Racialisme

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Pour certains théoriciens (Pierre-André Taguieff, Tzvetan Todorov), le racialisme est un courant de pensée distinct du racisme, apparu en Europe au milieu du XIXe siècle, qui prétend expliquer les phénomènes sociaux par des facteurs héréditaires et raciaux. Ce courant, lié à la « théorie des races » qui émerge au XVIIIe siècle, culminerait avec les travaux de Joseph Arthur de Gobineau, de Gustave Le Bon et Georges Vacher de Lapouge.

Selon le sociologue Pierre-André Taguieff[1], cette prétention n'implique pas nécessairement des appels à la violence ou à la discrimination, ces penseurs s'efforçant de faire rentrer l'histoire ou la théorie politique dans les sciences naturelles[2]. Pour Tzvetan Todorov, le racialisme est à la fois une idéologie, une doctrine du racisme, voire un comportement en général haineux et méprisant[3].

La distinction entre racisme et racialisme reste discutée et souvent polémique. Elle est « spécieuse » pour Ama Mazama[4], de peu d'intérêt pour Gérard Lenclus[5], et l'historien Jean-Frédéric Schaub estime qu'elle crée une « scission malheureuse » entre racisme et antisémitisme[6].

Espèces, races et histoire naturelle[modifier | modifier le code]

Les premières classifications[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, le travail de mise en ordre et de classification de la nature aboutit aux premières taxinomies qui, organisant de manière logique les organismes vivants pour la commodité des chercheurs. Elles vont s'accompagner presque indépendamment de classifications des êtres humains servant cette fois-ci des intérêts davantage géopolitiques que scientifiques.

On avait observé dès 1684 dans La Revue des Savants la première de ces tentatives[7]. L’auteur, le médecin et philosophe François Bernier, se propose à cette occasion de rompre avec la logique géographique qui prévalait jusqu’alors dans l’appréhension des groupes humains. Il avance l’idée que les hommes puissent être classés selon leurs caractéristiques physiques, en distinguant « quatre ou cinq races humaines ».

La position de Bernier s’inscrit dans un nouveau cadre de pensée, celui d'une philosophie émancipée de la religion dont les premiers représentants, Fontenelle, Pierre Bayle et surtout Pierre Gassendi, dont Bernier est l’un des principaux admirateurs, apparaissent au XVIIe siècle. À l'opposé de la doctrine chrétienne, ce courant de pensée cherche à placer l’homme comme élément de la nature et non comme son métayer. Cela lui fait donc perdre la position privilégiée que lui attribuait la Genèse.

La proposition de Bernier, qui indique un changement d’attitude profond, passe en son temps relativement inaperçue. Il en va tout autrement des systèmes proposés au siècle suivant par Buffon et Carl von Linné, tous deux naturalistes respectés de la Faculté et de leurs pairs.

Le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), posant les bases de la systématique moderne, distingue en 1758[8], quatre races différenciées au sommet de l’ordre des « anthropomorpha » (les futurs primates) : Européens, Américains (nous dirions aujourd'hui Amérindiens), Asiatiques et Africains[9].

Buffon reprend pour sa part à Maupertuis[10] l’idée que le blanc serait la couleur originelle de l’homme, les colorations sombres évoquées autrefois par la malédiction de Cham dans la Bible étant selon lui le produit d’une dégénérescence partielle due à l’éloignement de la zone climatique tempérée. Cette théorie de la dégénération connaîtra différentes déclinaisons empruntant notamment à la théorie des climats[11], seront évoquées par Johann Friedrich Blumenbach ou le philosophe Emmanuel Kant. Une divergence au sein des dégénérationnistes portera sur la question de la réversibilité des différentiations phénotypiques en cas d’immersion prolongée dans le milieu adéquat[12].

Le racialisme appliqué aux humains : de Blumenbach à Gobineau[modifier | modifier le code]

Parmi les premiers théoriciens des races, Kant et Blumenbach sont partisans du monogénisme, Meiners et Sömmerring du polygénisme. Renan se contente de parler en philologue, parlant des civilisations qu'il peut connaître par les documents écrits d'époque. Arthur de Gobineau écrit un Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-55). Pierre-André Taguieff a établi la généalogie de ce racisme qu'il qualifie, conformément à nos critères actuels plus rigoureux, de « pseudo-scientifique ». Reste que seront créés des zoos humains, où la curiosité légitime du public — connaître l'autre, qui habite un pays qu'on ne verra jamais — est transformée en exploitation commerciale à la Barnum. Lors des expositions ethnographiques, il n'est pas rare de voir les prétendus sauvages enfermés dans des cages (la sécurité est invoquée), et dans certains cas non loin de singes.

Hervé Le Bras s'est intéressé aux modalités du racialisme et de la raciologie lors de ses travaux sur l'idéologie démographique. Parmi les hommes de science ou de pouvoir approuvant cette idéologie, il a indiqué Vacher de Lapouge, Ludwig Woltmann, (darwiniste social et socialiste), sir Ronald Fisher (démocrate et eugéniste négatif)[réf. nécessaire].

La thèse de l’inégalité raciale est remise en cause dès 1885 au nom de critères scientifiques également avec le livre De l'égalité des races humaines de Joseph Anténor Firmin, qui expose les sophismes de publications racistes se présentant comme scientifiques.

Mesures de la différence et hiérarchisation[modifier | modifier le code]

Page du livre Histoire naturelle.

La couleur de la peau n'est jamais le seul critère retenu dans la définition des races élaborée par les scientifiques des XVIIIe et XIXe siècles. Les nouvelles exigences de scientificité poussent les savants à s’appuyer sur une multitude de « critères » quantifiables, à défaut d'être significatifs. De nouvelles disciplines font leur apparition, se fixant l’étude de l’être humain, de ses origines et de sa classification. L’anatomie comparée, initiée par le britannique Edward Tyson (1650-1708), l’ethnologie ou plus tard l’anthropologie physique connaissent au XIXe siècle un développement croissant. Elles s’appuient sur des méthodes de mesure qui donnent naissance à autant de sous-disciplines aujourd'hui réfutées (crâniométrie, céphalométrie, anthropométrie, phrénologie), qui définissent des critères de comparaison et de classification des groupes humains. Il importe de ne pas inclure dans cette classification le travail signalétique de Bertillon qui ne vise qu'à identifier sans ambiguïté, en 1870, des individus précis à des fins de recherche, et non des groupes humains.

Les travaux des « raciologues »[13] aboutissent à une biologisation de l'ancienne typologie empirique des peuples. La méthode linguistique promue par Volney, Friedrich Schlegel, Adriano Balbi ou James Cowles Prichard est de ce fait remise en cause par des anatomistes dans les années 1840, au motif que les caractères physiques, estimés fixes, seraient plus pertinents que les caractères linguistiques qui présentent des signes d’instabilité[14]. Les sciences biologiques s’octroient à cette occasion un rôle prescripteur de la définition de l’être humain et des déterminants de son comportement social.

Les critères initialement retenus par les premiers naturalistes pour distinguer l’homme du reste du monde animal se voient appliqués aux groupes humains, dans une perspective de hiérarchie. Louis Jean-Marie Daubenton (1716-1800) et Petrus Camper (1722-1789) avaient initié une méthode fondée sur la mesure de l’angle facial. Reprise par Georges Cuvier (1769-1832) et Saint-Hilaire (1772-1844), la méthode trouve une nouvelle application : le degré d’inclinaison du front est censé indiquer la place laissée libre au cerveau et donc l’intelligence[15].

Les recherches internationales aboutissent à une multitude de taxonomies. Celle de Johann Friedrich Blumenbach (1752-1840) revenant à cinq races sur la base de l’observation des crânes passera à la postérité en appliquant le terme « caucasien » (ou « caucasoïde ») — toujours en vigueur aux États-Unis — à la « race blanche »[16]. Choix surprenant, car en toute rigueur les Caucasiens sont les habitants du Caucase.

Les théories pseudo-scientifiques du racisme nazi empruntées à celles du Dr René Martial, s'appuyaient sur la prévalence accrue du groupe sanguin B chez les Juifs[réf. nécessaire] pour prétendre quantifier la "pureté du sang" au sens littéral. On sait aujourd'hui que la prévalence accrue du facteur B dans les populations sémitiques est d'origine purement géographique, sans aucun rapport avec la religion ni même la nationalité.

Enseignement du racialisme au XIXe siècle, en France[modifier | modifier le code]

Les quatre races d'hommes. — La race blanche, la plus parfaite des races humaines, habite surtout l'Europe, l'ouest de l'Asie, le nord de l'Afrique, et l'Amérique. Elle se reconnaît à sa tête ovale, à une bouche peu fendue, à des lèvres peu épaisses. D'ailleurs son teint peut varier. — La race jaune occupe principalement l'Asie orientale, la Chine et le Japon : visage plat, pommettes saillantes, nez aplati, paupières bridées, yeux en amandes, peu de cheveux et peu de barbe. — La race rouge, qui habitait autrefois toute l'Amérique, a une peau rougeâtre, les yeux enfoncés, le nez long et arqué, le front très fuyant. — La race noire, qui occupe surtout l'Afrique et le sud de l'Océanie, a la peau très noire, les cheveux crépus, le nez écrasé, les lèvres épaisses, les bras très longs.
Le Tour de la France par deux enfants, G. Bruno, 1877, p. 188.

Après 1870, dans son ouvrage Histoire naturelle, destiné à l'enseignement secondaire[17], J. Langlebert revient à quatre races, plus exactement des types humains :

  • blanche ou caucasique, cette race est « remarquable par la puissance de son intelligence, c'est à elle qu'appartiennent les peuples qui ont atteint le plus haut degré de civilisation » ;
  • jaune ou mongolique ;
  • noire ou africaine ;
  • rouge ou américaine.

La terminologie de ses descriptions peut laisser supposer un jugement de valeur. « L'angle facial ne dépasse guère 70 à 75° » chez les Noirs. On remarquera que cette méthode consiste à retrouver par des moyens différents la description peu flatteuse des Africains fournie dans les Prolégomènes à une histoire universelle (Muqaddima) par Ibn Khaldoun.

Les débats sur les origines de l’homme[modifier | modifier le code]

L’un des principaux débats qui secouent la communauté scientifique au début du XIXe siècle concerne les origines de l’humanité. Deux couples d’opposition, monogénisme/polygénisme et fixisme/transformisme, structureront le débat tout au long du siècle. Ce dernier contribue largement à fixer l’attention sur la question des races et de leur corrélat, la mesure des caractères extérieurs. Il constitue aussi le générateur de différentes positions occupées dans l’espace académique de l’étude des races.

Le monogénisme suppose l’humanité issue d’un ancêtre unique et fait donc du milieu la cause principale de la différenciation. Le polygénisme suppose au contraire des origines distinctes. La première thèse, compatible avec le récit biblique, se verra défendue par les spiritualistes, majoritaires dans l’Université française. La thèse polygéniste reçoit quant à elle les suffrages de libres-penseurs peu influencés par les doctrines religieuses (Voltaire[18] et plus loin encore Paracelse en furent les partisans), des matérialistes et des républicains anticléricaux.

Cette division recoupe celle séparant partisans du créationnisme et du transformisme. Formulée au début du XIXe siècle par Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829), la théorie transformiste débouche en France dès les années 1820 sur la controverse entre Georges Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire[19]. À la parution de l’Origine des espèces de Charles Darwin en 1859, la communauté scientifique adhère encore largement au créationnisme et à son corollaire le fixisme. Des lettrés influents sont tout aussi divisés : Victor Hugo refusera toute sa vie l'idée du darwinisme, tandis qu'Ernest Renan l'adoptera d'emblée.

À partir de cette date, le transformisme rallie cependant un nombre grandissant de partisans, jusqu’à devenir majoritaire en France à la fin du siècle[20] ; il établit le schéma d’une continuité évolutionniste depuis quelque anthopoïde alors inconnu (baptisé « singe » par les détracteurs de la théorie) jusqu’à l’homme blanc, dans laquelle les races non-occidentales se voient attribuer opportunément une place intermédiaire.

Au cœur de la controverse, ceux qui se désignent sous le nom d’« anthropologistes », multiplient les études pour établir la proximité physique des sauvages et des primates[21]. La taille du cerveau, mesurée par la crâniométrie[22] tient une place centrale dans ce dispositif classificatoire[23]. D'autres éléments sont retenus : forme du crâne et des mâchoires, taille des os du squelette sont aussi prises en compte. Une supposée bestialité des races primitives, argument traditionnel de leur infériorité, se voit intégrée désormais dans une idéologie générale d’évolution de l’humanité.

Les deux positions — fixiste et transformiste — s’accordent cependant sur un point : l’existence de races humaines inégalement capables et inégalement perfectibles. Au long du siècle, ce que Caroline Reynaud Paligot désigne comme le « paradigme racial » s'est tellement intégré aux schémas de pensée que personne ne semble le remettre sérieusement en cause : quelques études empiriques venant le contredire sont rationalisées pour être aussitôt réintégrés dans son schéma explicatif. Quand la taille du cerveau n’apparaît plus comme critère pertinent de différenciation, il cède par exemple la place à des considérations d’identification de la zone où serait localisée l’intelligence[24].

Racialisme linguistique[modifier | modifier le code]

Selon Wolfang Geiger, durant la période nazie, c'est Edgar Glässer qui introduit le racialisme anthropologique (de Hans F.K Günther) dans la linguistique des langues romanes et Alex Niederstenbruch a produit « le pire de (..) l'idéologie racialiste nazi » en linguistique[25].

Définitions[modifier | modifier le code]

Selon Tzvetan Todorov[modifier | modifier le code]

Pour Tzvetan Todorov, le racialisme est à la fois une idéologie, une doctrine du racisme, voire un comportement en général haineux et méprisant[3].

Il y a pour Todorov cinq propositions pour définir l'idéologie racialiste[26] :

  1. Les races sont une réalité
  2. Continuité physique-moral
  3. Action(s) du groupe influe(nt) sur individu(s)
  4. Une hiérarchie unique de valeurs forme cet ethnocentrisme
  5. L'action politique fondée sur ce savoir « prétendument scientifique[25] ».

Selon Benoit Massin[modifier | modifier le code]

Pour Benoit Massin le racialisme est l'ensemble des « théories faisant de la race ou des conflits de race le facteur déterminant dans l'évolution des sociétés humaines[27] »

Selon Denis Blondin[modifier | modifier le code]

Le racialisme, pour l'anthropologue Denis Blondin, est une « composante cognitive du racisme » qui est une « structure constitutive de notre cosmologie sociale, un aspect essentiel de l'humanisme et de l'universalisme, tels que pratiqués, et non pas leur antithèse »[28].

Racialisme aux XXe-XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Racialisme opposé au métissage[modifier | modifier le code]

Pour le politologue Laurent de Boissieu, le racialisme : « prône, au nom du "droit à la différence", la préservation de l'identité des groupes raciaux et ethniques supposés contre tout métissage. Ce dernier est alors perçu comme du racisme en ce qu'il nierait et retirerait à chaque groupe racial et ethnique supposé sa nature propre[29] ». Selon lui, « le racialisme a notamment été théorisé dans les années 1970 par la Nouvelle Droite (GRECE). Il a été repris dans les années 2000 par le courant dit "identitaire", pour qui la couleur de peau est une composante de l'identité à préserver. » Il dénombre plusieurs mouvements en France, se situant à l'extrême-droite comme à l'extrême-gauche[29].

Néologismes[modifier | modifier le code]

Le racialisme et la racialisation sont des néologismes fréquents décrivant l'invasivité de la sémantique et de la symbolique de la race dans le discours politique et médiatique contemporains, ainsi que dans les représentations culturelles - tout champ politique confondu. Ce phénomène de radicalisation idéologique est caractéristique de l'hybridation des extrêmes en politique ("rouge-brun")[réf. nécessaire].

Dérive de la pensée postcoloniale[modifier | modifier le code]

Dans Les Nouveaux Rouge-Brun: le racisme qui vient (2014)[30], l'anthropologue Jean-Loup Amselle parle d'avènement d'une nouvelle société raciale, et relève une dérive de la pensée postcoloniale [31] :

«  Nous sommes entrés depuis quelque temps, en France, dans une nouvelle ère, celle d’une société raciale, où la race vaut pour le social. Les conflits qui traversent la société ne sont plus appréhendés en termes de classes mais dans une perspective ethnique. Une tendance lourde où les Indigènes de la République rejoignent paradoxalement le Front national, et Farida Belghoul, la militante anti-genre, Dieudonné ou Alain Soral. Une tendance alimentée par le traitement médiatique de la question sociale, qui procède par généralisations, comme dans les reportages sur les banlieues où les individus sont constamment référés à un « groupe » et jamais envisagés comme tels. Dans ce contexte d’ensemble, le phénomène des transfuges passant de l’extrême-gauche à la droite extrême s’explique aisément. Il s’opère sur fond d’un relativisme généralisé qui mine le socle de l’universalité des valeurs d’égalité de genre ou de droits humains et les repères que cette universalité offre à l’analyse politique. Ce relativisme puise ses arguments et sa rhétorique à la pensée postcoloniale qui a détrôné l’Occident de sa position de surplomb, ce qui est une bonne chose, mais a entraîné comme on peut le voir des effets pervers. »

Le directeur de recherche au CNRS Bernard Maro, juge que le parti des Indigènes de la République (PIR) est « racialiste » avec « les mêmes obsessions identitaires qu'à l'extrême droite : pureté de la race avec une opposition aux mariages mixtes et au métissage [...], anti-universalisme avec un refus de la convergence des luttes (féminisme, anticapitalisme, LGBT) [...], soutien au machisme et sexisme religieux [...], homophobie [...], religion "d'origine" en tant que ciment commun au groupe [...], l'islam étant une libération [...], seule alternative possible être musulman ou être français [...], antisémitisme au nom d'un anti-sionisme radical »[32]. Quant à Houria Bouteldja, porte-parole du PIR, elle définit ainsi son usage du mot "race" : « La race est un rapport social comme le genre, comme la classe. Il est fondé sur de supposées catégories raciales, ethniques et religieuses qui sont issues de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. [...] Nous voulons assumer le stigmate pour le dépasser. Personne n’échappe à la racialisation, blancs ou indigènes. Mais les uns sont dominants et les autres dominés[33]. »

Les éditions Libertalia publient le livre La Fabrique du musulman, dans lequel le docteur en sciences politiques Nedjib Sidi Moussa fustige « une gauche cléricale à tendance racialiste » représentée par les positions d'Houria Bouteldja[34].

Le 30 octobre 2017, le Grand Maître du Grand Orient de France Philippe Foussier dénonce des « porosités » d'une partie de la gauche avec des courants identitaires et racialistes : « Ces idées trouvent des relais médiatiques et chez des intellectuels, comme à l'université Paris-VIII », visant également le « camp d'été décolonial » organisé en 2016[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-André Taguieff, La couleur et le sang: doctrines racistes à la française, Mille et une nuits, (ISBN 284205640X et 9782842056407)
  2. Sylvain Crépon et Sebastien Mosbah-Natanson, Les sciences sociales au prisme de l'extrême droite, Editions L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-20419-5, lire en ligne), p. 68 et suiv.
  3. a et b Jérôme Jamin, L'imaginaire du complot: discours d'extrême droite en France et aux Etats-Unis, Amsterdam University Press, (ISBN 9789089640482, lire en ligne), p. 124
  4. Ama Mazama, L'impératif afrocentrique, menaibuc, (ISBN 9782911372230, lire en ligne), p. 79-80
  5. Gérard Lenclus, « L'universel et le relatif, à propos d'un ouvrage de Tzvetan Todorov », Terrains, no 17, octobre 1991, voir en ligne, p. 57 sq..
  6. Jean-Frédéric Schaub, Pour une histoire politique de la race., Editions Seuil, (ISBN 9782021237016 et 202123701X), p. 228
  7. Voir sur ce point, Boulle, « François Bernier et le concept moderne de race », Race et esclavage…, p. 47 – 56. William Petty avait toutefois en 1677 émis l’idée de l’existence de races humaines équivalentes aux races des animaux d’élevage.
  8. dans la dixième édition de son Systema Naturae
  9. Une histoire du racisme: des origines à nos jours, Librairie Générale Française, coll. « Le livre de poche » (no 575), (ISBN 2253905755 et 978-2-253-90575-2), p. 149
  10. Dissertation physique à l’occasion du nègre blanc, 1744. Cité dans Léon Poliakov, Le mythe aryen, Calmann-Lévy, Paris, 1971, p. 161.
  11. Abusivement, puisque Montesquieu s'était précisément élevé dans plusieurs de ses écrits contre l'asservissement des noirs.
  12. On peut y voir une intuition de l'épigénétique.
  13. C’est ainsi que Carole Reynaud Paligot désigne les spécialistes de l’étude des races humaines. La République raciale. Paradigme racial et idéologie républicaine (1860-1930), Presses universitaires de France, Paris, 2006, p. 2.
  14. Claude Blanckaert, « Un fil d’Ariane dans le labyrinthe des origines… Langues, races et classification ethnologique au XIXe siècle », in Revue d'histoire des sciences humaines, no 17, 2002, p. 137-171.
  15. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 22. Voir aussi le bref essai Le Chapeau de Cuvier de Stephen Jay Gould.
  16. Christian Delacampagne, Une histoire du racisme, p. 151.
  17. Manuel d'Histoire naturelle, Delalain, Paris, [lire en ligne] une édition de 1875.
  18. « Aveuglé par sa passion antireligieuse, il (Voltaire) poursuit d’une même haine le christianisme et le judaïsme. Et comme il lui faut à tout prix se démarquer des doctrines défendues par ces deux religions, il se croit obligé d’attaquer avec vigueur le monogénisme », Christian Delacampagne, Une histoire du racisme, p. 153.
  19. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 34.
  20. Cédric Grimoult, Évolutionnisme et fixisme en France: histoire d'un combat 1800-1882, CNRS Editions, (ISBN 2271056063 et 978-2-271-05606-1)
  21. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 33-43.
  22. mais aussi la phrénologie dont la méthode est non seulement acceptée, mais raffinée par Paul Broca
  23. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 38.
  24. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 77-83.
  25. a et b L'image de la France dans l'Allemagne nazie: 1933-1945. De Wolfang Geiger, éditions Presses universitaires de Rennes, 2015
  26. «Pour une histoire politique de la race.» de Jean-Frédéric Schaub, Le Seuil, 2015
  27. article de Benoît Massin, «Lutte des classes, lutte des races», dans «Des Sciences contre l'homme» (ouvrage collectif sous la direction de Claude Blanckaert), revue Autrement, Série Sciences en société, vol.1 : «Classer, hiérarchiser, exclure», mars 1993, (ISBN 2862604291 et 9782862604299)
  28. Denis Blondin, Les deux espèces humaines : Autopsie d'un racisme ordinaire , éditions L'Harmattan, Paris, 1995
  29. a et b Laurent de Boissieu, « Racialisme - Europe Politique », sur europe-politique.eu (consulté le 28 juin 2017)
  30. Jean-Loup Amselle, Les nouveaux rouges-bruns : Le racisme qui vient, Nouvelles Éditions Lignes, (ISBN 9782355261381).
  31. Jacques Munier, « Les nouveaux Rouges-bruns. Le racisme qui vient (Lignes) », sur franceculture.fr, (consulté le 11 octobre 2017)
  32. « Racisme et racialisme : de la droite de la droite à la gauche de la gauche », huffingtonpost.fr, 5 octobre 2016.
  33. Caroline Izambert, Paul Guillibert et Sophie Wahnich, « Revendiquer un monde décolonial : Entretien avec Houria Bouteldja », Vacarme, no 71,‎ (lire en ligne).
  34. Jean Birnbaum, « La gauche déchirée par le “racisme antiraciste” », lemonde.fr, 9 juin 2017.
  35. Jean-Dominique Merchet, « Le Grand Orient dénonce une "gauche racialiste et différentialiste" », lopinion.fr, 30 octobre 2017.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Agnès Lainé, « Ève africaine ? De l’origine des races au racisme de l’origine », in François-Xavier Fauvelle-Aymar, Jean-Pierre Chrétien et Claude-Hélène Perrot, dir., Afrocentrismes. L’histoire des Africains entre Égypte et Amérique, Paris, Karthala, 2000, p. 105-125
  • Agnès Lainé, « L’anthropologie biologique et l’Afrique au XXe siècle », in Christine Deslaurier et Dominique Juhé-Beaulaton, dir., Afrique, terre d’histoire. Au cœur de la recherche avec Jean-Pierre Chrétien, Paris, Karthala, 2007, p. 131-158
  • Jean-Frédéric Schaub, Pour une histoire politique de la race, Seuil, 2015
  • Pierre-André Taguieff, La couleur et le sang: doctrines racistes à la française, Mille et une nuits, 2002

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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