Groupe Bordet

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Groupe Bordet
illustration de Groupe Bordet
une partie de l'usine et stock de bois.

Création 1860
Dates clés 17 janvier 2000 : immatriculation de la société actuelle
Forme juridique Société par actions simplifiée à associé unique
Siège social Leuglay
Direction Actipme représenté par Cyril Flores
Activité Fabrication d'autres produits chimiques organiques de base
Effectif 20 au 30/09/2018 (effectif moyen annuel)
SIREN 835 720 186

Chiffre d'affaires 2 862 700 € au 30 septembre 2018
Résultat net 27 500 € au 30 septembre 2018

Le Groupe Bordet est un groupe industriel français impliqué dans la transformation du bois en charbon classé parmi les industriels carbonisateurs les plus performants d'Europe par Earthworm Foundation qui évalue la responsabilité sociétale des entreprises impliquées dans la transformation des ressources naturelles[1]. Installé à Leuglay dans le Châtillonnais en Bourgogne depuis 1860, il produit un charbon végétal local et écologique d'une teneur en carbone de plus de 90%. Le bois vient des chutes de scieries issues de forêts locales (moins de 100 km) écogérées[2]. La fabrication s'effectue en circuit fermé garantissant une production "zéro rejet" et un rendement élevé[3] , [4], [5]. Bordet est par ailleurs précurseur en matière de cogénération : son unité de transformation est autonome en électricité et chauffage depuis les années 1970[6].

Historique[modifier | modifier le code]

1860 - Naissance des établissements Bordet[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, le châtillonnais voit se développer la métallurgie. Abondance de bois, mines et rivières constituent autant d’atouts favorables à ce type d’activité. Froidvent, hameau de la commune de Leuglay dispose alors d’une forge et d’un haut fourneau. Après trois siècles d’exploitation la sidérurgie se retrouve en crise et les forges ferment les unes après les autres. En 1860, Alfred et Paul Bordet décident de poursuivre la production du charbon de bois employé jusqu'ici comme combustible pour faire fondre le minerai. Lors de l’Exposition universelle de 1878, le jury international décerne une médaille d’argent aux Établissements Bordet en reconnaissance de la qualité de leurs produits et leur savoir-faire.

1951 - La modernisation[modifier | modifier le code]

En 1951 Bordet est la première entreprise de charbon de bois à installer un four industriel à feu continu. Commence alors une phase de développement de plus de 60 ans avec la mise au point d'une technologie de carbonisation à haute performance environnementale brevetée sous le nom de Carboépuré. Celle-ci permet de conquérir les marchés du combustible issu de la biomasse[7] et de la transformation, attirant de prestigieux industriels, comme Vallourec, qui acquièrent sa technologie[8].

1996 - L'expansion[modifier | modifier le code]

Bordet acquiert Maître Feux (Comptoir cantalien de carbonisation ), à Neussargues en Pinatelle dans le Cantal[9] et devient Groupe Bordet Maître Feux (GBMF)[10], cette unité fermera cependant en 2015 pour motif économique. Le groupe modernise ses deux sites de production et installe deux fours en cuisson continue d’une capacité de 6 000 tonnes chacun, soit 12 000 tonnes au total pour le seul site auvergnat. Puis, il monte une troisième usine à Braize dans l'Allier dédiée aux briquettes de charbon de bois [11] qui fournit à l’entreprise de barbecues Weber les briquettes vendues sous sa marque propre[12]. Avec une production de 15 000 tonnes en 2005 puis 19 000 tonnes en 2011 GBMF devient le premier producteur de charbon de bois français[13],[14]. Une forte hausse du prix du bois en 2014 mettra en difficulté le groupe et plus particulièrement l'usine du Cantal[15].

2016 - Derniers développements[modifier | modifier le code]

Remi Bordet, jusqu’alors président de Bordet, transmet l’entreprise à Cyril Flores et Ivan Girardot. Groupe Bordet Maître Feux devient Groupe Bordet avec l'objectif de devenir acteur majeur du développement durable de la filière et développer de nouvelles applications à ses charbons autour d’une transformation spécifique et maitrisée. Activé le charbon végétal devient un agent de filtration, de dépollution, ou encore de séquestration du carbone. Il peut ainsi être utilisé dans de nombreuses industries telles que la pharmacie, la cosmétique, la chimie, l’agriculture (Biochar) et encore l’agroalimentaire.

Technologie[modifier | modifier le code]

Bordet se distingue par son mode de production durable.

Transformation propre[modifier | modifier le code]

La technologie développée est respectueuse de l’environnement. Le charbon est produit avec des déchets de bois bruts n’ayant subi aucun traitement, issus de forêts locales éco gérées (dans un rayon de moins de 100 km). La fabrication est réalisée en circuit fermé : aucun produit chimique n’est ajouté dans le processus de carbonisation, seule de la vapeur d’eau est rejetée lors de la production[2]. Le processus de fabrication permet d’extraire intégralement les gaz et jus pyroligneux, clé de la fabrication d’un charbon végétal pur. Les gaz et les jus sont ensuite recyclés et valorisés afin d’éviter tout impact environnemental[2]. Enfin, la transformation des déchets de bois en charbon végétal génère de l’électricité et fait de Bordet un producteur d’énergie verte[3],[4],[5].

Procédé de cogénération[modifier | modifier le code]

Les usines Bordet sont autonomes en énergie. La production d’électricité est faite par un turbo-alternateur qui est entraîné par de la vapeur sous pression, elle-même produite par la chaudière qui chauffe un ballon d’eau qui sera transformée en vapeur. La chaudière qui assure le chauffage est alimentée par les flux de l’outil (circuit fermé), à savoir les gaz de pyrolyse (extraits du process de carbonisation), les goudrons de bois ou jus pyroligneux (extraits de la carbonisation également) et les sciures issues de l’atelier de découpe en début de processus.

Savoir-faire[modifier | modifier le code]

Le résultat en est un produit pur, propre et écologique utilisable à l'état brut pour la cuisson ou activable pour de multiples applications. Il est plébiscité par les restaurateurs qui recherchent un charbon propre, sans fumée ni odeur[18]. Mise au point par Bordet la technologie Carboépuré qui permet la production de ce charbon de bois à haute performance environnementale est reconnue et appréciée[22] : le groupe est régulièrement sollicité pour faire bénéficier de sa technologie ou développer des produits spécifiques. Celle-ci permet en effet la production d'un charbon végétal écoresponsable d’un niveau de pureté affichant un taux de carbone supérieur à 90% pour un minimum de 75% fixé par la norme européenne EN-1860-2 et sans produits chimiques[2]. Constituée de bois durs, issus de forêts françaises écogérées, la matière première des charbons Bordet est labélisée PEFC "Gardien de l'équilibre forestier"[23].

Impliquation dans la valorisation de la filière bois bourguignonne et française[modifier | modifier le code]

Les dirigeants successifs de l'entreprise s’impliquent dans le développement des filières bois de la région Bourgogne-Franche-Comté et au niveau national.

  • De 1981 à 1988, Gaston Bordet est élu président d’Aprovalbois, syndicat interprofessionnel du bois en Bourgogne[24], créé en 1981 et renommé Fibois[25] depuis.
  • Henri Bordet est nommé président du Syndicat national du charbon de bois au début des années 2000.
  • Plus récemment, Remi Bordet a été membre de la Fédération nationale du bois [26] et président de L’Union syndicale des usines de carbonisation de bois de France. Il avait été vice-président de l’Union patronale de la Côte-d’Or et vice-président du MEDEF - Côte-d’Or jusqu’en 1999.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CTI Earthworm : http://charcoal-transparency.org/resultats.php?motcle=Bordet)
  2. a b c et d « Le diamant du charbon de bois français est produit en Côte d'Or », sur France Bleue,
  3. a et b « Bordet Frères : leader français de la carbonisation propre », le Bien Public,‎ (lire en ligne).
  4. a et b « Bordet Frères : leader français de la carbonisation propre », journal de Saône et Loire,‎ (lire en ligne).
  5. a et b « les frères Bordet imposent leur charbon de bois high tech », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  6. 2019 : article chauffage bois magazine : https://www.chauffage-bois-magazine.fr/1890/le-charbon-de-bois-bordet-eco-responsable-et-made-in-bourgogne/
  7. 2011 : Groupe Erdyn pour la direction régionale de l’environnement de bourgogne : Étude filières vertes : stratégie en Bourgogne. Rapport final 13 juillet 2011. Bordet / GBMF cité page 14 (biomasse énergie) : http://www.side.developpement-durable.gouv.fr/EXPLOITATION/DRBOUR/Infodoc/ged/viewportalpublished.ashx?eid=IFD_FICJOINT_0006320
  8. 2009 : article « Bordet Maître Feux valorise son process industriel » (La Tribune) https://www.latribune.fr/actualites/economie/254013/bordet-maitre-feux-valorise-son-process-industriel.html
  9. « Bordet Maître Feux valorise son process industriel », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  10. 2006 : article paru sur GBMF « GBMF, leader du charbon de bois » dans l’Union du Cantal : http://lunion-cantal.reussir.fr/actualites/gbmf-leader-du-charbon-de-bois:6K65Q727.html
  11. appelés aussi « boulets » de charbon de bois : charbon broyé puis compressé
  12. 2009 : La Tribune : https://www.latribune.fr/actualites/economie/254013/bordet-maitre-feux-valorise-son-process-industriel.html
  13. a et b « Leuglay : sale temps pour le charbon de bois », Le Bien Public,‎ (lire en ligne)
  14. MÉMOIRE 2017 : Analyse environnementale de l’utilisation de biomasse pour la production de tuyaux en fonte – université de lorraine (thèse de doctorat). Auteur : Gaël Fick, citation : « et Gbmf à Leuglay (Côte d'Or) produisant respectivement 10 et 5 ktan -1. » : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01750368/file/These_G_Fick.pdf
  15. Olivier Rezel, « L’usine de Bordet-Maîtres feux à Neussargues menacée de fermeture », La Montagne,‎ (lire en ligne)
  16. Rétrospective de Fibois bfc 1981-2017 dont Gaston Bordet était le président : https://fibois-bfc.fr/sites/default/files/images/Rétrospective%202017.pdf
  17. 2016: LE BIEN PUBLIC : "Leuglay : il y a un an, Bordet-Maîtres Feux connaissait de grosses difficultés" : https://www.bienpublic.com/edition-haute-cote-d-or/2016/02/21/il-y-a-un-an-bordet-maitres-feux-connaissait-de-grosses-difficultes
  18. a et b « Leuglay : Bordet demande une procédure de sauvegarde », Le Bien Public,‎ (lire en ligne).
  19. Didier Hugue, « Bordet innove pour se diversifier dans le charbon végétal », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  20. 2019 : FINYEAR : "Le Groupe Bordet mandate Edmond de Rothschild Corporate Finance afin de l'accompagner dans sa levée de fonds" : https://www.finyear.com/Le-Groupe-Bordet-mandate-Edmond-de-Rothschild-Corporate-Finance-afin-de-l-accompagner-dans-sa-levee-de-fonds_a41266.html
  21. 2019 : NEXT FINANCE, "Le Groupe Bordet mandate Edmond de Rothschild Corporate Finance afin de l’accompagner dans sa levée de fonds" : https://next-finance.net/Le-Groupe-Bordet-mandate-Edmond-de
  22. 2009 : La Tribune, « Bordet Maître Feux valorise son process industriel » : https://www.latribune.fr/actualites/economie/254013/bordet-maitre-feux-valorise-son-process-industriel.html
  23. « PEFC », sur PEFC (consulté le ).
  24. « Charbon de bois - le syndicat national du charbon de bois », sur charbondebois.fr (consulté le ).
  25. « La filière forêt-bois, un atout majeur pour la Bourgogne-Franche-Comté / FIBOIS Bourgogne-Franche-Comté », sur fibois-bfc.fr (consulté le ).
  26. www.fnbois.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Site officiel