Sadiq Khan

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Sadiq Khan
Sadiq Khan en 2016.
Sadiq Khan en 2016.
Fonctions
Maire de Londres
En fonction depuis le
(10 mois et 18 jours)
Élection 5 mai 2016
Prédécesseur Boris Johnson
Ministre d'État aux Transports

(11 mois et 3 jours)
Premier ministre Gordon Brown
Prédécesseur Andrew Adonis (en)
Successeur Theresa Villiers
Ministre d'État aux Communautés

(8 mois et 4 jours)
Premier ministre Gordon Brown
Prédécesseur Parmjit Dhanda
Successeur Shahid Malik
Député de Tooting

(11 ans et 4 jours)
Élection 5 mai 2005
Réélection 6 mai 2010
7 mai 2015
Prédécesseur Tom Cox
Successeur Rosena Allin-Khan
Biographie
Date de naissance (46 ans)
Lieu de naissance Tooting, Londres
(Royaume-Uni)
Nationalité Britannique
Parti politique Travailliste
Profession Avocat
Religion Islam[1]

Signature de Sadiq Khan

Sadiq Aman Khan, né le à Tooting (Londres), est un avocat et un homme politique britannique, membre du Parti travailliste.

Issu d'une famille modeste d'origine pakistanaise, il grandit dans la banlieue sud de Londres. Élu à la Chambre des communes du Royaume-Uni en 2005 pour la circonscription de Tooting, il occupe ensuite des fonctions ministérielles au sein du gouvernement Brown entre 2008 et 2010, étant successivement ministre d'État aux Communautés, puis aux Transports. Il est élu maire de Londres en 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Les grands-parents de Sadiq Khan quittent l'Inde pour le Pakistan après la partition des Indes, en 1947, et ses parents quittent à leur tour le Pakistan pour Londres dans les années 1960, peu avant sa naissance. Son père travaille comme chauffeur de bus pendant près de vingt-cinq ans et sa mère est couturière[2].

Khan naît au St George's Hospital, dans le quartier populaire[3] de Tooting, au Sud de Londres. Il grandit dans une cité HLM de ce même quartier, avec ses six frères et sa sœur.

Il effectue sa scolarité dans le quartier de Tooting, étudie ensuite le droit à l'université métropolitaine de Londres, puis intègre l'école de droit (College of Law) à Guildford pour devenir avocat spécialisé dans la défense des droits de l'homme.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Député et membre du gouvernement[modifier | modifier le code]

Membre du Parti travailliste, il est élu en 2005 à la Chambre des communes comme député pour la circonscription de Tooting[4]. En 2007, il occupe la fonction d'assistant parlementaire pour Jack Straw, leader de la Chambre des communes[4].

Il est ministre d'État aux Communautés entre 2008 et 2009, puis aux Transports entre 2009 et 2010, dans le gouvernement du Premier ministre Gordon Brown. Il est la deuxième personne d'origine pakistanaise au gouvernement et le premier ministre musulman en Grande-Bretagne.

En 2010, il dirige la campagne d’Ed Miliband lorsque celui-ci remporte la direction du Parti travailliste[5]. Il est réélu député en 2010 et 2015. Membre de l’équipe de direction, il apporte en 2015 son soutien au modéré Andy Burnham lors de l'élection du chef du parti, mais c'est son rival Jeremy Corbyn qui est élu[5].

Maire de Londres[modifier | modifier le code]

Après avoir remporté la primaire interne face à la blairiste Tessa Jowell, il est vainqueur de l'élection à la mairie de Londres le , avec 56,9 % des voix, face au conservateur Zac Goldsmith qui totalise 43,1 %[6],[7]. Il devient ainsi, selon les termes d'une journaliste du Monde, « le premier édile musulman d’une grande capitale occidentale »[7]. Le nombre de voix qu'il obtient est le plus important jamais obtenu par une personnalité politique britannique élue au suffrage direct[8].

Sadiq Khan appelle les travaillistes à élargir leur électorat, y compris auprès d'anciens électeurs conservateurs. Selon lui, le parti doit se préoccuper des électeurs et non pas juste des militants. Cette déclaration est considérée comme une critique envers la stratégie de Jeremy Corbyn[9]. Selon plusieurs médias, Khan souhaite mettre à l'écart Corbyn, qui n'assiste pas à sa cérémonie d'investiture en tant que nouveau maire de Londres[10],[11].

Deux jours après sa prise de fonctions, Sadiq Khan reçoit la visite à Londres de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Selon la mairie de Paris, les deux élus, proches politiquement, voudraient voir leurs villes « collaborer plus étroitement sur les conséquences du réchauffement climatique, la lutte contre la pollution, les mesures à prendre contre la précarité et la grande exclusion »[12].

Il fait campagne contre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne[13]. Après la publication des résultats favorables au départ de l'UE, il demande une plus grande autonomie pour Londres, où l'électorat était à près de 60 % favorable au maintien[14]. Lors de l'élection à la direction du Parti travailliste faisant suite à ce référendum, Sadiq Khan s'oppose à la réélection de Jeremy Corbyn et apporte son soutien à Owen Smith[15].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Pendant la campagne pour les élections municipales, ses liens avec des personnalités ou organisations islamistes, notamment Hizb ut-Tahrir – même s'il se déclare radicalement opposé à leur idéologie – sont soulevés par les conservateurs et plusieurs médias de droite[16]. En 2004, à Londres, Sadiq Khan apparaît aux côtés de cinq islamistes à une conférence organisée par l'association Friends of al-Aqsa, un groupe qui a publié des travaux négationnistes ; lors de cette conférence, les femmes devaient notamment emprunter une entrée distincte de celle des hommes[17]. David Cameron a accusé Sadiq Khan d'être apparu à neuf reprises au côté de l'imam Sulaiman Ghani, un imam considéré comme extrémiste et qui, selon Cameron, soutient l'État islamique ; plusieurs membres du Parti travailliste accusent alors Cameron de racisme[18].

En 2008, il est filmé en train de prononcer un discours au Global Peace & Unity Festival devant des spectateurs agitant l'étendard noir des djihadistes[19]. Son opposition, en tant que parlementaire, à l'interdiction de groupes accusés d'être islamistes suscite également des interrogations[19]. En 2009, dans une interview accordée à la chaîne de télévision iranienne Press TV, Sadiq Khan utilise le terme « Oncles Toms », considéré comme insultant et méprisant, pour désigner les musulmans modérés ; il présente des excuses par la suite[20].

Des médias relèvent son opposition à la suspension, en 2006, du maire travailliste de Londres, Ken Livingstone, qui avait comparé un journaliste juif du Evening Standard à un gardien de camp de concentration nazi[17]. Ils critiquent également la signature par Sadiq Khan, en 2006 toujours, d'une lettre dans The Guardian imputant au Royaume-Uni une part de responsabilité dans les attaques terroristes en raison de son soutien à Israël[17].

Bien que Sadiq Khan rappelle son soutien au mariage homosexuel et les menaces de mort que cet engagement lui auraient attirées, le journaliste Toby Young (en) relève qu'il a défendu par le passé l'universitaire Youssef al-Qaradâwî, qui s'était demandé, dans une de ses publications, si les homosexuels devaient être tués[17]. Sadiq Khan avait dit qu'Youssef al-Qaradâwî n'était pas un extrémiste. Il précise ensuite qu'il ne parlait pas de son point de vue, mais avait agi à titre d'avocat pour le Muslim Council of Britain, qui reflète le point de vue de ses clients dans un cadre quasi-juridique[21]. En 2016, Sadiq Khan renvoie son assistant parlementaire, Shueb Salar, après que celui-ci a tenu des propos sexistes et homophobes, notamment en appelant au meurtre des gays[22],[23]. Le Daily Mail indique également que Sadiq Khan a, entre 2008 et 2012, soutenu des organisations ayant appelé à la violence envers des femmes[19].

Les partisans de Khan réfutent les arguments de ses adversaires politiques et accusent la campagne de Goldsmith d'islamophobie[24]. Ils voient dans certaines de ses déclarations une tentative désespérée pour garder la mairie de Londres aux mains du Parti conservateur. Face à l'argument selon lequel il a soutenu des islamistes en tant qu'avocat, Sadiq Khan dit qu'il est ridicule d'utiliser ses activités professionnelles comme preuve de ses prétendues sympathies extrémistes[21]. Des observateurs et responsables politiques, y compris du Parti conservateur, critiquent les attaques dont Khan fait l'objet pendant cette campagne électorale[25].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sadiq Khan est marié ; son épouse, née Saadiya Ahmed, est avocate comme lui[26]. Ils ont deux filles[26].

Titre honorifique[modifier | modifier le code]

Comme ministre, Khan détient le titre de conseiller privé de Sa Majesté. Protocolairement, son nom doit être précédé du prédicat de très honorable.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sadiq Khan : le prochain maire de Londres devrait être musulman », sur sudouest.fr,‎ (consulté le 5 mai 2016).
  2. Vincent Collen, « Sadiq Khan, le self-made man qui a conquis Londres », sur Les Échos,‎ .
  3. « Sadiq Khan, le nouveau visage de Londres », sur http://www.leparisien.fr,‎ (consulté le 7 mai 2016).
  4. a et b (en) Vikram Dodd, « Human rights lawyer, MP, and thorn in the Met's side », sur The Guardian.
  5. a et b Vincent Collen, « Sadiq Khan, le self-made man qui a conquis Londres », lesechos.fr,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  6. Florentin Collomp, « Le travailliste Sadiq Khan officiellement élu maire de Londres », sur Le Figaro (consulté le 7 mai 2016)
  7. a et b « Élections au Royaume-Uni : le Labour revendique la victoire à la mairie de Londres de son candidat, Sadiq Khan », sur lemonde.fr,‎ .
  8. Sonia Delesalle-Stolper, « Sadiq Khan officiellement élu maire de Londres », sur Libération.fr.
  9. Heather Stewart, « Sadiq Khan widens rift with Jeremy Corbyn over Labour's 'pick sides' strategy », sur the Guardian,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  10. « Pariah: Khan gives toxic leader the slip... », sur Mail Online (consulté le 8 mai 2016)
  11. « No rest for Sadiq Khan as he takes on the office of Mayor of London officially », sur International Business Times UK,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  12. « Anne Hidalgo en visite à Londres chez Sadiq Khan », sur leparisien.fr (consulté le 11 mai 2016)
  13. « Sadiq Khan et David Cameron unis contre un Brexit », sur 7s7 (consulté le 14 juin 2016)
  14. 'Take back control': Sadiq Khan calls for more powers for London to protect capital after Brexit vote Evening Standard, 29 juin 2016
  15. http://www.rfi.fr/europe/20160821-royaume-uni-sadiq-khan-s-oppose-reelection-corbyn-tete-parti-travailliste
  16. (en) Danny Collins, « Revealed: London Mayor candidate Sadiq Khan's links to Islamic extremist », sur www.thesun.co.uk.
  17. a, b, c et d (en) Toby Young, « Is it ‘Islamophobic’ to draw attention to Sadiq Khan’s links with extremists? », sur www.spectator.co.uk.
  18. « Cameron taxé de racisme après une charge contre un candidat à la mairie de Londres », sur 7s7 (consulté le 8 mai 2016)
  19. a, b et c (en) Jake Wallis Simons, « Sadiq Khan, Labour candidate for London mayor, made a speech while the 'black flag of jihad' was flying and gave his support to groups linked to extremism », sur Daily Mail.
  20. « Mayoral candidate Khan apologises for 'Uncle Tom' Muslim jibe », sur International Business Times UK,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  21. a et b Robert Booth, « Tories step up attempts to link Sadiq Khan to extremists », sur the Guardian,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  22. « Sadiq Khan suspends top adviser over racist, sexist and homophobic tweets », sur www.thesun.co.uk,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  23. « Sadiq Khan's top aide suspended over offensive tweets », sur Mail Online (consulté le 8 mai 2016)
  24. Franck Mathevon, « Le parti travailliste revendique la victoire de Sadiq Khan à la mairie de Londres », sur France Info.
  25. (en) Rowena Mason, « Top Conservatives condemn Goldsmith's "disgusting" mayoral campaign », sur The Guardian.
  26. a et b Sonia Delesalle-Stolper, « Sadiq Khan, l’ascension d’un symbole », sur Libération.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]