Pablisme

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Le pablisme est le nom donné par les lambertistes à une tendance trotskiste, qui doit son nom à Michalis Raptis dit Pablo qui en était le principal dirigeant. Pablo avait été l'organisateur de la fusion des trois mouvements trotskistes français au sein de la Quatrième Internationale pendant la Seconde Guerre mondiale, qui mena à la création du Parti communiste internationaliste (PCI).

1952-1965 : au sein de la IVe Internationale[modifier | modifier le code]

Une scission intervint cependant en 1952, pendant la guerre de Corée, la majorité des militants français suivant Marcel Bleibtreu et Michel Lequenne qui refusaient la stratégie d'entrisme au sein du PCF et de la CGT préconisée par Pablo. Ils sont exclus de la IVe Internationale. Lambert après avoir évincé ses premiers dirigeants prend alors le contrôle de ce courant, d'où le qualificatif donné par ses adversaires, le lambertisme, qui s'organisera autour de l'Organisation communiste internationaliste (OCI). Pour les « lambertistes », les « pablistes » sont le secrétariat unifié de la IVème internationale plus que le groupe militant qui demeurera avec Pablo. Après avoir soutenu la rupture titiste et la politique « autogestionnaire » de la Yougoslavie, la IVème internationale dirigée par Pablo soutient le Front de libération nationale pendant la guerre d'Algérie, en l'aidant à fabriquer des faux-papiers et même à construire une usine d'armements au Maroc. Pablo est alors arrêté, passe en procès à Amsterdam en 1961, avant d'être libéré après quelques mois de prison. Après l'indépendance, il devient conseiller de Ben Bella, premier président de l'Algérie (1962-65) où il développe une stratégie autogestionnaire à partir du ministère des biens vacants, et participe à l'organisation de la Tricontinentale avec le militant marocain Mehdi Ben Barka.

1965-1969 : la rupture avec Frank et mai 68[modifier | modifier le code]

Toutefois, cette période voit un courant, mené par Pierre Frank, devenir majoritaire au sein du PCI. Franck considère en effet qu'il vaut mieux poursuivre la stratégie de mobilisation en France, au sein des groupes communistes, plutôt que de se focaliser sur l'Algérie et les mouvements de libération nationale tandis que Pablo se replie sur la « commission africaine de la Quatrième internationale » et sa revue, « Sous le drapeau du socialisme ». La rupture est officialisée en 1965, à la suite d'un congrès houleux, auquel les pablistes ne sont pas conviés, et qui voit leur expulsion de la IVe Internationale. C'est une simple majorité (51 % du congrès) des militants français de la IVe Internationale qui approuve Franck. Les quelques dizaines de militants, autour de Gilbert Marquis et Michel Fiant, Michel Pablo, constituent la TMR-IV (Tendance marxiste révolutionnaire de la IVe Internationale). Contrairement aux jeunes du PCI « Frankiste » dont les militants constituent la JCR après l'exclusion de la gauche de l'Union des étudiants communistes en 1966, les « pablistes » ne constituent pas une nouvelle organisation politique, travaillant avec le courant dit « italien » de l'UEC, regardant d'un œil favorable les effets du kroutchevisme. Ils sont toutefois à l'origine de la création en 1967/1968 des comités d'action lycéen dont Maurice Najman, est un des fondateurs. En 1968 ils constituent le « groupe marxiste révolutionnaire » pour pouvoir apparaître et signer un appel des organisations se réclamant du trotskysme avec le PCI de Pierre Frank et le groupe « Voix ouvrière » (futur « Lutte ouvrière »). Partisans de l'unité des révolutionnaires, ils s'impliquent en juin 1968, avec des dissidents du PCF, notamment issus de la mouvance « italienne », dans le CIMR, « comité d'initiative pour un mouvement révolutionnaire », et sont actifs dans la solidarité avec le peuple tchécoslovaque. En 1969, ils soutiennent la candidature d'Alain Krivine aux élections présidentielles.

1969-1977: de la fondation de l'AMR à la fusion dans le PSU[modifier | modifier le code]

Un an après mai 68, ils finissent par créer une organisation, l'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR), sur une orientation prenant en compte les nouveaux mouvements sociaux et approfondissant la convergence autour des thématiques autogestionnaires [1]. L'AMR publie un journal, mensuel puis hebdomadaire, l'Internationale. La TMR-IV se transforme en 1972 en TMRI (Tendance marxiste révolutionnaire internationale), ce qui officialiserait, selon l'International Institute of Social History (IISH), une rupture avec l'héritage trotskiste[1]. Dans les lycées l'AMR participe avec la JEC et le PSU aux comités de lutte lycéens et au « centre de luttes lycéennes », chez les étudiants elle tente de maintenir malgré la scission de l'UNEF une « tendance syndicaliste révolutionnaire », dans l'enseignement et les entreprises, elle est présente dans la tendance École émancipée de la FEN, la CFDT et la CGT. À l'échelle internationale, elle s'investit dans la solidarité avec le Chili et examine les expériences de pouvoir populaire, comme elle l'avait fait pour le Printemps de Prague. Alliant autogestion et « front unique », l'AMR se prononce pour un gouvernement PS-PCF s'appuyant sur des comités de base.

En 1974, l'AMR appuie au printemps la candidature de Charles Piaget, syndicaliste de la CFDT actif à l'usine de Lip où une expérience d'autogestion fut mise en place, pour l'élection présidentielle. Cependant, Rocard arrive à imposer au sein du PSU le soutien à la candidature de Mitterrand. Le départ de Rocard du PSU après les élections présidentielles donne l'occasion à l'AMR de réaliser la fusion dans le PSU. L'AMR regroupe dans cette dynamique de fusion plusieurs centaines de militants. Elle ne s'organise pas en fraction dans le PSU, la TMRI maintenant "Sous le drapeau du socialisme" comme revue internationale.

Trois ans plus tard, la plupart des militants de l'ex-AMR quittent le PSU pour fonder les Comités communistes pour l'autogestion (CCA) avec des membres de la LCR.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]