Maurice Merleau-Ponty

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Maurice Merleau-Ponty
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Philosophe français

Époque contemporaine

Maurice Merleau-Ponty.jpg
Naissance
Décès
3 mai 1961 (Paris) (à 53 ans)
Langue
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
Chair/chiasme, visible/invisible, phénoménologie du langage, perception
Œuvres principales
La structure du comportement
Phénoménologie de la perception
Le visible et l'invisible
Influencé par
A influencé

Maurice Merleau-Ponty est un philosophe français, né à Rochefort-sur-Mer le 14 mars 1908 et mort le 3 mai 1961 à Paris. Il est le cousin du philosophe des sciences Jacques Merleau-Ponty.

Biographie[modifier | modifier le code]

Entrée de la Sorbonne

L'enseignant[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires terminées au lycée Louis-le-Grand à Paris, Maurice Merleau-Ponty devient élève de l'École normale supérieure de Paris, à la même époque que Jean-Paul Sartre (avec lequel il entretient des relations d'amitié), et est reçu deuxième à l'agrégation de philosophie en 1930.

D’abord professeur à Beauvais (1931-1933), puis au lycée Marceau à Chartres (1934-1935), ensuite répétiteur («caïman») à l’École normale supérieure de Paris (1935-1939) et mobilisé au 5e régiment d'infanterie et à l’état-major de la 59e division légère d’infanterie (1939-1940), il enseigne aussi au lycée Carnot (1940-1944) et en première supérieure au lycée Condorcet (1944-1945). Enfin, il obtient un doctorat ès lettres en 1945 avec La Structure du comportement (1942) et la Phénoménologie de la perception (1945).

Il est ensuite nommé maître de conférences de philosophie à la faculté des lettres de l'université de Lyon (1945), puis professeur titulaire (de la chaire de psychologie (janvier 1948). À la rentrée 1949 il est nommé maître de conférences de psychologie pédagogique à la faculté des lettres de l'université de Paris et obtient le titre de professeur sans chaire en janvier 1950. Enfin, il devient titulaire à partir de 1952, jusqu'à sa mort en 1961 de la chaire de philosophie du Collège de France qu'avaient illustrée avant lui Henri Bergson, Édouard Le Roy ou Louis Lavelle. Sa conférence inaugurale s'intitule « Éloge de la philosophie » : Son acuité d'esprit et son intelligence exceptionnelle lui ont permis d'inspirer et d'enthousiasmer de nombreux jeunes philosophes.

Merleau-Ponty fut aussi membre du comité directeur de la revue Les Temps modernes en tant qu'éditorialiste politique, de la fondation de la revue en octobre 1945 jusqu'en décembre 1952, soit à l'époque de la rupture de son amitié avec Jean-Paul Sartre (la « rupture » eut lieu en juillet 1953)[1].

Merleau-Ponty s'engage aussi politiquement, faisant ainsi partie du bureau national du cartel de l'Union des forces démocratiques (UFD), mis sur pieds pour les élections législatives de 1958 et qui rassemblait la gauche non communiste et anti-gaulliste.

À l'âge de cinquante-trois ans, il meurt d'un arrêt cardiaque le soir du 3 mai 1961, assis à son bureau, où la Dioptrique de Descartes était encore ouverte[2]. « Il laisse une œuvre considérable, inachevée, et singulièrement un livre auquel il travaillait et qui devait constituer son chef-d'œuvre : “Les aventures de la Dialectique” »[3].
Claude Lefort est l'exécuteur testamentaire de l'œuvre de Maurice Merleau-Ponty [4].

La rupture avec Sartre[modifier | modifier le code]

Supportant difficilement l'attitude qu'avait prise, à partir de 1950 (à l'époque de la guerre de Corée), Sartre dans la direction des Temps modernes, qui venait de se permettre de publier son article « Les Communistes et la paix » (1952) sans prévenir quiconque à la revue, Merleau-Ponty appela Sartre après que celui-ci eut fait sauter sans l'avertir un texte qu'il avait rédigé pour chapeauter un article marxiste (de Sartre), qu'il estimait ne pas être publiable sans ce chapeau (dans le numéro de décembre 1952)[5]. La conversation téléphonique, tendue, dura deux heures[6], puis fut suivie de trois longues lettres où s'expriment bien sûr leurs désaccords politiques, ainsi que leurs désaccords sur le rôle de l'intellectuel, mais aussi des divergences philosophiques, voire personnelles. Ces lettres marqueront la rupture de leur amitié qui datait de leurs années d'études à l'École normale supérieure de Paris – une rupture qui ne semble jamais avoir été acceptée par l'un comme par l'autre, selon François Ewald[7].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Le primat de la perception[modifier | modifier le code]

Avec La Structure du comportement et la Phénoménologie de la perception (1944), Merleau-Ponty a voulu montrer que la perception n'était pas la résultante d'atomes causaux de sensations, contrairement à ce que véhiculait la tradition issue de John Locke dont la conception atomiste causale était perpétuée dans certains courants psychologiques de l'époque (par exemple le béhaviorisme). La perception a plutôt, selon Merleau-Ponty, une dimension active en tant qu'ouverture primordiale au monde vécu (au Lebenswelt)[8].

Cette ouverture primordiale est à la base de sa thèse du primat de la perception. Selon une formule de la phénoménologie d'Edmund Husserl, « toute conscience est conscience de quelque chose », ce qui implique une distinction entre « actes de pensée » (la noèse) et « objets intentionnels de la pensée » (le noème), faisant de la corrélation noético-noématique le premier socle de la constitution des analyses de la conscience.

Or, en étudiant les manuscrits posthumes d'Edmund Husserl, qui demeure une de ses influences majeures, Merleau-Ponty remarque que dans leur évolution, ses travaux mettent eux-mêmes à jour des données qui ne sont pas assimilables à la corrélation noético-noématique[9]. C'est notamment le cas en ce qui a trait aux données sur le corps (qui est à la fois corps-sujet et corps-objet), sur le temps subjectif (la conscience du temps n'est ni un acte de conscience ni un objet de pensée) et sur autrui (les premières considérations d'autrui chez Husserl menaient au solipsisme).

La distinction entre « actes de pensée » (noèse) et « objets intentionnels de la pensée » (noème) ne semble donc pas constituer une base irréductible, elle semble plutôt apparaître à un niveau supérieur de l'analyse. Ainsi, Merleau-Ponty ne postule pas que « toute conscience est conscience de quelque chose », ce qui suppose d'emblée un socle noético-noématique, il développe plutôt la thèse selon laquelle « toute conscience est conscience perceptive »[10]. Ce faisant, il instaure un tournant significatif[11] dans le développement de la phénoménologie, indiquant que les conceptualisations doivent être réexaminées à l'aune du primat de la perception, en soupesant ses conséquences philosophiques.

La corporéité[modifier | modifier le code]

René Descartes.

En prenant comme point de départ l'étude de la perception, Merleau-Ponty est amené à reconnaître que le corps propre n'est pas seulement une chose, un objet potentiel d'étude pour la science, mais qu'il est aussi une condition permanente de l'expérience, qu'il est constituant de l'ouverture perceptive au monde et à son investissement. Il souligne alors qu'il y a une inhérence de la conscience et du corps dont l'analyse de la perception doit tenir compte. Pour ainsi dire, le primat de la perception signifie un primat de l'expérience, dans la mesure où la perception revêt une dimension active et constitutive[12].

Le développement de ses travaux instaure donc une analyse marquant la reconnaissance autant d'une corporalité de la conscience que d'une intentionnalité corporelle[13], contrastant ainsi avec l'ontologie dualiste des catégories corps/esprit de René Descartes, un philosophe auquel Merleau-Ponty est demeuré attentif malgré les divergences importantes qui les séparent[14]. Il amorce alors une étude de l'incarnation de l'individu dans le monde, tentant de surmonter l'alternative entre une pure liberté et un pur déterminisme, tout comme le clivage entre le corps-pour-soi et le corps-pour-autrui.

Le langage[modifier | modifier le code]

Voir aussi philosophie du langage.

La mise en lumière du fait que la corporéité a intrinsèquement une dimension d'expressivité qui s'avère fondamentale à la constitution de l'ego est l'une des conclusions de La Structure du comportement[15] constamment réinvesties dans ses travaux ultérieurs. En suivant ce filon de l'expressivité, il va examiner comment un sujet incarné est en mesure de réaliser des activités qui dépassent le niveau organique du corps, tel que c'est le cas lors des opérations intellectuelles et en ce qui relève de la vie culturelle.

Il considère alors attentivement le langage, en tant que noyau de la culture, en examinant notamment les liens entre le déploiement de la pensée et du sens, tout en enrichissant sa perspective non seulement par l'analyse de l'acquisition du langage et de l'expressivité du corps, mais aussi en prenant en compte les pathologies du langage, de même que la peinture, le cinéma, les usages littéraires du langage et la poésie.

Tout comme, à la même époque, Gilbert Ryle, il rejette alors explicitement la conception cartésienne ou mentaliste du langage, qui en ferait la simple expression de représentations mentales. Les mots ne sont pas, pour Merleau-Ponty, le reflet de la pensée: « la parole n'est pas le « signe » de la pensée » [16]. On ne peut en effet dissocier la parole et la pensée: les deux sont « enveloppées l'une dans l'autre, le sens est pris dans la parole et la parole est l'existence extérieure du signe » [16]. Le langage implique d'abord une activité intentionnelle, qui passe par le corps propre. « La pensée n'est rien d'« intérieur », elle n'existe pas hors du monde et hors des mots. » [16]

Ferdinand de Saussure.

Cette préoccupation pour le langage inclut dès le départ une considération des expressions relevant de la sphère artistique, comme en témoigne La Structure du comportement (1942) qui contient notamment un passage sur le Greco[17] préfigurant les propos qu'il développe en 1945 dans Le Doute de Cézanne[18], à la suite des considérations de la Phénoménologie de la perception[19]. Dans cette mesure, le travail qu'il réalise lorsqu'il occupe la Chaire de psychologie de l'enfant et de pédagogie à l'Université de La Sorbonne n'est pas un intermède à ses préoccupations philosophiques et phénoménologiques, il représente plutôt un moment significatif du développement de ses réflexions[20].

Tel que l'indiquent ses résumés de cours à l'Université de La Sorbonne, il maintient durant cette période un dialogue entre la phénoménologie et les divers travaux réalisés en psychologie, tout en revenant sur l'étude de l'acquisition du langage chez l'enfant, en plus d'être l'un des premiers philosophes à exploiter largement l'apport des travaux de linguistique de Ferdinand de Saussure et de travailler sur la notion de structure par l'entremise d'une discussion des travaux en psychologie, en linguistique et en anthropologie sociale[21].

Les arts[modifier | modifier le code]

Il importe de préciser que l'attention que Merleau-Ponty porte aux diverses formes d'arts (visuels, plastiques, littéraires, poétiques, etc.) n'est pas tributaire d'un questionnement sur le beau, ni orientée en vue de l'élaboration de critères normatifs sur l'art. Ainsi, on ne retrouve pas dans ses travaux un effort de théorisation tentant de cerner ce qui constituerait un chef-d'œuvre, une œuvre d'art ou encore de l'artisanat. Son objectif est d'abord et avant tout d'analyser les structures à la base de l'expressivité, qui se révèlent invariantes, en enrichissant les considérations sur le langage par une attention au travail des artistes, poètes et écrivains.

Cependant, bien qu'il n'établisse pas de critères normatifs sur l'art en tant que tel, il y a néanmoins chez lui une distinction prévalant entre « expression première » et « expression seconde ». Cette distinction apparaît dans la Phénoménologie de la perception[22] et est parfois reprise sous les termes de « langage parlé » et de « langage parlant » [23]. Le langage parlé (ou expression seconde) renvoie à notre bagage langagier, à l'héritage culturel que nous avons acquis, ainsi qu'à la masse brute de rapport de signes et de significations. Le langage parlant (ou expression première), quant à lui, c'est le langage en tant que mise en forme d'un sens, c'est le langage au moment où il procède à l'avènement d'une pensée, au moment où il se fait avènement de sens.

C'est le langage parlant, c'est-à-dire l'expression première, qui intéresse Merleau-Ponty et qui retient son attention lorsqu'il traite de la nature de la production et de la réception des expressions, un sujet qui imbrique aussi une analyse de l'action, de l'intentionnalité, de la perception, ainsi que des rapports entre la liberté et les déterminants externes.

Les Joueurs de cartes, Paul Cézanne.

Au sujet de l'œuvre peinte, Merleau-Ponty constate que lors de son travail de création, l'artiste peintre peut avoir au préalable une certaine idée et désirer la concrétiser, ou encore qu'il peut travailler d'abord le matériau en tentant d'en dégager une certaine idée ou émotion, mais que dans un cas comme dans l'autre, il y a dans l'activité du peintre une élaboration de l'expression qui se retrouve intimement en interaction avec le sens qui est mis en œuvre. C'est à partir de ce constat de base qu'il va tenter d'expliciter les structures invariantes caractérisant l'expressivité, en tentant de rendre compte de la surdétermination du sens qu'il a fait valoir dans Le doute de Cézanne[18].

Parmi les structures à considérer, l'étude de la notion de style occupera une place importante dans Le langage indirect et les voix du silence[24]. En dépit de certains accords avec André Malraux, il marquera ses distances par rapport à trois conceptions du style dont ce dernier fait usage dans Les Voix du silence (publié dans la collection La Pléiade et regroupant les quatre volumes de Psychologie de l'art publiés de 1947 à 1950). Merleau-Ponty considère que dans cet ouvrage, le style est employé par Malraux parfois dans une optique très subjective en étant assimilé à une projection de l'individualité de l'artiste, parfois dans une optique à l'inverse très métaphysique, voire mystique selon lui, où le style est alors lié à une conception de « surartiste » exprimant « L'Esprit de la peinture », et qu'enfin il est parfois réduit à simplement désigner une catégorisation d'école ou de mouvement artistique.

Pour Merleau-Ponty, ce sont ces usages de la notion de style qui amènent André Malraux à postuler un clivage entre l'objectivité de la peinture de la Renaissance italienne et la subjectivité de la peinture de son époque, ce à quoi Merleau-Ponty s'oppose. Selon lui, il importe de considérer cette problématique à la base, en reconnaissant que le « style » est d'abord une exigence due au primat perceptif, ce qui implique aussi une prise en considération des dimensions de l'historicité et de l'intersubjectivité[25].

L'histoire et l'intersubjectivité[modifier | modifier le code]

Autant ses travaux sur la corporéité que ceux sur le langage révèlent l'importance, pour la compréhension de l'expressivité, de l'enracinement de l'individu au sein du monde vécu. Or, cet enracinement imbrique les dimensions de l'historicité et de l'intersubjectivité, qu'il s'efforce alors de rendre intelligibles[26]. Comme point de départ à la considération de l'histoire et de l'intersubjectivité, il remarque que l'individu n'en est ni le sujet, puisqu'il prend part à un univers socioculturel et langagier déjà structuré, mais qu'il n'en est pas non plus le produit, puisqu'il y prend part et influe sur les institutions par l'usage qu'il en fait, y compris en ce qui a trait au langage institué qui lui semble être un modèle d'étude pour la compréhension de ces phénomènes[27], comme il le note dans le dossier qu'il remet en vue de sa nomination au Collège de France[28].

En ce sens, Merleau-Ponty est un contradicteur du sens de l'histoire, concept hégelien – quoique l'influence d'Hegel soit certes plus présente dans ses derniers travaux[11].

Par son traitement de l'intersubjectivité, Merleau-Ponty met en évidence aussi une aporie de la philosophie occidentale qui s'exprimait par le problème classique du solipsisme. Dans le sillage de Husserl mais davantage que ce dernier il insiste sur une sorte de primat de l'intersubjectivité qui révèle à quel point le point de départ cartésien dans le « je pense » était inducteur de difficultés exposant d'ailleurs la philosophie au ridicule d'un « solipsisme à plusieurs ». C'est sous l'effet de ce renversement qu'une réforme des catégories ontologiques se met en marche dans l'œuvre du philosophe français.

Les sciences[modifier | modifier le code]

La psychologie[modifier | modifier le code]

S'il est vrai que Merleau-Ponty s'est montré attentif aux travaux de la psychologie, la plupart des spécialistes de l'histoire de la discipline reconnaissent qu'il est tout aussi vrai que ses propres travaux ont eu un impact réel au niveau des recherches en psychologie[29]. La structure du comportement (1942) considère de front un large éventail des recherches expérimentales de l'époque tout en montrant plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés certains de ces travaux, en particulier ceux du béhaviorisme, dû aux présupposés ontologiques sur lesquels ils s'appuient implicitement. Mais à l’inverse, il montre aussi que les données expérimentales de la psychologie mettent en évidence certains problèmes de l'épistémologie et de la philosophie des sciences de l'époque.

On remarque par ailleurs que La structure du comportement contient de nombreuses références à des recherches telles que celles du neurologue Kurt Goldstein et de Frederik J. J. Buytendijk, et que, réciproquement, Buytendijk fait à son tour plusieurs fois référence à Merleau-Ponty dans son Traité de Psychologie animale (1952), en plus d'avoir publié un article intitulé « Toucher et être touché » (1953)[30] qui n'est pas étranger aux thèses sur la réversibilité « touchant-touché » que l'on retrouve dans Le visible et l'invisible[31].

Merleau-Ponty a aussi été attentif aux travaux de la psychologie de la Gestalt[32] et a tenté une interprétation des points de convergence et de divergence de la psychanalyse[33] avec la phénoménologie, en plus de ses considérations sur la psychosociologie et sur les travaux de Jean Piaget[34].

La sociologie et l'anthropologie[modifier | modifier le code]

En faisant l'analyse de l'enracinement au monde vécu et, par extension, de l'intersubjectivité, Merleau-Ponty a été amené à prendre position sur la nature des recherches sociologiques et anthropologiques, notamment dans les articles Le philosophe et la sociologie[35] et De Mauss à Claude Lévi-Strauss[36]. Ses thèses sur le primat de la perception et sur le corps vécu instaurent une compréhension novatrice de l'intersubjectivité et, pour cette raison, elles ont inspiré des recherches en sociologie. Ces travaux ont emprunté plusieurs directions, et notamment : 1) le thème du « corps propre » a joué un rôle dans la sociologie de l'habitus et de la pratique de Pierre Bourdieu[37], qui a d'ailleurs hésité à la fin de ses études de philosophie entre s'inscrire en thèse avec Merleau-Ponty et devenir sociologue ; 2) une mise en perspective avec les travaux de phénoménologie sociologique d'Alfred Schütz sur les intentionnalités pratiques a été engagée[38] ; 3) une confrontation avec la nouvelle sociologie pragmatique a été avancée[39].

La chair et le chiasme / Le visible et l'invisible[modifier | modifier le code]

Les notions de chair et de chiasme, ainsi que les notions concomitantes de visible et d'invisible, apparaissent principalement dans Le visible et l'invisible et dans les Notes de travail qui l'accompagnent (rappelons qu'il s'agit d'un ouvrage posthume, demeuré en chantier[40]), ainsi que dans les notes de cours au Collège de France de la période 1959-1961[41] – et très brièvement dans la Préface de Signes[42] et quelques autres endroits[43]. En raison de l'état d'inachèvement de l'articulation de ces notions, il n'est pas toujours évident de délimiter exactement ce que Merleau-Ponty voulait signifier par là, mais, sans entrer dans les questions d'interprétations, il y a néanmoins certaines indications généralement partagées par les spécialistes dans le domaine qui peuvent être relevées.

On peut d'abord noter que l'introduction de ces notions vise à surmonter les clivages véhiculés par l'usage (de l'époque) de certaines notions. Ainsi, en postulant que « toute conscience est conscience perceptive », Merleau-Ponty a reconnu une prégnance primordiale du percevant et du perçu – ce qui est parfois indiqué par l'exemple de la réversibilité du touchant et du touché. De même, en traitant du corps propre, il a reconnu une corporalité de la conscience et une intentionnalité corporelle. Or, les catégories de sujet/monde, comme celles de corps/conscience ont souvent été articulées sur fond de dualisme des catégories. C'est en quelque sorte pour nommer ces prégnances et empiètements qu'apparaîtra la notion de chair, ainsi que les notions associées d'entrelacs et de chiasme[44]. Les notions de visible et d'invisible, quant à elles, sont liées à la question du sens.

Selon les thèses de Merleau-Ponty, il n'y a pas de distinction catégorique entre être et manière d'apparaître. Ainsi, on remarquera que malgré son attention aux travaux de Heidegger, qu'il discute plus fréquemment dans cette période, Merleau-Ponty n'endosse pas les considérations de ce dernier sur le plan de la métaphysique[45]. Pour Merleau-Ponty, la question du sens ne s'inscrit pas dans une ontologie dualiste de l'apparence et de l'être, il y a plutôt une réversibilité des dimensions de visible et d’invisible qui doivent être comprises comme endroit et envers, l’invisible n'étant pas l'opposé du visible (Merleau-Ponty s'écarte ainsi de l'ontologie sartrienne de L'Être et le Néant), mais plutôt sa doublure, sa « profondeur charnelle ». Il s'agit là en quelque sorte pour lui de rendre justice à la prégnance des signes et du sens qui prévaut, selon ses travaux sur le langage et les arts. Ceci signifie qu'il n'y a pas subordination des signes au sens, ni l'inverse.

Ainsi, la question du sens ne peut pas être ramenée à une pure idéalité, il y a aussi une matérialité inhérente au sens – par exemple, dans Phénoménologie de la perception Merleau-Ponty note qu'une œuvre peinte, si elle est déchirée, n'est plus sens, elle est ramenée à son état de lambeaux[46].

La politique[modifier | modifier le code]

La pensée politique de Merleau-Ponty ne se situe ni au niveau de l'élaboration théorique d'une philosophie politique proprement dite, ni au niveau d'une chronique de l'actualité et des événements politiques. L'élaboration de sa pensée politique procède d'un va-et-vient entre ces niveaux, il ne s'agit, du moins selon ses propres souhaits, ni de plaquer une théorie aux événements en faisant découler les actions à entreprendre à partir de principes politiques/moraux, ni de réagir à chaque événement comme s'il constituait à lui seul un tout sans dimension philosophique. Deux interlocuteurs de la tradition philosophique joueront un rôle particulier dans l'élaboration d'une esquisse de philosophie politique au risque des tumultes de l'histoire au sein desquels le penseur engagé a assumé son immersion : Machiavel[47] et Marx[48].

Il publie Humanisme et terreur (1947) où il justifie les procès de Moscou au nom de la responsabilité « objective » des accusés ; puis Les Aventures de la dialectique (1955). Ces ouvrages, en plus de receler l'ébauche d'une philosophie de l'histoire, abordent l'interprétation du marxisme, sans pour autant adhérer à une quelconque doctrine. Il publie aussi maints articles à teneur politique dans divers journaux, ainsi que dans la revue Les Temps modernes dont il est éditorialiste politique jusqu'à son retrait, en décembre 1952, dû à des divergences d'opinion touchant à la fois aux perspectives d'engagement social des intellectuels et aux positions politiques de Sartre, tel qu'en témoigne le document Sartre, Merleau-Ponty : Les lettres d'une rupture[49].

Du point de vue de leur actualité, les écrits politiques de Maurice Merleau-Ponty ont fait l'objet d'une controverse en janvier 2009 entre le sociologue et militant altermondialiste Philippe Corcuff et le philosophe et député socialiste européen Vincent Peillon[50].[pas clair]

Citations[modifier | modifier le code]

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  • « La phénoménologie (...) c'est d'abord le désaveu de la science. » (Phénoménologie de la perception, p. II). Il est primordial de noter que le terme « désaveu », lié à une question méthodologique dans le retour aux « choses elles-mêmes », n'a ici aucune connotation péjorative. Aussi Merleau-Ponty précise-t-il que « si nous voulons penser la science elle-même avec rigueur, en apprécier exactement le sens et la portée, il nous faut réveiller d'abord cette expérience du monde dont elle est l'expression seconde. » (Phénoménologie de la perception, p. III).
  • « Qu'il s'agisse des vestiges ou du corps d'autrui, la question est de savoir comment un objet dans l'espace peut devenir la trace parlante d'une existence, comment inversement une intention, une pensée, un projet peuvent se détacher du sujet personnel et devenir visibles hors de lui dans son corps, dans le milieu qu'il se construit. » (Phénoménologie de la perception, p. 401).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • WorldCat
  • La Structure du comportement, Paris, PUF, 1942 7e éd. en 1972
  • La Phénoménologie de la perception, Paris, NRF, Gallimard, 1945
  • Humanisme et terreur, Paris, Gallimard, 1947
  • L’Union de l’âme et du corps, chez Malebranche, Biran et Bergson, Vrin, 1968, cours présentés par J. Deprun
  • Sens et non-sens, Paris, Nagel, 1948
  • Les Aventures de la dialectique, Gallimard, 1955
  • Les Sciences de l’homme et la phénoménologie, Centre de documentation universitaire, réédité en 1975
  • Les Relations avec autrui chez l’enfant, Paris, Centre de documentation universitaire, réédité en 1975
  • Éloge de la philosophie, leçon inaugurale faite au Collège de France, le jeudi 15 janvier 1953, NRF, Gallimard, 1953
  • Signes, NRF, Gallimard, 1960
  • Le Visible et l’invisible, publié par Cl. Lefort, Gallimard, 1964
  • L’Œil et l’esprit, Gallimard, 1960
  • Résumé de cours (1952-1960), Gallimard, 1968
  • La Prose du monde, Gallimard, 1969
  • Oeuvres, édition établie et préfacée par Claude Lefort, Paris, Gallimard, 2010
  • Le monde sensible et le monde de l'expression : cours au Collège de France : notes, 1953, Genève, Métis Presses, 2011
  • Recherches sur l'usage littéraire du langage : cours au Collège de France : notes, 1953, texte établi par Benedetta Zaccarello et Emmanuel de Saint Aubert, annotations et avant-propos de Benedetta Zaccarello, Genève, Métis Presses, 2013


Bibliographie de commentaires en français[modifier | modifier le code]

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BONAN R., La prose du monde : « La perception d’autrui et le dialogue », extrait du chapitre V., Paris, Ellipses, 2002. (Philo-textes).

BONAN R., La dimension commune, Paris, L’Harmattan, 2002. (Ouverture philosophique) Vol. I : Le problème de l’intersubjectivité dans la philosophie de Maurice Merleau-Ponty, Vol. II : L’institution intersubjective comme poétique générale.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sartre, Merleau-Ponty : Les lettres d'une rupture » (avec une présentation de François Ewald), dans Maurice Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 129 à 169.
  2. E. Alloa, La Résistance du sensible. Merleau-Ponty critique de la transparence, « Philosophies en cours », Paris, Kimé, 2008, p. 88.
  3. D. Huisman, « de Socrate à Foucault ; pages célèbres de la philosophie occidentale », Perrin Paris 1989
  4. Alain Caillé, sociologue et économiste, ancien assistant de Claude Lefort à l'Université de Caen : interview vidéo
  5. « Sartre, Merleau-Ponty : Les lettres d'une rupture » (avec une présentation de François Ewald), dans Maurice Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 131-132.
  6. « Sartre, Merleau-Ponty : Les lettres d'une rupture » (avec une présentation de François Ewald), dans Maurice Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, page 132.
  7. « Sartre, Merleau-Ponty : Les lettres d'une rupture » (avec une présentation de François Ewald), dans Maurice Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, page 129.
  8. Maurice Merleau-Ponty, La structure du comportement, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Quadrige », 1990, pages 235-236 ; et Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1976, pages II-III et p. 240, et p. 348 ; et Maurice Merleau-Ponty, Le Primat de la perception et ses conséquences philosophiques, Éditions Verdier, 1996, page 67.
  9. La philosophie et la politique sont solidaires ; Entretien avec Jean-Paul Weber ; dans Maurice Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 303-304 ; et Maurice Merleau-Ponty, Les Sciences de l'homme et la phénoménologie dans Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 109-112.
  10. Titres et travaux. Projet d'enseignement (dossier de candidature au Collège de France), dans Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 9-35.
  11. a et b Alphonse de Waelhens, Une philosophie de l'ambiguïté, dans Maurice Merleau-Ponty, La Structure du comportement, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Quadrige », 1990, pages XI-XII.
  12. Principalement dans Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1976, aux chapitres IV, V et VI
  13. Michela Marzano, Philosophie du corps, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », 2007, pages 46-48 ; et Kurt Duaer Keller, Intentionality in Perspectival Structure, dans Chiasmi International ; Publication trilingue autour de la pensée de Merleau-Ponty, nouvelle série, numéro 3, pages 375-397.
  14. Maurice Merleau-Ponty, L'ontologie cartésienne et l'ontologie d'aujourd'hui ; cours de 1960-1961 (au Collège de France), dans Maurice Merleau-Ponty, Notes de cours. 1959-1961, Paris, Éditions Gallimard, NRF, collection « Bibliothèque de philosophie », 1996, pages 159-268 ; et Claude Lefort, Préface à Maurice Merleau-Ponty, Notes de cours. 1959-1961, Paris, Éditions Gallimard, NRF, collection « Bibliothèque de philosophie », 1996, pages 16-24.
  15. Maurice Merleau-Ponty, La structure du comportement, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Quadrige », 1990, pages 233-241.
  16. a, b et c Phénoménologie de la perception, I, chap. 6 (p.209-213 Tel Gallimard, 1945)
  17. Maurice Merleau-Ponty, La structure du comportement, Paris, Presses Universitaires de France, « Bibliothèque de Philosophie contemporaine », 1942, pages 219 et suiv.
  18. a et b Maurice Merleau-Ponty, Le doute de Cézanne, revue Fontaine, volume 8, numéro 47, décembre 1945 ; repris dans Maurice Merleau-Ponty, Sens et non-sens, Paris, Éditions Gallimard, NRF, collection « Bibliothèque de philosophie », 1996 (1966 pour l'Édition Nagel avec l'ancienne pagination), pages 13 à 33.
  19. Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1945, notamment aux pages 229-230 et aux pages 372-374, ainsi qu'aux pages 518-519.
  20. Galen A. Johnson, Structures and Painting: “Indirect Language and the Voices of Silence”, dans Galen A. Johnson (éd.), The Merleau-Ponty Aesthetics Reader. Philosophy and Painting, Illinois, Northwestern University Press, pages 15-16.
  21. Merleau-Ponty à la Sorbonne. Résumé de cours 1949-1952, Grenoble, Éditions Cynara, 1988, 576 pages. Intitulé des cours : « La Conscience et l'acquisition du langage », « L'Enfant vu par l'adulte », « Structure et conflits de la conscience enfantine », « Psycho-sociologie de l'enfant », « Les Relations avec autrui chez l'enfant », « Les Sciences de l'homme et la phénoménologie», « Méthode en psychologie de l'enfant », « L'Expérience d'autrui ».
  22. Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1945, page 207, 2e note de bas de page.
  23. Maurice Merleau-Ponty, La Prose du monde, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1992, pages 17-22.
  24. Maurice Merleau-Ponty, Le Langage indirect et les voix du silence, dans Maurice Merleau-Ponty, Signes, Paris, Éditions Gallimard, NRF, 1960, pages 49 à 104.
  25. Ronald Bonan, Le Problème de l’intersubjectivité dans la philosophie de Maurice Merleau-Ponty, Paris, L'Harmattan, 2001. Patrice Létourneau, Le Phénomène de l'expression artistique. Une reconstruction à partir des thèses de Maurice Merleau-Ponty, Québec, Éditions Nota bene, 2005, pages 76-85 ; Galen A. Johnson, Structures and Painting: “Indirect Language and the Voices of Silence”, dans Galen A. Johnson (éd.), The Merleau-Ponty Aesthetics Reader. Philosophy and Painting, Illinois, Northwestern University Press, pages 25-27.
  26. Maurice Merleau-Ponty, La structure du comportement, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Quadrige », 1990, pages 236-237 ; et Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1976, pages 398-419 ; et Maurice Merleau-Ponty, Titres et travaux. Projet d'enseignement (dossier de candidature au Collège de France), dans Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 19-35.
  27. Maurice Merleau-Ponty, Titres et travaux. Projet d'enseignement (dossier de candidature au Collège de France), dans Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 31-32
  28. Maurice Merleau-Ponty, Titres et travaux. Projet d'enseignement (dossier de candidature au Collège de France), dans Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 9-35.
  29. Georges Thinès, Phénoménologie et science du comportement, Bruxelles, Pierre Mardaga éditeur, 1980, page 19, ainsi que page 23 dans la deuxième note de bas de page (« La Structure du Comportement de Merleau-Ponty a, par exemple, inspiré de nombreuses hypothèses scientifiques dans la recherche psychologique. On ne peut en dire autant du travail phénoménologique de Sartre sur l'imaginaire. »).
  30. Frederik J. J. Buytendijk, Toucher et être touché, Arch. Neerl. Zool., 1953.
  31. Maurice Merleau-Ponty, Le visible et l'invisible, texte établi par Claude LEFORT, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1979 (1964), pages 185-195.
  32. En particulier à l'époque de la Phénoménologie de la perception (Éditions Gallimard, collection « Bibliothèque des Idées », 1945, 531 pages).
  33. Notamment : Maurice Merleau-Ponty, Le problème de la passivité : le sommeil, l'inconscient, la mémoire, dans Maurice Merleau-Ponty, L'institution/La passivité. Notes de cours au Collège de France (1954-1955), préface de Claude Lefort, Paris, Éditions Belin, 2003, pages 155-269 et 279-294.
  34. Principalement dans Merleau-Ponty à la Sorbonne. Résumé de cours 1949-1952, Grenoble, Éditions Cynara, 1988, 576 pages.
  35. Maurice Merleau-Ponty, Le philosophe et la sociologie, dans Cahiers Internationaux de Sociologie, numéro 10, 1951 ; repris dans Maurice Merleau-Ponty, Signes, Paris, Éditions Gallimard, NRF, 1960, pages 123 à 142.
  36. Maurice Merleau-Ponty, De Mauss à Claude Lévi-Strauss, dans La Nouvelle Revue Française, volume 7, numéro 82, 1959 ; repris dans Maurice Merleau-Ponty, Signes, Paris, Éditions Gallimard, NRF, 1960, pages 143 à 157.
  37. Voir notamment Pierre Bourdieu, Le sens pratique, Paris, Minuit; 1980, et les commentaires de Philippe Corcuff, Bourdieu autrement, partie 2, Paris, Textuel, 2003.
  38. Voir notamment Thierry Blin, Phénoménologie de l'action sociale. À partir d'Alfred Schütz, Paris, L'Harmattan, collection « Logiques sociales », 1999, en particulier p.22.
  39. Voir notamment Philippe Corcuff, « Le fil Merleau-Ponty : l'ordinaire, de la phénoménologie à la sociologie de l'action », in J.-L. Marie, P. Dujardin et R. Balme (éds.), L'Ordinaire. Modes d'accès et pertinence pour les sciences sociales, Paris, L'Harmattan, collection « Logiques sociales », 2002.
  40. Maurice Merleau-Ponty, Le visible et l'invisible, texte établi par Claude Lefort, Paris, Éditions Gallimard, collection « Bibliothèque des Idées », 1964, 360 pages.
  41. Maurice Merleau-Ponty, Notes de cours. 1959-1961, Paris, Éditions Gallimard, NRF, collection « Bibliothèque de philosophie », 1996, pages 191-198.
  42. Maurice Merleau-Ponty, Signes, Paris, Éditions Gallimard, NRF, 1960, page 30 (« Plutôt que de l'être et du néant, il vaudrait mieux parler du visible et de l'invisible, en répétant qu'ils ne sont pas contradictoires. On dit invisible comme on dit immobile : non pour ce qui est étranger au mouvement, mais pour ce qui s'y maintient fixe. »).
  43. Notamment : Maurice Merleau-Ponty, L'œil et l'esprit, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio/Essais », 1985, pages 85-87.
  44. Maurice Merleau-Ponty, Le visible et l'invisible, texte établi par Claude Lefort, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1979 (1964), pages 172-204
  45. Maurice Merleau-Ponty, Notes de cours. 1959-1961, Paris, Éditions Gallimard, NRF, collection « Bibliothèque de philosophie », 1996, pages 91-148 ; et dans la Préface de Claude Lefort à ce même ouvrage, pages 9-12.
  46. Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », 1945, page 374.
  47. Voir sa « Note sur Machiavel » (communication de septembre 1949 à un congrès de science politique en Italie), reprise dans Signes, Paris, Éditions Gallimard, NRF, 1960, pages 267-283, et les commentaires de Philippe Corcuff, « Merleau-Ponty ou l'analyse politique au défi de l'inquiétude machiavélienne », Les Études philosophiques, n°2, avril-juin 2001.
  48. Voir notamment Humanisme et terreur (1947), Sens et non-sens (1948), Les aventures de la dialectique (1955) ou Signes (1960), ainsi que les interventions de Daniel Cefaï, « Merleau-Ponty et le marxisme. La dialectique comme emblème de la découverte de la démocratie », Actuel Marx, n°19, 1996, et de Jean-Luc Gouin : « Merleau-Ponty et le marxisme. Ou la difficulté de tolérer l’intolérable », in Philosophiques, 1991 (18), N°1 (étude révisée, enrichie puis republiée, en 2010, sur le site cybernéen de l'auteur à l'Université du Québec).
  49. « Sartre, Merleau-Ponty : Les lettres d'une rupture » (avec une présentation de François Ewald), dans Maurice Merleau-Ponty, Parcours deux, 1951-1961, Éditions Verdier, 2000, pages 129 à 169.
  50. Voir Corcuff-Mediapart-Philosophie politique Merleau-Ponty-1, Corcuff-Mediapart-Philosophie politique Merleau-Ponty-2, Peillon-Mediapart-Réponse à Corcuff-Merleau-Ponty et Corcuff-Mediapart-Réponse à Peillon-Merleau-Ponty et l'article de Jacques Bolo sur la revue en ligne Exergue.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Textes et commentaires en ligne[modifier | modifier le code]

Autres liens externes[modifier | modifier le code]