predict a 0% Neolithic contribution to Provence from Anatolia. Estimates of colonial Greek vs. indigenous Celto-Ligurian demography predict a maximum of a 10% Greek contribution, suggesting a Greek male elite-dominant input into the Iron Age Provence population. »

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    Sur les autres projets Wikimedia :

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  67. Reinhold Kaiser, « Burgondes - 3 - Population et colonisation du territoire. Témoignages archéologiques et linguistiques » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne. « La comparaison établie avec d'autres ethnies barbares installées comme fédérés dans l'Empire et avec d'autres peuples germaniques donne des estimations beaucoup plus basses, comprises entre 25 000 (dont 5000 guerriers) et 10000 à 10 000 (dont 1000 à 2000 guerriers). De son côté, l'étude démographique des cimetières a fait évaluer l'ensemble de la population du royaume burgonde entre 300 000 et 500 000 habitants (dont environ 80 000 à 100 000 pour la Suisse occidentale), répartis sur un territoire d'environ 50 000 à 60 000 km2. Les Burgondes représentaient, selon les auteurs, entre un tiers et un dixième de la population en Sapaudia, mais 5-10 %, voire moins de 1 %, dans l'ensemble du royaume »
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  69. Joël Cornette, Histoire de la Bretagne et des Bretons. Tome I. Paris, Seuil, 2005, p. 109.
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  71. Jean-Christophe Cassard, Sur le passé romain des anciens Bretons, publié dans Kreiz (Études sur la Bretagne et les Pays celtiques), 5, 1996) 1-33
  72. Dans Espace des Sciences, LES CELTES… PAR LES MATHÉMATIQUES, Prof. Pierre Youinou. « Le Professeur Pierre Youinou, généticien et immunologue, a travaillé il y a quelques années, à une vaste étude génétique des populations bigoudènes. C’est la première et seule expérimentation qui ait effectivement démontré des « particularités » celtes. En 1983, le Professeur Charles Salmon de l’INSERM, charge le Professeur Youinou d’une étude de la population bigoudène (50 500 personnes environ). Ce groupe présente en effet un certain nombre de maladies génétiques, comme la luxation congénitale de la hanche ou l’immunoglobuline monoclonale, dans des proportions plus importantes que le reste de la population. Le pari était difficile, explique Pierre Youinou. Nous avons donc tiré au sort, à partir des listes électorales, 500 personnes ayant les critères suivants : vivre en pays bigouden, y être né avant 1945, avoir ses quatre grands parents nés dans le pays et qu’aucune de ces personnes n’ait de parenté avec les autres sujets du test. Durant deux ou trois ans, nous avons ainsi procédé à des prélèvements sanguins, qui ont été analysés dans plusieurs laboratoires de Rouen et de Paris. Nous avons étudié 23 marqueurs génétiques. Par ailleurs, nous avons fait le même travail sur 200 personnes, toutes finistériennes, mais non bigoudènes, pour servir de témoins. [...] Nous avons conclu, après une analyse mathématique très poussée que, premièrement, contrairement à ce qu’affirmaient certains « historiens » du XIXe siècle, comme Mahé de la Bourdonnais ou Puig de Ritalongi, cette population n’a strictement aucune origine asiatique. Deuxièmement, que si l’on compare cette population, avec celle de l’île de Man, du Pays de Galles…, un bigouden est plus proche génétiquement de ces populations, que des autres finistériens. Troisièmement, que la forte homozygotie de cette population n’est pas due, comme on pouvait le croire, à une forte consanguinité, mais à des isolats sociologiques. On peut dire, que cette étude est la seule démonstration mathématique qu’il y a bien un patrimoine génétique celtique. »
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]