Lee Harvey Oswald

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Oswald.

Lee Harvey Oswald

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte d'arrestation de Lee Harvey Oswald après l'attentat contre JFK en 1963

Naissance
La Nouvelle-Orléans (Louisiane)
Décès (à 24 ans)
Dallas (Texas)
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession Manutentionnaire
Conjoint
Marina Oswald Porter
(née Marina Nikolayevna Prusakova)

Lee Harvey Oswald, né le et mort assassiné le , est connu pour avoir été le principal suspect de l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy conformément aux conclusions (très controversées) rendues par deux enquêtes gouvernementales. Cependant, aucun procès, ni même le début d'une instruction judiciaire, n'a pu avoir lieu après qu'il eut été abattu par Jack Ruby moins de 48 heures après son arrestation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et entrée dans les Marines[modifier | modifier le code]

Né à La Nouvelle-Orléans en Louisiane, il connaît une enfance difficile. Son père, Robert Lee Oswald, meurt d'une crise cardiaque deux mois avant sa naissance. Sa mère, Marguerite Claverie Oswald, qui doit l'élever seule ainsi que son frère, Robert, et son demi-frère, John Pic, est une mère protectrice et dominatrice. La famille a une vie assez instable. Avant qu'il ait 18 ans, Lee a connu 22 domiciles et 12 écoles, généralement à La Nouvelle-Orléans et à Dallas.

Taciturne, et solitaire, Oswald se montre capable de violence[1]. Alors qu'Oswald et sa mère vivent à New York, au début de 1953, ses problèmes scolaires et caractériels entraînent une évaluation psychiatrique sur ordre de l'administration qui fut assez préoccupante pour entraîner sa mise sous probation par un juge de la jeunesse. L'évaluation a lieu au cours d'un bref séjour dans une maison de correction de New York. Un psychologue conclut que Lee est intelligent mais montre d'important déficits relationnels et émotionnels[2], une travailleuse sociale confirme ce retrait de Lee par rapport aux autres, notant que Lee semble avoir des désirs de puissance et de violence, et identifie la source de ses problèmes dans ses rapports avec sa mère[3], enfin le psychiatre du centre, tout en confirmant les observations de ses collègues, diagnostique chez le jeune Oswald des troubles de la personnalité avec tendance schizoïde et passive-agressive[4]. La situation ne s'arrange pas vraiment et le juge de la jeunesse qui suit Lee envisage son placement, mais avant qu'une décision quelconque ne soit prise, Marguerite quitte New York début 1954 et emménage à La Nouvelle-Orléans.

Oswald fréquente l'école de manière irrégulière et n'obtient jamais son diplôme du secondaire. Oswald a toujours une mauvaise orthographe, et ses erreurs semblent montrer qu'il souffrait de dyslexie[5]. Malgré ces problèmes, il est un lecteur avide et a toujours pensé qu'il était plus intelligent que les gens qui l'entouraient. À partir de ses 15 ans, selon ses propres déclarations[6], Oswald s'intéresse au marxisme[note 1]. Peu après, à La Nouvelle-Orléans, il achète le Capital et le Manifeste du Parti communiste[7]. En octobre 1956, Lee écrit au président du Parti socialiste d'Amérique une lettre où il se déclare marxiste et affirme étudier les principes marxistes depuis quinze mois[8].

Lee Harvey Oswald en marine

Pourtant, alors même qu'il lit toute la littérature marxiste qu'il peut trouver, Oswald prépare son entrée dans les marines en apprenant par cœur le manuel des marines de son frère aîné, Robert, qui est marine. Oswald adore ce frère dont il porte fièrement la bague du Corps et rêve depuis longtemps de l'imiter en le suivant dans la carrière. Alors même qu'il se considère comme un marxiste, Oswald réalise son rêve d'enfance et s'engage dans les marines une semaine après son dix-septième anniversaire.

Après les entraînements de base, d'octobre 1956 à mars 1957, Oswald suit un entraînement spécifique destiné à la composante aérienne des marines. Au terme de cet entraînement, le 3 mai 1957, il devient soldat de première classe, reçoit l'accréditation de sécurité minimale, « confidentiel »[9], et suit l'entraînement d'opérateur radar. Après un passage à la base d'El Toro (Californie) en juillet 1957, il est assigné à la base d'Atsugi, au Japon, en août 1957. Cette base est utilisée pour les vols de l'avion espion Lockheed U-2 au-dessus de l'URSS, et quoique Oswald ne soit pas impliqué dans ces opérations secrètes[note 2], certains auteurs ont spéculé qu'il aurait pu commencer là une carrière d'espion[10].

Entré dans le corps des Marines à l'âge minimal de 17 ans, plutôt petit et frêle par rapport au marine standard, Oswald subit des moqueries que son caractère ombrageux ne fait qu'attiser. Pourtant, cette époque au Japon semble avoir été une époque heureuse pour Oswald. Il semble trouver sa place dans la carrière militaire et réussit l'examen de caporal. Il n'obtient cependant jamais cette promotion et est même dégradé au rang de « simple soldat » après avoir été traduit deux fois en cour martiale, une première fois pour possession illégale d'une arme de poing (un Derringer) et une seconde fois pour une bagarre avec un sous-officier, ce qui lui vaut en outre quarante-cinq jours de cachot. De retour aux États-Unis, Oswald est à nouveau affecté à El Toro en décembre 1958, et commence à montrer un désintérêt pour la carrière militaire. En février 1959, il demande à passer un test de connaissance du russe auquel il a des résultats « faibles ».

C'est alors qu'Oswald commence à exprimer de manière claire des opinions marxistes qui n'améliorent pas sa popularité auprès de ses camarades. Il lit énormément de revues en russe, écoute des disques en russe et s'adresse aux autres soit en russe soit en contrefaisant un accent russe. Ses camarades le surnomment alors « Oswaldskovich » [11].

Mi-1959, il fait en sorte de rompre prématurément son engagement dans l'armée en prétextant le fait qu'il est le seul soutien pour sa mère souffrante. Lorsqu'il peut quitter l'armée en septembre 1959, il a en fait déjà préparé l'étape suivante de sa vie, sa défection en URSS.

Oswald a été un bon soldat, en tout cas au début de sa carrière, et ses résultats aux tests de tir, par exemple, sont très satisfaisants[note 3]. Ses résultats au tir se dégradent cependant vers la fin de sa carrière militaire, élément qui fut ensuite utilisé pour faire passer Oswald pour un piètre tireur. Ainsi, avec un score de 191 le 5 mai 1959, Oswald atteint encore le niveau « bon tireur », alors qu'il envisage déjà son départ du Corps. Lors de cette séance de tir, Nelson Delgado, la seule personne qui affirma devant la commission Warren qu'Oswald était un mauvais tireur, avait fait 192[12]. En fait, selon les standards du Corps de Marines, Oswald était un assez bon tireur[13].

L'Union soviétique[modifier | modifier le code]

Lee et Marina Nikolayevna Prusakova lors de leur départ d'URSS

Le voyage d'Oswald en URSS est bien préparé : il a économisé la quasi-totalité de sa solde de marine et obtient un passeport en prétendant vouloir étudier en Europe[note 4]. Il embarque le 20 septembre 1959 sur un bateau en partance de La Nouvelle-Orléans à destination du Havre, où il arrive le 8 octobre pour partir immédiatement vers Southampton, puis prend un avion vers Helsinki (Finlande), où il atterrit le 10 octobre. Dès le lundi 12, Oswald se présente à l'ambassade d'URSS et demande un visa touristique de six jours dans le cadre d'un voyage organisé[note 5], visa qu'il obtient le 14 octobre[14].

Oswald quitte Helsinki par train le 15 octobre et arrive à Moscou le 16. Le jour même, il demande la citoyenneté soviétique, que les Soviétiques lui refusent au premier abord, considérant que sa défection est de peu de valeur[15]. Après qu'il a tenté de se suicider, les Soviétiques lui accordent le droit de rester[16], d'abord temporairement, à la suite de quoi Oswald tente de renoncer à sa citoyenneté américaine, lors d'une visite au consul américain le 31 octobre 1959, puis pour un temps indéterminé.

Les Soviétiques envoient Oswald à Minsk en janvier 1960. Il y est surveillé en permanence par le KGB[17] pendant les deux ans et demi que dure son séjour. Oswald semble tout d'abord heureux : il a un travail dans une usine métallurgique, un appartement gratuit et une allocation gouvernementale en plus de son salaire, une existence confortable selon les standards de vie soviétiques[18].

Le fait que le U2 de Francis Powers ait été abattu par les Soviétiques après l'arrivée d'Oswald, en mai 1960, a éveillé la curiosité de certains auteurs se demandant quel lien cet évènement pouvait avoir avec le passage d'Oswald sur la base d'Atsugi, une des bases d'où des U2 décollaient. Cependant, outre qu'Oswald ne semble jamais avoir été en contact avec des secrets sur Atsugi, personne n'a jamais réussi à établir un lien entre Oswald et cet évènement. Ainsi, le U2 de Powers a été abattu par une salve de missiles SA-2 chanceuse (à moins que Powers ait été sous son plafond normal) et aucun renseignement spécial n'a été nécessaire à cet effet[19].

L'enthousiasme initial d'Oswald pour sa nouvelle vie semble s'être émoussé au même rythme que l'intérêt qu'il avait éveillé au début dans la ville de Minsk, où il est le premier Américain. Par ailleurs, Oswald, surnommé « Alek » par ses amis, considère durement la bureaucratique en Union soviétique, qu'il finit par voir comme une perversion du socialisme[note 6].

En mars 1961, alors qu'il a eu quelques contacts avec l'ambassade américaine à Moscou en vue de son retour aux États-Unis, Oswald rencontre Marina Nikolayevna Prusakova, une jeune étudiante en pharmacie de 19 ans, lors d'un bal au palais des Syndicats[note 7]. Ils se marient moins d'un mois plus tard et s'installent dans l'appartement d'Oswald.

Oswald a écrit plus tard dans son journal qu'il a épousé Marina uniquement pour faire du mal à son ex-petite amie, Ella Germain. En mai 1961, Oswald réitère à l'ambassade américaine son souhait de retourner aux États-Unis, cette fois avec son épouse. Lors d'un voyage en juillet à Moscou, Oswald va avec Marina, enceinte de leur premier enfant, à l'ambassade américaine pour demander un renouvellement de son passeport[note 8]. Ce renouvellement est autorisé en juillet, mais la lutte avec la bureaucratie soviétique va durer bien plus longtemps. Lorsque le premier enfant des Oswald, June, naît en février 1962, ils sont encore à Minsk. Finalement, ils reçoivent leur visa de sortie en mai 1962, et la famille Oswald quitte l'URSS et embarque pour les États-Unis le 1er juin 1962[20].

Dallas[modifier | modifier le code]

Une fausse pièce d'identité au nom d'Alek James Hidell trouvée en la possession d'Oswald, identité utilisée pour commander le Carcano et le revolver qui servit à tuer J. D. Tippit

La famille Oswald s'installe à Fort Worth (près de Dallas) vers la mi-juin 1962, d'abord chez son frère Robert, ensuite chez sa mère, début juillet, et enfin dans un petit appartement fin juillet, lorsque Lee trouve un travail dans une usine métallurgique. Le FBI s'intéresse naturellement à Lee et provoque deux entretiens avec lui, le 26 juin et le 16 août. Les entretiens ne révélant rien de notable, l'agent chargé du dossier demande à Oswald de contacter le FBI si des Soviétiques le contactaient, et conclut ses rapports en recommandant de fermer le dossier[21]. Cependant, dès le 12 août, Lee écrit au Socialist Workers Party, un parti trotskiste, pour leur demander de la documentation, et continue de recevoir trois périodiques russes.

Vers la fin août, les Oswald sont introduits auprès de la petite communauté de Russes émigrés de Dallas. Ceux-ci n'aiment pas particulièrement Oswald[22], qui se montre désagréable, mais prennent en pitié Marina, perdue dans un pays dont elle ne connait même pas la langue que Lee refuse de lui apprendre. C'est dans le cadre de ces contacts qu'Oswald rencontre George de Mohrenschildt (en), un riche excentrique d'origine russe de 51 ans qui prend Oswald en sympathie. Les relations entre Oswald et Mohrenschildt ont été source de nombreuses spéculations, et certains ont cru voir dans Mohrenschildt un agent ayant participé à une conspiration, sans jamais trouver d'élément factuel qui démontre cette hypothèse[23].

En octobre 1962, Oswald quitte son travail à Fort Worth et déménage à Dallas, où il trouve rapidement une place dans une firme de reprographie, Jaggars-Chiles-Stovall . Selon certains, cette firme exécutait des travaux secrets pour l'armée, mais en fait, il s'agissait de lettrage de cartes dans une section à laquelle Oswald n'avait pas accès. Oswald y apprit les rudiments qui lui permirent de forger un certain nombre de fausses pièces d'identité au nom d'« Alek James Hidell »[réf. nécessaire]. En novembre, les relations entre Lee et Marina se détériorent au point que Marina le quitte temporairement. Ses amis russes l'accueillent en l'encourageant à quitter Lee définitivement. Lorsqu'elle lui pardonne quelques jours plus tard, ses relations privilégiées avec la communauté russe se refroidissent, et seuls les Mohrenschildt gardent le contact[24].

Le bon de commande du Carcano

C'est en janvier 1963 qu'Oswald remplit un bon de commande pour un revolver Smith & Wesson auprès de Seaport Traders, une firme de vente par correspondance de Los Angeles. Il s'agit d'un calibre .38 dont le barillet a été rechambré pour accepter du calibre .38 Special et dont le canon a été tronçonné pour en faire une version snub nose, facilement dissimulable[note 9]. Le revolver coûte 29,95 dollars, et il signe le bon de commande du nom de « A.J. Hidell », en donnant pour adresse la boite postale #2915 au bureau de poste de la rue Ervay. Il opère de même en mars 1963, lorsqu'il commande son Carcano sous le nom de « A. Hiddel »[25] pour le prix de 21,95 dollars auprès de Klein's Sporting Goods à Chicago[26].

En février 1963, alors que les relations entre Lee et Marina s'enveniment jusqu'à la violence, Oswald prend un premier contact avec l'ambassade d'URSS en laissant entendre qu'il souhaite y retourner. C'est aussi au cours de ce mois que les Oswald rencontrent Ruth Paine, qui allait devenir, avec son mari Michael, très proche des Oswald.

Rapidement, Ruth et Marina deviennent amies au cours du mois de mars 1963, et c'est à la fin du mois que Lee demande à Marina de prendre des photos de lui avec ses armes[27]. C'est également au cours de ce mois qu'Oswald commence à préparer l'assassinat du général Walker, que les deux armes commandées lui furent livrées, que Lee perdit son travail chez Jaggers et que l'agent Hosty du FBI commença un réexamen de routine du dossier de Oswald et Marina (six mois s'étant écoulés depuis son dernier entretien avec Oswald), au cours duquel il découvrit une note du FBI de New York sur un abonnement de Lee au Worker, journal communiste, ce qui l'intrigua et le poussa à rouvrir le dossier. Toutefois, avant que Hosty ait pu traiter le dossier, il se rendit compte que les Oswald avaient quitté Dallas[28].

La tentative d'assassinat sur le général Walker[modifier | modifier le code]

Le général Edwin Walker (en), un héros de la Seconde Guerre mondiale, est un anticommuniste virulent et partisan de la ségrégation raciale. Walker a été relevé de son commandement en Allemagne et muté à Hawaï en avril 1961 par le président Kennedy après qu'il eut distribué de la littérature d'extrême-droite à ses troupes. Il démissionne alors de l'armée en novembre 1961 et se retire à Dallas pour y commencer une carrière politique. Il se présente contre John Connally pour l'investiture démocrate au poste de gouverneur du Texas en 1962, mais est battu par Connally qui est finalement élu gouverneur. À Dallas, Walker devient la figure de proue de la John Birch Society, une organisation d'extrême-droite basée au Massachusetts.

Walker représente tout ce que déteste Oswald et il commence à le surveiller en février 1963, prenant notamment des photos de son domicile et des environs[29]. Le 10 avril 1963, alors qu'il est congédié de chez Jaggars-Chiles-Stovall depuis dix jours, il laisse une note en russe à Marina[30] et quitte son domicile avec son fusil. Le soir même, alors que Walker est assis à son bureau, on tire sur lui d'une distance de 30 mètres. Walker survit par un simple coup de chance : la balle frappe le châssis en bois de la fenêtre et est déviée.

Lorsqu’Oswald rentre chez lui, il est pâle et semble effrayé. Quand il dit à Marina ce qu'il vient de faire[31], elle lui fait détruire l'ensemble des documents qu'il a rassemblés pour préparer sa tentative d'assassinat, bien qu'elle conserve la note en russe[32].

L'implication d'Oswald dans cette tentative ne sera connue des autorités qu'après la mort d'Oswald, lorsque cette note, ainsi qu'une photo de la maison de Walker, accompagnées du témoignage de Marina, leur parviendra. La balle récupérée dans la maison de Walker est trop endommagée pour permettre une analyse balistique, mais l'analyse de cette balle par activation neutronique par le HSCA permet de déterminer qu'elle a été produite par le même fabricant que la balle qui tua Kennedy.

La Nouvelle-Orléans[modifier | modifier le code]

Lee Harvey Oswald distribuant des tracts pro-castristes à La Nouvelle-Orléans

Sans emploi, Oswald confie Marina aux bons soins de Ruth Paine et part à La Nouvelle-Orléans pour trouver du travail. Le 9 mai, il trouve un emploi de graisseur dans une usine de café, Reily. Le travail ne lui plait pas et est salissant, et Oswald saisit toutes les occasions possibles pour s'absenter et aller discuter armes avec Adrian Alba, propriétaire du parking tout proche. Marina le rejoint le 10 mai.

Oswald semble à nouveau malheureux de son sort, et quoiqu'il ait perdu ses illusions sur l'Union soviétique, il oblige Marina à écrire à l'ambassade d'URSS pour demander l'autorisation d'y retourner. Marina reçoit plusieurs réponses peu enthousiastes de l'ambassade, mais entretemps les espoirs d'Oswald se sont reportés sur Cuba et Fidel Castro. Il devient un ardent défenseur de Castro et décide de créer une section locale de l'association Fair Play for Cuba (en). Il consacre 22,73 dollars à l'impression de 1 000 tracts, 500 demandes d'adhésion et 300 cartes de membres pour Fair Play for Cuba[33] et Marina signe du nom de « A.J. Hidell » comme président de la section sur une des cartes[34].

Oswald perd son emploi chez Reilys le 19 juillet et vit du chômage (23 dollars par semaine). Il fait, le 5 août 1963, une tentative d'infiltration des milieux anti-castristes, et se présente comme un anticommuniste auprès de Carlos Bringuier (en), délégué à La Nouvelle-Orléans de l'association des étudiants cubains en proposant de mettre ses capacités de Marine au service des anti-castristes[35].

Quelques jours plus tard, le 9 août, un ami de Bringuier repère Oswald en train de distribuer des tracts pro-Castro. La seconde rencontre entre Bringuier et Oswald est donc explosive et finit par une arrestation collective[36]. Oswald passe la nuit en prison et son procès (ainsi que celui de Bringuier) attire l'attention d'une station de télévision locale qui propose de le filmer en train de distribuer des tracts, ce qui est fait le 13 août, c'est le film où Oswald distribue des papiers dans la rue. Ses aides venaient de l'agence pour l'emploi locale, le film passant le soir-même à la télévision. Oswald est alors contacté par une radio locale (WDSU), et après un premier entretien, il leur suggère d'organiser un débat entre lui et Bringuier.

Sa correspondance de l'époque montre un Oswald heureux du bruit qu'il réussit à faire autour de Fair Play for Cuba et présentant sa section — dont il était le seul membre — comme un succès[37].

Cependant, le débat radio-diffusé qui s'ensuit tourne au désavantage d'Oswald : Bringuier est bien préparé et le journaliste « cuisine » Oswald sur son passage en Union soviétique, qu'Oswald a caché lors du premier entretien. Fair Play for Cuba, lié à un marxiste ayant vécu en URSS, n'avait désormais plus d'avenir à La Nouvelle-Orléans[38]. Humilié et ayant perdu toute crédibilité, Oswald envisage de détourner un avion vers Cuba, mais Marina réussit à l'en dissuader[39], et l'encourage à trouver un moyen légal d'aller à Cuba. En l'absence de liaison entre les États-Unis et Cuba, Lee commence à envisager de passer par le Mexique.

Les quatre mois qu'Oswald passe à La Nouvelle-Orléans furent l'objet de beaucoup de spéculations et notamment de toute l'attention de Jim Garrison, le district attorney de la ville qui pensa pouvoir lier Oswald à Clay Shaw, un homme d'affaires local qu'il estimait être impliqué dans l'assassinat du président John F. Kennedy.

Le lien entre Oswald et Clay Shaw était censé être Guy Banister (en), un ancien agent du FBI devenu détective et David Ferrie, un pilote et ancien prêtre connu pour ses tendances homosexuelles et d'extrême droite, et chef des camps de formation des contre-guérillas avec d'innombrables contacts dans les milieux socio-politico-militaires de La Nouvelle-Orléans. En fait, Ferrie était une vieille connaissance d'Oswald : tous deux étaient membres du groupe CAP (Civil Air Patrol ou « patrouille aérienne civile »), une association civile auxiliaire de l'armée de l'air, où Oswald est entré à l'âge de quinze ans, tous les deux vivant à La Nouvelle-Orléans avant l'entrée d'Oswald dans le corps des Marines.

Il semble que dans les années 1950, Ferrie et Oswald alors adolescent se soient au moins croisés dans la Civil Air Patrol. Mais aucun lien n'a jamais pu être établi entre Oswald et Bannister (ni d'ailleurs entre Bannister et Ferrie, même s'il est possible que ces deux-là se soient connus)[40].

Un dernier lien relevé entre Guy Banister et Oswald est le fait qu'Oswald utilisa l'adresse 544 Camp Street sur certains des tracts qu'il avait distribués, les bureaux de Guy Banister étant au 531 Lafayette Street, de l'autre côté du coin de la rue dans le même immeuble. Cependant, les deux entrées donnent dans des parties non communicantes de l'immeuble et l'adresse 544 Camp Street avait été l'adresse du Conseil révolutionnaire anti-Castro, où Carlos Bringuier avait d'ailleurs travaillé. Un résident cubain de l'adresse témoigna avoir été approché en juillet 1963 par Oswald, qui exprima son souhait d'aider la résistance contre Castro. Il lui avait alors dit que l'association était partie et avait conseillé à Oswald de s'adresser à Bringuier. La mention de l'adresse sur certains tracts peut donc s'expliquer par le souhait d'Oswald d'embarrasser le Conseil et Bringuier[41].

Voyage au Mexique[modifier | modifier le code]

Alors que Ruth Paine ramène Marina à Dallas le 23 septembre 1963, Oswald reste en ville deux jours sans doute pour collecter son dernier chèque de chômage de 33 dollars. Ces jours sont aussi ceux où se situe un incident qui rend incertain le trajet exact d'Oswald à partir de La Nouvelle-Orléans et qui est considéré par certains comme un indice majeur de l'existence d'une conspiration : il s'agit, selon le témoignage de Sylvia Odio, de la visite qui lui fut faite à Dallas par Oswald et deux Cubains se présentant comme anti-castristes.

Quoi qu'il en soit, Oswald est dans un bus reliant Houston à Laredo le 26 septembre, et continue ensuite vers Mexico. Là, il tente d'obtenir un visa vers Cuba, se présentant comme un défenseur de Cuba et de Castro, et en affirmant qu'il veut ensuite continuer vers l'URSS. L'ambassade lui refuse le visa s'il n'avait pas au préalable un visa soviétique. L'ambassade d'URSS, après avoir consulté Moscou, refuse le visa. Après plusieurs jours de va-et-vient entre les deux ambassades, Oswald rejeté et mortifié retourne à Dallas.

L'épisode mexicain est aussi le sujet de beaucoup de spéculations. Celles-ci ont été renforcées par une erreur de la CIA qui surveillait l'ambassade d'URSS et envoya à la commission Warren une photo de quelqu'un qui n'était pas Oswald, ce qui a provoqué des suppositions qu'Oswald n'était en fait pas à Mexico ou en tout cas n'y avait pas fait ce que l'on prétendait. Des années plus tard, cependant, Cuba fit parvenir aux autorités américaines la demande de visa d'Oswald, et son écriture fut formellement identifiée.

Le retour à Dallas[modifier | modifier le code]

De retour à Dallas le 3 octobre, Oswald exprime sa déception à l'égard du régime de Castro. Il décide de laisser Marina chez Ruth Paine pendant qu'il cherche un nouvel emploi et un nouvel appartement. Oswald trouve un logement à 7 dollars la semaine au 621 Marsalis dans Oak Cliff, et cherche un emploi tous les jours, car ses prestations de chômage s'achèvent. Sa première logeuse, qui ne l'apprécie pas et se méfie de lui, notamment parce qu'il parle en une « langue étrangère » au téléphone, refuse de renouveler la location. Oswald pense qu'une nouvelle enquête du FBI en est la cause. Il décide donc de dorénavant louer sous un faux nom et sa location suivante, le 14 octobre, est faite sous le nom de « O.H. Lee ».

Malgré ses efforts, Oswald ne parvient pas à trouver du travail. Ce même 14 octobre, Ruth Paine (en) discute avec des voisines, évoquant notamment le sort des Oswald : une femme enceinte et un mari qui ne trouve pas de travail. Une des voisines, Linnie May Randle, se souvient que son jeune frère, Wesley Buell Frazier, vient de passer à travers la même épreuve et a trouvé du travail au Texas School Book Depository, un dépôt de livres qui assure la distribution de livres éducatifs. Elle suggère donc qu'Oswald y tente sa chance. Ruth Paine appelle le Texas School Book Depository (TSBD) où on lui dit qu'il y a peut-être une place. Le jour suivant, le 15 octobre, Oswald se présente au TSBD où il obtient une place d'employé chargé de remplir les bons de commande (Oswald ment en affirmant qu'il vient d'avoir une « décharge honorable » des Marines et qu'il n'a jamais eu d'ennuis avec la justice) et commence à y travailler le 16 octobre.

Wesley Buell Frazier, qui vit près de sa sœur, Ruth Paine, lui offre de le véhiculer jusque chez les Paine quand il le veut, mais Oswald décide de ne rejoindre sa femme que le week-end, ce qu'il fait pour la première fois le vendredi 18 octobre. Le dimanche, Marina donne naissance à leur second enfant, Audrey.

Au cours du week-end suivant, Michael Paine (en), le mari de Ruth, a une conversation politique avec Oswald et se rend compte que malgré sa désillusion à l'égard des régimes socialistes, il est encore un fervent marxiste qui pense que la révolution violente est la seule solution pour installer le socialisme. Pendant les semaines suivantes, la situation entre Marina et Lee se dégrade à nouveau, tandis que le FBI de Dallas s'intéresse à nouveau à Oswald du fait de son voyage à Mexico. Le vendredi 1er novembre, le FBI se rend au domicile des Paine et interroge Marina. Lorsque Oswald apprend cela le soir même, il devient très nerveux. Il a l'impression d'être harcelé par le FBI, surtout lorsqu'une deuxième visite a lieu le mardi suivant, 5 novembre. Sans doute à la suite de ces visites, Oswald se rend le 12 novembre au bureau du FBI pour remettre une enveloppe à l'agent qui s'était chargé de l'enquête, James Hosty. Cet épisode a par la suite donné lieu à un acte de dissimulation par le FBI, puisque le supérieur de Hosty lui donna l'ordre de détruire la note qui, selon Hosty, contenait une demande de laisser Marina tranquille. Cette décision fut sans doute prise pour éviter de créer le moindre lien entre Oswald et le FBI ou une accusation d'enquête bâclée.

Le 15 novembre, Oswald ne peut aller chez les Paine parce que Michael, le mari de Ruth, y passe le week-end (les Paine étaient en instance de divorce). Pendant ce week-end, Marina découvre que Lee a à nouveau écrit à l'ambassade d'URSS, et qu'il s'est inscrit sous un faux nom à son logement, et ils se disputent au téléphone à ce sujet.

Le 19 novembre, le Dallas Time Herald publie le trajet que le président Kennedy utilisera lors de la traversée de la ville. Comme Oswald a pour habitude de lire le journal de la veille qu'il récupère dans la salle de repos du TSBD, on présume qu'il a appris que le président passerait devant les fenêtres du TSBD le 20 ou le 21 novembre.

Le jeudi 21 novembre, Oswald rompt avec sa routine et demande à Buell Frazier s'il peut l'amener chez les Paine ce soir-là. Au cours de la soirée, Oswald tente de convaincre Marina de venir avec lui à Dallas où il trouverait un appartement. Marina refuse cependant toutes ses tentatives d'approche dans lesquelles certains ont vu une tentative de la part d'Oswald de ne pas exécuter le plan qui a sans doute germé dans sa tête le jour même. Lorsque Marina se lève le lendemain, le 22 novembre, Oswald est parti en laissant sur le bureau 170 dollars, et son alliance.

L'assassinat de Kennedy[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assassinat de John F. Kennedy.
Dealey Plaza et Elm Street vues de la fenêtre du TSBD
Les employés du TSBD sous la fenêtre du 5e étage, dans les minutes suivant l'assassinat

Le matin du 22 novembre, Buell Frazier remarque qu'Oswald embarque dans sa voiture avec un paquet oblong, qu'Oswald prétend être des tringles à rideaux. Quand il a été interrogé, Oswald nie avoir dit à Frazier que le sac contenait des tringles à rideaux, en disant qu'il contenait son déjeuner[42]. Jack Dougherty a vu Oswald entrer dans le TSBD. Dougherty a informé la commission Warren qu'il a observé Oswald marcher dans le bâtiment avec rien dans les mains. Aucun des collègues d'Oswald à l'intérieur du TSBD ne s'est rappelé le voir avec un paquet. À 11 h 40, des travailleurs qui posent un revêtement de sol au cinquième étage remarquent Oswald du côté de l'étage.

Collègue d'Oswald, Charles Givens, a témoigné à la commission qu'il vit enfin Oswald au sixième étage du dépôt avec un presse-papiers à la main, et qu'Oswald lui a demandé de fermer la porte de l'ascenseur et d'envoyer l'ascenseur en arrière de lui. Il estime que sa rencontre avec Oswald a eu lieu à 11h55, 35 minutes avant l'assassinat[note 10]. Le rapport de la commission a déclaré qu'Oswald n'a été revu « qu'après la fusillade »[43]. Cependant, dans un rapport du FBI publié dès le lendemain de l'assassinat, Givens a déclaré que la rencontre a eu lieu à 11h30 au cinquième étage et que plus tard, il a vu Oswald lire un journal au premier étage à 11h50[44]. Le patron de Oswald, William Shelley, également a déclaré avoir vu Oswald au premier étage vers 11h45-11h50[45] Janitor Eddie Piper a également vu Oswald au premier étage à 12h00[46] Un autre collègue, Bonnie Ray Williams a déclaré s'être rendu au sixième étage du dépôt pour manger son repas à environ 12h05 et y être resté jusqu'au moins 12h10, il a également affirmé que pendant ce temps, il n'a vu ni Oswald, ni qui que soit d'autre au sixième étage[47]. Oswald a dit qu'il mangeait son repas dans le salon du premier étage et dit avoir vu deux employés de couleur, il a reconnu "Junior" et un autre homme dont il ne pouvait se rappeler le nom[48]. Junior Jarman et Norman Harold ont confirmé à la commission Warren qu'ils avaient « traversé » le salon autour de midi pendant leur pause déjeuner. Lorsqu'on lui a demandé si quelqu'un d'autre était là, Norman a témoigné que quelqu'un d'autre était là, mais il ne pouvait pas se rappeler qui il était. Carolyn Arnold, le secrétaire du vice-président du TSBD, a informé le FBI qu'elle aperçut un homme qu'elle croyait Oswald au premier étage juste avant l'assassinat[49].

À 12 h 30 précises, le président traverse Dealey Plaza et est la cible de coups de feu. Oswald a dit qu'à ce moment, il se rendait à la la salle à manger au deuxième étage, où il a été vu quelques instants plus tard[50],[51],[52],[53].

La fuite, le meurtre de J. D. Tippit et l'arrestation[modifier | modifier le code]

Quelque 90 secondes plus tard, Marrion Baker, un policier qui s'est précipité dans le TSBD pour chercher le tireur, aperçoit quelqu'un alors qu'il atteint le premier étage. Le policier est accompagné de Roy Truly, le patron du TSBD, qui identifie Oswald (Baker a initialement écrit dans sa déclaration au FBI qu'Oswald était en train de « boire un Coke ». Il a ensuite changé sa version et il n'y a aucune référence au soda dans son témoignage de la Commission Warren). Les deux hommes continuent à monter. Oswald quitte alors le TSBD par l'entrée principale qui ne sera fermée qu'au moins dix minutes après l'assassinat (alors qu'ironiquement, deux passants s'étaient portés volontaires pour surveiller les accès arrière du bâtiment).

Vers 12 h 40, Oswald, après avoir remonté un bout de rue à pied, monte dans un bus qui est rapidement bloqué dans la circulation. Il prétexte une correspondance et demande au chauffeur de le laisser descendre. Il marche un peu et hèle un taxi. Il propose à une femme qui se présente de lui céder son tour, ce qu'elle refuse. Le chauffeur de taxi ne notera rien de particulier dans son attitude. Il rejoint son appartement d'où il repart presque aussitôt après s'être muni de son blouson beige. Les témoins déclarent alors qu'il a l'air pressé et stressé. On ignore où Oswald se rendait ensuite[54], mais il avait marché un peu plus d'un kilomètre lorsqu'il est intercepté vers 13 h 15 par J. D. Tippit.

Selon le rapport de la Commission Warren, Oswald tua J. D. Tippit alors que celui-ci avait quitté sa voiture et s'approchait de lui. Oswald quitte les lieux en vidant les douilles de son revolver et en le rechargeant.

Toutefois, la commission Warren elle-même ne recueille pas le témoignage des deux témoins oculaires les plus proches de la scène, Domingo Benavides et Aquila Clemons, tous les deux à moins de quinze mètres de la scène, qui n'ont pas identifié Oswald comme l'assassin de l'agent de police. Curieusement, la commission Warren recueille le témoignage d'un chauffeur, Jack Tatum, qui se trouvait à cinquante mètres et qui a vu Oswald dans son rétroviseur.

Arrestation d'Oswald

Oswald se fait remarquer quelques rues plus loin, alors qu'il pénètre dans le hall d'entrée d'un magasin pour se cacher des voitures de police qui passent dans la rue. Le gérant du magasin note son manège et sort pour voir où il va. Il le voit entrer sans payer dans un cinéma à quelques pas de là. Il alerte le responsable du cinéma qui appelle la police pour signaler la présence d'un individu suspect dans le cinéma.

Plusieurs voitures de police arrivent alors et les policiers envahissent la salle. Un officier de police repère Oswald et lui ordonne de se lever. Oswald lui donne un coup de poing, sort son revolver et tente de faire feu alors que le policier le ceinture, mais le coup ne part pas.

Il est 13h50, Oswald est arrêté et est tout d'abord accusé du meurtre de Tippit. Lorsque les policiers se rendent compte qu'Oswald est l'employé manquant du TSBD, il est également inculpé du meurtre du président. Oswald nie avoir assassiné qui que ce soit.

Assassinat[modifier | modifier le code]

Meurtre d'Oswald

Le 24 novembre, après douze heures d'interrogatoire sans assistance légale dont peu de traces ont été conservées, Oswald est assassiné par Jack Ruby à 11 h 21 dans les garages de la police de Dallas et, en plus, en direct sous les yeux de millions de téléspectateurs alors qu'on s'apprêtait à transférer Oswald des cellules de la police vers la prison du comté située au coin de Houston et Elm street à deux pas du fameux TSBD…

Oswald est enterré le au cimetière Rose Hill à Fort Worth, la famille ayant eu de la difficulté à trouver un ministre du culte et un cimetière pour accueillir et célébrer la sépulture de l'assassin du président Kennedy.

En 1965, Marina épouse Kenneth Porter, un coureur de stock car, et les deux filles de Marina, June et Audrey, prennent finalement le nom de leur nouveau beau-père.

Enquêtes[modifier | modifier le code]

La commission Warren et le House Select Committee on Assassinations (HSCA) ont conclu qu'Oswald avait tué le président, bien que le HSCA estime que l'assassinat a été le résultat d'un complot.

Culpabilité d'Oswald dans l'assassinat[modifier | modifier le code]

La question de la culpabilité d'Oswald dans le meurtre du Président Kennedy ne sera jamais tranchée, en tout cas judiciairement : sa mort, le surlendemain de l'attentat a arrêté toute action à son encontre.

La commission d'enquête de 1979 du HSCA, a conclu à la probabilité d'un complot, sans identifier les conspirateurs, et considère toutefois qu'Oswald a agi dans le cadre de ce complot et a bénéficié de complicité[55]. Sans identifier les coupables, le comité de 1979 exclut toutefois la CIA, le FBI et les services secrets sans spécifier pourquoi, et conclut que le gouvernement cubain, tout comme les groupes anticastristes aux États-Unis, ne sont pas impliqués jusqu'à preuve du contraire. Le rapport soutient toutefois que des aspects de l'affaire ont été volontairement occultés parce qu'ils auraient pu être gênants[56]. Il recommande de pousser plus avant l'enquête sur l'assassinat du président Kennedy, recommandation qui restera sans réponse.

Dans son enquête d'investigation, le journaliste indépendant William Reymond avance la culpabilité du sénateur texan et vice-président démocrate Lyndon B. Johnson qui, selon son homme de main véreux Billie Sol Estes, aurait été l'instigateur de l'assassinat via un vaste complot[57].

Les indices qui incriminent Oswald[modifier | modifier le code]

Les éléments suivants, sont de nature à convaincre de la culpabilité d'Oswald dans le meurtre du président Kennedy.

  • Oswald était classé comme bon tireur chez les marines (son classement correspond à la capacité de toucher 8 fois sur 10 une cible de 25 centimètres à 182 mètres (200 yards).
  • Howard L. Brennan, un témoin sur Dealey Plaza, a reconnu Oswald comme étant l'homme qu'il a vu tirer de la fenêtre du cinquième étage du TSBD.
  • Divers témoins ont vu à la fenêtre du cinquième étage du TSBD un homme dont la description correspond à Oswald.
  • Oswald a été vu au cinquième étage du TSBD environ 35 minutes avant l'assassinat et n'a plus été vu ensuite nulle part jusqu'après l'assassinat.
  • Le Carcano retrouvé au cinquième étage du TSBD a été identifié comme ayant été acheté par Oswald par correspondance, en utilisant le même faux nom (Alek Hidell) que pour l'achat du revolver qui a tué Tippit et qu'Oswald portait sur lui au moment de son arrestation, ainsi d'ailleurs que d'une fausse pièce d'identité au nom d'Alek Hidell (il a été déterminé que cette pièce d'identité, un faux assez grossier, avait été fabriquée par Oswald lorsqu'il travaillait chez Jaggars-Chiles-Stovall à Dallas).
  • Les étuis de munitions retrouvés au cinquième étage du TSBD ont été liés au Carcano.
  • Les balles tirées sur le Président ont été liées balistiquement au Carcano.
  • La balle tirée sur le général Walker a été liée par activation neutronique aux balles utilisées dans le Carcano.
  • L'empreinte digitale d'Oswald a été retrouvée sur le fusil.
  • Oswald portait le jour de l'assassinat une chemise de coton bleu, orange et gris, et des fibres de cette chemise ont été retrouvées sur le fusil.
  • Le Carcano était rangé dans le garage des Paine, les gens chez qui Marina, la femme d'Oswald, logeait.
  • Contrairement à ses habitudes, Oswald avait rejoint son épouse chez les Paine le soir du jeudi 21 novembre et y avait passé la nuit.
  • Oswald partit le 22 novembre en laissant à son épouse une somme importante pour l'époque et son alliance.
  • Des témoins, dont l'homme qui conduisit Oswald à son travail au TSBD le matin du 22 novembre, l'ont vu transporter un long paquet emballé dans du papier qu'il affirma être des tringles à rideaux pour mettre à son appartement (son appartement avait déjà des rideaux).

Éléments à décharge[modifier | modifier le code]

Les éléments suivants, sont de nature à convaincre de la non-culpabilité d'Oswald dans le meurtre du président Kennedy. La plupart se trouvaient dans le livre de Léo Sauvage, L'Affaire Oswald (1965). L'auteur, journaliste au Figaro, confronta son enquête personnelle menée au jour le jour aux États-Unis de novembre 1963 à octobre 1964, à une lecture minutieuse du rapport Warren et conclut à l'innocence pleine et entière d'Oswald.

  • Sur le plan procédural, la commission Warren ignora délibérément, après sa nomination, le point de vue posthume de la défense, à savoir l'innocence de Lee Harvey Oswald, exprimé par la mère de l'accusé, Marguerite Oswald et son avocat Mark Lane qui ne put assister aux séances [58]. Dans la famille seule l'épouse, Marina Oswald, convaincue de la culpabilité de son mari, fut entendue [59]. Cependant, au fil du temps son opinion sur la culpabilité de son mari a évolué et au cours d'une interview donnée à Oprah Winfrey elle a déclaré croire désormais qu'il était complètement innocent de l'assassinat[60].
  • Buell Wesley Frazier (qui a conduit Oswald au travail) et de sa sœur Linnie Mae Randle fois décrit le sac[pas clair] comme étant très court, beaucoup trop court pour s'adapter à la carabine, même dans son état démonté[61].
  • Charles Givens – qui prétendit devant la commission avoir vu pour la dernière fois Oswald au 6e étage du TSBD à environ 11:55 – n'avait absolument pas fait mention de cela au cours de sa première entrevue avec le FBI le 23 novembre.
  • Le témoignage de Brennan est en partie discutable, notamment parce qu'il refusa, dans un premier temps, d'identifier formellement Oswald. Il ne l'identifia peut-être que sous influence : après le passage du prévenu à la télévision.
  • Quatre témoins ont dit avoir vu Oswald au premier étage 11 heures 45-12h25.
  • D'après des témoins, Oswald a été vu environ 90 secondes après l'assassinat, au premier étage, et porteur d'une bouteille de Coca-Cola à la main, il avait l'air calme et pas essoufflé.
  • Cet alibi est indirectement étayé par le fait qu'au même moment deux personnes ont descendu ensemble les escaliers de cet immeuble sans ascenseur sans prétendre l'avoir vu.
  • La plupart des témoins qui ont vu un homme dans la fenêtre du cinquième étage du TSBD ont décrit un homme jeune mais portant une chemise claire sans col ou un tee-shirt.
  • D'autres témoins ont aperçu sur le pont au moment des tirs, des hommes viser le président.[réf. nécessaire]
  • L'empreinte de paume relevée par la police de Dallas est considérée comme douteuse car elle n'a pas été relevée dans un premier temps ; puis l'arme a été confiée au FBI qui n'a rien relevé, puis l'arme est revenue à la police de Dallas et c'est à ce moment-là que l'empreinte a été relevée. Il est permis d'envisager que l'empreinte ait été obtenue de la main d'Oswald à la morgue.
Clôture en bois sur le monticule herbeux d'où, selon de nombreux théoriciens du complot, un second assassin aurait tiré sur Kennedy.
http://files.abovetopsecret.com/images/member/9f65925f9c5a.jpg
  • À partir du film de Zapruder, on pourrait supposer que le coup de feu qui a frappé Kennedy dans la tête est peut-être venu de l'avant. Le fait que la tête de Kennedy recule lorsqu'il est frappé par la balle fatale, indiquerait que la balle a été tirée à partir de l'avant. Des théoriciens soulignent aussi le grand nombre de médecins et d'infirmières à l'hôpital Parkland, ainsi que d'autres, qui ont déclaré que la majeure partie de l'arrière de la tête du président a été soufflée, ce qui suggère fortement qu'il avait été frappé par l'avant.[62][63] Cela donne à penser qu'il y avait un autre tireur situé sur le monticule herbeux à l'avant droit du président. La limousine présidentielle passait le monticule herbeux au moment de la tête coup fatal. En 1988 Comtal Société 3M a analysé la tête coup fatal. L'étude Comtal déterminé que "le coup de feu fatal est venu de devant de la voiture du président ... du monticule herbeux." Sherry Gutierrez a conclu que l'explosion frontal droit dans le film de Zapruder était quelque chose appelé "projections retour" d'une entrée de la plaie dans le temple. En outre, un ancien tireur d'élite Marine sous le nom de Craig Roberts a affirmé que l'explosion droit frontal est caractéristique d'un missile à grande vitesse frappant le crâne. Si cela ne suffit pas, le Dr Roger McCarthy, un expert en balistique, testifed à une maquette procès Oswald American Bar Association que l'explosion de la tête indiqué un tir de l'avant.
  • La tentative d'assassinat de Walker. Ce général était une personnalité d'extrême droite, membre de la John Birch Society, qui détestait à ce titre John Kennedy. Une tentative d'assassinat contre Walker, pour autant qu'elle soit attestée, disculpait Lee Harvey Oswald d'avoir par la suite voulu assassiner le Président libéral pour lequel d'ailleurs le suspect ne tarissait pas d'éloges [64].
  • Les interrogatoires de Lee Harvey Oswald par la police le 23 novembre 1963 n'ayant pas été consignés, et le prévenu n'ayant pas été assisté par un avocat, il est impossible de se prononcer sur la réalité ou la nature de ses mensonges que la commission affirme exister et porter sur des points sérieux, suffisants à ses yeux pour rejeter la crédibilité de ses dénégations quant à l'assassinat du président.
  • L'impossible démonstration de la culpabilité d'Oswald repose sur une erreur méthodologique de la commission Warren : elle ne s'est pas intéressée, comme dans toute enquête criminelle de droit commun, aux ennemis déclarés de la victime, détenteurs à ce titre d'un mobile, à leurs aptitudes à commettre le meurtre, à leurs éventuelles absences d'alibis, ou capacités à en trouver par l'engagement d'un tueur. Elle s'est acharnée au contraire sur le premier suspect venu qui dans la réalité ne répondait à aucun de ces critères de base essentiels à une investigation fructueuse [65].
  • Le fusil utilisé le Carcano italien est un fusil à réarmement manuel, par culasse mobile à levier, ce qui ne permet pas un tir rapide des trois coups tirés en si peu de temps comme précité par les témoins. De plus la fenêtre de visée de la cible est perdue à chaque réarmement, donc ceci rend difficile un ajustage constant de la victime qui était en mouvement.[réf. nécessaire]
  • De plus la théorie de la « balle immaculée » et baladeuse, trois coups tirés et une seule balle qui suit une trajectoire fantaisiste, ne tient pas l'explication scientifique.[réf. nécessaire]

Théories controversées[modifier | modifier le code]

Thèse des deux Oswald[modifier | modifier le code]

Lee Harvey Oswald et Marina Nikolayevna Prusakova à Minsk. Une des photos présentées par Michael Eddowes, à l'appui de sa thèse controversée des deux Oswald.

Parmi les hypothèses conspirationnistes les plus controversées, figure la thèse des deux Lee Harvey Oswald : un vrai et un faux qui se serait fait passer pour le premier afin d'agir inaperçu. Elle est soutenue aussi bien par les partisans de la thèse du complot de droite ou d'extrême droite, que par les avocats du complot soviétique. Concernant le premier cas elle apparaît dès 1967 dans un documentaire présenté par Mark Lane L'Amérique fait appel, puis dans la fiction de David Miller qui s'en inspira dans Complot à Dallas. Il s'agissait de faire croire que Lee Harvey Oswald était un agent communiste. Ce serait un faux Lee Harvey Oswald qui se serait rendu au Mexique pour demander un passeport cubain. D'après l'employé de l'ambassade il avait environ 35 ans et n'avait pas la même voix que celui qui apparut à la télévision. Une autre employée qui le reçut à domicile à Dallas fit les mêmes remarques.

Michael Eddowes (en)[66] soutient que le faux Oswald fut un agent du KGB. En 1976 le journaliste Robert Sam Anson[67], W. R. Morris et Robert Bradley Cutler en 1985[68], et William Reymond en 1998[69], suivent la thèse d'Eddowes. John Armstrong quant à lui y voit une implication de la CIA[70]. Eddowes, puis Anson, Cutler et Morris affirment qu'Oswald fut remplacé lors de son séjour en Russie par un agent russe lui ressemblant, qui prit sa place lors du retour aux États-Unis, les auteurs s'appuyant sur l'examen et la comparaison de photos d'Oswald avant, pendant et après son séjour en Russie. L'une des photos à l'appui de cette thèse fut prise à Minsk, et représente le couple, qui selon les promoteurs de la thèse, montre des tailles similaires entre Lee Harvey et Marina Oswald, alors qu'Oswald mesure 1,80 m contre 1,62 m pour Marina, soit une tête de différence[71]. Ou sur des différences dans les mesures de la taille d'Oswald lors de son incorporation dans les marines, et à son autopsie, variant de 1,74 m à 1,80 m[72]. En 1981, le corps d'Oswald est exhumé sur l'insistance de Michael Eddowes auprès de Marina Oswald, pour confirmer son hypothèse selon laquelle le corps enterré sous la pierre « Oswald » au cimetière Rose Hill n'était pas celui du vrai Oswald. Après autopsie légale, Linda Norton, le médecin-légiste du comté de Tarrant (Tx) a confirmé que l'identité du cadavre reposant à Rose Hill était celui de Lee Harvey Oswald.

Postérité[modifier | modifier le code]

Certains membres terroristes du Weather Underground, collectif américain de la gauche radicale, ont déclaré à la fin des années 1960 qu'Oswald fut un de leurs modèles[73].

Son personnage a inspiré de nombreux romanciers, comme Norman Mailer dans son roman Oswald's Tale : An American Mystery en 1995 ou Don DeLillo dans Libra (en) en 1998.

Lee Harvey Oswald, au moment de son arrestation, louait une chambre dans une maison au 1026 North Beckley Avenue de Dallas appartenant à Gladys Johnson[74]. En 2013, Patricia Hall, la petite-fille de Gladys Johnson et propriétaire de la maison, fait toujours visiter sa chambre intacte et souhaite trouver un acheteur qui va conserver cette pièce ou transformer la maison en musée[75].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Oswald situe ce premier intérêt lorsqu'une dame lui donna un pamphlet au sujet des Rosenberg à New York
  2. Les opérateurs ne peuvent manquer de faire le lien entre les demandes de pilotes pour des informations météo à 70 000 pieds alors que le record officiel d'altitude était d'un peu moins de 66 000 pieds, et les mystérieux avions dont ils ont reçu l'ordre de ne pas s'occuper ni d'en discuter (V. Bugliosi, p. 552)
  3. Classé « bon tireur » (marksman), il a en fait, avec un score de 212 le 21 décembre 1956, dépassé le niveau requis pour « tireur d'élite » (sharpshooter) (le niveau suivant, à 220 points, étant « expert »)
  4. Le 4 septembre 1959, une semaine avant d'être libéré, Oswald fait une demande pour un passeport en mentionnant dans sa demande qu'il veut suivre des cours en Suisse et en Finlande, et visiter tous les pays d'Europe, le tout pour une durée de quatre mois. Voir la demande de passeport
  5. Passeport d'Oswald
  6. En janvier 1961, lorsque les autorités soviétiques lui demandent s'il veut encore acquérir la citoyenneté, Oswald demande un simple prolongement de visa de séjour. Plus tard, de nombreuses personnes témoigneront de la façon dont Oswald parlait de son expérience en Union soviétique, et le propre journal d'Oswald est clair à cet égard. Par ailleurs, lorsqu'il en avait l'occasion, Oswald aimait préciser qu'il était marxiste, pas communiste.
  7. Marina vivait avec son oncle et sa tante, Ilya et Valya Prusakov. Ilya Prusakov avait le grade de lieutenant-colonel et était ingénieur au NKVD.
  8. L'ambassade américaine de Moscou avait déjà demandé conseil au département d'État, qui avait confirmé qu'Oswald ne semblait pas avoir perdu la citoyenneté, ce qui impliquait qu'il pouvait demander le renouvellement de son passeport et rentrer au pays. Certains auteurs se sont demandé si la promptitude avec laquelle Oswald avait récupéré son passeport montrait une proximité entre Oswald et les autorités américaines. La commission Warren analysa en profondeur l'ensemble du processus et n'y trouva rien de particulier, y compris au niveau du temps nécessaire. On note par exemple le fait que le département d'État était soumis à deux décisions de la Cour suprême de 1958 interdisant de refuser un passeport à un citoyen américain en raison de ses activités communistes y compris à l'étranger.
  9. Le .38 Special étant d'un diamètre .001 mm inférieur au .38, les balles tirées avec ce revolver « flottent » légèrement dans le canon, ce qui réduit encore la précision de l'arme, et ce qui rendra difficile, plus tard, l'examen balistique des balles tirées
  10. Warren Commission Hearings, Testimony of Charles Givens.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Au cours d'un incident, Lee poursuit son frère John Pic avec un couteau de boucher et le lui lance (témoignage d'Otis Carlton au FBI, CE 1874, WC XXIII, p. 680), et en 1952, lorsque sa mère et lui emménagent pour un temps chez John Pic, Oswald menace sa belle-sœur avec un couteau (témoignage de John Pic, WC XI, p. 38)
  2. Rapport de Irving Sokolow, CE 1339, WC XXII, p. 558 et 559
  3. Rapport de Evelyn Strickman, Siegel Ex. 1, WC XXI, p. 489
  4. Rapport de Dr Renatus Hartogs, Hartogs Ex 1, WC XX, p. 90.
  5. V. Bugliosi, p. 524. La dyslexie n'était apparemment pas un trouble diagnostiqué au début des années 1950, mais il semble que les tests que les Soviétiques firent passer à Oswald révélèrent « une forme de dyslexie »
  6. Notes de l'entretien accordé par Oswald à Aline Mosby à Moscou en novembre 1959, CE 1385, WC XXII, p. 703)
  7. Un de ses rares amis, Palmer McBride, se souvenait du fait qu'en 1956, Lee lui avait montré avec une certaine fierté son exemplaire du Capital et du Manifeste du Parti communiste, s'était déclaré marxiste et avait affirmé que le président Eisenhower exploitait le peuple et qu'il aimerait le tuer (entretien de McBride avec le FBI, CE 1386, WC XXII, p. 711, où il mentionne un incident qui opposa Lee avec le jeune président du club d'astronomie local au sujet des bienfaits du communisme, incident confirmé par le témoignage de ce dernier devant la commission Warren, WC VIII, p. 21)
  8. CE 2240, WC XXV, p. 140
  9. A. Summers, p. 91, V. Bugliosi, p. 550, CE 1961, WC XXIII, p. 796
  10. Summers, par exemple, relève qu'Oswald avait été aperçu avec un appareil photo et le fait qu'il semble avoir eu une liaison avec une hôtesse du Queen Bee, un des clubs les plus coûteux de la ville (A Summers, p. 93), et spécule que cette hôtesse ait pu être son premier contact avec le monde de l'espionnage. Divers auteurs estiment que c'est à Atsugi qu'Oswald entra dans le monde du renseignement, mais les avis divergent sur la question de savoir s'il fut engagé par les services américains ou soviétiques.
  11. Quoiqu'il soit certain qu'Oswald ait appris le russe avant d'arriver à El Toro, vu ses (faibles) connaissances de russe en février 1959, les témoignages relatifs à des remarques pro-communistes ou anti-américaines datent de la période à El Toro (V. Bugliosi, p. 560). À un officier s'étant inquiété auprès de lui de la raison pour laquelle il avait pris un abonnement à People's World, l'organe du parti socialiste trotskyste américain, Oswald répondit qu'il apprenait à connaître l'ennemi
  12. V. Bugliosi, p. 563. Devant Bugliosi, Delgado a nuancé son témoignage en disant qu'en fait Oswald semblait se moquer du test
  13. V. Bugliosi, p. 549 et 562, Extrait du dossier militaire d'Oswald, WC XIX, p. 661; Témoignage du col. Allison G. Folsom Jr., WC VIII, p. 306 et 311
  14. L'obtention de ce visa en deux jours, au lieu des cinq jours qui semblent être la norme à l'ambassade d'Helsinki, a attiré l'attention de la commission Warren et des auteurs conspirationistes. Toutefois, il s'avère que l'attaché soviétique s'était vu accorder depuis peu le pouvoir d'accorder des visas aux citoyens américain sans obtenir l'accord préalable de Moscou, et le HSCA trouva un cas où deux hommes d'affaires américains reçurent un visa aussi rapidement qu'Oswald le 9 octobre. Oswald ayant 19 ans, se présentant comme étudiant et ayant une réservation Intourist, le visa lui fut accordé rapidement (V. Bugliosi, p. 571, A. Summers, p. 96, Rapport du HSCA)
  15. V. Bugliosi, p. 575.
  16. Selon Posner dans la crainte d'un incident diplomatique que le décès d'un citoyen américain aurait provoqué alors que le temps était à la détente avec les États-Unis (G. Posner, p. 81).
  17. V.Bugliosi, p. 594, G. Posner p. 53. Voir par exemple Bugliosi p. 600, reprenant un rapport de surveillance d'Oswald, et p. 621, avec des retranscriptions d'écoutes faites dans l'appartement des Oswald.
  18. Le HSCA étudia de manière détaillée la manière dont les Soviétiques avaient traité les défecteurs au début des années 1960 et constata que le traitement d'Oswald n'avait pas été différent. Voir rapport du HSCA
  19. V. Bugliosi, p. 596. A. Summers, p. 136, malgré son biais pour la conspiration, Summers souligne l'absence de lien logique entre Oswald et l'affaire de l'U2.
  20. Au cours du voyage en bateau vers les États-Unis, Lee écrivit un certain nombre de documents qui montrent que ses convictions marxistes sont intactes, dont une intéressante préparation pour des interrogatoires de sécurité. Voir CE 100, WC 16, p. 436–439
  21. Voir les rapports de l'entretien du 26 juin (CE 823, WC XVII, p. 718) et du 16 août (CE 824, WC XVII, p. 733) et le témoignage de l'agent devant la commission (notamment WC IV, p. 423)
  22. Voir par exemple le témoignage d'Alexander Kleinlerer, WC XI, p. 122
  23. Le suicide de Mohrenschildt en 1977, avant qu'il puisse être entendu par le HSCA et le fait qu'il semblait croire à la fin de sa vie que Lee avait été membre d'une conspiration, et que lui-même était responsable, semblent du pain bénit pour la thèse de la conspiration. Ces événements sont cependant à considérer à la lumière du fait que dans les dernières années de sa vie, Mohrenschildt souffrait de troubles psychiatriques qui lui valurent un internement. Le HSCA réexamina le cas « Mohrenschildt » et l'hypothèse de ses contacts avec le monde du renseignement, et ne trouva que des contacts avec la division des contacts domestiques de la CIA, celle qui, sur une base volontaire, interroge les citoyens américains ayant voyagé dans des pays au sujet desquels la CIA recherche des renseignements. Voir le rapport du HSCA sur le sujet (HSCA XII, p. 53). Cependant, les partisans de la conspiration se basent encore sur ces contacts pour envisager une implication de Mohrenschildt dans la conspiration (Summers, p. 155-157). À noter qu'au moment de l'assassinat, Mohrenschildt avait quitté les États-Unis depuis six mois pour s'installer en Haïti avec son épouse
  24. Bugliosi, p. 661-665
  25. Marina savait que Lee utilisait Hiddel comme faux nom et pensait qu'il s'agissait d'une référence à « Fidel », ce pour quoi elle se moqua de Lee (WC I, p. 64)
  26. La carabine est souvent improprement désignée sous le nom de Mannlicher-Carcano, "Mannlicher" faisant en l'occurrence référence au clip en bloc servant de chargeur de balles, procédé développé par Ferdinand Mannlicher. Au sujet des commandes d'armes d'Oswald, Bugliosi, p. 669 et 680, Summers, p. 161. Voir aussi CE 790, WC XVII, p. 678 (bon de commande du revolver)
  27. L'authenticité de ces photos a été parfois mise en doute, et on a affirmé que le montage démontrait le complot contre Oswald. Le panel photographique du HSCA consacra une dizaine de pages à l'examen de la question (HSCA VI, p. 138-146) et en confirma l'authenticité. Jack White, un des tenants de la thèse du trucage, admet devant le HSCA son absence d'expertise et son ignorance de la photogrammétrie (HSCA II, p. 339 et 344). Marina elle-même, qui croit en l'innocence de Lee, a confirmé avoir pris les photos (WC I, p. 15), parmi les théoriciens de la conspiration, ni Summers (p. 163), ni Kurtz (p. 35) et Robert Groden ne prétendent plus qu'elles soient truquées (R. Groden, The killing of a President, p. 168-171)
  28. Voir témoignage de Hosty (WC IV, p. 443). En juin, Hosty reçut un message du bureau du FBI de La Nouvelle-Orléans demandant des renseignements sur Oswald, et il leur fournit un rapport sur Oswald en septembre 1963 (CE 829, WC XVII, p. 772 et s)
  29. Ce sont ces photos qui permettent de dater la surveillance selon l'état d'avancement d'une construction (WC XXII, p. 585)
  30. La note (CE 1, WC XVI, p. 1) mentionne notamment « si je suis vivant et fait prisonnier, la prison est située au bout du pont… »
  31. « J'ai tiré sur Walker » - « Qu'est-ce que tu as fait du fusil ? » - « Je l'ai enterré » (témoignage de Marina devant le HSAC - (http://www.history-matters.com/archive/jfk/hsca/reportvols/vol2/html/HSCA_Vol2_0118b.htm HSCA II, p. 232-233])
  32. Note dont l'écriture est confirmée d'être de la main d'Oswald (WC VII, p. 419). Des photos nous sont aussi parvenues, telles une photo de la maison de Walker (CE 5, WC XVI, p. 7), photo qui intrigua du fait de la destruction du numéro de plaque de la voiture
  33. L'imprimerie se trouve à deux pas de la firme pour laquelle Oswald travaille. Voir l'enquête du FBI (CE 1410, WC XXII, pp. 796-802.)
  34. Témoignage de Marina, WC V, p. 401
  35. Voir les témoignages devant la Commission de Carlos Bringuier (WC X, p. 35–37), Philip Geraci (WC X, p. 77 et Vance Blalock (WC X, p. 83
  36. Témoignage de Bringier (WC X, p. 37-38). Carte d'arrestation d'Oswald (CE 1413, WC XXII, p. 820)
  37. Voir par exemple la lettre de Lee à Vincent Lee, président de Fair Play for Cuba (LeeExhibit No. 6, WC XX, p. 526), dans laquelle Oswald vante ses succès. Le président de FPFC ne fut pas impressionné (voir son témoignage, WC X, p. 90
  38. Témoignage du journaliste William Kirk Stuckey, WC XI, p. 171
  39. Témoignage de Marina (WC I, p. 23)
  40. Summers (pp. 222-236) reste convaincu de l'existence de liens entre Oswald et Bannister, mais se base ce faisant sur des témoignages rejetés par le HSCA de personnes douteuses dont les témoignages ont varié dans le temps
  41. Posner, p. 141.
  42. http://www.aarclibrary.org/publib/jfk/wc/wcvols/wh7/html/WC_Vol7_0157a.htm Testimony of Harry D. Holmes], Warren Commission Hearings, vol. 7, p. 305.
  43. « Warren Report », History Matters Archive (consulté le 4 février 2013)
  44. FBI Interview of Charles Givens, November 23, 1963, Warren Commission Document 5, p. 329.
  45. « Warren Commission Hearings, Volume VII », History Matters Archive (consulté le 4 février 2013)
  46. « Warren Commission Hearings, Volume VI », History Matters Archive (consulté le 4 février 2013)
  47. Warren Commission Hearings, vol. 3, p. 170, Testimony of Bonnie Ray Williams.
  48. « Report of the President's Commission on the Assassination of President Kennedy », sur National Archives and Records Administration (consulté le 5 février 2013)
  49. FBI Gemberling Report, November 30, 1963, Warren Commission Document 5, p. 41.
  50. Warren Commission Hearings, vol. 4, Testimony of James P. Hosty, Jr., p. 467–468
  51. Testimony of Capt. J.W. Fritz, p. 213–214 Commission Exhibit 2003
  52. Dallas Police Department file on investigation of the assassination of the President, "Interrogation of Lee Harvey Oswald", vol. 4, p. 265.
  53. FBI Report of Capt. J.W. Fritz, Warren Report, appendix 11, p. 600.
  54. Certains ont cru pouvoir affirmer qu'il se rendait à l'appartement de Ruby, mais on n'a jamais pu montrer que les deux hommes se connaissaient. Un chercheur (Albert Newman, cité dans Myers, p. 359) pensait qu'Oswald avait l'intention de tuer le général Walker. Une théorie examinée par la commission Warren était qu'Oswald se dirigeait vers un arrêt de bus où il aurait pu utiliser son billet de correspondance pour prendre un bus qui l'aurait amené à une station de bus Greyhound d'où un car partait à 13 h 40 vers le Mexique. Cette théorie fut cependant abandonnée parce qu'elle aurait impliqué un Oswald marchant vers l'est sur la 10e rue, alors que les témoins l'ont vu marcher vers l'ouest. Cependant, sur ce dernier point, certains éléments indiquent qu'Oswald allait peut-être vers l'est, mais aurait fait demi-tour au moment où la voiture de Tippit passait (Myers, p. 64 et 65). Cependant, Myers ne se prononce pas sur la destination possible de Oswald (voir Myers, p. 358 à 363) et Bugliosi ne croit pas possible qu'Oswald ait décidé de partir pour le Mexique avec un peu moins de 14 dollars en poche (voir Bugliosi p. 1037).
  55. Thierry Lentz, Kennedy : Enquêtes sur l'assassinat d'un président, Paris, Jean Picollec, 1996, p. 62.
  56. Le jour où la controverse éclate
  57. JFK, le dernier témoin, table des matières
  58. Léo Sauvage, L'Affaire Oswald, Paris, Éditions de Minuit, 1965 p. 256-258
  59. Léo Sauvage, op cit p. 200-222 et 258
  60. "Interview with Oprah Winfrey" ; See also G. Posner, Case Closed at, p. 345 (Anchor Books 1993, 2003)
  61. Testimony of Wesley Frazier, Warren Commission Hearings, vol. 2, pp. 226-227.
  62. Summers 1998, p. 31-.
  63. Marrs 1989, p. 55-89.
  64. Léo Sauvage, L'Affaire Oswald, ouv cit p. 434-436.
  65. Robert Sam Anson, Ils ont tué Kennedy, Paris, Denoël, 1976
  66. Michael Eddowes, Khrushchev Killed Kennedy 1975, réédité sous le titre The Oswald files Clarkson N. Potter, 1977
  67. Robert Sam Anson Ils ont tué Kennedy, éditions Denoël 1976
  68. W. R. Morris et Robert Bradley Cutler Alias Oswald GKG Partners, 1985
  69. William Reymond, JFK autopsie d'un crime d'État, Flammarion, 1998
  70. John Armstrong Harvey and Lee: How the CIA Framed Oswald Quasar Books 2003
  71. Robert Sam Anson Ils ont tué Kennedy, p. 204
  72. Robert Sam Anson Ils ont tué Kennedy, p. 205
  73. (en) Peter Knigh, Conspiracy Theories in American History: An Encyclopedi, ABC-CLIO,‎ 2003, p. 568
  74. (en) Michael Granberry, « Patricia Puckett Hall remembers Lee Harvey Oswald before the world descended on her grandmother's rooming house », sur dallasnews.com,‎ 22 juillet 2013
  75. (en) « Lee Harvey Oswald-Linked Home In Dallas Offered For $500,000 », sur The Huffington Post,‎ 1er janvier 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :