Les Identitaires

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Les Identitaires
Image illustrative de l'article Les Identitaires
Logotype officiel.
Présentation
Président Fabrice Robert
Fondation
Siège BP 13
06301 Nice Cedex 04
France
Positionnement Extrême droite[1]
Droite radicale[2]
Idéologie Identitarisme
Racialisme[1]
Régionalisme[1]
Populisme de droite[3]
Couleurs Bleu
Site web les-identitaires.com

Les Identitaires (anciennement Bloc identitaire – Mouvement social européen) est un mouvement politique français, le plus souvent classé à l'extrême droite de l'échiquier politique.

Fondé le , le mouvement est une composante de la mouvance identitaire en France. Il s'oppose à la poursuite de l'immigration extra-européenne, à l'islam et au « grand remplacement ». Contrairement à l'extrême droite traditionnelle, il rejette toute forme d'antisémitisme et d'antisionisme. Dominique Venner est un des principaux inspirateurs du mouvement.

Génération identitaire, son mouvement de jeunesse, mène de façon régulière des actions symboliques, comme l'occupation du chantier de la grande mosquée de Poitiers en 2012.

Son logotype représente un sanglier stylisé, en référence à la couverture de Pourquoi nous combattons, ouvrage publié en 2001 par Guillaume Faye.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

En août 2002, à la suite de la tentative d'assassinat perpétrée par Maxime Brunerie, membre du Mouvement national républicain (MNR) et sympathisant d'Unité radicale, contre le président de la République française, Jacques Chirac, lors du défilé du , le groupe Unité radicale est dissous[4]. Il était lui-même issu de la fusion de deux mouvances : Nouvelle Résistance/Jeune Résistance/Union des Cercles Résistance d'une part, et Groupe union défense (GUD) de l'autre. Unité Radicale a en outre attiré des dissidents d'autres groupuscules d'extrême droite radicale tel que L'Œuvre française et le PNFE (Parti Nationaliste Français et Européen) « critiquant l'inaction, le folklorisme et le passéisme de leurs ex-organisations »[5],[6]. Les conclusions de l’instruction menée par le juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, rendues en juillet 2004, établissent que l'acte, isolé, n'avait pas de but politique[7].

Deux dirigeants d'Unité radicale, Fabrice Robert et Guillaume Luyt, participent peu après du lancement du site les-identitaires.com et de l'association Les Identitaires.

La fondation du Bloc identitaire intervient le à Salon-de-Provence, toujours avec Guillaume Luyt et Fabrice Robert, mais aussi 13 autres personnes dont Philippe Vardon, Olivier et Richard Roudier, André-Yves Beck[8]. Fabrice Robert devint président du BI et Guillaume Luyt vice-président[9]. Depuis, le mouvement est en voie de normalisation et la grande majorité de ses militants n'a jamais appartenu à Unité radicale[10].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Le Bloc identitaire se présente pour la première fois à des élections le 12 juin 2005 à Nice, par l'intermédiaire de son mouvement associé Nissa Rebela. Il présente alors un candidat à l'élection cantonale dans le 7e canton[11], récoltant 85 voix, soit 1,9 % des suffrages exprimés[12].

En 2008, Philippe Vardon, tête de liste aux élections municipales à Nice, obtient 3,0 % des voix[13],[14], tandis que Benoît Lœuillet, candidat aux élections cantonales dans le canton de Nice-6, recueille 5,1 %[11],[15]. En septembre 2009, dans ce même canton, lors d'une élection partielle, Benoît Lœuillet obtient 7,7 %, à cinq voix seulement du candidat FN (7,8 %)[16],[17].

Le mouvement se transforme en parti politique à l'occasion de sa convention organisée à Orange, qui rassemble près de 600 militants, en octobre 2009[18]. Il revendique alors 2 000 adhérents[19].

Lors des élections régionales de 2010, le mouvement soutient plusieurs listes[20]. Parmi celles-ci :

En 2017, Fabrice Robert indique que Les Identitaires a « cessé toute confrontation électorale avec le FN »[26].

Changement de dénomination[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet 2016, le mouvement décide de se rebaptiser « Les Identitaires », nom déjà utilisé à ses débuts en 2002[27].

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Fondements idéologiques[modifier | modifier le code]

Les Identitaires se donnent pour objectif de « fédérer les jeunes Français et Européens fiers de leurs racines et de leur héritage ». Il se présente comme étant « né de la rencontre de militants issus de parcours politiques divers mais partageant tous le même rejet du système dominant » :

Le mouvement se positionne de diverses manières dans le corpus idéologique d'extrême droite[19],[3],[30]. Le politologue spécialiste de l'extrême droite Jean-Yves Camus classe le BI non à l'extrême droite, mais « à droite de la droite » ou dans la « droite radicale »[2].

Le mouvement, qui entend renvoyer les immigrés dans leur pays, fustige de manière radicale les conséquences et le phénomène avec des slogans comme « racaille immigrée »[29],[31]. Il défend la théorie conspirationniste du grand remplacement[31].

Pour Jean-Yves Camus, « le Bloc identitaire essaie de concilier un populisme débarrassé des oripeaux de la vieille extrême droite radicale, dont il est issu, avec cette question identitaire, un peu comme la Ligue du Nord italienne. »[32]. Dans sa « quête de respectabilité »[33], il tient selon lui à « se démarquer de l'antisémitisme et de l'antisionisme » et est « principalement préoccupé par la croissance de l’islam en Europe et le caractère désagrégateur du multiculturalisme »[34].

Inspirations et références[modifier | modifier le code]

Dominique Venner, Pierre Vial et Jean Haudry sont les principales références du mouvement[30].

Philosophie, psychologie, psychanalyse et religion[modifier | modifier le code]

Le mouvement, dans sa critique de l'islam et de l'histoire de l'islam, s'inspire des écrits de Guillaume Faye pour le lien entre le califat et l'immigration musulmane et arabe en Europe[35]. Il est également influencé par d'autres auteurs, comme Anne-Marie Delcambre sur l'islamisme, mais aussi Jacques Heers pour les interactions entre l'Occident, l'Europe et l'islam, et plus récemment Sylvain Gouguenheim.

« Socialisme ethniciste »[modifier | modifier le code]

Selon le politologue Stéphane François, « les Identitaires défendent une sorte de « socialisme ethniciste », sous l’influence manifeste du Waffen-SS français Saint-Loup, qui peut se résumer de la façon suivante : aider « les nôtres », au sens racial de l’expression, avant « les autres »  »[29].

Relations avec les autres partis[modifier | modifier le code]

Les Identitaires comptent sur l'insatisfaction d'une partie de la droite radicalisée, en particulier des partisans de Philippe de Villiers et son Mouvement pour la France depuis son rapprochement de l'UMP et sur la restructuration du Front national. Lors de la convention, Richard Roudier, tête de liste de la Ligue du Midi en Languedoc-Roussillon pour les régionales de 2010, condamne implicitement Jean-Marie Le Pen : « le Front national a déshonoré la notion d'identité » par les déclarations de son chef sur la Seconde Guerre mondiale, que le mouvement « condamne formellement et absolument »[10]. Le BI espère, selon les spécialistes, se placer entre Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen[10].

Le mouvement soutient la candidature d'Arnaud Gouillon pour l'élection présidentielle de 2012[36]. Il renonce à ce projet en septembre 2011, en raison de l'impossibilité de réunir les 500 parrainages, mais aussi pour ménager un possible accord entre Philippe Vardon et le FN lors des législatives 2012 et des municipales de 2014[37]. Lors d'une consultation nationale, ses adhérents décident pourtant à plus de 62 % de ne soutenir aucune candidature à l'élection présidentielle[38]. Néanmoins, Nissa Rebela, le groupe niçois présidé par Philippe Vardon, soutient Marine Le Pen lors de cette élection[39].

Le mouvement appelle à voter FN pour la première fois lors des élections européennes de 2014[39].

Lobbying[modifier | modifier le code]

Critiques envers le groupe Sniper[modifier | modifier le code]

En 2003, le groupe de rap Sniper est accusé d’être « anti-français » et raciste anti-blanc. Le ministre de l’Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, a d'ailleurs été interpellé à ce sujet à l’Assemblée par la députée UMP Nadine Morano. En novembre 2005, 200 députés ont demandé — sous l'impulsion du député François Grosdidier — l’interdiction de groupes de rap présentés comme faisant l’apologie de la violence et du racisme, cependant sans succès.

Opposition à Cesare Battisti[modifier | modifier le code]

En 2004, Cesare Battisti, ancien membre des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), condamné dans son pays pour plusieurs braquages et assassinats, est pris pour cible par les militants identitaires. Cesare Battisti est alors menacé d’expulsion, puis s'ensuit une publication d'un entretien avec le fils de Lino Sabbadin, assassiné par les PAC[40]. En avril 2006, Cesare Battisti, toujours en fuite, publie aux éditions Rivages et Grasset un livre intitulé Ma Cavale. Il y accuse notamment le Bloc identitaire d’avoir été financé par l’ambassade d’Italie pour l’« agresser »[41].

Soupes identitaires[modifier | modifier le code]

Depuis 2003 ou 2004, le mouvement organise ou appuie, directement ou par l'intermédiaire d'associations satellites ou amies, la distribution de soupes identitaires aux sans domicile fixe[42]. Le principe de ces soupes identitaires est de contenir du porc, ce qui a pour conséquence d'exclure les juifs et les musulmans pratiquants, qui la refusent[43]. Ces distributions ont lieu dans plusieurs villes en France et en Belgique : à Strasbourg par le collectif Solidarité alsacienne proche d'Alsace d'abord, à Nice par l'association Soulidarietà, à Paris par l'association Solidarité des Français (SDF) ainsi qu'en Belgique : à Bruxelles par l'association Renaissance sociale et à Anvers par l'association Antwerpse Solidariteit, proche du Vlaams Belang[réf. nécessaire].

Un arrêté préfectoral de 2006 confirmé par le Conseil d’État en 2007 interdit la distribution de cette soupe dans Paris mais les distributions continuent en 2010[42]. L'association proche de celles du Bloc identitaire, Solidarité des Français, confirme que les distributions ne se sont jamais arrêté[42]. L'avocat de l'association déclare que les personnes refusant du porc « se voient proposer d'autres aliments » comme un dessert, attestation d'un musulman à l'appui, mais sur le site de l'association figure « Pas de soupe, pas de dessert, les nôtres avant les vôtres. »[43].

Devant la polémique soulevée en France[44], la préfecture de police de Paris a décidé d'interdire les soupes identitaires à partir du , à cause du risque de trouble à l'ordre public. Saisi en référé, le Tribunal administratif suspend la décision au motif que même s'il reconnaît que cette distribution a un caractère clairement discriminatoire, cela ne justifie pas l'atteinte à la liberté de réunion constituée par cette interdiction[45]. Le Ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, soutenu par le maire de Paris de l'époque, Bertrand Delanoë, saisit alors le Conseil d'État qui, par une ordonnance du juge des référés du [46],[47],[48] lui donne raison en annulant l'ordonnance rendue en première instance. Le Conseil estime qu'il y a eu contradiction de la part du tribunal administratif quand il a affirmé que l'interdiction était disproportionnée alors que le caractère discriminatoire était clairement établi[46],[49]. Par une décision du , la Cour européenne des droits de l'homme a déclaré irrecevable, pour défaut manifeste de fondement, le recours de Solidarité des Français fondé sur les articles 6, 9 et 11 de la Convention européenne des droits de l'homme[50].

Dans un entretien au Financial Times, la présidente de Solidarité des Français, Odile Bonnivard, anciennement membre du MNR, revendique son affiliation au Bloc identitaire ; elle affirme que la tendance française est de privilégier les besoins des étrangers au détriment des personnes partageant sa culture et sa civilisation et ajoute que les SDF musulmans ou juifs ne sont pas obligés de manger sa soupe, affirmant qu'il y a d'autres organisations susceptibles de les nourrir[51]. Dans le journal Minute, elle décrit son action en ces termes : « Nous avons décidé d’aider « les nôtres » avant « les autres »[52].

Juridiquement, de tels propos permettent d'affirmer que le caractère discriminatoire de la distribution est revendiqué, même si ce n'est pas le terme employé par les distributeurs[53].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

  • Président : Fabrice Robert (ancien élu du Front national et ancien membre du Mouvement national républicain).
  • Le bureau directeur a fait l’objet d'un important renouvellement au printemps 2012[54] et a intégré plusieurs représentants des mouvements de jeunes identitaires. Il est composé des membres suivants[55]:
    • Fabrice Robert (président des Identitaires)
    • Tristan Ronarc'h (Les Identitaires)
    • Simon Charles (Les Identitaires)
    • Sébastien Roux (Les Identitaires)
    • Pierre Robesson (Maisons de l'identité)
    • Guillaume Lotti (Les Identitaires)
    • Georges Gourdin (Les Identitaires)
    • Émilie Cassel (Les Identitaires)
    • Dominique Lescure (Les Identitaires)
    • Damien Rieu (Génération identitaire)
    • Christophe Pacotte (Les Identitaires)
    • Benoît Lœuillet (Nissa Rebela)
    • Alban Ferrari (Génération identitaire)

Adhérents[modifier | modifier le code]

Le Bloc identitaire revendique 2 000 adhérents en 2009[19].

Structures connexes[modifier | modifier le code]

Les Identitaires contrôlent plusieurs associations qui se veulent à vocation humanitaire et sociale : Comité d’entraide aux prisonniers européens, Solidarité des Français, Soulidarietà. Plusieurs structures politico-culturelles régionalistes, comme Kerkant, Nissa Rebela, Ligue du Midi, Jeune Bretagne ou Alsace d'abord, sont également proches du BI.

Le mouvement a créé, avec l'association Terre et Peuple, le Conseil représentatif des associations blanches[29]. Il entretient des liens étroits avec les mouvements identitaires belges (comme le Mouvement Nation ou le Vlaams Belang[34]), espagnols, italiens, portugais et suisses.

Le BI est à l'origine de la Convention identitaire, dont les invités sont issus de la mouvance identitaire européenne, qui se rassemble annuellement[56]. La Convention identitaire a organisé sa première réunion à Beaune en Bourgogne en 2007[57]. La réunion du 17-18 octobre, au Palais des princes d'Orange[58], invite le Suisse Dominique Baettig, les Espagnols Josep Anglada (président de Plateforme pour la Catalogne) et Eduardo Núñez (président d'Asamblea Identitaria), les Portugais de Causa Identitària, Andreas Mölzer (député européen) représente le FPÖ autrichien. La Ligue du Nord italienne envoie Mario Borghezio[59]. La convention annonce la présence de représentants de deux « partis de gouvernement », l'UDC suisse et la Ligue du Nord italienne. Yves-Marie Laulan est aussi invité[60]. Cette convention réunit « 600 participants, un nombre en très importante augmentation par rapport aux conventions précédentes de ce mouvement et avec une proportion très importante de jeunes gens » selon Novopress. Au cours de cette réunion le mouvement annonce qu’il devient statutairement un parti politique[58].

Novopress.info[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Novopress.

Le mouvement est à l’origine de Novopress.info, un site internet qui se présente comme une « agence de presse internationale »[61]. Il compte parmi ses responsables Fabrice Robert[62], mégrétiste, ex-dirigeant d'Unité radicale ainsi que Guillaume Luyt ancien dirigeant du Front national de la jeunesse[63]. Patrick Gofman compte parmi les rédacteurs de Novopress.info (section française)[64].

Labels musicaux[modifier | modifier le code]

Le mouvement est aussi à l’origine du label musical « Alternative-s ».

Jeunesses identitaires[modifier | modifier le code]

Le fondateur des Jeunesses identitaires est Philippe Vardon. Le comité directeur du mouvement était composé d'Adrien Heber, de Gaëtan Jarry et de Jean-David Cattin[65].

Lors de sa création, le mouvement décrivait les Jeunesses identitaires comme son « mouvement de jeunesse ». Le nom de domaine du site officiel des Jeunesses identitaires est d'ailleurs déposé par « Nos racines », qui utilise la même boîte postale que le Bloc identitaire[66],[67] (ainsi que les sites Novopress, Nissa Rebela, Ligue du Midi, Expulsion sans frontières, La maioun, Soulidarietà). Néanmoins, dans son dossier de présentation de janvier 2005, le mouvement argue qu'« en aucune manière, les Jeunesses identitaires ne sont le mouvement de jeunesse du Bloc »[68].

Le 17 décembre 2007, le tribunal de grande instance de Nice estime que les Jeunesses identitaires sont une émanation d'Unité radicale, dissoute par le gouvernement en 2002[69]. Les JI sont ainsi condamnées à une amende de 20 000 euros, et son ancien président, Philippe Vardon, écope de quatre mois de prison avec sursis et de 10 000 euros d'amende[69]. En septembre 2008, la cour d'appel d'Aix-en-Provence aggrave les condamnations : pour la « reconstitution de ligue dissoute », elle fixe une amende de 30 000 euros envers les Jeunesses identitaires, ainsi que 1 100 euros à verser aux associations SOS Racisme et MRAP. Elle prive également Philippe Vardon de ses droits civiques pendant deux ans et le condamne à nouveau à quatre mois de prison avec sursis. Pour la distribution du tract, la justice impose une amende de 16 000 euros au total. Philippe Vardon et Nissa Rebela se sont pourvus en cassation mais ils furent déboutés en janvier 2010.

En 2012, ce mouvement de jeunesse disparaît lors du lancement de Génération identitaire[70].

Génération identitaire[modifier | modifier le code]

Lancement[modifier | modifier le code]

Génération identitaire est un mouvement politique francophone créé en 2012. Se définissant lui-même comme une « communauté de combat » il vise à « rassembler les jeunes européens, garçons et filles »[71],[72].

Le mouvement se fait remarquer en occupant le chantier d'une mosquée à Poitiers, le 20 octobre 2012[73],[74],[75]. Ses militants s'y revendiquent, dans leurs banderoles et slogans, de Charles Martel ou encore de la Reconquista et réclament « un referendum sur la construction de mosquées, et sur l'immigration »[76]. À la suite de cette occupation, initialement quatre, puis trois personnes (donc sept personnes) ont été mises en examen entre autres pour des dégradations même si les inculpés protestent contre ces chefs d'inculpations[77],[78]. Les associations qui se sont portées parties civiles contre Génération identitaire sont l'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) et le CCIF (Collectif Contre l'Islamophobie en France)[réf. nécessaire].

Génération identitaire a également mis en ligne, en septembre 2012, une vidéo s'intitulant « Déclaration de guerre », dans laquelle une série de portraits de jeunes militants explique les raisons de leur engagement. Ils y expriment une condamnation radicale de l'immigration, du laxisme judiciaire et de l'insécurité, mais également des dérives du système libéral poussé jusqu'à sa caricature, avec des sujets liés à l'attachement aux valeurs traditionnelles de la famille et un rejet marqué de la « génération de mai 68 », coupable à leur yeux d'être responsable du délitement actuel de la société.

Manifestation au siège du PS[modifier | modifier le code]

Le 26 mai 2013, vingt militants de Génération identitaire accèdent au toit du 10, rue de Solférino, siège parisien du Parti socialiste[79]. Après avoir déployés une banderole manifestant pacifiquement leur désapprobation de la politique[80] de François Hollande ; ils sont physiquement agressés, selon Minute[81], par les militants de la sécurité socialiste au moyen de jets de gaz CS, avant d'être arrêtés par la police[82]. En juillet de la même année, ils sont condamnés à des amendes[83].

Campagne « anti-racailles »[modifier | modifier le code]

Le mouvement lance en 2013-2014 une campagne « Génération anti-racailles », dont l'objectif est de dénoncer "l'insécurité généralisée" dans les villes ou les transports en commun. L'autre objectif est d’appeler les jeunes Français à apprendre à se défendre, puisque l'État se montre selon lui incapable de faire régner l'ordre et la justice. Le mouvement organise dans plusieurs villes de France des stages de self-défense pour apprendre les bases de l'auto-défense. Un stage national sera organisé et réunira une centaine de personnes près de Lyon. Les notions de « défense » et de « protection » sont récurrentes dans la dialectique de Génération identitaire, qui s'identifie comme « la première ligne » du peuple français. L'utilisation du lambda - présent sur le bouclier des spartiates lors de la bataille des Thermopyles y fait d'ailleurs référence - appuie cette idée au niveau de la symbolique.

La campagne « Génération anti-racailles » est aussi l'occasion pour le mouvement de réaliser des tournées « anti-racailles ». Les militants empruntent les transports en commun vêtus de blousons jaunes et distribuent des tracts contre l'insécurité pour appeler à la « solidarité entre Français » face aux agressions. Ces tournées auront lieu dans les grandes villes françaises, Paris, Lyon et Lille.

Campagne « on est chez nous »[modifier | modifier le code]

En septembre 2015, le mouvement lance une campagne qui s'intitule « On est chez nous » et qui se veut la synthèse du message politique qu'il porte. Opposé à la « globalisation », à l'« immigration » et à l'« islamisation », Génération identitaire affirme la volonté des peuples d'Europe à rester « maîtres chez eux » et revendique la légitimité de pouvoir refuser plus de mondialisation, d'immigration et d'islamisation. Cette campagne aura un certain écho et sera incarnée par des occupations de locaux accueillant des migrants ou des Roms, comme à Saint-Génis-les-Ollières ou à Triel-sur-Seine. Le point d'orgue de cette campagne étant l'organisation d'une manifestation à Paris le 28 mai 2016[84], réunissant plusieurs centaines de militants et sympathisants du mouvement.

Actions à Calais[modifier | modifier le code]

Le mouvement a mené une action en mars 2016 dans la ville de Calais, qui était alors au centre de l'actualité française au sujet de la jungle de Calais, un immense bidonville où se sont concentrés jusqu'à 10 000 migrants souhaitant passer en Angleterre. Les conditions de vie des calaisiens s'étant sensiblement dégradées (insécurité, émeutes, insalubrité)[85], 80 à 130 militants de Génération identitaire ont bloqué pendant plusieurs heures trois ponts qui reliaient la jungle de calais au centre ville, 14 d'entre eux sont interpellés. Ils condamnent «  Agressions contre les forces de l'ordre, contre des automobilistes et des chauffeurs routiers, émeutes en ville, désagrégation totale du tissu social et économique » à cause selon eux des migrants. Plusieurs associations dénoncent à l'opposé une augmentation des agressions contre les migrants[86].

Condamnations[modifier | modifier le code]

Le 7 décembre 2017, le tribunal de Poitiers a rendu son jugement dans l’affaire de l’occupation de la mosquée de Poitiers par un groupe de militants identitaires le 20 octobre 2012 sous l’objectif des caméras. Après 5 ans d’instruction, le verdict est tombé : 5 des 73 manifestants, dont Damien Rieu, ont été condamnés pour provocation à la discrimination raciale et religieuse à un an de prison avec sursis, deux années de mise à l’épreuve, à une privation des droits civiques, civils et de famille d’une durée de 5 ans, à une amende de 10 000€ et à verser des indemnisations à hauteur de 30 000€ au titre du préjudice subi (dont 24 465 euros à la mosquée en réparation de la destruction de biens matériels). Damien Rieu a fait connaître son intention de faire appel[87],[88].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Laurent de Boissieu, « Les Identitaires (ID) », France Politique,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Oskar Freysinger et ses inquiétantes fréquentations européennes » (interview par Patricia Briel), Le Temps, 18 novembre 2010
  3. a et b Du Bloc identitaire au FN, l'extrême droite française se concentre sur la peur de l'islam, Le Monde, 1/12/2009
  4. dossier extrême droite radicale - UNITÉ RADICALEcréation : juin 1998, dissolution : décret du 6 août 2002, origine : Unité Radicale est issu de la fusion de deux mouvances : Nouvelle Résistance/Jeune Résistance/Union des Cercles Résistance, Groupe Union Défense (GUD). Unité Radicale a en outre attiré des dissidents d'autres groupuscules d'extrême droite radicale (Œuvre Française, PNFE : Parti Nationaliste Français et Européen) "critiquant l'inaction, le folklorisme et le passéisme de leurs ex-organisations". successeurs : Bloc Identitaire/Jeunesses Identitaires (Fabrice Robert, Guillaume Luyt/Philippe Vardon), Réseau Radical (Christian Bouchet)
  5. Chronologie de la dissolution d'Unité radicale
  6. dossier extrême droite radicale - UNITÉ RADICALEcréation : juin 1998, dissolution : décret du 6 août 2002, successeurs : Bloc Identitaire/Jeunesses Identitaires (Fabrice Robert, Guillaume Luyt/Philippe Vardon), Réseau Radical (Christian Bouchet)
  7. Vivien Vergnaud, « Maxime Brunerie libéré », Le JDD, 22 août 2009
  8. http://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/.
  9. Annuaire de l'extrême droite en France : Bloc identitaire et Jeunesses identitaires
  10. a, b et c Jean-Yves Camus, « Le Bloc identitaire, nouveau venu dans la famille de l'extrême droite », Rue89, 19 octobre 2009
  11. a et b http://www.nissarebela.com/wp-content/uploads/documents/profdamien.pdf
  12. http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/elections/resultats/elections-cantonales/2005/nice-vii3678/downloadFile/file/Nice_VII.pdf?nocache=1145019118.78
  13. https://www.humanite.fr/municipales-Nice
  14. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__municipales_2008/(path)/municipales_2008/006/006088.html
  15. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Cantonales/elecresult__cantonales_2008/(path)/cantonales_2008/006/00633088.html
  16. http://www.nicematin.com/article/politique/nice-la-course-en-tete-de-lauriano-azinheirinha-0
  17. http://www.france-politique.fr/wiki/Les_Identitaires_(ID)
  18. « La formation politique rassemble plus de 620 partisans en convention encore aujourd'hui », Le Dauphiné libéré, 18 octobre 2009
  19. a, b et c « Le mouvement d'extrême droite Bloc identitaire se lance dans les régionales », Le Point, 17 octobre 2009
  20. Le Bloc identitaire aux régionales
  21. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Regionales/elecresult__regionales_2010/(path)/regionales_2010/093/093.html
  22. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Regionales/elecresult__regionales_2010/(path)/regionales_2010/093/084/084.html
  23. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Regionales/elecresult__regionales_2010/(path)/regionales_2010/042/042.html
  24. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Regionales/elecresult__regionales_2004/(path)/regionales_2004/042/042.html
  25. http://www.cafebabel.fr/politique/article/le-bloc-identitaire-la-nouvelle-droite-populiste-francaise.html
  26. Rodrigue Jamin, « Les bannis du FN font listes communes pour les législatives », sur StreetPress, (consulté le 26 avril 2017).
  27. www.bloc-identitaire.com/actualite/3251/bloc-identitaire-devient-identitaires
  28. Abel Mestre et Caroline Monnot, À l'extrême droite aussi, on refuse les "dérives productivistes et mercantiles", Le Monde, 14 novembre 2009
  29. a, b, c et d Stéphane François, « Réflexions sur le mouvement Identitaire 1/2, sur tempspresents.wordpress.com.
  30. a et b Rémi Noyon (interviewer), Stéphane François (interviewé), « Oubliez "Game of Thrones" : les identitaires ont des théories plus folles », Rue89, 11 mai 2014.
  31. a et b A Lille, l’ouverture d’une "maison identitaire" inquiète : "Le racisme et la haine n’ont pas leur place ici", FranceTVinfo, 19/9/2016
  32. Le FN ressuscité par l’UMP
  33. Selon Jean-Yves Camus, « le Bloc identitaire essaie de concilier un populisme débarrassé des oripeaux de la vieille extrême droite radicale dont il est issu, avec cette question identitaire, un peu comme la Ligue du Nord italienne. » ; voir Le FN ressuscité par l’UMP
  34. a et b « Les Identitaires en quête de respectabilité », sur RésistanceS.be, le 8 octobre 2009.
  35. « La genèse du discours identitaire sur l’islam: entretien avec Nicolas Lebourg, chercheur à l’université de Perpignan », sur http://droites-extremes.blog.lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 24 janvier 2016).
  36. « Le candidat du Bloc Identitaire Arnaud Gouillon se retire », Le Point, 11 septembre 2011
  37. Modèle {{Lien web}} : paramètres « url » et « titre » manquants. , Droites extrêmes, (consulté le 11 septembre 2011)
  38. http://www.bloc-identitaire.com/actualite/2268/presidentielles-mouvement-identitaire-ne-soutiendra-aucun-candidat
  39. a et b Laurent de Boissieu, « Marion Maréchal-Le Pen joue l’ouverture aux Identitaires », sur La Croix, (consulté le 23 juillet 2015)
  40. « La rencontre du mois : Le fils de Lino Sabbadin, assassiné par Cesare Battisti, répond aux Identitaires », 1er avril 2004
  41. « Sur le front de l’intimidation, la cellule de l’ambassade italienne finança et lança à l’assaut le Bloc identitaire. Ce groupe de fanatiques aryens, émanation d’un parti d’extrême-droite français, était resté inconnu jusqu’à ce 14 juillet 2002 où l’un des leurs, pour s’assurer une gloire éternelle, ouvrit le feu sur Jacques Chirac. », p. 160.
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  47. « Le Conseil d'État interdit la distribution de la soupe au cochon », Dépêches JurisClasseur, 9 janvier 2007, 31
  48. Bertrand Pauvert, « À propos de l'interdiction de distribution d'une soupe populaire contenant du porc », AJDA 2007, p. 601. L'auteur s'interroge quant à la présence des éléments juridiques permettant d'identifier une discrimination effective et note que l'ordonnance est en rupture avec la jurisprudence Benjamin (CE 19 mai 1933, N° 17413 17520 : « l'éventualité de troubles, alléguée par le maire de Nevers, ne présentait pas un degré de gravité tel qu'il n'ait pu, sans interdire la conférence, maintenir l'ordre en édictant les mesures de police qu'il lui appartenait de prendre ; que, dès lors, sans qu'il y ait lieu de statuer sur le moyen tiré du détournement de pouvoir, les requérants sont fondés à soutenir que les arrêtés attaqués sont entachés d'excès de pouvoir »). Un autre commentaire affirme au contraire que l'interdiction pouvant seule prévenir le trouble à l'ordre public, l'ordonnance est conforme à la jurisprudence Benjamin (Serge Deygas, « La notion d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale », Procédures no 3, mars 2007, comm. 69).
  49. Catherine Coroller, Le Conseil d'État ne goûte pas la «soupe au cochon», dans Libération du 6 janvier 2007 [lire en ligne]
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  52. L’extrême-droite remet le couvert - L'Humanité, 19 janvier 2006
  53. Analyse de la décision du Conseil d'État par Maître Eolas
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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