Abbaye Sainte-Geneviève de Paris

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Abbaye Sainte-Geneviève de Paris
Nicolas Ransonnette, L'abbaye de Sainte-Geneviève, Paris, Bibliothèque nationale de France.
Nicolas Ransonnette, L'abbaye de Sainte-Geneviève, Paris, Bibliothèque nationale de France.
Présentation
Culte catholique romain
Type abbaye
Rattachement archidiocèse de Paris
Style dominant roman et gothique
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 50′ 45.2″ N 2° 20′ 52.2″ E / 48.845889, 2.34783348° 50′ 45.2″ Nord 2° 20′ 52.2″ Est / 48.845889, 2.347833

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Abbaye Sainte-Geneviève de Paris

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Abbaye Sainte-Geneviève de Paris

L'abbaye Sainte-Geneviève de Paris est une ancienne abbaye parisienne, dont plusieurs bâtiments ont été conservés pour constituer l'actuel lycée Henri-IV.

Historique[modifier | modifier le code]

Située à proximité de l'église Saint-Étienne-du-Mont et du Panthéon, ses bâtiments et jardins s'étendaient entre la rue de l'Estrapade, la place du Panthéon et la place Sainte-Geneviève. Elle fut fondée en 502 par Clovis et son épouse Clotilde sur le mons Lucotitius où se trouvait déjà un cimetière, sous le nom de monastère des Saints-Apôtres (car dédié aux apôtres Pierre et Paul) où ils furent inhumés tous les deux.

Sainte Geneviève avait l'habitude d'y venir prier et empruntait pour cela un chemin devenu par la suite la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. À sa mort en 512, sa dépouille fut enterrée dans l'église abbatiale aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde.

Ravagée par les invasions vikings en 857, elle ne fut reconstruite qu'au début du XIIe siècle par Étienne de Tournai, elle appartenait alors à l'ordre de Cluny.

Plusieurs conciles y furent tenus aux VIe et VIIe siècles, notamment celui de 577 contre Prétextat, évêque de Rouen[1]. Lors du procès des Templiers, une commission pontificale siège dans l'abbaye du au  : plus de 589 templiers vont venir y défendre leur ordre[2].

Lors de grand désordres[C'est-à-dire ?], des processions avaient lieu en sortant la châsse de sainte Geneviève qui parcourait alors des rues de Paris, cette châsse fut fondue à la Monnaie de Paris en 1793 et les ossements de la sainte, brûlés. La châsse faisait partie d'une œuvre de Germain Pilon pour la statuaire et de l'orfèvre Bonard qui, en 1242, pesait 193 marcs d'argent et sept marcs et demi d'or.

Cette ancienne abbatiale tomba en ruines au fil des siècles et ce qui restait fut démoli en 1807 pour percer la rue Clovis. De l'église initiale, il ne subsiste plus que le clocher, connu actuellement sous le nom de « tour Clovis », située dans l'enceinte du lycée Henri-IV, lui-même constitué par les anciens bâtiments conventuels de l'abbaye, datant des XIIIe et XVIIe siècles.
Le , le cercueil en cuivre de Descartes y fut déposé sous un monument de marbre[3].

Comme siège de la congrégation de France (ou « association ») des abbayes augustiniennes dites des génovéfains, l'abbaye eut une grande influence en Europe à partir du XVIIe siècle. La fédération des abbayes augustiniennes initiée par le cardinal de la Rochefoucauld, abbé commendataire de l'abbaye, avait pour but d'introduire dans les abbayes augustiniennes les réformes demandées par le concile de Trente.

Avant la Révolution française, un projet de reconstruction avait été commencé : une nouvelle abbatiale monumentale fut construite sur une crypte. Cette église, due à l'architecte Jacques-Germain Soufflot, est aujourd'hui connue sous le nom de Panthéon de Paris.

Parmi les richesses de l'abbaye, une importante bibliothèque qui est devenue la bibliothèque Sainte-Geneviève. L'astronome Pingré en fut le bibliothécaire.

En 1723, Marin Marais écrivit la Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Paris, une pièce de La Gamme et autres morceaux de symphonie pour le violon, la viole et le clavecin.

Architecture[modifier | modifier le code]

Abbatiale[modifier | modifier le code]

D'une église du XIe siècle, il ne subsiste que la base du clocher, l'actuelle Tour Clovis, intégrée au lycée Henri-IV. L'église, remaniée au XIIe siècle et au XIIIe siècle, est dotée d'une façade dont le portail est orné de statues. Celle de sainte Geneviève, conservée à Paris au musée du Louvre, était entourée de saint Pierre et saint Paul.

Crypte[modifier | modifier le code]

Elle était peuplée de tombeaux.

Cloître[modifier | modifier le code]

  • Dans le cloître de l'abbaye, en 1110, eu lieu une célèbre rencontre entre Pierre Abélard — qui y avait fondé une école — et un de ses auditeurs, Gossuin d'Anchin, qui sortit vainqueur de cette joute oratoire et philosophique[4].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Gisant de Clovis, dessin, Paris, Bibliothèque nationale de France.

Source : A.M. Le Fèvre, prêtre de Paris et bachelier en théologie, Calendrier historique et chronologique de l'Église de Paris, 1747.

  • 1110-1147 : Étienne Ier de Garlande
  • 1148-1161 : Odon Ier (sous-prieur : Guillaume de Paris)
  • 1161-11?? : Aubert ou Albert
  • 11??-11?? : Garin
  • 11??-11?? : Hugues
  • 1176-1192 : Étienne II de Tournai
  • 1192-1222 : Jean I de Toucy
  • 1222-1232 : Galon
  • 1232-1240 : Herbert
  • 1240-124? : Robert Ier de La Ferté-Milon
  • 124?-1247 : Odon II
  • 1247-1256 : Arnould de Romainville
  • 1256-1258 : Guillaume Ier d’Auxerre
  • 1258-1292 : Guérin d’Anduy
  • 1292-1298 : Jean II de Vic
  • 1298-1307 : Jean III de Roissy
  • 1308-1314 : Jean IV de Saint-Leu
  • 1314-13?? : Jean V
  • 13??-1344 : Jean VI de Borreste
  • 1344-1358 : Robert II de la Garenne
  • 1358-1363 : Jean VII d’Ardennes
  • 1363-1379 : Jean VIII de Baisemain
  • 1379-1405 : Étienne III de La Pierre
  • 1406-1424 : François Ier de Nyons
  • 1424-14?? : saint Radulfe Mareschal
  • 14??-14?? : Robert III Michon
  • 14??-1460 : Pierre Ier Caillou
  • 1460-1479 : Jean IX Bouvier
  • 1479-1488 : Philippe Ier Langlois
  • 1488-15?? : Philippe II Couin
  • 15??-15?? : Guillaume II Le Duc
  • 15??-1557 : Philippe III Le Bel
  • 1557-1607 : Joseph Foulon
  • 1607-1619 : Benjamin de Brichanteau de Nangis
  • 1619-1634 : cardinal François de La Rochefoucauld-Randan
  • 1634-1640 : Charles Faure
  • 1640-1643 : François II Boulart
  • 1643-1644 : Charles Faure
  • 1644-1650 : François III Blanchart
  • 1650-1653 : Antoine Ier Sconin
  • 1653-1656 : François IV Boulart
  • 1656-1665 : François III Blanchart
  • 1665-1667 : François IV Boulart
  • 1667-1675 : François III Blanchart
  • 1675-1681 : Paul Beurrier
  • 1681-1685 : Érard Floriot
  • 1685-1688 : Antoine II Watrie
  • 1688-1691 : François V Morin
  • 1691-1697 : Jean X de Montenay
  • 1697-1703 : Jean-Baptiste Chaubert
  • 1703-1706 : Jean X de Montenay
  • 1706-1709 : Claude Ier Paris
  • 1709-1715 : Jean XI Polinier
  • 1715-1721 : Gabriel de Riberolles
  • 1721-1727 : Jean XI Polinier
  • 1727-1733 : Gabriel de Riberolles
  • 1733-1739 : Pierre II Sutaine
  • 1739-1745 : François VI Patot
  • 1745-1750 : Lazare Chambroy
  • 1750-1754 : Blaise Duschene
  • 1754-1760 : Louis Chaubert
  • 1760-1766 : Charles-François Delorme
  • 1766-1772 : Étienne IV Viallet
  • 1772-1778 : Raymond Revoire
  • 1778-1784 : André-Guillaume de Géry
  • 1784-1790 : Claude II Rousselet

Terriers, dépendances et revenus[modifier | modifier le code]

Confirmation du roi Louis VI le Gros, Pierrefitte-sur-Seine, Archives nationales.
  • L'abbaye possédait également le bourg Saint-Médard, les clos du Chardonnet, des Coupeaux, des Saussayes, de la Cendrée ou Cendrier ;
  • 1163 : bulle du Pape Alexandre III confirmant les biens et domaines de l'abbaye (Apud Balneolum et Fontanetum, terras, nemora et prata[5]), ainsi que le don par Bouchard V de Marly de cinq arpents de vignes sur le territoire de Marly ;
  • 1247 : Thibaud, abbé accorda l'affranchissement des serfs de Bagneux, ce qui fut approuvé par Saint-Louis[6] ;
  • 1580 : seigneur en partie de Bagneux[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. sur cosmovision.com
  2. Archives nationales, L'affaire des Templiers : du procès au mythe
  3. Louis Aimé Martin, Œuvre philosophique, 1838, Auguste Desrez éditeur, p. 32, ([lire en ligne]).
  4. Vita D. Gosuini, abbatis Aquicinetini, manuscrit du XIIe siècle, In-12, bibliothèque de la ville de Douai, n°813 du catalogue des manuscrits. texte cité par Eugène Alexis Escallier dans Abbaye d'Anchin 1079-1792, Lille, L. Lefort, 1852, chap.VI, p. 61 et suivantes.
  5. Cité par l'abbé Jean Lebeuf dans son Histoire du Diocèse de Paris contenant la suite des Paroisses du Doyenné de Châteaufort, chez Prault, à Paris, 1757, t.IXe, p. 414.
  6. « Cartulaire de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris », p. 283, référence citée par Jean Lebeuf, op. cit., p. 414.
  7. « Procès-verbal de la Coutume de Paris de 1580 », cité par l'abbé Jean Lebeuf, op. cit., t.IX, p. 413.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cartulaire de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris, Paris, bibliothèque Sainte-Geneviève, cote : Ms 356. Parchemin de 392 pages.
  • Catherine Echalier, L'Abbaye royale Sainte-Geneviève au Mont de Paris, Ed. Alan Sutton, coll. Passé Simple, 176.p. 2005. (ISBN 2849101400)
  • Noémie Escher, Recueil des chartes de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (996-1016-1200), École des chartes, 2009.
  • Adrien Friedmann, Paris, ses rues, ses paroisses, du Moyen Âge à la Révolution, Paris, 1959, document dactylographié cote Bibliothèque Ste Geneviève: Qb 4°Sup. 1542 Rés.
  • Bernard Barbiche, « La papauté et les abbayes de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor au XIIIe siècle », in, L'Église de France et la Papauté Xe ‑ XIIIe siècle, Actes du XXVIe colloque historique franco-allemand (Paris 17-19 octobre 1990, Éd. Grosse, Bonn, 1993, p.239-262 (p. 242 n.14, 243 n.20, 247 n.36-37, 248 n.43)
  • Melle Jacquin, « Un jour de gloire pour notre Montagne : Louis XV pose la première pierre de la nouvelle église Sainte-Geneviève », in Bulletin de la Société historique et archéologique du Ve arrondissement, [récit de l'événement du 6 septembre 1764], mai 1973, n°163, p.58-66.
  • Albert Laprade, « Une carrière aimable qui finit dans l'angoisse. Jacques-Germain Soufflot », in Bulletin de la Société historique et archéologique du Ve arrondissement, [quelques détails à propos de la construction de l'église Sainte-Geneviève], mai 1973, n°163, p.110-121.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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