Remigration

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La remigration, ou réémigration, désigne le retour dans un pays de personnes ayant précédemment émigré, ou de leurs descendants.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

On attribue généralement la paternité du néologisme aux auteurs allemands qui nomment « remigration » le phénomène d'émigration retour (Helmuth Toepfer, Philipp Hümmer, Mustafa Soysal, Petr Jurecka Manfred Werth, etc.)[1], en particulier en ce qui concerne la communauté turque en Allemagne, mais c'est également le principal sujet d'études du chercheur turc Ali S. Gitmez.

Souvent considéré comme un «mythe» par référence au «melting pot» américain fantasmé ou à l'histoire récente des migrations intra-européennes, le terme de « remigration » est en France mal perçu et la réalité qu'il recouvre mal connue, car peu étudiée par les historiens, sociologues et démographes français.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Retour en Europe des immigrés aux États-Unis (1880-1930)[modifier | modifier le code]

Le quartier de Little Italy à New York, vers 1900.

Selon l'historien américain Mark Wyman, professeur à l'université d'État de l'Illinois, au moins la moitié des Européens immigrés aux États-Unis au XIXe siècle avait pour but de s'installer temporairement dans le pays pour s'enrichir et de revenir ensuite en Europe. Dans son livre Aller-Retour en Amérique : le retour des immigrés en Europe[réf. nécessaire] (Cornell University Press, 1993), Wyman prend l'exemple des Italiens, qui constituèrent le contingent majeur de l'immigration aux États-Unis entre 1880 et 1914. Sur les 30 millions d'Italiens ayant immigré vers l'Amérique du nord durant cette période, 50% d'entre eux seraient retournés en définitive en Italie[2].

Rapatriement en France des colons d'Algérie (1962)[modifier | modifier le code]

Usage par l'extrême droite (années 2010)[modifier | modifier le code]

Le terme est utilisé à partir du début des années 2010 par la mouvance identitaire, dont le Bloc identitaire ; à titre d'exemple, le militant Laurent Ozon fonde en 2013 le « Mouvement pour la remigration »[3]. D'après Jean-Yves Camus, « le mot ne peut être compris sans référence à la théorie du « grand remplacement », élaborée par l'écrivain Renaud Camus en 2010 dans son Abécédaire de l'In-nocence »[3]. Il relève également que « le Front national (FN), du temps de Jean-Marie Le Pen, proposait déjà l'inversion des flux migratoires avec pour slogan « Quand nous arriverons, ils partiront ». Et il recueillait 19 % sur cette base, ce qui est énorme »[3].

D'aucuns[4], à l'instar d'Henry de Lesquen, lui préfèrent le terme de « réémigration »[5],[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. De Tapia Stéphane, De l'émigration au retour : les mutations du champ migratoire turc. In: Revue du monde musulman et de la Méditerranée, n°52-53, 1989. Les Arabes, les Turcs et la Révolution française. pp. 255-272.
  2. Larry Portis, La remigration et la démocratie nord-américaine in "L'émigration : le retour", université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, Cahiers du Centre de recherches sur les littératures modernes et contemporaines, (présentation en ligne), p. 115 - 120
  3. a, b et c Annie Mathieu, « D'où vient l'expression «remigration»? », sur La Presse.ca, (consulté le 21 août 2017).
  4. Madeleine Meteyer, « Etre candidat FN aux législatives, une seconde carrière pour les identitaires », sur marianne.net, .
  5. Vincent Matalon, « "Réémigration", négationnisme, "race congoïde"... Les mauvaises ondes d'Henry de Lesquen, le patron de Radio Courtoisie », sur francetvinfo.fr, .
  6. Xavier Ridel, « Comment Henry de Lesquen est devenu l’emblème des jeunes d’extrême droite sur internet ? », sur lesinrocks.com, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Wyman Mark, Round-Trip to America: The Immigrants Return to Europe, 1880-1930, Ithaca et Londres, Cornell University Press, 1993.
  • Weil François. Mark Wyman, Round-Trip to America : The Immigrants Return to Europe, 1880-1930. In: Annales. Histoire, Sciences Sociales. 51ᵉ année, N. 5, 1996. pp. 1150-1151.
  • De Tapia Stéphane, De l'émigration au retour : les mutations du champ migratoire turc. In: Revue du monde musulman et de la Méditerranée, n°52-53, 1989. Les Arabes, les Turcs et la Révolution française. pp. 255-272.
  • Portis Larry, La remigration et la démocratie nord-américaine, In: Cahiers du Centre de recherches sur les littératures modernes et contemporaines, 1999, p.115-120.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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