Racialisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pour certains théoriciens (Pierre-André Taguieff, Tzvetan Todorov), le racialisme est un courant de pensée distinct du racisme, apparu en Europe au milieu du XIXe siècle, qui prétend expliquer les phénomènes sociaux par des facteurs héréditaires et raciaux. Ce courant, lié à la « théorie des races » qui émerge au XVIIIe siècle, culminerait avec les travaux de Joseph Arthur de Gobineau, de Gustave Le Bon et Georges Vacher de Lapouge.

Selon le sociologue Pierre-André Taguieff[1], cette prétention n'implique pas nécessairement des appels à la violence ou à la discrimination, ces penseurs s'efforçant de faire rentrer l'histoire ou la théorie politique dans les sciences naturelles[2]. Pour Tzvetan Todorov, le racialisme est à la fois une idéologie, une doctrine du racisme, voire un comportement en général haineux et méprisant[3].

La distinction entre racisme et racialisme reste discutée et souvent polémique. Elle est « spécieuse » pour Ama Mazama[4], de peu d'intérêt pour Gérard Lenclus[5], et l'historien Jean-Frédéric Schaub estime qu'elle crée une « scission malheureuse » entre racisme et antisémitisme[6].

Espèces, races et histoire naturelle[modifier | modifier le code]

Les premières classifications[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, le travail de mise en ordre et de classification de la nature aboutit aux premières taxinomies qui, organisant de manière logique les organismes vivants pour la commodité des chercheurs. Elles vont s'accompagner presque indépendamment de classifications des êtres humains servant cette fois-ci des intérêts davantage géopolitiques que scientifiques.

On avait observé dès 1684 dans La Revue des Savants la première de ces tentatives[7]. L’auteur, le médecin et philosophe François Bernier, se propose à cette occasion de rompre avec la logique géographique qui prévalait jusqu’alors dans l’appréhension des groupes humains. Il avance l’idée que les hommes puissent être classés selon leurs caractéristiques physiques, en distinguant « quatre ou cinq races humaines ».

La position de Bernier s’inscrit dans un nouveau cadre de pensée, celui d'une philosophie émancipée de la religion dont les premiers représentants, Fontenelle, Pierre Bayle et surtout Pierre Gassendi, dont Bernier est l’un des principaux admirateurs, apparaissent au XVIIe siècle. À l'opposé de la doctrine chrétienne, ce courant de pensée cherche à placer l’homme comme élément de la nature et non comme son métayer. Cela lui fait donc perdre la position privilégiée que lui attribuait la Genèse.

La proposition de Bernier, qui indique un changement d’attitude profond, passe en son temps relativement inaperçue. Il en va tout autrement des systèmes proposés au siècle suivant par Buffon et Carl von Linné, tous deux naturalistes respectés de la Faculté et de leurs pairs.

Le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), posant les bases de la systématique moderne, distingue en 1758[8], quatre races différenciées au sommet de l’ordre des « anthropomorpha » (les futurs primates) : Européens, Américains (nous dirions aujourd'hui Amérindiens), Asiatiques et Africains[9].

Buffon reprend pour sa part à Maupertuis[10] l’idée que le blanc serait la couleur originelle de l’homme, les colorations sombres évoquées autrefois par la malédiction de Cham dans la Bible étant selon lui le produit d’une dégénérescence partielle due à l’éloignement de la zone climatique tempérée. Cette théorie de la dégénération connaîtra différentes déclinaisons empruntant notamment à la théorie des climats[11], seront évoquées par Johann Friedrich Blumenbach ou le philosophe Emmanuel Kant. Une divergence au sein des dégénérationnistes portera sur la question de la réversibilité des différentiations phénotypiques en cas d’immersion prolongée dans le milieu adéquat[12].

Le racialisme appliqué aux humains : de Blumenbach à Gobineau[modifier | modifier le code]

Parmi les premiers théoriciens des races, Kant et Blumenbach sont partisans du monogénisme, Meiners et Sömmerring du polygénisme. Renan se contente de parler en philologue, parlant des civilisations qu'il peut connaître par les documents écrits d'époque. Arthur de Gobineau écrit un Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-55). Pierre-André Taguieff a établi la généalogie de ce racisme qu'il qualifie, conformément à nos critères actuels plus rigoureux, de « pseudo-scientifique ». Reste que seront créés des zoos humains, où la curiosité légitime du public — connaître l'autre, qui habite un pays qu'on ne verra jamais — est transformée en exploitation commerciale à la Barnum. Lors des expositions ethnographiques, il n'est pas rare de voir les prétendus sauvages enfermés dans des cages (la sécurité est invoquée), et dans certains cas non loin de singes.

Hervé Le Bras s'est intéressé aux modalités du racialisme et de la raciologie lors de ses travaux sur l'idéologie démographique. Parmi les hommes de science ou de pouvoir approuvant cette idéologie, il a indiqué Vacher de Lapouge, Ludwig Woltmann, (darwiniste social et socialiste), sir Ronald Fisher (démocrate et eugéniste négatif)[réf. nécessaire].

La thèse de l’inégalité raciale est remise en cause dès 1885 au nom de critères scientifiques également avec le livre De l'égalité des races humaines de Joseph Anténor Firmin, qui expose les sophismes de publications racistes se présentant comme scientifiques.

Mesures de la différence et hiérarchisation[modifier | modifier le code]

Page du livre Histoire naturelle.

La couleur de la peau n'est jamais le seul critère retenu dans la définition des races élaborée par les scientifiques des XVIIIe et XIXe siècles. Les nouvelles exigences de scientificité poussent les savants à s’appuyer sur une multitude de « critères » quantifiables, à défaut d'être significatifs. De nouvelles disciplines font leur apparition, se fixant l’étude de l’être humain, de ses origines et de sa classification. L’anatomie comparée, initiée par le britannique Edward Tyson (1650-1708), l’ethnologie ou plus tard l’anthropologie physique connaissent au XIXe siècle un développement croissant. Elles s’appuient sur des méthodes de mesure qui donnent naissance à autant de sous-disciplines aujourd'hui réfutées (crâniométrie, céphalométrie, anthropométrie, phrénologie), qui définissent des critères de comparaison et de classification des groupes humains. Il importe de ne pas inclure dans cette classification le travail signalétique de Bertillon qui ne vise qu'à identifier sans ambiguïté, en 1870, des individus précis à des fins de recherche, et non des groupes humains.

Les travaux des « raciologues »[13] aboutissent à une biologisation de l'ancienne typologie empirique des peuples. La méthode linguistique promue par Volney, Friedrich Schlegel, Adriano Balbi ou James Cowles Prichard est de ce fait remise en cause par des anatomistes dans les années 1840, au motif que les caractères physiques, estimés fixes, seraient plus pertinents que les caractères linguistiques qui présentent des signes d’instabilité[14]. Les sciences biologiques s’octroient à cette occasion un rôle prescripteur de la définition de l’être humain et des déterminants de son comportement social.

Les critères initialement retenus par les premiers naturalistes pour distinguer l’homme du reste du monde animal se voient appliqués aux groupes humains, dans une perspective de hiérarchie. Louis Jean-Marie Daubenton (1716-1800) et Petrus Camper (1722-1789) avaient initié une méthode fondée sur la mesure de l’angle facial. Reprise par Georges Cuvier (1769-1832) et Saint-Hilaire (1772-1844), la méthode trouve une nouvelle application : le degré d’inclinaison du front est censé indiquer la place laissée libre au cerveau et donc l’intelligence[15].

Les recherches internationales aboutissent à une multitude de taxonomies. Celle de Johann Friedrich Blumenbach (1752-1840) revenant à cinq races sur la base de l’observation des crânes passera à la postérité en appliquant le terme « caucasien » (ou « caucasoïde ») — toujours en vigueur aux États-Unis — à la « race blanche »[16]. Choix surprenant, car en toute rigueur les Caucasiens sont les habitants du Caucase.

Les théories pseudo-scientifiques du racisme nazi empruntées à celles du Dr René Martial, s'appuyaient sur la prévalence accrue du groupe sanguin B chez les Juifs[réf. nécessaire] pour prétendre quantifier la "pureté du sang" au sens littéral. On sait aujourd'hui que la prévalence accrue du facteur B dans les populations sémitiques est d'origine purement géographique, sans aucun rapport avec la religion ni même la nationalité.

Enseignement du racialisme au XIXe siècle, en France[modifier | modifier le code]

Les quatre races d'hommes. — La race blanche, la plus parfaite des races humaines, habite surtout l'Europe, l'ouest de l'Asie, le nord de l'Afrique, et l'Amérique. Elle se reconnaît à sa tête ovale, à une bouche peu fendue, à des lèvres peu épaisses. D'ailleurs son teint peut varier. — La race jaune occupe principalement l'Asie orientale, la Chine et le Japon : visage plat, pommettes saillantes, nez aplati, paupières bridées, yeux en amandes, peu de cheveux et peu de barbe. — La race rouge, qui habitait autrefois toute l'Amérique, a une peau rougeâtre, les yeux enfoncés, le nez long et arqué, le front très fuyant. — La race noire, qui occupe surtout l'Afrique et le sud de l'Océanie, a la peau très noire, les cheveux crépus, le nez écrasé, les lèvres épaisses, les bras très longs.
Le Tour de la France par deux enfants, G. Bruno, 1877, p. 188.

Après 1870, dans son ouvrage Histoire naturelle, destiné à l'enseignement secondaire[17], J. Langlebert revient à quatre races, plus exactement des types humains :

  • blanche ou caucasique, cette race est « remarquable par la puissance de son intelligence, c'est à elle qu'appartiennent les peuples qui ont atteint le plus haut degré de civilisation » ;
  • jaune ou mongolique ;
  • noire ou africaine ;
  • rouge ou américaine.

La terminologie de ses descriptions peut laisser supposer un jugement de valeur. « L'angle facial ne dépasse guère 70 à 75 ° » chez les Noirs. On remarquera que cette méthode consiste à retrouver par des moyens différents la description peu flatteuse des Africains fournie dans les Prolégomènes à une histoire universelle (Muqaddima) par Ibn Khaldoun.

Les débats sur les origines de l’homme[modifier | modifier le code]

L’un des principaux débats qui secouent la communauté scientifique au début du XIXe siècle concerne les origines de l’humanité. Deux couples d’opposition, monogénisme/polygénisme et fixisme/transformisme, structureront le débat tout au long du siècle. Ce dernier contribue largement à fixer l’attention sur la question des races et de leur corrélat, la mesure des caractères extérieurs. Il constitue aussi le générateur de différentes positions occupées dans l’espace académique de l’étude des races.

Le monogénisme suppose l’humanité issue d’un ancêtre unique et fait donc du milieu la cause principale de la différenciation. Le polygénisme suppose au contraire des origines distinctes. La première thèse, compatible avec le récit biblique, se verra défendue par les spiritualistes, majoritaires dans l’Université française. La thèse polygéniste reçoit quant à elle les suffrages de libres-penseurs peu influencés par les doctrines religieuses (Voltaire[18] et plus loin encore Paracelse en furent les partisans), des matérialistes et des républicains anticléricaux.

Cette division recoupe celle séparant partisans du créationnisme et du transformisme. Formulée au début du XIXe siècle par Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829), la théorie transformiste débouche en France dès les années 1820 sur la controverse entre Georges Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire[19]. À la parution de l’Origine des espèces de Charles Darwin en 1859, la communauté scientifique adhère encore largement au créationnisme et à son corollaire le fixisme. Des lettrés influents sont tout aussi divisés : Victor Hugo refusera toute sa vie l'idée du darwinisme, tandis qu'Ernest Renan l'adoptera d'emblée.

À partir de cette date, le transformisme rallie cependant un nombre grandissant de partisans, jusqu’à devenir majoritaire en France à la fin du siècle[20] ; il établit le schéma d’une continuité évolutionniste depuis quelque anthopoïde alors inconnu (baptisé « singe » par les détracteurs de la théorie) jusqu’à l’homme blanc, dans laquelle les races non-occidentales se voient attribuer opportunément une place intermédiaire.

Au cœur de la controverse, ceux qui se désignent sous le nom d’« anthropologistes », multiplient les études pour établir la proximité physique des sauvages et des primates[21]. La taille du cerveau, mesurée par la crâniométrie[22] tient une place centrale dans ce dispositif classificatoire[23]. D'autres éléments sont retenus : forme du crâne et des mâchoires, taille des os du squelette sont aussi prises en compte. Une supposée bestialité des races primitives, argument traditionnel de leur infériorité, se voit intégrée désormais dans une idéologie générale d’évolution de l’humanité.

Les deux positions — fixiste et transformiste — s’accordent cependant sur un point : l’existence de races humaines inégalement capables et inégalement perfectibles. Au long du siècle, ce que Caroline Reynaud Paligot désigne comme le « paradigme racial » s'est tellement intégré aux schémas de pensée que personne ne semble le remettre sérieusement en cause : quelques études empiriques venant le contredire sont rationalisées pour être aussitôt réintégrés dans son schéma explicatif. Quand la taille du cerveau n’apparaît plus comme critère pertinent de différenciation, il cède par exemple la place à des considérations d’identification de la zone où serait localisée l’intelligence[24].

Racialisme linguistique[modifier | modifier le code]

Selon Wolfang Geiger, durant la période nazi, c'est Edgar Glässer qui introduit le racialisme anthropologique (de Hans F.K Günther) dans la linguistique des langues romanes et Alex Niederstenbruch a produit « le pire de (..) l'idéologie racialiste nazi » en linguistique[25].

Selon Tzvetan Todorov[modifier | modifier le code]

Pour Tzvetan Todorov, le racialisme est à la fois une idéologie, une doctrine du racisme, voire un comportement en général haineux et méprisant[3].

Il y a pour Todorov cinq propositions pour définir l'idéologie racialiste[26] :

  1. Les races sont une réalité
  2. Continuité physique-moral
  3. Action(s) du groupe influe(nt) sur individu(s)
  4. Une hiérarchie unique de valeurs forme cet ethnocentrisme
  5. L'action politique fondée sur ce savoir « prétendument scientifique[25] ».

Polémique française sur le racialisme, nouveau racisme[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
Wikitext.svg
La mise en forme de cette section ne suit pas les recommandations concernant la typographie, les liens internes, etc. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date). Découvrez comment la « wikifier ».

Le politologue Laurent de Boissieu définit ainsi le racialisme : "Le racialisme prône, au nom du "droit à la différence", la préservation de l'identité des groupes raciaux et ethniques supposés contre tout métissage. Ce dernier est alors perçu comme du racisme en ce qu'il nierait et retirerait à chaque groupe racial et ethnique supposé sa nature propre."[27] Il dénombre plusieurs groupements politiques actifs dans ce champ, se situant à l'extrême-droite (GRECE, Terre et Peuple, Institut Iliade, Polémia, Bloc Identitaire, Parti de L'In-nocence, Carrefour de l'horloge) comme à l'extrême-gauche (CRAN, Parti des Indigènes de la Républiques, collectif MWASI). Selon lui, "le racialisme a notamment été théorisé dans les années 1970 par la Nouvelle Droite (GRECE). Il a été repris dans les années 2000 par le courant dit "identitaire", pour qui la couleur de peau est une composante de l'identité à préserver." (Ibid.)

Le racialisme[28] et la racialisation sont des néologismes fréquents décrivant l'invasivité de la sémantique et de la symbolique de la race dans le discours politique et médiatique contemporains, ainsi que dans les représentations culturelles - tout champ politique confondu. Ce phénomène de radicalisation idéologique est caractéristique de l'hybridation des extrêmes en politique ("rouge-brun"). Dans Les Nouveaux Rouge-Brun: le racisme qui vient (2014)[29], l'anthropologue Jean-Loup Amselle parle d'avènement d'une nouvelle société raciale, et relève une dérive de la pensée postcoloniale:

« Nous sommes entrés depuis quelque temps, en France, dans une nouvelle ère, celle d’une société raciale, où la race vaut pour le social. Les conflits qui traversent la société ne sont plus appréhendés en termes de classes mais dans une perspective ethnique. Une tendance lourde où les Indigènes de la République rejoignent paradoxalement le Front national, et Farida Belghoul, la militante anti-genre, Dieudonné ou Alain Soral. Une tendance alimentée par le traitement médiatique de la question sociale, qui procède par généralisations, comme dans les reportages sur les banlieues où les individus sont constamment référés à un « groupe » et jamais envisagés comme tels. Dans ce contexte d’ensemble, le phénomène des transfuges passant de l’extrême-gauche à la droite extrême s’explique aisément. Il s’opère sur fond d’un relativisme généralisé qui mine le socle de l’universalité des valeurs d’égalité de genre ou de droits humains et les repères que cette universalité offre à l’analyse politique. Ce relativisme puise ses arguments et sa rhétorique à la pensée postcoloniale qui a détrôné l’Occident de sa position de surplomb, ce qui est une bonne chose, mais a entraîné comme on peut le voir des effets pervers."

Les enjeux, et les polémiques conséquentes, relèvent du contexte français : celui d'un héritage postcolonial, laïc, et démographique spécifique.

Dérives racialistes et extrême-gauche française[modifier | modifier le code]

La notion de race et ses dérivations peuvent se trouver recyclés par des groupes d'extrême-gauche antiracistes, d'obédience marxiste et pro-palestinienne (proche du NPA) qui revendiquent la "race sociale"[30] à des fins de déconstruction de l'idéologie désignée comme dominante, argumentant en faveur d'une "lutte des races" à la place de la "lutte des classes" : MAFED, BAN (Brigade anti-négrophobie), Parti des indigènes de la République, collectif MWASI, Camp Décolonial interdit aux "Blancs", collectif MXMR Non-Mixte racisé.e - qui se verra interdit de réunion à l'intérieur de l'Université Paris 8 en 2017, Décoloniser les arts[30], entre autres. Les dérives antisémites du Parti des Indigènes de la République tendent à faire état d'une proximité entre racialisme et antisémitisme. Le racialisme rétablit une hiérarchie entre les "races sociales" qui permet alors de déployer un rapport de force : le "privilège blanc" se trouve ainsi opposé aux victimes "non-blanches".

La racialisation peut être décrite dans la continuité du processus de retournement du stigmate en identité décrit par le sociologue Erwing Goffman[31]: la "race" devient alors, de subie, une catégorie positive, revendiquée, assumée. Elle correspond plus largement à un filtre de perception du monde comme l'écrit le sociologue Christian Poirier: "J'utiliserai le terme racialisation pour désigner un processus cognitif de mise en forme du monde et de définition de la situation, un processus de construction de la réalité sociale, c’est-à-dire la face mentale du racisme compris comme un rapport social."[32] Poirier note également un "retour de la catégorie « Noirs » dans l'espace public français"[33]. Le terme sert à désigner un ensemble de pratiques discursives, symboliques, souvent attachées à un ethos militant radicalisé. Cet ethos procède par auto-stigmatisation (l'individu se désigne comme "racisé.e") et un tramage idéologique qui joue de ce Philomena Essed appelle des « scenarii du racisme »[34]: la racisation étant un scénario (voire un "sentiment") de racisme, c'est-à-dire une potentialité, un script de traitement racisé. La stigmatisation systématique du "blanc raciste" amène Pascal Bruckner à parler de "racisme imaginaire"[35] tandis que d'autres appellent à "déracialiser" les luttes contre les discriminations[36].

Le discours racialiste repose sur la catégorie de "racisé.e.s" et l'idée de "racisation", l'hypothèse ontologique du "blanc raciste" ( qu'il s'agisse de racisme "conscient" ou "par omission"[37],[38]), le rejet catégorique de l'hypothèse d'un racisme exercé contre les blancs, ou encore la notion d'"État raciste". Les militants puisent dans un corpus théorique antiraciste alimenté par des chercheurs (souvent eux-mêmes engagés dans ces luttes): la sociologue Nacira Guénif (militante au PIR); Eric Fassin qui tend à justifier un passage de la "question sociale" à la "question raciale"[39], la chercheuse Françoise Vergès (militante au PIR et à Décoloniser les arts), le chercheur au CNRS Marwan Mohammed, Laurence De Cock (docteur en didactique)... L'anti-universalisme d'Étienne Balibar sert souvent d'argument scientifique. Les travaux de Patrick Simon à l'INED, lui-même signataire de pétitions en faveur de ces organisations et militant[40] de cette mouvance - servent d'argument statistique alors que ses enquêtes reposent sur le "sentiment"[41] de discrimination - dès lors élevé au rang de fait (cf. les "scenarii").

Les groupes racialistes participent de la construction d'un langage racialisé et d'un argumentaire: substitution systématique de l'adjectif "décolonial" au mot "postcolonial"; militantisme en faveur de statistiques ethniques en vue d'une discrimination positive quantifiée dont l'étalon est la couleur de peau ou l'origine ethnique; mise en place de réunion "non-mixtes" interdites aux blancs et/ou aux hommes; articulation avec un féminisme "non blanc" (celui d'Hanane Karimi ou Rokhaya Diallo inspirées par l'afroféminisme par exemple), préconisation d'une logique intersectionnelle en vue de la réparation des "racisé.e.s", recours à des catégories identitaires, argument récurrent d'islamophobie ou de "négrophobie". Le groupe Décoloniser les arts va jusqu'à proposer un lexique racialisé à des fins militantes[42].

Pour de nombreux critiques de ce phénomène politique, linguistique et culturel, l'emploi de la notion de race, bien que revendiquée comme "construction sociale" prenant part à une lutte pour l'émancipation, produirait et reproduirait ce qu'elle est censée déconstruire à l'échelle des mentalités et des symboles: un renforcement des essentialismes, une construction du ressentiment, en premier lieu dans les classes populaires. Le racialisme reposerait sur une dérive de l'usage du mot "race". Dans le sillage de Wittgenstein, de Victor Klemperer (La Langue du IIIe Reich, 1947), la philosophe et politologue Chantal Mouffe note ainsi "l"essor de divers fondamentalismes religieux, moraux et ethniques" et propose pour y remédier de porter une attention toute particulière à ces usages : "s'accorder sur la définition d'un terme ne suffit pas; il faut encore s'accorder sur la manière de l'utiliser"[43]. P.A. Taguieff a démontré l'ambivalence de la notion de race présente à l'intérieur même de l'antiracisme, ainsi que les dérives potentielles de certains usages de la terminologie antiraciste pouvant aboutir à une "racialisation"[44] inappropriée, notamment des musulmans[45]. La contradiction entre objectif d'émancipation proclamé et réductionnisme identitaire (religieux, ethnique, sexuel) a été de nombreuses fois mentionnée[46],[47].

La féministe Christine le Doaré, dans une lettre ouverte au Maire de Paris Anne Hidalgo au sujet du festival Nyansapo (interdit aux blancs)[48] déclare ainsi que "le racialisme est un racisme"[49]. Anne Hidalgo interdit la tenue de ce festival[50].

Défendus par Le Bondy Blog[51] ou encore le CCIF[52] ces groupes présentés comme extrémistes ou militants sont souvent interpellés sur leur terminologie racialisée. Bernard Maro, directeur de recherche au CNRS, établit un rapprochement entre racialisme et racisme[53]. Le politologue Thomas Guénolé démontre le racisme d'Houria Bouteldja, égérie de cette mouvance. De nombreuses associations laïques comme Le Printemps républicain, Viv(r)e la République, le Comité Laïcité République[54],[55] se sont alertées de cette emprise croissante des idéologies identitaires voire identitaristes, dans un contexte d'aggravation des clivages et des essentialismes religieux, ethniques et politiques depuis les attentats de janvier 2015 contre la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo. Le militant athée palestinien Waleed Al-Husseini considère que ces mouvances expriment une solidarité explicite ou implicite avec un islam réactionnaire à tendance totalitaire[56] . En février 2017, la polémique autour de l'affaire des tweets de Mehdi Meklat fait ressurgir le débat, dévoile les dérives identitaires issue d'une banalisation du discours racialisé[57],[58],[59] et aboutit à la mise de grands médias jugés complices de ces dérives[60].

En juin 2017 dans Le Monde, le journaliste Jean Birnbaum note le malaise grandissant d'une gauche déchirée par "le racisme antiraciste"[61]. Cet article déclenche à son tour une tribune[62] de soutien à Houria Bouteldja, auteur de Les Blancs, les juifs et nous (2016), porte-Parole du Parti des Indigènes de la République, un groupe considéré par de nombreuses sources comme antisémitehomophobe, ou encore antiféministe. Parmi la dizaine de signataires l'on trouve la philosophe Isabelle Stengers, les universitaires Ludivine Bantigny et Olivier Neveux, la féministe Christine Delphy partisane d'un féminisme "non blanc", l'écrivain Annie Ernaux ou Judith Bernard. Des voix s'élèvent en retour (par ex. dans Le Monde[63] , dans Marianne[64], dans Le Figaro[64]). Dans un tweet du 24 juin 2017, Ariane Chemin répond à Houria Bouteldja ""Je suis métis et mes enfants + encore. Que dois-je entendre qd Houria Boudeldja dit que le métissage la dégoûte?"[65]

Le racialisme est ainsi directement lié aux dérives de certains usages du mot "race". Ce questionnement affecte désormais le législateur. En 2013, un débat commence à voir le jour autour de la suppression du mot race (présent au premier alinéa de l'article 2 de la Constitution de 1958 : "Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion") de la législation[66]. "Peut-on dire la 'race' en France?" s'interroge ainsi la philosophe Pauline Vermeren, rappelant les difficultés d'usage de ce terme, ses dérives tout en mentionnant que son occultation peut également servir des stratégies de déni[67]. Elle invite à un usage raisonné de ce terme dans le sillage du consensus chez Habermas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-André Taguieff, La couleur et le sang: doctrines racistes à la française, Mille et une nuits, (ISBN 284205640X et 9782842056407)
  2. Sylvain Crépon et Sebastien Mosbah-Natanson, Les sciences sociales au prisme de l'extrême droite, Editions L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-20419-5, lire en ligne), p. 68 et suiv.
  3. a et b Jérôme Jamin, L'imaginaire du complot: discours d'extrême droite en France et aux Etats-Unis, Amsterdam University Press, (ISBN 9789089640482, lire en ligne), p. 124
  4. Ama Mazama, L'impératif afrocentrique, menaibuc, (ISBN 9782911372230, lire en ligne), p. 79-80
  5. Gérard Lenclus, « L'universel et le relatif, à propos d'un ouvrage de Tzvetan Todorov », Terrains, no 17, octobre 1991, voir en ligne, p. 57 sq..
  6. Jean-Frédéric Schaub, Pour une histoire politique de la race., Editions Seuil, (ISBN 9782021237016 et 202123701X), p. 228
  7. Voir sur ce point, Boulle, « François Bernier et le concept moderne de race », Race et esclavage…, p. 47 – 56. William Petty avait toutefois en 1677 émis l’idée de l’existence de races humaines équivalentes aux races des animaux d’élevage.
  8. dans la dixième édition de son Systema Naturae
  9. Une histoire du racisme: des origines à nos jours, Librairie Générale Française, coll. « Le livre de poche » (no 575), (ISBN 2253905755 et 978-2-253-90575-2), p. 149
  10. Dissertation physique à l’occasion du nègre blanc, 1744. Cité dans Léon Poliakov, Le mythe aryen, Calmann-Lévy, Paris, 1971, p. 161.
  11. Abusivement, puisque Montesquieu s'était précisément élevé dans plusieurs de ses écrits contre l'asservissement des noirs.
  12. On peut y voir une intuition de l'épigénétique.
  13. C’est ainsi que Carole Reynaud Paligot désigne les spécialistes de l’étude des races humaines. La République raciale. Paradigme racial et idéologie républicaine (1860-1930), Presses universitaires de France, Paris, 2006, p. 2.
  14. Claude Blanckaert, « Un fil d’Ariane dans le labyrinthe des origines… Langues, races et classification ethnologique au XIXe siècle », in Revue d'histoire des sciences humaines, no 17, 2002, p. 137-171.
  15. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 22. Voir aussi le bref essai Le Chapeau de Cuvier de Stephen Jay Gould.
  16. Christian Delacampagne, Une histoire du racisme, p. 151.
  17. Manuel d'Histoire naturelle, Delalain, Paris, [lire en ligne] une édition de 1875.
  18. « Aveuglé par sa passion antireligieuse, il (Voltaire) poursuit d’une même haine le christianisme et le judaïsme. Et comme il lui faut à tout prix se démarquer des doctrines défendues par ces deux religions, il se croit obligé d’attaquer avec vigueur le monogénisme », Christian Delacampagne, Une histoire du racisme, p. 153.
  19. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 34.
  20. Cédric Grimoult, Évolutionnisme et fixisme en France: histoire d'un combat 1800-1882, CNRS Editions, (ISBN 2271056063 et 978-2-271-05606-1)
  21. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 33-43.
  22. mais aussi la phrénologie dont la méthode est non seulement acceptée, mais raffinée par Paul Broca
  23. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 38.
  24. Carole Reynaud Paligot, op. cit., p. 77-83.
  25. a et b L'image de la France dans l'Allemagne nazie: 1933-1945. De Wolfang Geiger, éditions Presses universitaires de Rennes, 2015
  26. «Pour une histoire politique de la race.» de Jean-Frédéric Schaub, Le Seuil, 2015
  27. « Racialisme — Europe Politique », sur www.europe-politique.eu (consulté le 28 juin 2017)
  28. « racialisme — Wiktionnaire », sur fr.wiktionary.org (consulté le 27 juin 2017)
  29. Jean-Loup Amselle, Les nouveaux rouges-bruns : Le racisme qui vient, Nouvelles Editions Lignes, (ISBN 9782355261381, lire en ligne)
  30. a et b « Les races sociales sont un rapport de lutte », Les Indigènes de la République, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  31. GOFFMAN Erwing (1975 [1963]) Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, Paris, Minuit, 176 p.
  32. Christian Poiret, « Les processus d’ethnicisation et de raci(ali)sation dans la France contemporaine : Africains, Ultramarins et « Noirs » », Revue européenne des migrations internationales, vol. 27, no 1,‎ , p. 107–127 (ISSN 0765-0752, DOI 10.4000/remi.5365, lire en ligne)
  33. Christian Poirier, « Le retour de la catégorie « Noirs » dans l'espace public français », Migrations Société, 131,‎ 2010b, pp. 69-85.
  34. ESSED Philomena (1995 [1991]) Understanding Everyday Racism. An interdisciplinary Theory, London, Sage Publications, 321 p.
  35. « "Un racisme imaginaire" : un livre clé », Atlantico.fr, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  36. « Ce racialisme qui nous imprègne », sur Le Courrier,
  37. « David Bobée : « Le monde de la culture est raciste ! » », Sceneweb,‎ (lire en ligne)
  38. A ce titre, l'argument tombe sous le coup de la critique épistémologique de l'"infalsifiabilité" (cf. Karl Popper) : toute tentative de critique du modus operandi sera en effet automatiquement requalifiée de racisme "inconscient" ou "par omission".
  39. FASSIN Didier et FASSIN Éric (Dir.)(2006) De la question sociale à la question « raciale » ? Représenter la société française, Paris, La Découverte, 264 p.
  40. Paroles D'Honneur, « "Mélenchon est-il notre pote ?", Le QG Decolonial #3 », (consulté le 27 juin 2017)
  41. « Les discriminations à la mairie de Paris passées au crible », Libération.fr, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  42. « Décoloniser Les Arts », sur www.facebook.com (consulté le 27 juin 2017)
  43. Chantal Mouffe, Le Paradoxe démocratique, Beaux-Arts de Paris, 2005, 2016, p. 105 pour les deux citations
  44. « La déferlante « islamophobe », légende urbaine (Marianne n°924) », sur jc-moreau.com (consulté le 27 juin 2017)
  45. Isabelle Kersimon, Hassan Jamali, Fiammeta Vanner, Claude Simard, Ablan Ketelbuters, Annie-Ève Collin, Renart Léveillé, Jérôme Blanchet-Gravel, Éric Debroise Caroline Fourest, L'islamophobie, Dialogue Nord-Sud, (ISBN 9782924107218, lire en ligne)
  46. François Noudelmann, « L'inquiétante racialisation du discours de gauche », Le Monde,‎
  47. « Houria Bouteldja ou le racisme pour les nuls », Marianne,‎ (lire en ligne)
  48. « Festival NYANSAPO », sur Mwasi, (consulté le 27 juin 2017)
  49. « Oui Anne Hidalgo, le racialisme est un racisme », sur irréductiblement féministe !, (consulté le 27 juin 2017)
  50. « Anne Hidalgo demande l'interdiction de ce festival "interdit aux Blancs" à Paris », sur Le Huffington Post (consulté le 27 juin 2017)
  51. « Le Parti des Indigènes de la République fête ses 10 ans | Bondy Blog », sur www.bondyblog.fr (consulté le 27 juin 2017)
  52. « A propos de la campagne contre l’islamophobie du CCIF : Etre ou ne pas être le colonel Bendaoued », Les Indigènes de la République, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  53. « Racisme et racialisme: de la droite de la droite à la gauche de la gauche », Le Huffington Post, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  54. « Les idées racialistes, séparatistes, antilaïques et antirépublicaines diffusées au sein de l’ESPE de l'académie de Créteil (12 mai 17) - Comité Laïcité République », sur www.laicite-republique.org (consulté le 27 juin 2017)
  55. « Élisabeth Badinter attaquée à nouveau par les racialistes - Comité Laïcité République », sur www.laicite-republique.org (consulté le 27 juin 2017)
  56. Causeur.fr, « Waleed Al-Husseini: “Face à l’islamisme, le silence des musulmans devient complice” - Causeur », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  57. « Antisémitisme, homophobie, racisme anti-blancs : pourquoi le cas Mehdi Meklat n’est malheureusement pas un “dérapage” isolé », Atlantico.fr, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  58. « Derrière le chouchou médiatique Mehdi, l'abominable Meklat des tweets », Marianne,‎ (lire en ligne)
  59. « Tweets outranciers : l'étrange cas du Dr Meklat et de M. Deschamps », Libération.fr, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  60. Alexis Feertchak, « Affaire Mehdi Meklat : les tartuffes dans l'embarras », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  61. Jean Birnbaum, « La gauche déchirée par le « racisme antiraciste » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  62. « Vers l’émancipation, contre la calomnie. En soutien à Houria Bouteldja et à l’antiracisme politique », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  63. Didier Leschi (Ancien préfet pour l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis), « Didier Leschi : « La portée réactionnaire du discours de la race écrase le combat social » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  64. a et b « Touche pas à ma raciste ! (ces intellectuels qui soutiennent Houria Bouteldja) », Marianne,‎ (lire en ligne)
  65. Ariane Chemin, « "Je suis métis et mes enfants + encore. Que dois-je entendre qd Houria Boudeldja dit que le métissage la degoûte?"http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2017/06/24/didier-leschi-la-portee-reactionnaire-du-discours-de-la-race-ecrase-le-combat-social_5150453_3232.html?xtref=https://t.co/MS7XPYX6ar … », sur @arianechemin, (consulté le 27 juin 2017)
  66. « L'Assemblée nationale supprime le mot », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  67. (en) Pauline Vermeren, « Peut-on dire la « race » en France ? », The Conversation, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Agnès Lainé, « Ève africaine ? De l’origine des races au racisme de l’origine », in François-Xavier Fauvelle-Aymar, Jean-Pierre Chrétien et Claude-Hélène Perrot, dir., Afrocentrismes. L’histoire des Africains entre Égypte et Amérique, Paris, Karthala, 2000, p. 105-125
  • Agnès Lainé, « L’anthropologie biologique et l’Afrique au XXe siècle », in Christine Deslaurier et Dominique Juhé-Beaulaton, dir., Afrique, terre d’histoire. Au cœur de la recherche avec Jean-Pierre Chrétien, Paris, Karthala, 2007, p. 131-158
  • Jean-Frédéric Schaub, Pour une histoire politique de la race, Seuil, 2015
  • Pierre-André Taguieff, La couleur et le sang: doctrines racistes à la française, Mille et une nuits, 2002

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]