Commanderie de Bure

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Bure
Image illustrative de l’article Commanderie de Bure
Présentation
Fondation Drapeau de l'Ordre du Temple Templiers vers 1133
Reprise Drapeau des chevaliers hospitaliers Hospitaliers 1312
Protection  Inscrit MH (1927, Église de la commune)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Côte-d'Or
Ville Bure-les-Templiers
Coordonnées 47° 44′ 37″ nord, 4° 54′ 22″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bure

Géolocalisation sur la carte : Côte-d'Or

(Voir situation sur carte : Côte-d'Or)
Bure

La commanderie de Bure, fondée entre 1120 et 1133, constitue la première commanderie templière de Bourgogne avant de devenir une commanderie hospitalière.

Description géographique[modifier | modifier le code]

En Bourgogne, située dans le Châtillonnais, au nord de la Côte-d'Or, la commanderie se trouve à 15 km au sud-ouest de Voulaines-les-Templiers, qui fut le siège du Grand-prieuré de Champagne de 1317 à 1792, et à 30 km au sud d'Épailly, autre importante commanderie. Elle est au cœur du village de Bure-les-Templiers[1].

État[modifier | modifier le code]

Façade et église de la commanderie

La chapelle, en partie transformée, existe toujours et sert d'église paroissiale. S'y trouvent, entre autres, deux pierres tombales : une tombe templière, en forme de trapèze avec une croix du temple et un manche de pic, une équerre et un outil que Michel Miguet pense être un niveau[2]. La deuxième pierre tombale, d'époque hospitalière, est celle de Guillaume de Fougerolles, mort le , il était commandeur de Bure, et probablement neveu de Ferri de Fougerolles, prieur de Champagne. Il est représenté en armure, dans une attitude de prière[3]. La commanderie jouxte l'église qui en ferme le quadrilatère au nord[4]. Les autres bâtiments, ruinés depuis 60 ans, font l'objet de restauration depuis 2006[5].

La commanderie a été en grande partie rebâtie aux débuts du XVIe siècle par Jacques Aymer[6], commandeur hospitalier de Bure et prieur de Champagne de 1513 à 1528. Les vestiges actuels sont en très mauvais état car, en 1958, le propriétaire a profité de l'absence de classement de l'abbaye proprement dite pour rechercher le trésor des Templiers à la dynamite. Les nouveaux propriétaires s'attachent à leur restauration[7] et l'association « Les amis de la commanderie de Bure-les-Templiers » a été créée en 2009[n 1]. Un site Internet a été mis en place[7]. En 2010, de gros travaux sont entrepris par la commune pour la restauration de l'église[8].

Historique[modifier | modifier le code]

Borne de pierre
Explication de la borne de pierre

La date de création de Bure fait débat : « Elle est sous la protection des sires de Grancey dès 1127 » d'après D. Marie[9]. Mignard et Lavirotte[10] parlent de Chartes de 1120 et 1127. Michel Miguet[11] ainsi qu'Alain Demurger[12] et Jean Richard[13] datent sa fondation de 1133 d'après une charte de l'évêque de Langres. Mais d'après J.M. Roger « Elle fut fondée au plus tard en 1120 par Païen de Bure » et le pancarte de 1133 n'est que le rappel de la donation plus ancienne de Paien de Bure[14].

Il n'en reste pas moins que c'est une commanderie fondée dans les débuts du Temple, et qui eut une grande importance : elle est le siège d'une baillie dont dépendent de nombreuses maisons. Jean-Marc Roger, dans sa thèse sur le grand prieuré de Champagne[15] répertorie dans la publication des pièces du procès par Michelet[16] dix-neuf frères du Temple dont le pseudonyme est « de Bure ». Ce qui montre bien l'importance de cette maison. Même quand il n'est plus commandeur de Bure, Hugues de Pairaud participe dans plusieurs actes à la gestion de la Commanderie, entre autres en 1299[17].

Les sires de Grancey ont protégé la maison de Bure. Un ancien seigneur de Grancey, Eudes, y est Templier. Dans un procès non daté, mais de la fin de la période templière, les Templiers se plaignent à « la dame de Grancey, leur garde »[18]. Les condamnés par les Templiers de Bure étaient remis à la justice du seigneur de Grancey pour exécuter les peines. Une borne, située à la limite du territoire de Bures délimitait l'endroit où les condamnés étaient remis.

À partir de la dévolution aux Hospitaliers, au plus tard en 1314, l'expansion de l'abbaye est terminée[19]. Le changement de mode de gestion du faire valoir direct au bail à terme confié à un fermier amodiataire pendant la Guerre de cent ans entraîne même un lent déclin des possessions[20]. Celui-ci est aggravé par la décision de Philippe II le Hardi de supprimer le servage à Bure[21], privant ainsi les exploitants d'une main d'œuvre bon marché. Ce n'est qu'à partir du XVIe siècle que les commanderies des Hospitaliers retrouvent de l'intérêt peu avant de passer sous le régime de la commende[22].

Commandeurs templiers[modifier | modifier le code]

Nom du commandeur Dates Commentaires et autres fonctions
fr. Achard de Chatillon 1174[23],[14]
fr. Gui Bordel 1197 1199[23],[14]
fr. Guilain 1202[14]
fr. Renier de Socé 1209[14]
fr. Thiebaud 1224 1225[24]
fr. Guillaume de Monceaus 1236 1237[23],[24]
fr. Guy de Lacour 1242[24]
fr. Martin 1248[24]
fr. Jacques 1249[25] Et commandeur du Saulce d'Island (août 1249):
(la): « fratre Jacobo, preceptore de Bures et dou Saulcet juxta Yrlant »
[25]
fr. Martin 1257-1258,
1265[24]
Maître de la baillie de Bures et d'Épailly (1265-1267)
décembre 1265: « freres Martins, maîtres de Bures et d'Espaillé »
avril-mai 1267: « frere Martin, commandeour de Bures et d'Espaillé »
[25]
fr. Nicolas 1268[24]
fr. Eudes le Guespé 1269[24] juin 1269: « frater Odo li Guespe preceptor Militie Templi in baiulia Buriarum »[26]
fr. Henri de Dole 1271 1284[23],[24] (la): Anricus, Henricus de Dola
Commandeur du passage et de la maison du Temple de Châlon (1267)
[27],[28] [n 2].

Commandeur de la baillie de Bures et de La Romagne (1270)[25]
Commandeur du passage et de Bure (1274)[29]
Commandeur de la baillie de Bures et tenant lieu de commandeur de la province de France pour frère Jean le François (mars 1279).[25]
Commandeur du passage (c.1280/81)
Commandeur des maisons de la chevalerie du Temple en la baillie de Bure (1284)
fr. Hugues de Paraut 1289[23],[17]
fr. Pierre 1299 1300
fr. Pierre de Sivrey 1304[23] Sans doute le même que le précédent

Commandeurs hospitaliers[modifier | modifier le code]

Pierre tombale de Guillaume de Fougerolles
Nom du commandeur Dates
frère Saouvales[30] 2 septembre 1314
Jean Corboron[31] 1338, 1353
Guillaume de Fougerolles[31] 2 septembre 1314
Nicole de Villiers-sur-Suize[32] 1328
Jacquin le Blanc[32] 1456
frère Michel de Sèvres[32] 1572

Sous les Hospitaliers Bure devient une chambre priorale du grand prieuré de Champagne ; elle n'a, depuis le milieu du XIVe siècle, généralement pas de commandeur particulier[30].

Possessions[modifier | modifier le code]

Outre les commanderies d'Avosnes[33], Beaune[34], Saint-Thibault de Châtillon-sur-Seine[35], Dijon[36] et Uncey-le-Franc[37] fondée avant 1160 qui en dépendent administrativement Bure avait de nombreuses possessions directes :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Parue le 5 décembre 2009 au Journal Officiel.
  2. Hugues de Pairaud indique avoir été reçu à Lyon en 1263 en présence d'Henri de Dole et Dominique de Dijon désigne ce même Henri comme celui qui l'a reçu à Dijon vers 1261/62. Les deux sans indiquer son titre ou son rang à ce moment-là.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bures-les-Templiers.
  2. Miguet 2009, p. 40.
  3. Roger 2003, p. 297,298.
  4. Miguet 2012, p. 16.
  5. Miguet 2012, p. 14.
  6. Vaivre 2009, p. 4-71.
  7. a et b Amis de la commanderie de Bure-les-Templiers.
  8. Mérimée.
  9. Marie 2004, p. 127.
  10. Mignard 1853, p. 208,Lavirotte 1853, p. 235
  11. Miguet 2009.
  12. Demurger 2005, p. 518 (note 41).
  13. Richard 1980, p. 234
  14. a b c d et e Roger 2003, p. 49.
  15. Roger 2003, p. 53.
  16. Michelet
  17. a et b Roger 2003, p. 52.
  18. Roger 2003, p. 51.
  19. Miguet 2012, p. 43.
  20. Miguet 2012, p. 44.
  21. Miguet 2012, p. 47.
  22. Miguet 2012, p. 48.
  23. a b c d e et f Marie 2004, p. 128.
  24. a b c d e f g et h Roger 2003, p. 50.
  25. a b c d et e Roger 2003, p. 92.
  26. Berthoumeau 1914, p. 135 (n°55).
  27. Léonard 1930, p. 437, 632-633
  28. Michelet 1987, p. 362,368
  29. Richard 1980, p. 233
  30. a et b Roger 2003, p. 1688.
  31. a et b Roger 2003, p. 1689.
  32. a b et c Roger 2003, p. 1690.
  33. Michel Miguet 2012, p. 112.
  34. Michel Miguet 2012, p. 194.
  35. Michel Miguet 2012, p. 96.
  36. a et b Michel Miguet 2012, p. 98.
  37. Michel Miguet 2012, p. 107.
  38. a et b Michel Miguet 2012, p. 85.
  39. Michel Miguet 2012, p. 91.
  40. Michel Miguet 2012, p. 88.
  41. Michel Miguet 2012, p. 89.
  42. a et b Michel Miguet 2012, p. 99.
  43. a et b Michel Miguet 2012, p. 92.
  44. Michel Miguet 2012, p. 103.
  45. Michel Miguet 2012, p. 110.
  46. Michel Miguet 2012, p. 106.
  47. Michel Miguet 2012, p. 193.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Aymer de la Chevalerie Note sur la commanderie de Bure-les-templiers 1899.