Aymeric Chauprade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Aymeric Chauprade
Illustration.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
Élection 25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique NI (juillet 2014 à juin 2015)
ENL (juin à novembre 2015)
NI (depuis novembre 2015)
Biographie
Nom de naissance Aymeric Paul Henri Chauprade
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance La Ferté-Bernard (Sarthe)
Nationalité Drapeau de France Français
Parti politique FN (2013-2015)
LFL (depuis 2016)
Diplômé de Université Paris V
IEP de Paris
Université Paris Diderot
Profession Géopolitologue
Religion Catholique

Aymeric Chauprade, né le à La Ferté-Bernard, est un géopolitologue et homme politique français.

Disciple de François Thual, il se rattache comme lui au courant réaliste de la théorie des relations internationales.

Après avoir adhéré Front national (FN) en 2013, il est tête de liste FN et élu député européen dans la circonscription Île-de-France (incluant les Français de l'étranger) lors des élections européennes de 2014.

Il quitte le FN en 2015 et annonce la fondation de son propre mouvement, Les Français libres (LFL), en 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Licencié en mathématiques en 1991[1] à l'université Paris Diderot[réf. nécessaire], Aymeric Chauprade est diplômé de Sciences Po Paris en 1993[2] et obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) de droit international de l'université Paris Descartes en 1996[2],[n 1]. Il est docteur en science politique de l'université Paris Descartes en 2001[3],[n 2].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il est conférencier en géopolitique au Collège royal de l'enseignement militaire supérieur du Royaume du Maroc, directeur de la Revue française de géopolitique (annuelle, Ellipses, Paris) et directeur de plusieurs collections aux éditions Ellipses à Paris (Grands enjeux, Taupe-Niveau, Référence géopolitique…). De 2003 à 2009, il est chargé de cours à l'université de Neuchâtel en Suisse (histoire des idées politiques). Il enseigne au Collège interarmées de Défense (CID) depuis 1999 où il est directeur du cours de géopolitique de 2002 à 2009[4].

À la suite de la parution de son ouvrage Chronique du choc des civilisations, Aymeric Chauprade est accusé par le journaliste Jean Guisnel de complaisance envers les théories conspirationnistes sur les attentats du 11 septembre[5]. Cela lui vaut d'être, début février 2009, privé de sa chaire au Collège interarmées de défense, sur une décision expresse du ministre de tutelle Hervé Morin[6]. Aymeric Chauprade porte alors plainte contre le ministre Hervé Morin et contre le journal Le Point, et reçoit le soutien d'élèves du CID[4], de l'universitaire Edmond Jouve[7] dont il fut l'élève, tandis que le directeur du CID Vincent Desportes, tout en exprimant ses réserves sur les écrits en question, admet qu'« il n'a jamais fait de prosélytisme dans ces cours, n'a jamais exprimé sa vision du monde »[4]. Un site de soutien au géopolitologue est également mis en place. Le , le tribunal administratif de Paris donne raison à Aymeric Chauprade et suspend la décision d'Hervé Morin, estimant que le ministre avait porté atteinte à une « liberté fondamentale », celle des droits de la défense[8],[9]. Le 1er juin 2011, le tribunal administratif de Paris confirme l'annulation de la décision prise par le ministre en soulignant qu'elle résultait « d'une procédure irrégulière », selon les termes du jugement[10].

Aymeric Chauprade a collaboré à la revue à compte d'auteur L'Afrique réelle de l'africaniste Bernard Lugan, collabore toujours à La Nouvelle Revue d'histoire fondée par Dominique Venner, et intervient régulièrement sur Radio Courtoisie.

Il a dédié son ouvrage Géopolitique, constantes et changements dans l'histoire aux élèves stagiaires du CID. Il est également officier supérieur de réserve dans la Marine nationale.

Aymeric Chauprade co-organise, en février 2013, avec Jacques Frémeaux et Philippe Evanno, un colloque à la Sorbonne (université Paris-IV) intitulé « Menaces en Afrique du Nord et au Sahel et sécurité globale de l'Europe », dont les actes ont été publiés en avril 2013 aux éditions Ellipses[11].

Il a été conseiller de l'ancien président dominicain Leonel Fernández[12].

Géopolitique[modifier | modifier le code]

Aymeric Chauprade se réclame d'une nouvelle école française de géopolitique, s'inscrivant dans le courant réaliste[13], qui prône avant tout un retour à la realpolitik, à une discipline dé-idéologisée. La pensée de cette « nouvelle école » s'exprime par le biais de la Revue française de géopolitique (éditée aux Ellipses) et de l'Académie internationale de géopolitique, dont Aymeric Chauprade est, selon les sources, secrétaire général[14] et / ou vice-président[15],[16],[17].

La pensée géopoliticienne d'Aymeric Chauprade s'inscrit dans la continuité des travaux de François Thual. On trouve d'ailleurs dans l'introduction à son ouvrage Géopolitique, constantes et changements dans l'histoire, les principes directeurs de cette nouvelle école de géopolitique. Selon Aymeric Chauprade, le monde compte une quinzaine de civilisations : anglo-saxonne, européenne, est-européenne orthodoxe, latino-américaine, arabo-musulmane, turco-musulmane, asiatique musulmane, irano-musulmane, indienne, chinoise, sud-est asiatique, japonaise, africaine, océanienne et le foyer judaïque[18].

Dans son ouvrage Chronique du choc des civilisations (2008), l'islam, qui occupe la plus grande partie du texte, est dépeint comme une « religion de combat », dont les « crimes ne sont pas de simples débordements marginaux », mais s'expliqueraient par la « violence légitime contenue dans les textes de référence de l’islam ». Il en appelle à la réaffirmation des « racines chrétiennes de l’Europe », face à un « réveil violent de l’islam » : « L’affirmation islamique en terre d’islam comme à l’intérieur de l’Europe (immigration massive) pourrait néanmoins conduire de plus en plus d’Européens à considérer que l’enjeu identitaire est l’enjeu vital du XXIe siècle ». Il reprendra plus tard l'idée d’un « grand remplacement », théorisée par l’écrivain Renaud Camus[19].

Il anime depuis janvier 2010 le site internet Realpolitik.tv[20], dont l'ambition est de fédérer les spécialistes de géopolitique qui placent le fait identitaire au cœur de leurs analyses[21][réf. insuffisante]. Pour le politologue Stéphane François et le journaliste Olivier Schmitt, le titre de ce site, qui renvoie à la realpolitik, « suggère une analyse prétendument dépassionnée et objective des intérêts « réels » de la France », et témoigne du fait que « plusieurs « géopoliticiens » d’extrême droite tentent ainsi de faire passer pour des nécessités objectives des préférences de politique étrangère inspirées par leur idéologie, la faiblesse épistémologique de la « géopolitique » permettant facilement ce transfert de la dimension analytique à la dimension prescriptive, tout en permettant de se draper dans la posture flatteuse du rebelle intellectuel qui refuse les oukases imposés par l’Université à une discipline qui dérangerait les conformismes bien-pensants »[22].

Pour Aymeric Chauprade, l'un des vecteurs de l'indépendance et de la puissance pour la France est la francophonie. Partisan d'une Europe des nations aux frontières européennes (sans la Turquie), il prône une politique d'entente avec la Russie et soutient l'idée d'un monde multipolaire, ce qui implique des relations équilibrées entre la Chine et les États-Unis. Il entretient des relations fortes avec le Maroc, où il enseigne, et voyage très régulièrement au Levant, en Europe centrale, en Asie centrale, en Russie et en Chine[réf. nécessaire].

Dans le Dictionnaire de géopolitique et de géoéconomie (sous la direction de Pascal Gauchon, PUF, 2011), Aymeric Chauprade est présenté par Jean-Marc Huissoud comme le « refondateur de la géopolitique française »[23] et « l’un des fondateurs de la nouvelle géopolitique française, pluridisciplinaire, attentive à décrire le « continu et le discontinu » dans l’analyse des questions internationales »[réf. insuffisante]. Sa conception de la géopolitique a été en partie critiquée par André Brigot. Ainsi le Dictionnaire de géopolitique reprendrait-il « parfois sans garde-fous dans des ouvrages de vulgarisation les notions les plus controversées de la géopolitique, notamment dans sa dimension culturelle », position qui pourrait contribuer ainsi « à enraciner la géopolitique dans une pensée des purs rapports de force, de supériorités ethniques et de domination »[24].

Dans Les grands théoriciens des relations internationales, 100 auteurs majeurs (collection Licence Master, Panorama du Droit, éd Studyrama 2015)[25], Pierre-Emmanuel Barral considère que « la géopolitique chaupradienne est nuancée et complexe et s’articule autour du triptyque ethnie/nation/civilisation, ces trois éléments développant entre eux des relations dialectiques ». Le rangeant dans le « courant réaliste des relations internationales qui considère comme premier l’affrontement des puissances et l’intérêt national, mais dépasse celui-ci en prenant en compte les facteurs transnationaux et les idéologies ». Barral estime que Chauprade évite l’écueil de la « monocausalité, modère le déterminisme et souligne la multiplicité des facteurs explicatifs ».

En tant que coauteur de l'ouvrage Déterminants des conflits et nouvelles formes de prévention[26], Aymeric Chauprade, sous la direction de Jean-Pierre Vettovaglia, a été lauréat du prix de la Francophonie (Turgot) décerné par le ministre des Finances Bernard Cazeneuve, le à Bercy[27].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2004, Aymeric Chauprade soutient la liste conduite par Philippe de Villiers[23],[28], dont il est un ami[23].

Aymeric Chauprade est proche de l'Action française (AF), principal mouvement royaliste français auprès duquel il est intervenu plusieurs fois, notamment comme membre de l'institut d'Action française, l'organe de formation du mouvement[19]. Il figurait également en 2012 dans le comité d'honneur du cortège traditionnel célébrant Jeanne d'Arc[19]. Selon les responsables de l'AF, Aymeric Chauprade a même été « membre du comité directeur du mouvement en 2006 et 2007 »[19]. Il considère Kiel et Tanger comme le livre majeur de Charles Maurras[29], figure emblématique de l'AF, et « l’un des ouvrages les plus importants de la pensée géopolitique française »[19].

Engagement auprès de Marine Le Pen et au Front national[modifier | modifier le code]

Il devient, selon Mediapart, l'« éminence grise » de Marine Le Pen à partir de [30]. Cette dernière le présente comme l'auteur du volet « politique étrangère » de son programme présidentiel de 2012[23]. Il adhère au Front national à l'automne 2013[31].

Le , il participe à l'université d'été du Front national avec une conférence intitulée « La France face aux défis géopolitiques mondiaux », dans laquelle il rend un hommage appuyé à Jean-Marie Le Pen[32]. En novembre 2013, l'hebdomadaire Le Point révèle qu'Aymeric Chauprade sera tête de liste aux élections européennes de 2014 et conseiller de Marine Le Pen pour les questions internationales[33]. Ces fonctions sont officialisées par Marine Le Pen le [34]. Le , cette dernière annonce lors d'une interview sur France Inter qu'il ne sera plus son conseiller aux questions internationales[35].

Dans un entretien accordé à L'Homme nouveau le , il explique que, selon lui, la « bipolarité idéologique » qui sépare le monde actuel n’est plus celle opposant le libéralisme au communisme, qui sont « deux matérialismes », mais celle opposant « matérialisme et traditionalisme », c’est-à-dire « d’un côté ceux qui croient que l’individu est la valeur suprême, de l’autre côté ceux qui pensent que la transcendance ou le bien commun sont supérieurs à la personne ». Dans ce cadre, il déclare que son « engagement se situe clairement dans le deuxième camp », et qu’il entend « participer à un projet qui non seulement soulève le problème de l’identité en France, mais soulève aussi le problème du matérialisme et réhabilite la transcendance en politique »[36].

Le , Aymeric Chauprade répond à l'invitation de l'Eurasian Observatory for Democracy and Elections (en) (EODE) dirigé par le national-bolchevik Luc Michel[37] pour faire partie des observateurs du référendum pour la réunification de la Crimée à la Russie à Simferopol et Sébastopol[38]. Le 16 mars au soir, sur la place centrale de Simferopol, il commente le résultat en direct sur la chaîne internationale Russia Today[39] ainsi que sur La Voix de la Russie[40].

Le , la liste du Front national pour la circonscription Île-de-France et Français de l'étranger, conduite par Aymeric Chauprade, arrive en deuxième position, avec 17 % des suffrages, trois points devant celle du Parti socialiste. Aymeric Chauprade est élu député européen. Il déclare au micro de France 3 : « Ma mission est remplie : j'ai contribué à consolider, par ce score exceptionnel en Île-de-France, le score historique de Marine Le Pen dans toute la France »[41],[42].

Lors de la première session du Parlement, Aymeric Chauprade est désigné chef de délégation FN au Parlement européen. Il est par ailleurs chargé des négociations visant à constituer un groupe politique européen au Parlement[43]. Il est déchu de ses fonctions de chef de délégation et remplacé par Édouard Ferrand en , après plusieurs déclarations désapprouvées par Marine Le Pen, malgré le soutien de Marion Maréchal-Le Pen et de Jean-Marie Le Pen[44].

Le , Aymeric Chauprade publie un communiqué officiel[45], dans lequel il se prononce, au nom du Front national, pour des bombardements sur les djihadistes de l'État islamique, aussi bien en Irak qu'en Syrie, en coordination avec les dirigeants de ces pays, notamment Bachar el-Assad en Syrie[46]. En parallèle, il développe sa vision géopolitique pour la France dans un plus long texte publié sur son blogue, intitulé : « La France face à la question islamique : les choix crédibles pour un avenir français »[47].

Il décline dans ce texte une vision clairement centrée sur l'identité ethno-culturelle de la France — « nation de souche européenne et de culture chrétienne », « menacée par le remplacement de sa population historique par une population en majorité africaine et musulmane » —, en opposition au « fondamentalisme islamique sunnite », seul « véritable ennemi de la France ». En conséquence, il considère que, de ce point de vue, « les Européens de l'Ouest se trouvent dans le même bain que les Israéliens », car la « cause palestinienne », autrefois « cause nationaliste », est devenue « une cause islamique »[48],[49].

Ce texte est largement commenté dans les milieux d'extrême droite. La mouvance soralienne, à laquelle Aymeric Chauprade reproche en substance de faire passer son antisionisme, voire son antisémitisme, avant son patriotisme, y répond de manière très critique[48] — Aymeric Chauprade avait pourtant obtenu jusqu'ici le soutien d'Égalité et réconciliation et publié des tribunes sur son site internet[19]. Cela amène d'ailleurs Alain Soral, déjà brouillé avec le Front National, à « se dissocie[r] totalement » de ce parti et à cofonder, avec l'humoriste Dieudonné, son propre parti politique, nommé Réconciliation nationale[50]. Outre Alain Soral, Frédéric Chatillon, Axel Loustau (proche conseiller de Marine Le Pen) et Julien Rochedy attaquent la prise de position d'Aymeric Chauprade[51]. La mouvance identitaire, par contre, salue un texte dans lequel elle se retrouve. Si cette tribune personnelle ne décrit pas officiellement la ligne géopolitique du Front National lors de sa publication, Jean-Yves Camus considère qu'« avec ce texte d'orientation quasi-générale, [Aymeric Chauprade] prend en tous les cas date pour le prochain congrès de novembre » du Front National[48]. Le journal Libération estime, pour sa part, que la « doctrine Chauprade […] est sans doute, tout simplement, celle du Front national »[52]. Néanmoins, Marine Le Pen s'en désolidarise rapidement, estimant que ce manifeste relève de la théorie « du choc des civilisations » à laquelle elle indique avoir « toujours été opposée »[53].

Dans la lignée de son manifeste mais à l'encontre de la ligne de son parti, il indique, en novembre 2014, qu'il ne soutient pas, « à titre personnel », le projet de résolution pour la reconnaissance de la Palestine déposé à l'Assemblée nationale par Benoît Hamon et Élisabeth Guigou : « un État palestinien est légitime, avec un territoire viable, un retour aux frontières de 1967, mais pour reconnaître un État, il faut reconnaître un véritable État, qui contrôle un territoire. Je pense qu'il faut d'abord arriver pour Mahmoud Abbas à reprendre l'autorité sur l'ensemble du territoire »[54].

Bien qu'ayant été désavoué par Marine Le Pen après avoir dénoncé, dans une vidéo, une « cinquième colonne » islamiste en France, Aymeric Chauprade demeure influent auprès de la présidente du FN, dont il organise la visite en Égypte, au mois de mai 2015[55].

Les médias indiquent qu'il a permis, en , l’exfiltration de Pascal Fauret et de Bruno Odos de République dominicaine (affaire dite « Air Cocaïne »)[56]. Marine Le Pen « désapprouve qu'il prenne une initiative personnelle qui engage, au moins dans l'image que ça donne, le FN »[57]. Aymeric Chauprade confirme son intervention le mois suivant, déclarant que « son équipe » a permis l'évasion des deux pilotes[58]. Le , un mandat d'arrêt dominicain[59] est lancé par les autorités judiciaires de République Dominicaine contre lui ainsi que contre Christophe Naudin et Pierre Malinowski pour leur participation présumée à l'évasion des deux pilotes français condamnés dans l'affaire[60].

Départ du FN[modifier | modifier le code]

Le , il annonce son départ du FN, évoquant à la fois « une raison morale et une raison de fond, idéologique »[58]. Comme d'autres membres du FN, il déplore en particulier l'influence de Florian Philippot sur Marine Le Pen et sur la ligne politique du parti[61]. Il indique également que « l'influence d’Alain Soral sur une partie du Front national a été l’une des raisons de fond qui [l]’ont poussé à quitter ce mouvement »[62]. Il appelle à la recomposition de la « droite nationale et civilisationnelle » réunissant des Français venant des Républicains, du FN et du villiérisme, et se prononce pour une candidature de Philippe de Villiers à l'élection présidentielle de 2017[63]. Au Parlement européen, il quitte le groupe Europe des nations et des libertés (ENL), qu'il avait intégré après sa fondation, en juin 2015, pour retourner siéger sur les bancs des non-inscrits.

Le , le jour de sa comparution au tribunal pour provocation à la haine envers les musulmans[64], il annonce la création de son propre parti, Les Français libres, dans l'optique d'un rassemblement de la « droite crédible et assumée », en refusant d'avoir à choisir, lors du second tour de l'élection présidentielle de 2017, « entre un socialisme mondialisé et un socialisme nationaliste »[65]. Si le texte de lancement de son parti est très majoritairement consacré à « la désislamisation de la France » au sens du « reflux de la loi islamique », il précise que son parti « ne se positionnera pas uniquement sur ce terrain »[64]. Olivier Faye, journaliste au Monde, indique en avril 2016 que « l'association n'a toujours pas été déclarée au Journal officiel »[66]. Lors de l'annonce de la création des Français libres, Aymeric Chauprade se dit prêt à « aider un candidat à la présidentielle, qui sera probablement celui des Républicains, mais qui pourrait aussi être Philippe de Villiers s'il revient en politique », et attribue à Charles Beigbeder « le profil idéal d'un refondateur de la droite »[64].

En avril 2016, Aymeric Chauprade se dit « de plus en plus proche » des Républicains et « souhaite pouvoir jouer un rôle dans un éventuel dispositif de droite de gouvernement », sans prendre parti dans la primaire présidentielle du parti[66]. Olivier Faye souligne ainsi qu'il « veut aujourd'hui afficher un visage plus modéré pour rassurer ses potentiels alliés », notamment en tenant des propos plus modérés sur l'immigration et en se présentant comme « l'arme anti-FN pour la droite »[66].

Procès[modifier | modifier le code]

En , Aymeric Chauprade obtient une condamnation d'Alain Soral pour « injure publique »[67].

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Fils d'un Aquitain et d'une Bretonne[68], il a passé de nombreuses années dans le village seine-et-marnais de Thomery, voisin de Fontainebleau[69]. Il est de confession catholique[70] Marié, il a quatre enfants[1],[71],[72],[23],[73]. Installé à Vienne[74],[75], il se partage également entre Paris et Strasbourg[76].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Direction d'ouvrages[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Major de promotion, avec mention très bien.
  2. Avec mention très bien et félicitations du jury ; sa thèse s'intitule Géopolitique : genèse, déterminants, modèles explicatifs.
Références
  1. a et b « CV d' Aymeric Chayprade », sur live.v1.udesa.edu.ar (consulté le 16 mars 2016).
  2. a et b Nouzille 2013.
  3. Chauprade 2001.
  4. a, b et c Jean-Dominique Merchet, « Un enseignant du Collège interarmées de Défense congédié par Hervé Morin », sur Blog Secret Défense (Libération.fr),‎ (consulté le 10 juin 2014).
  5. Guisnel 2009.
  6. Jean Guisnel, « Un géopoliticien congédié par Hervé Morin suite à un article du Point », sur Le Point.fr,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  7. Edmond Jouve, « Courage Aymeric Chauprade ! Vous payez le prix de la Liberté ! », sur Algérie française.org,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  8. Le Figaro du .
  9. J.M. Dubois - Verdier et W. Verrier, « Mr Aymeric C. c/ Ministre de la défense », sur Juritel,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  10. Jean-Dominique Merchet, « La justice donne raison à Aymeric Chauprade contre le ministère de la Défense », sur Blog Secret Défense (Marianne.net),‎ (consulté le 10 juin 2014).
  11. Frémeaux, Evanno et Chauprade 2013.
  12. « Air Cocaïne » : qui est Aymeric Chauprade ?, sur Le Monde,‎ (consulté le 1er novembre 2015).
  13. Aymeric Chauprade, « Les frontières de l'Europe : pour un retour au réalisme géopolitique », Revue politique et parlementaire, no 1036 « La France, l'Europe… et maintenant ? »,‎ , p. 116-120 (ISSN 0035-385X).
  14. « La France a besoin d'Aymeric Chauprade », sur Bloc identitaire.com,‎ (consulté le 25 février 2016).
  15. « Sahel, Sahara... un avenir radieux pour l'extrémisme ? Par le Pr. Aymeric Chauprade », L'Économiste, no 2183,‎ (lire en ligne).
  16. « Un géopolitologue français craint 'un pourrissement intégriste' dans la région du Sahara », sur http://www.lemag.ma/,‎ (consulté le 25 février 2016).
  17. « Un français devant l'Onu : L'idéologie du Polisario ne repose sur aucun fondement historique », sur http://www.lemag.ma/,‎ (consulté le 25 février 2016).
  18. Jean Sévillia, « Le poids des civilisations dans l'Histoire », sur Le Figaro.fr,‎ (consulté le 5 juin 2014).
  19. a, b, c, d, e et f Marine Turchi, Chauprade, un pied au FN, l'autre chez les ultras d'extrême droite, Mediapart, 13 mai 2014.
  20. Quarante 2013.
  21. www.realpolitik.tv, site internet animé par Aymeric Chauprade.
  22. Stéphane François, Olivier Schmitt, « La Pensée géopolitique au cœur de la vision du monde de l’extrême droite », sur Fragments sur les Temps présents,‎ (consulté le 15 décembre 2015).
  23. a, b, c, d et e Camille Bordenet, « Européennes : un géopolitologue aux manœuvres pour le FN », sur www.lemonde.fr,‎ (consulté le 25 février 2016).
  24. André Brigot, « Rejets et nécessité d'une géographie politique européenne », Le Débat Stratégique, 47, 1999 et « Persistance et utilité des recherches de géopolitique », Revue Québécoise - Études internationales, 2000.
  25. « Les grands théoriciens des relations internationales »,‎ (consulté le 9 novembre 2015).
  26. Chauprade 2013.
  27. « Le Prix Turgot 2014 a été décerné », sur Économie.gouv.fr,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  28. Philippe de Villiers, « Déclaration de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, sur son hostilité à la future constitution européenne et sur la reconquête de la souveraineté nationale », sur Vie-publique.fr,‎ (consulté le 10 juin 2014) :

    « Je voudrais saluer également et dans le même esprit, Aymeric Chauprade. Vous avez bien compris qu'Aymeric Chauprade, qui est le directeur des études de l'école de Guerre, a décidé de descendre dans l'arène. Il est connu sur les plateaux de télévision pour ses interventions de géopolitologue, il nous a apporté un message d'espoir exprimé brillamment. Je le remercie parce que, pour ceux qui ne le sauraient pas, il est reconnu non seulement dans tous les milieux intellectuels, mais aussi bien au-delà par toutes les sensibilités souverainistes. On en a eu la preuve ce matin. Et merci de faire le lien avec toutes les sensibilités souverainistes qui vous reconnaissent et vous écoutent. »

    .
  29. « Kiel et Tanger », Site de l'Action Française, .
  30. Marine Turchi, « Les réseaux russes de Marine Le Pen », sur Mediapart,‎ (consulté le 25 février 2016).
  31. « Chauprade quitte le FN pour s’envoler vers de nouveaux horizons », sur fr.sputniknews.com, Sputnik,‎ (consulté le 11 novembre 2015).
  32. Aymeric Chauprade, « Intervention d’Aymeric Chauprade à l’université d’été du Front national », sur Égalité et réconciliation,‎ (consulté le 10 juin 2014) : « Je tiens à dire devant vous, ici, que je ne serais pas ce que je suis, c’est-à-dire un résistant, si durant tant d’années, bataillant au cœur du Système, je n’avais regardé Jean-Marie Le Pen comme l’espoir du redressement français. ».
  33. Saïd Mahrane, « FN : « La civilisation française est menacée par le multiculturalisme », sur Le Point.fr,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  34. AFP, « Le controversé Chauprade, tête de liste FN », sur Le Figaro.fr,‎ (consulté le 24 janvier 2014).
  35. « Marine Le Pen désavoue Aymeric Chauprade après ses propos sur les musulmans », sur lefigaro.fr,‎ .
  36. « Aymeric Chauprade : l’ennemi, c’est la dictature du relativisme », sur L'Homme nouveau.fr,‎ (consulté le 30 novembre 2013).
  37. Marine Turchi, Le FN renforce ses connexions russes, Mediapart, .
  38. AFP, « Référendum/Crimée: le FN aura un observateur », sur Le Figaro.fr,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  39. « 'Anyone with sense of fairness should accept the choice of the Crimeans' », sur RT.com,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  40. Alexandre Artamonov, « En direct de la Crimée : A. Chauprade témoigne », sur La Voix de la Russie.ru,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  41. Daïc Audouit, « Aymeric Chauprade : « Pour le FN, j'ai rempli ma mission en Île-de-France », sur paris-ile-de-france.france3.fr,‎ (consulté le 27 mai 2014).
  42. « Résultats européennes en Ile-de-France : le FN talonne l'UMP », sur Le Parisien.fr,‎ (consulté le 10 juin 2014).
  43. FN, « Communiqué de Presse du Front National », sur frontnational.com,‎ (consulté le 12 juillet 2014).
  44. Abel Mestre, « Les raisons de la disgrâce d'Aymeric Chauprade au Front national »,‎ (consulté le 22 janvier 2015).
  45. Aymeric Chauprade, « La France doit participer militairement à la destruction de l'Etat islamique en Irak », sur Front national.com,‎ (consulté le 20 août 2014).
  46. Tristan Quinault Maupoil, « Syrie: le FN pour des frappes sur les djihadistes, en coordination avec el-Assad », sur Le Figaro.fr,‎ (consulté le 20 août 2014).
  47. Aymeric Chauprade, « La France face à la question islamique : les choix crédibles pour un avenir français », sur Realpolitik.tv,‎ (consulté le 20 août 2014).
  48. a, b et c Alexandre Sulzer, « Le FN poussé à changer de position sur Israël », sur L'Express.fr,‎ (consulté le 20 août 2014).
  49. Antoine Vouillazère, « La bombe estivale d’Aymeric Chauprade », sur Minute hebdo.fr,‎ (consulté le 21 août 2014).
  50. « Alain Soral et Dieudonné vont lancer leur propre parti », sur France TV info,‎ (consulté le 21 octobre 2014).
  51. Abel Mestre et Caroline Monnot, Comment Alain Soral veut évincer Aymeric Chauprade du FN, blog « Droites extrêmes » de journalistes du Monde, .
  52. Dominique albertini et Nicolas Lebourg, « Pour le Front national, il y a l’Occident chrétien et la barbarie », sur Libération.fr,‎ (consulté le 20 août 2014).
  53. Les débuts difficiles d’Aymeric Chauprade au FN, blog « Droites extrêmes » de journalistes du Monde, .
  54. Marc de Boni, « La reconnaissance de la Palestine divise les députés FN », sur Le Figaro,‎ .
  55. Marine Turchi, « Front national, l'œil de Moscou »: enquête sur l'alliance avec la Russie de Poutine, sur www.mediapart.fr, Mediapart,‎ (consulté le 2 novembre 2015).
  56. « Air Cocaïne: Aymeric Chauprade, eurodéputé FN, était « au plus près » de l'opération d'exfiltration », sur bfmtv.com,‎ .
  57. « Air Cocaïne » : Marine Le Pen prend ses distances avec Aymeric Chauprade »,‎ (consulté le 4 novembre 2015).
  58. a et b « Aymeric Chauprade quitte le FN », sur Le Lab (Europe 1),‎ (consulté le 9 novembre 2015).
  59. « Air Cocaïne : mandat d’arrêt dominicain contre Aymeric Chauprade », sur www.lemonde.fr (consulté le 28 janvier 2016).
  60. « Air Cocaïne : mandat d'arrêt contre trois Français dont Aymeric Chauprade », sur www.europe1.fr (consulté le 24 novembre 2015).
  61. « Chauprade : « Marine Le Pen s'est laissé piéger par Philippot », sur Le Point,‎ (consulté le 14 novembre 2015).
  62. Robin D'Angelo, Mathieu Molard, « Exclu : les documents qui rhabillent Soral pour l'hiver », sur StreetPress,‎ (consulté le 19 janvier 2016).
  63. « Aymeric Chauprade : « Pourquoi je quitte le Front national », sur Le Figaro.fr,‎ (consulté le 9 novembre 2015).
  64. a, b et c Louis Hausalter, « Aymeric Chauprade : le petit parti et le gros coup de com' de l'ex-FN », sur Marianne.net,‎ (consulté le 24 avril 2016).
  65. Olivier Faye, « Aymeric Chauprade lance un parti et se rapproche des Républicains », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  66. a, b et c Olivier Faye, « L’appel du pied très appuyé d’Aymeric Chauprade en direction des Républicains », sur droites-extremes.blog.lemonde.fr,‎ (consulté le 16 avril 2016).
  67. Compte Twitter d'Aymeric Chauprade.
  68. http://blog.realpolitik.tv/notice-biographique/.
  69. « Chauprade (FN) défend le terroir à Coulommiers », sur leparisien.fr,‎ (consulté le 7 décembre 2015).
  70. Arnaud Naudin, « Aymeric Chauprade : « Je crois que la France va s'en sortir », sur Novopress,‎ (consulté le 5 juin 2014) : « En ce qui me concerne, je suis catholique, j’ai l’espérance et je cherche à la transmettre à mes enfants. ».
  71. « Aymeric Chauprade, le mystérieux géopolitologue du FN », sur www.dhnet.be,‎ (consulté le 25 février 2016).
  72. « Aymeric Chauprade : « On ne va pas aller mourir pour du pétrole » », sur François Desouche,‎ (consulté le 25 février 2016).
  73. « Aymeric Chauprade ::: Institut d'études fédéralistes et régionalistes », sur www.fondchanoux.org (consulté le 25 février 2016).
  74. « Débuts tendus pour la délégation FN d’eurodéputés », sur EurActiv.fr,‎ (consulté le 29 février 2016).
  75. « Air Cocaïne » : qui est le sulfureux Aymeric Chauprade? », sur LExpress.fr,‎ (consulté le 29 février 2016).
  76. « Aymeric Chauprade veut peser sur la primaire des Républicains », sur L'Opinion,‎ (consulté le 29 février 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :