Abbaye d'Oigny

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Abbaye d'Oigny
image de l'abbaye
Logis abbatial vu depuis le vivier.

Nom local Ungiacus (nom latin)
Diocèse Diocèse d'Autun
Patronage Notre-Dame, Saint Nicolas, Saint Laurent
Fondation 1106
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVIIIe siècle
Dissolution 1790
Congrégation Chanoines réguliers de saint Augustin, Génovéfains
Période ou style Roman, Gothique, Classique
Protection  Inscrite MH (1990)[1]

Coordonnées 47° 34′ 11″ nord, 4° 42′ 26″ est
Pays Drapeau de la France France
Province Duché de Bourgogne
Département Côte-d'Or
Commune Oigny

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Abbaye d'Oigny

L'abbaye d'Oigny, de son nom complet utilisé au XVIIIe siècle « abbaye royale de Notre-Dame d'Oigny »[2],[3], est un ancien monastère de chanoines augustins. Elle fut fondée en 1106 et située à Oigny dans le département de la Côte-d'Or et la région Bourgogne-Franche-Comté.

Elle est située dans un vallon à une dizaine de kilomètres de la source de la Seine. Lors de la Révolution française ses bâtiments et possessions sont saisis et vendus aux familles qui exploitaient les terres attenantes[4]. Une partie de l'abbaye est par la suite utilisée en exploitation agricole tandis que l'autre partie est transformée en demeure bourgeoise. L'abbaye, qui reste une propriété privée, est inscrite sur la liste des Monuments Historiques en 1990[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

fondation de l'abbaye d'Oigny
Charte de la fondation de l'abbaye d'Oigny tirée de la Gallia Christiana.

La fondation de l'abbaye remonte au début du XIIe siècle, période faste pour les fondations monastiques et notamment en Bourgogne. Elle est située dans le creux d'un vallon boisé où coule la Seine, dont la source se situe à quelques kilomètres plus au Sud. Le lieu ne fut pas choisi par hasard : il répond à tous les critères nécessaires à la vie érémitique avec la présence d'eau, de bois, de pierre et de vastes terrains à défricher.

Bien que l'endroit constitue le lieu monastique par excellence, une autre raison peut également expliquer l'établissement d'une fondation religieuse à cet endroit précis. L'historien Prosper Mignard fait état de l'existence d'Oigny dès la période celtique, avec la présence d'un culte païen dédié aux sources et à l'eau. Selon lui, des divinités païennes auraient été retrouvées à Oigny. L'établissement de l'abbaye en ce lieu aurait donc eu vocation à détrôner le mysticisme des anciens rites de la localité[5]. Prosper Mignard ajoute :

« La solitude d'Oigny était trop tentante par son aspect sauvage, pour ne pas devenir un lieu d'ermitage. Aussi avait-il été choisi comme tel par un pieux solitaire nommé Christophorus[5]. »

Christophorus devient donc le premier abbé d'Oigny suite à la charte de fondation de l'abbaye matérialisée par des donations de seigneurs locaux : Gaudin de Duesme et Milon de Frôlois. La communauté est placée sous le triple vocable de la Vierge, de saint Laurent et de saint Nicolas, ce qui montre une certaine ambition de ses fondateurs. L'ordre choisi est celui des chanoines réguliers de saint Augustin, ce qui est une curiosité en Côte d'Or où seule l'abbaye Notre-Dame de Châtillon y est également rattachée.

XIIe-XIIIe siècles : la prospérité[modifier | modifier le code]

Armoiries de la communauté religieuse de l'abbaye d'Oigny[6]

Les deux siècles qui suivirent furent sans doute les plus prospères de l'abbaye d'Oigny. Elle a en effet reçu de nombreuses donations sur toutes les terres alentour, listées dans le terrier tenu par les moines[7]. On y note des possessions dans les actuelles communes de : Alise-Sainte-Reine, Ampilly-les-Bordes, Arnay-sous-Vitteaux, Billy-lès-Chanceaux, Bussy-le-Grand, Cessey, Dampierre-en-Montagne, Duesme, Echalot, Étalante, Fixin, Frôlois, Gissey-sous-Flavigny, Magny-Lambert, Mauvilly, Marcilly-lès-Vitteaux, Ménétreux-le-Pitois, Poiseul-la-Ville-et-Laperrière, Posanges, Salives, Venarey-les-Laumes, Vitteaux, Volnay (Côte-d'Or).

Le duc Hugues II de Bourgogne lui-même fit don au monastère des terres d'Orret, dont les abbés d'Oigny sont les seigneurs (comme pour d'autres lieux) pendant tout le Moyen Âge. La grande prospérité de cette période correspond à l'édification de bâtiments plus dignes du rang que l'abbaye d'Oigny avait atteint. Ainsi le XIIIe siècle voit la construction de l'important bâtiment conventuel (toujours existant), de l'abbatiale, de l'ancien réfectoire et de bâtiments annexes. Cet ambitieux programme d'amélioration coïncide avec la visite de Saint Louis à l'abbaye d'Oigny.

« En 1269, Saint Louis, avant son nouveau départ pour la Terre Sainte, voulut faire un pèlerinage de dévotion en Bourgogne, province qu'il affectionnait et visitait souvent. Il vint à l'abbaye de Cluny et à celle d'Oigny, afin d'unir ses prières à celles des religieux pour la réussite de son entreprise[5] »

. Autre signe visible de l'opulence et de l'importance de l'abbaye d'Oigny est la possession d'un hôtel particulier à Dijon[8].

XIVe-XVe siècles : les Libéralités[modifier | modifier le code]

La période qui précède les guerres de religions est relativement paisible à Oigny et l'on y note surtout diverses chartes d'affranchissement dans les possessions de l'abbaye ou la nomination de maires (major) à Baigneux et Cessey. Ces maires sont surtout des régisseurs ou intendants des biens de l'abbaye, au fil des siècles les moines n'auront d'ailleurs de cesse de déléguer la gestion et l'exploitation de leur domaine devenu considérable.

XVIe-XVIIe siècles : les troubles[modifier | modifier le code]

Comme dans de nombreuses abbayes la prospérité et l'évolution des mœurs eurent un impact sur l'observation des règles religieuses. Dès 1530, les moines d'Oigny entrèrent en conflit avec l'abbé Gendron. Il fut convenu, outre les considérations alimentaires et pécuniaires, que les moines auraient dorénavant une cellule individuelle en lieu et place du grand dortoir commun. Les dispositions intérieures du bâtiment conventuel furent modifiées à la suite de cette décision, douze cellules distribuées par une grande galerie sont alors créées à l'étage dans l'ancien dortoir qui était aussi volumineux que celui de l'abbaye de Fontenay[9].

L'abbé Gendron fut le dernier abbé régulier et lui succèderont des abbés commendataires, nommés par le roi, qui ne seront pas toujours très consciencieux dans leur gestion. Toutefois l'un des abbés commendataire, Jean Chandiot, s'est illustré par un lègue important (cent arpents de bois pour être convertis en terres labourables) à sa communauté d'Oigny.

En 1636, l'abbaye d'Oigny se retrouve malgré elle impliquée dans la Guerre de Trente Ans. En effet, les troupes impériales du Duc de Lorraine, commandée par le général Matthias Gallas ravagent la Bourgogne. Les moines durent quitter Oigny pour se réfugier à Dijon dans leur hôtel. On ignore si l'abbaye en elle-même a subi des dégâts mais il est avéré que le bourg de Baigneux, seigneurie des abbés d'Oigny, fut complètement pillé par les troupes françaises qui, indisciplinées et mal payées, commettaient autant d'exactions que les armées adverses[5].

Après les guerres et les pillages; il ne reste plus que deux religieux à l'abbaye en 1644. Une réforme s'impose et elle fut confiée aux génovéfains de l'abbaye Notre-Dame de Châtillon. Cependant, les nouveaux moines ne se montreront pas aussi bons gestionnaires que leurs prédécesseurs et une suite de procès vient empoissonner la vie de l'abbaye, des terres sont régulièrement vendues pour mettre fin à ces conflits.

XVIIe siècle : l'embourgeoisement[modifier | modifier le code]

Durant la seconde moitié du XVIIe siècle, le calme revient à Oigny et, malgré les ennuis judiciaires, un vaste programme d'amélioration du confort de l'abbaye va être lancé par la famille Bouthillier de Chavigny. Cette famille aura la charge d'abbé commendataire d'Oigny durant près d'un siècle et laissera une marque importante sur le monument.

C'est à cette période, plus précisément en 1680, que fut construit le logis abbatial, son aménagement a complètement transformé la partie Sud de l'abbaye auparavant occupée par les cuisines, le réfectoire et d'autres salles dont l'utilité n'est pas connue. Le réfectoire fut transféré dans l'ancienne salle des moines (jouxtant la salle capitulaire) et la cuisine trouve sa place dans l'ancien chauffoir (qui lui jouxtait l'ancienne salle des moines).

Les modifications apportées à l'architecture de l'abbaye ne s'arrentent pas là puisqu'une nouvelle entrée est construite à l'Est afin de simplifier l'accès du nouveau logis abbatial. Est donc créée une cour d'honneur fermée par un portail monumental et ceinturée par des communs (remises à arcades, écurie et cellier notamment).

Ce programme architectural du XVIIe siècle, bien loin de la rigueur initiale du monastère est un signe évident de l'embourgeoisement des moines et de leurs abbés, issus souvent de la noblesse.

XVIIIe siècle : création des jardins[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, les aménagements se poursuivent et voient la création d'un jardin ordonnancé entre la façade du logis abbatial et la Seine. Ce jardin marqua l'esprit de plus d'un visiteur de l'abbaye, dont Claude Courtépée (historien Bourguignon du XVIIIe siècle) qui écrira :

« Les prieurs n'ont rien épargné pour rendre agréable ce lieu très-solitaire. L'on y voit vastes jardins, allées d'ormeaux, terrasses, etc. »

— Claude Courtépée, Description générale et particulière du Duché de Bourgogne

On notera d'ailleurs que ce jardin et ses éléments (terrasse qui borde la Seine, y compris la fontaine datée ; jardin de buis entre la Seine et le logis abbatial, y compris le vivier ; pont sur la Seine qui relie la terrasse et le jardin), sont inscrits sur la liste des Monuments Historiques au même titre que les bâtiments[1].

Ce train de vie ostentatoire est complètement décalé avec la vie religieuse de l'abbaye à cette époque, dont les effectifs sont réduits à la portion congrue. En effet, en 1770 l'abbaye ne compte plus que cinq religieux, la Commission des Réguliers instituée par Louis XV en 1768, prévoit donc la suppression de l'abbaye d'Oigny. Cependant, cette réforme ne fut jamais appliquée[10] et la situation demeura donc ainsi jusqu'à la Révolution.

La Révolution[modifier | modifier le code]

cadastre oigny
Plan de l'abbaye d'Oigny,
cadastre 1818.

La fin du XVIIIe siècle signe la fin des ordres religieux et la ruine de nombreuses abbayes. L'Assemblée constituante issue de La Révolution, décrète le 2 novembre 1789 la saisie des biens du clergé et supprime les ordres religieux le 13 février 1790.

La totalité des archives de l'abbaye est transférée aux archives départementales de Côte-d'Or[11], ce qui permet leur conservation. Un inventaire précis des bâtiments et des biens de l'abbaye est dressé par l'administration révolutionnaire en prévision de la vente des biens. Cet inventaire nous permet donc d'avoir un instantané de la situation de l'abbaye à la fin du XVIIIe siècle[12].

Contrairement à beaucoup de biens saisis à cette période, l'abbaye d'Oigny ne subit pas de dommage direct de la période révolutionnaire. Cela s'explique peut être par l'isolement du lieu et le fait que tous les habitants alentour dépendaient directement du fonctionnement de l'abbaye. Elle est d'ailleurs vendue le 27 thermidor An IV (14 août 1796) aux familles Dumaine puis Benoist qui exploitent les terres attenantes pour le compte des anciens abbés. Les divers bâtiments sont donc utilisés comme habitation ou à usage agricole. De fait, l'abbaye d'Oigny n'est pas défigurée comme de nombreux autres établissements religieux qui ont alors servi de carrière de pierre ou de manufacture. L'église abbatiale est également toujours mentionnée en 1872 dans les Guides Joanne, bien que son usage ne soit plus religieux[9].

La fille du citoyen Benoist reçoit l'abbaye en legs et l'apporte à la famille Terrillon par son mariage à Jean Terrillon. Ses descendants seront propriétaires de l'abbaye pendant les deux siècles suivants.

Le plan réalisé peu après la Révolution par les services du cadastre présente donc le monastère et ses dépendances directes, dans leur intégralité.

XIXe siècle - XXe siècle: La Famille Terrillon[modifier | modifier le code]

L'abbaye est, depuis sa désacralisation, intimement liée à la famille Terrillon. Après la période post-monastique, le domaine devient une habitation bourgeoise habituellement appelée "château d'Oigny"[13], avec d'importantes dépendances agricoles.

En 1840, l'abbaye subit un terrible incendie occasionné par la foudre, qui détruisit presque entièrement l'église abbatiale et endommagea une partie de la magnifique charpente du bâtiment conventuel du XIIIe siècle. Les ruines de l'abbatiale sont déblayées et d'importants travaux de réparation sont engagés. L'abbaye prend alors la forme qu'on lui connait actuellement, c'est-à-dire principalement dépourvue de son église et du cloître mais conservant tous les autres bâtiments dans leur aspect (extérieur) du XVIIe siècle.

Les Terrillon firent construire avec le concours des villageois en 1842[14], à proximité directe de l'abbaye, une chapelle qui devient l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste[15]. En effet la commune ne disposait pas de lieu de culte depuis La Révolution et les habitants devaient se rendre dans un village voisin pour les offices.

Un éminent membre de cette famille s'est particulièrement singularisé ; il s'agit d'Octave Terrillon, grand chirurgien du XIXe siècle à l'hôpital de la Salpêtrière et créateur de l'asepsie. Il partage l'abbaye, qui est déjà divisée en plusieurs parties à cette époque, avec le général Sébastien Terrillon qui fut gouverneur de Sousse (Tunisie)[16].

XXIe siècle: De nouveaux projets[modifier | modifier le code]

En 2017 une partie de la clôture monastique, est vendue pour la première fois depuis la Révolution à de nouveaux occupants qui projettent d'ouvrir au public les anciens jardins des moines et de réaliser des chambres d'hôtes dans les anciennes cellules de moines[17].

La famille Terrillon possède toujours l'autre partie de la clôture, ainsi qu'une exploitation agricole et de nombreuses terres qui dépendaient autrefois du domaine monastique. Il est possible de visiter leur section de l'abbaye sur rendez-vous.

Architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture générale de l'abbaye d'Oigny est aujourd'hui assez hétérogène, ayant été transformée au fil des époques et des besoins. Trois blocs principaux persistent formant une cour en U : Le bâtiment conventuel du XIIIe siècle à l'Est, le logis abbatial du XVIIe siècle au Sud, et un dernier ensemble très remanié dont la base du XIIIe siècle a été élargie au XVIIe siècle à l'Ouest. L'église abbatiale qui fermait l'ensemble au Nord a malheureusement disparu ainsi que le cloitre.

L'orientation des bâtiments suit donc le plan type des abbayes de l'époque, on parle alors d'orientation régulière.


Bâtiment conventuel[modifier | modifier le code]

Le bâtiment conventuel est un imposant bâtiment de 60m de long sur 12m de large bâti au XIIIe siècle. Il est régulièrement appelé "aile des moines" car la vie du monastère s'y concentre (hors période des offices religieuses). A sa construction il abritait au rez-de-chaussée, la sacristie, la salle des morts, l'escalier conduisant au dortoir, la salle capitulaire, la salle des moines, le chauffoir et un espace dont la fonction n'est pas déterminée à ce jour. L'étage entier de ce bâtiment était constitué du grand dortoir des moines. Les combles sont formés par une très belle charpente dite en "coque de bateau renversée" ou, de façon plus précise, charpente à chevrons portant ferme, à jambettes et aisseliers courbes pour les deux tiers, et à poinçons pour le tiers restant[9].

Les dispositions originelles du bâtiment conventuel ont cependant été changées au XVIIe siècle lorsque le logis abbatial fut construit au Sud à la place des cuisines et du réfectoire. La salle des moines deviendra donc le nouveau réfectoire et les cuisines furent établies dans le chauffoir. L'espace non-identifié décrit plus haut sera aménagé en vestibule et en salle à manger pour le logis abbatial. L’escalier distribuant le dortoir fut également remplacé par un magnifique escalier dont Bernard Sonnet a donné la description :

« Cet escalier à quatre noyaux et quatre volées droites est orné de balustres carrés en poire. Les noyaux sont formés de pilastres d'ordre toscan amortis au niveau supérieur par des boules. Cet escalier peut être comparé à ceux du Château de Villiers-le-Duc et de Blancey. »

— Bernard Sonnet, L'ancienne abbaye Notre Dame d'Oigny.

Enfin le grand dortoir fut aménagé en douze cellules individuelles distribuées par une grande galerie dont la surface correspond à la moitié de celle du dortoir d'origine.

Hormis ces aménagements intérieurs, et l'élargissement des baies en façade, l'ensemble du bâtiment a plutôt bien conservé son intégrité.

Logis abbatial[modifier | modifier le code]

La construction du logis abbatial fut entamée à l'initiative des abbés commendataire du XVIIe siècle pour qui les bâtiments du XIIIe siècle manquaient cruellement de confort. C'est également une période où les monastères sont moins peuplés et où l'on peut donc aménager des espaces privatifs assez vastes. Pour construire ce nouveau logis il fut nécessaire de détruire le réfectoire originel ainsi que les cuisines et probablement les latrines. Ce logis est daté de 1680 à en croire le cadran solaire placé sur sa façade Sud avec l'inscription UNAM FIME (sic) que l'on doit lire ULTIMAM TIME[9] (sans doute en allusion au jugement dernier).

Le bâtiment fait environ 35 m de long sur 7 m de large, mais comme décrit précédemment il empiète sur la surface du bâtiment conventuel au rez-de-chaussée auquel il emprunte deux salles voutées. La façade Sud fut donc harmonisée bien qu'elle ne soit pas symétrique contrairement aux goûts en vigueur au XVIIe siècle.

Depuis sa construction, ce logis est utilisé en habitation. Pour cette raison, les dispositions intérieures ont sans cesse été modernisées, d'où la difficulté pour décrire son état d'origine. On note toutefois que la distribution des pièces se fait principalement en enfilade.

Bâtiment Ouest[modifier | modifier le code]

Le bâtiment Ouest est sans doute le plus difficile à lire à l'abbaye d'Oigny. Déjà son usage est sujet à débat puisque si l'on suit le plan type d'une abbaye il aurait dû être dévolu aux convers et au cellier. Il contient d'ailleurs une salle dite Saint-Louis, qui aurait pu servir de réfectoire aux convers de par son architecture et sa situation géographique dans l'abbaye (angle sud-ouest). Mais le bâtiment fut élargi à l'Ouest au XVIIe siècle, peut être faut-il y voir un changement de fonction à cette époque puisqu'une tradition orale le désigne comme étant le bâtiment accueillant les hôtes[9]. Cependant les transformations agricoles du XIXe siècle ont encore altéré les volumes, mais ces différents usages restent tout à fait probables.

Prieurés, ermitages[modifier | modifier le code]

L'ermitage Notre-Dame du Val de Seine, construit au XVIIe siècle par les moines de l'abbaye, dédié à la Vierge, est occupé par quelques moines de 1642 à 1790. Cet endroit est le lieu d'un pèlerinage où l'on amène les enfants morts sans avoir reçu le baptême. En 1732 ce sont 3 000 personnes qui viennent honorer la Vierge. La statue de la Vierge date du XVIe siècle. Il existe toujours un pèlerinage sur ce lieu. L'ermitage est la propriété du diocèse de Dijon depuis 2008.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Entre 1106 et 1790, quarante-trois abbés se sont succédé[18] :

  • 1106-1134 : Christophe
  • 1134-1142 : Constantin
  • 1142-1147 : Ulrich
  • 1147-1195 : Hervé
  • 1195-1198 : Barthélémy
  • 1198-1206 : Pierre Ier de Dôle
  • 1206-1210 : Guillaume Ier
  • 1210-1221 : Robert
  • 1221-1241 : Humbert
  • 1241-1243 : Hugues Ier
  • 1243-1259 : Rénier
  • 1259-1311 : Guillaume II
  • 1311-1335 : Renaud de Vallebussin
  • 1335-13?? : Pons
  • 13??-13?? : Eudes
  • 13??-13?? : Jean Ier de Buze
  • 13??-13?? : Jean II du Bosc
  • 13??-13?? : Pierre II Azey
  • 13??-13?? : Guillaume III de Mangon
  • 13??-13?? : Guillaume IV de Vallebussin
  • 13??-1409 : Hugues II de Boves
  • 1409-1434 : Guy de Lériac
  • 1434-1467 : Thibaud Viard
  • 1467-14?? : Hugues III Fillandrier
  • 14??-1483 : Jean III Rolin
  • 1483-1517 : Étienne de Saint-Moris
  • 1517-1535 : Christian Gendron
  • 1535-15?? : André de Montmorency-Laval
  • 15??-1575 : cardinal Philippe de Lenoncourt
  • 1575-15?? : Olivier de Guédon
  • 15??-15?? : Nicolas de Vienne
  • 15??-15?? : Jean IV de Habenville
  • 15??-1605 : Jean V Chaudiot
  • 1605-1607 : Laurent Chrétel
  • 1607-1611 : Guillaume V de Rigny
  • 1611-1625 : Claude Blondeau
  • 1625-1644 : Jean VI Bouthillier
  • 1644-1694 : Jean VII Bouthillier
  • 1694-1697 : François Ier Bouthillier de Chavigny
  • 1697-1731 : Denis-François Bouthillier de Chavigny
  • 1731-1754 : François III de Beaumont d’Autichamp
  • 1754-1787 : Pierre III François-Joachim Bouettin, prêtre, chanoine régulier, licencié-ès-lois
  • 1787-1790 : Roger-Henri de Dillon

Moines et hôtes illustres[modifier | modifier le code]

Parmi les hôtes de l'abbaye, on peut citer :

  • Jean Clart, ermite au Val de Seine en 1624.
  • Antoine d'Essertenne, ermite au Val de Seine en 1669.
  • César de Chagny, ermite au Val de Seine en 1792.

Archives de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Plans[modifier | modifier le code]

  • 19 H 1, 7 plans des bois de l'Abbaye.

Liasses[modifier | modifier le code]

  • 19 H 664 : Fondations, cartulaire de Baigneux, concordat entre l'abbé et les religieux, baux généraux, bois, rentes, aliénations.
  • 19 H 665 : Baigneux, Oigny, Braux, Alise-Sainte-Reine, Ampilly-les-Bordes, Billy-lès-Chanceaux.
  • 19 H 666 : Dampierre, Darcey.
  • 19 H 667 : Dijon.
  • 19 H 668 : Etalente, Prôlois, Gissey, Fixin, Echalot, métairie d'Etalente.
  • 19 H 669 : Magny-Lambert, Marcilly-lès-Vitteaux, Vitteaux, Posanges, Cessey, Arnay-lès-Vitteaux, Mauvilly, Melson, Ménétreux-le-Pitois, Bussy-le-Grand, Oigny.
  • 19 H 670 : Métairies d'Oigny, granges d'Oigny.
  • 19 H 671 : Orret, Poisel.
  • 19 H 672 : Venarey-les-Laumes, Volnay, Salives.
  • B 2/1170 à 1173 : justices seigneuriales, 1440-1790, (anciennement 19 H 673).
  • 19 H SUP/1 : pièces diverses.

Registres[modifier | modifier le code]

  • 19 H/ R 745 : Terrier 1490.
  • CART. 206.
  • INV. 117 : inventaire des biens, milieu du XVIIe siècle.
  • INV. 339 : inventaire des biens vers 1780.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Notice no PA00112578, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Bibliothèque Sainte-Geneviève, FOL Z 602 INV 532 FA (P.10)
  3. Archives Nationales, F-19-601-Dossier3-Piece35
  4. Archives départementales de Côte d'Or Q448-3
  5. a b c et d Prosper Mignard, Histoire des principales fondations religieuses du bailliage de la Montagne en Bourgogne, (réimpr. Librairie Lamarche - Dijon, Librairie Aubry - Paris).
  6. Charles d'Hozier,Armorial général de France, 1696.
  7. Archives départementales de Côte d'Or 19H R745
  8. Eugène Fyot, Dijon, son passé évoqué par ses rues, (réimpr. Dijon)
  9. a b c d et e Bernard Sonnet, L'ancienne abbaye Notre-Dame d'Oigny (lire en ligne [PDF]), p. 249-263.
  10. Léon Lecestre, Abbayes, prieurés et couvents d'hommes en France. Liste générale d'après les papiers de la Commission des Réguliers en 1768, Paris, Picard, 1902.
  11. Pl.-F. Lefèvre et A. H. Thomas, Le coutumier de l'Abbaye d'Oigny en Bourgogne au XIIe siècle (lire en ligne [PDF]).
  12. Archives départementales de Côte-d'Or, Q844-3?
  13. Information visible sur les anciens courriers adressés à Mme la Générale Terrillon.
  14. Information visible sur la plaque commémorant l'édification de la chapelle sur sa façade.
  15. « Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste », notice no IA00063752, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  16. Ancien article du Bien Public.
  17. Élodie Bidault, « Ils veulent redonner vie à l'abbaye du village », Le Bien Public, 6 juin 2017, p. 13.
  18. Source : Gallia Christiana

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lamesle, Mémoire signifié pour messire Pierre-François Joachim Bouettin..., 1760, 17 p., in-fol., bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris, cote:FOL Z 602 INV 532 FA 5 (p. 10)
  • Bernard Sonnet, L'ancienne abbaye Notre-Dame d'Oigny (lire en ligne [PDF]), p. 249-263.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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