Louis Althusser

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Louis Althusser

Philosophe occidental

Philosophie contemporaine

Naissance 16 octobre 1918 à Birmandreis (Algérie)
Décès 22 octobre 1990 à La Verrière (Yvelines, France) (à 72 ans)
Nationalité française.
École/tradition Structuralisme, marxisme
Principaux intérêts Philosophie politique, épistémologie, économie
Influencé par Machiavel, Marx, Hegel, Spinoza, Lénine, Desanti,
A influencé Derrida, Rancière, Foucault, Bernard-Henri Lévy, Badiou, Étienne Balibar, Pierre Macherey, Michel Pêcheux, Pierre-Philippe Rey, Giulio Angioni, Nicos Poulantzas, Pierre Bourdieu.

Louis Althusser, né le 16 octobre 1918 à Birmandreis (Algérie), mort le 22 octobre 1990 à La Verrière (Yvelines), est un philosophe français, membre du Parti communiste, à l'origine d'un important renouvellement de la pensée marxiste dans une perspective généralement associée au structuralisme, théorie caractéristique du Zeitgeist des années 1960, avec notamment Roland Barthes et Claude Lévi-Strauss[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et formation[modifier | modifier le code]

Louis Althusser est issu d'une famille alsacienne catholique installée en Algérie.

Il fait ses études secondaires à Alger et à Marseille, puis entre en classe préparatoire littéraire à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (« khâgne ») au lycée du Parc à Lyon, où son professeur de philosophie est Jean Guitton ; il est reçu en 1939, mais est mobilisé en septembre et fait prisonnier lors de la débâcle de 1940. Il passe le reste de la guerre en Allemagne, au Stalag de Schleswig, où il connaît ses premiers troubles psychiatriques.

En 1945, il reprend ses études à l'ENS ; il est reçu deuxième à l'agrégation de philosophie en 1948[2]. Devenu marxiste, il adhère la même année au Parti communiste.

Parcours professionnel et intellectuel[modifier | modifier le code]

La même année, il devient agrégé préparateur à l'ENS, où il exerce une influence certaine sur nombre d'étudiants dont beaucoup embrasseront le courant maoïste à la suite de Mai 68. Plusieurs d'entre eux sont en effet membres de l'Union des étudiants communistes (UEC), qui entre alors dans une crise débouchant sur la création, en 1966, de l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes, ou UJC(ml), maoïste, dont Benny Lévy et Robert Linhart, tous deux élèves de la rue d'Ulm et qui feront partie de l'UEC avant d'être les principaux fondateurs de l'UJC. Le rapport d'Althusser avec le PCF est en effet ambigu : bien qu'il en reste un membre sa vie durant, il se heurte souvent au comité central ainsi qu'au philosophe officiel du parti et membre du bureau politique, Roger Garaudy[3]. Dès le début des années 1960, il publie des articles hétérodoxes, d'abord dans La Pensée, puis dans La Nouvelle Critique[3]. En 1962, il est ainsi accusé par le sénateur et directeur de La Pensée Georges Cogniot d'être « pro-chinois »[3]. Il se heurte aussi à des intellectuels comme Roland Leroy ou Lucien Sève, autre philosophe officiel, qui considèrent le structuralisme comme « philosophie de la désespérance » (R. Leroy) et prônent un « marxisme humaniste », qui fait l'objet des critiques de Michel Foucault et d'Althusser (notamment en raison de son caractère individualiste et subjectiviste)[3]. Althusser critiqua aussi durement son parti, en 1978, dans Ce qui ne peut durer dans le PCF.

Il critique aussi durement le stalinisme, à travers des interventions politiques et dans sa philosophie. Ainsi, il décrira en 1986 ce dernier comme la forme « trouvée » (« non préméditée ») par l’impérialisme en vue de l’exploitation des populations à l’intérieur du monde socialiste[4]

À Normale Sup, il invite notamment Jacques Lacan, mais aussi Alexandre Matheron, également marxiste bien que d'orientation différente, voire opposée, d'Althusser, et spécialiste de Spinoza, ainsi que Gilles Deleuze, autre grand lecteur de Baruch Spinoza.

Son activité est entrecoupée de séjours dans des cliniques psychiatriques. En janvier 1962, il commence ainsi à travailler sur Machiavel, au milieu d'une grave dépression, qui s'achève par trois mois d'hospitalisation[5]. Il devient en 1962 maître-assistant et soutient, sur travaux, une thèse sur travaux pour le doctorat d'État ès lettres le 28 juin 1975 à l'université d'Amiens[6], dix ans après avoir publié Lire le Capital (1965) avec Étienne Balibar, Roger Establet, Pierre Macherey et Jacques Rancière, livre dans lequel il développe le concept de « lecture symptômale » afin d'expliquer la lecture marxienne d'Adam Smith, montrant que si Smith n'a pas vu certaines choses, ce n'est pas du fait d'un manque d'acuité, mais du fait du changement de problématique qu'il a induit, et qui l'a empêché de voir d'autres choses :

«  la vue n’est plus alors le fait d’un sujet individuel, doté d’une faculté du « voir » qu’il exercerait soit dans l’attention, soit dans la distraction ; la vue est le fait de ses conditions structurales, la vue est le rapport de réflexion immanent du champ de la problématique sur ses objets et ses problèmes.  »

— Introduction de Lire le Capital, cité par François Matheron[7]

La façade de l'ENS, au 45 rue d'Ulm.

En 1967, il constitue à Normale Sup le « groupe Spinoza », « calqué, pseudonymes compris, sur le modèle des organisations plus ou moins clandestines assez nombreuses à l’époque » (A. Matheron[5]). Alain Badiou, qui prendra part à la création de l'UCF(ml), participe à ce groupe[8].

Le meurtre d'Hélène Rytmann (1980)[modifier | modifier le code]

Le 16 novembre 1980, il étrangle son épouse, Hélène Rytmann, dans leur appartement de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm ; il l'annonce au médecin de l'ENS qui contacte les autorités psychiatriques. Althusser est envoyé au centre hospitalier Sainte-Anne et désigne le philosophe Dominique Lecourt comme son représentant légal.

La justice le déclare dément au moment des faits en février 1981 en vertu de l'article 64 du code pénal de l'époque : « il n’y a ni crime ni délit lorsque l’accusé était en état de démence au moment des faits ».

Dans le journal Le Monde du 14 mars 1985, Althusser lit un article de Claude Sarraute au sujet du succès du livre du Japonais Issei Sagawa, qui racontait comment il avait tué et mangé une jeune Néerlandaise ; il avait effectué un bref séjour en hôpital psychiatrique en France, puis avait été renvoyé dans son pays en bénéficiant d'un non-lieu. Claude Sarraute écrit : « Nous, dans les médias, dès qu'on voit un nom prestigieux mêlé à un procès juteux, Althusser, Thibaut d'Orléans, on en fait tout un plat. La victime ? Elle ne mérite pas trois lignes. La vedette, c'est le coupable. »

Des amis d'Althusser lui suggèrent de protester. Il décide donc d'entreprendre une autobiographie pour s'expliquer sur son geste : ce sera L'Avenir dure longtemps (pour la genèse de cette œuvre, cf. la présentation, par Olivier Corpet et Yann Moulier Boutang, de L'Avenir dure longtemps, Paris, Stock, 1992, p. II sq. en particulier). Dans cette autobiographie de nombreuses informations révèlent l'opposition entre l'intériorité et l'extériorité d'Althusser. Nul doute que ces constats amers ne soient liés au drame de sa vie. Ainsi,en est-il pour son affirmation que le marxisme constitue une philosophie distincte. De même pour ses projets délirants de voler un sous marin nucléaire ou de réconcilier les chrétiens orthodoxes avec les catholiques... Une pièce de théâtre intitulée Le caïman (2006) met en scène le meurtre en ajoutant un zeste d'ambiguïté aux raisons de celui-ci. C'est également d'ambiguïté, sous une autre forme, qu'il est question dans l'essai de Philippe Laborie Le patient absent de Jacques Lacan (L'innommable menace), Paris, L'Harmattan, 2002. Un ouvrage intitulé Une auto-graphie du tragique, soit les manuscrits de Les faits et de L'Avenir dure longtemps, préfacé par Yann Moulier-Boutang (Fenoglio I., éd. Academia-Bruylant, 2007) propose une analyse des manuscrits de la double autobiographie du philosophe.

Louis Althusser meurt en 1990 à l'hôpital de la MGEN (Institut Marcel Rivière) à La Verrière et est inhumé au cimetière de Viroflay;

Philosophie[modifier | modifier le code]

Karl Marx en 1875

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

L'œuvre d'Althusser est marquée par plusieurs périodes, qu'il est difficile de totaliser en un seul moment cohérent et unique[5]. Célèbre pour avoir théorisé la « coupure épistémologique » et affirmé qu'il n'y a pas de Sujet de l'histoire (« l'histoire est un processus sans sujet », disait-il, rompant avec l'interprétation orthodoxe du marxisme qui faisait du prolétariat le sujet de l'histoire - voir par exemple Georg Lukács), il se fait connaître pour la publication de Lire le Capital en 1965, coécrit avec Étienne Balibar, Roger Establet, Pierre Macherey et Jacques Rancière). Outre le texte célèbre, « Idéologie et appareils idéologiques d’État »[5], il théorise à la fin de son œuvre un « matérialisme aléatoire », qui critique notamment le caractère téléologique du marxisme orthodoxe.

Selon Perry Anderson, Althusser et ses élèves ont marqué le marxisme en y introduisant le spinozisme :

« l'induction systématique de Spinoza dans le matérialisme historique par Althusser et ses élèves a été intellectuellement la tentative la plus ambitieuse de construire une lignée philosophique antérieure à Marx et de développer abruptement des nouvelles directions théoriques pour le marxisme contemporain à partir de là[9]. »

Althusser lui-même avait d'ailleurs clairement reconnu sa dette à l'égard de Spinoza dans le chapitre « Sur Spinoza » de ses Éléments d'autocritique :

«  Nous avons été coupable d'une passion autrement forte et compromettante[10] : nous avons été spinozistes […] nous avons fait le détour par Spinoza pour voir un peu plus clair dans la philosophie de Marx […] nous avons fait le détour par Spinoza pour voir un peu plus clair dans le détour de Marx par Hegel.  »

De même, Althusser s'intéresse à Machiavel après avoir entamé la critique de ce qu'il appelle sa « déviation théoriciste », qui l'a conduit à oublier la politique dans la définition et le développement même de la philosophie[11]. La réparation de cet oubli passe par une confrontation avec l'œuvre de Machiavel, qui le conduit certes à en donner une interprétation marxiste, mais aussi à discuter les présupposés de la théorie marxiste et de la philosophie politique classique. Pour Althusser, Machiavel est un praticien de la politique, dont le génie a consisté précisément à ne pas escamoter la réalité politique au profit de la théorie. « Il en résulte ce qu'on pourrait appeler un étrange vacillement dans le statut, philosophiquement traditionnel, de ces propositions théoriques : comme si elles étaient minées par une autre instance que celle qui les produit, par l'instance de la pratique politique[12]. » Le travail sur Machiavel a commencé en janvier 1962, au milieu d’une dépression qui s’achève par trois mois d’hospitalisation[13]. Le développement de la théorie est alors rapproché du délire : « j’avais le sentiment hallucinatoire (d’une force irrésistible) de ne rien développer d’autre que mon propre délire […][14]. »

Dans son texte « autobiographique » L’avenir dure longtemps[15], il précise :

«  Je voudrais dire seulement ici que ce que j’ai appris de plus précieux de Spinoza, c’est la nature de la « connaissance du troisième genre », celle à la fois singulier et universel, dont Spinoza nous offre un exemple éclatant et, souvent méconnu dans l’histoire singulière d’un peuple singulier, le peuple juif (dans le Tractatus théologico-politicus). Que mon « cas » ait été un « cas » de cet ordre, comme tout « cas médical », «  historique » ou « analytique, impose de le reconnaître et de le traiter dans sa singularité ; mais que ce cas singulier soit universel, cela ressort des constantes répétées (et non des lois vérifiables-falsifiables à la Popper) qui affleurent dans chaque cas et permettent d’en induire le traitement théorique et pratique d’autres cas singuliers. Machiavel et Marx ne procèdent pas autrement, dans une logique qui est passée presque inaperçue et qu’il faudrait développer. »

«  Ce que je dois aussi directement et personnellement à Spinoza, c’est sa stupéfiante conception du corps, qui possède des « puissances inconnues de nous », et de la mens (l’esprit) qui est d’autant plus libre que le corps développe plus les mouvements de son conatus, sa virtus[16] ou fortitudo[17]. Spinoza m’offrait ainsi une idée de la pensée du corps, mieux, pensée avec le corps, mieux, pensée du corps même. Cette intuition rejoignait mon expérience d’approximation et de « recomposition » de mon corps en liaison directe avec le développement de ma pensée et de mes intérêts intellectuels. »

La « coupure épistémologique »[modifier | modifier le code]

Selon lui, il faut revenir à un aspect scientifique et déterministe de la théorie marxiste, contre les interprétations et utilisations humanistes et idéologiques, soutenues par exemple par Lucien Sève ou John Lewis (en). Il affirme qu'il existe une coupure épistémologique qu'il situe entre le jeune Marx des Manuscrits de 1844 procédant à un matérialisme historique et le Marx qui a établi la conception de matérialisme dialectique de L'Idéologie allemande, Le Capital. Il rejoint la thèse de Marx selon laquelle toute philosophie méconnaît la réalité pratique à laquelle elle correspond, particulièrement pour son versant idéaliste. Pour lui, les formations sociales constituent de plus des invariants structuraux qui surdéterminent les formations sociales[18].

Il entreprend une relecture systématique et minutieuse de Marx, pour en dégager le fond scientifique, contre les interprétations idéologiques des partis politiques et l'écrasement sous l'idéologie d'État du stalinisme triomphant : il s'agit de défaire là l'idéologisation de Marx par le stalinisme. Mais également une relecture contre les interprétations humanistes et économistes (qui vont de pair), qui édulcorent le sens, la force d'invention, la puissance analytique et le caractère original, subversif et novateur sur un mode sui generis. Dans son premier recueil, Pour Marx, il déclare entreprendre de relire Marx pour le dégager des scories déposées par l'histoire : soit, sur le versant de l'histoire politique, le stalinisme ; et sur le versant de l'histoire des idées, l'évolutionnisme linéaire (ou historicisme).

Althusser va réaliser une relecture de Marx en le dégageant des sédiments qui le recouvrent. Il s'agit du projet de découvrir sa philosophie à l'œuvre dans son maître ouvrage Le Capital. Également Marx en tant que théoricien de l'histoire, et c'est la découverte, inaugurée par Marx, du « continent histoire » (comme Freud aurait découvert le « continent de l'inconscient »), comme pratique nouvelle d'une histoire qui accède à la dimension de science. Et Marx en tant qu'initiateur d'une théorie du Capital et de la critique de l'économie politique, cette dernière qualifiée par Marx de sublimation des intérêts de la bourgeoisie érigée en discipline aux prétentions savantes.

Cette nouvelle lisibilité initiant un intérêt inédit pour Marx théoricien majeur, par-delà l'utilisation politique, sera le fait d'une injection de créations dans les domaines de l'épistémologie, de la linguistique et de la psychanalyse, dont il importe certains concepts en leur donnant un nouveau sens et une nouvelle fonction. Du côté de la tradition, ce seront essentiellement, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Baruch Spinoza, Thomas Hobbes, Nicolas Machiavel et toute la philosophie politique relus et combinés, pour ne pas dire insérés au cœur des analyses de Marx. Ce sera le courant dit structuraliste, « anti-humaniste » et critique de l'historicisme (sous l'effet des lectures de Martin Heidegger [réf. nécessaire]) qui, de manière concomittente avec Claude Lévi-Strauss, Jacques Lacan et bientôt Michel Foucault, feront apparaître, dans leurs champs respectifs d'investigation, la réalité comme effet de structures.

La vision d'Althusser a été critiquée par de nombreux marxologues, mais aussi beaucoup plus largement : l'accusation de déformation de la pensée de Marx est même présente dans un film de Jean-Luc Godard, Vent d'Est, où la préface d'Althusser au Capital est raillée. La Leçon d'Althusser, écrit par Jacques Rancière en 1974 (éditions Gallimard), constitue probablement l'une des critiques les plus radicales des thèses et des pratiques d'Althusser, aux côtés de La pauvreté de la théorie, écrit par E.P. Thompson en 1978.

L'historien Tony Judt a critiqué les « élucubrations » d'Althusser, qu'il considérait contraires aux idées réelles de Marx[19].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Montesquieu, la politique et l'histoire, PUF, 1959; réédition en coll. « Quadrige ».
  • Pour Marx, Maspero, coll. « Théorie », 1965; réédition augmentée (avant-propos d'Étienne Balibar, postface de Louis Althusser), La Découverte, coll. « La Découverte / Poche », 1996.
  • Lire le Capital (en collaboration avec Étienne Balibar, Roger Establet, Pierre Macherey et Jacques Rancière), Maspero, coll. « Théorie », 2 volumes, 1965; rééditions coll. « PCM », 4 volumes, 1968 et 1973 ; puis PUF, coll. « Quadrige », 1 volume, 1996.
  • Lénine et la philosophie, Maspero, coll. « Théorie » 1969 ; réédition augmentée sous le titre Lénine et la philosophie (suivi de Marx et Lénine devant Hegel), coll. « PCM », 1972.
  • Réponse à John Lewis, Maspero, coll. « Théorie », 1973.
  • Philosophie et philosophie spontanée des savants (1967), Maspero, coll. « Théorie », 1974.
  • Éléments d'autocritique, Hachette, coll. « Analyse », 1974.
  • Positions, Éditions Sociales, 1976; réédition coll. « Essentiel », 1982.
  • XXIIe Congrès, Maspero, coll. « Théorie », 1977.
  • Ce qui ne peut plus durer dans le parti communiste, Maspero, coll. « Théorie », 1978.
  • L'avenir dure longtemps (suivi de Les faits)], Stock / IMEC, 1992; réédition augmentée et présenté par Olivier Corpet et Yann Moulier Boutang, Le Livre de Poche n° 9785, 1994.
  • Journal de captivité (Stalag #4 1940-1945), Stock / IMEC, 1992.
  • Écrits sur la psychanalyse. Freud et Lacan, Stock / IMEC, 1993; réédition Le Livre de Poche, coll. « Biblio-essais », 1996.
  • Sur la philosophie, Gallimard, coll. « L'infini », 1994.
  • Philosophie et marxisme : entretiens avec Fernanda Navarro (1984-1987)
  • La Transformation de la philosophie : conférence de Grenade (1976).
  • Écrits philosophiques et politiques 1, textes réunis par François Matheron, Stock / IMEC, 1994. - 588 p.
  • L'Internationale des bons sentiments (1946)
  • Le Retour à Hegel (1950)
  • Sur l'obscénité conjugale (1951)
  • Appareil idéologique d'État (1970)
  • Marx dans ses limites (1978)
  • Sur la reproduction, PUF, coll. « Actuel Marx Confrontations », 1995.
  • Écrits philosophiques et politiques 2, textes réunis par François Matheron, Stock / Imec, 1995. - 606 p.
  • Machiavel et nous (1962-1986), Stock/Imec 1994; Tallandier 2009.
  • Sur Lévi Strauss (1966)
  • Sur Feuerbach (1967)
  • Sur Brecht et Marx (1968)
  • Cremonini, peintre de l'abstrait (1977)
  • Lam (1977)
  • Solitude de Machiavel, présentation par Yves Sintomer, PUF, coll. « Actuel Marx Confrontations », 1998.
  • Lettres à Franca (1961-1973), Stock/Imec 1998.
  • Penser Louis Althusser, recueil d'articles, introduction par Yves Vargas, Le Temps des Cerises, 2006
  • Politique et Histoire de Machiavel à Marx - Cours à l'École normale supérieure 1955-1972, Seuil, coll. « Traces écrites », 2006
  • Lettres à Hélène, préface de Bernard-Henri Lévy, Grasset/IMEC, 2011
  • « Repères biographiques, avertissement aux lecteurs du livre I du Capital et rudiments de bibliographie critique », préface à Karl Marx, Le Capital (livre I), Paris, Garnier-Flammarion, 1969, p. 5-30.
  • Cours sur Rousseau (1972) préface d'Yves Vargas Le temps des cerises 2012

Postérité intellectuelle[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960 et 1970, Louis Althusser a influencé les travaux d'un certain nombre d'anthropologues d'orientation marxiste, notamment Pierre-Philippe Rey (né vers 1940) en Françe et ailleurs, par exemple en Italie Giulio Angioni. La théorie des modes de production articulés en instances plus ou moins autonomes permet, le cas échéant, une analyse des sociétés traditionnelles en terme d'exploitation, sans pour autant que l'économie occupe dans ces sociétés la place qu'elle a dans une société dominée par le mode de production capitaliste. Ces anthropologues marxistes s'opposent à diverses théories, notamment à celle de Claude Lévi-Strauss.

Dans le domaine des études politiques, un des disciples de Louis Althusser a été Nicos Poulantzas (1936-1979).

D'une façon générale, la postérité de l'althussérisme a été limitée par le déclin politique du marxisme à partir des années 1970 et par l'importance prise dans la pensée sociale par Michel Foucault et par Pierre Bourdieu, dont les thèses, quoique très critiques, n'étaient pas fondées sur le marxisme.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur l'oeuvre de Louis Althusser[modifier | modifier le code]

Sur la vie de Louis Althusser[modifier | modifier le code]

  • German Arce Ross, L’Homicide altruiste de Louis Althusser, Cliniques méditerranéennes, 67, Erès, Ramonville Saint Agne, 2003, pp. 222-238.
  • Éric Marty, Louis Althusser, un sujet sans procès, Paris, Gallimard, coll. "L'Infini", 1999.
  • Gérard Pommier, Louis du néant. La mélancolie d’Althusser, Paris, Aubier, 1998.
  • Jean Guitton, Voir le chapitre sur Althusser dans Un siècle une vie par Jean Guitton, Paris, Robert Laffont, 1991.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le structuralisme est d'abord une théorie linguistique (Roman Jakobson) dont certaines procédures ont ensuite été utilisées dans le domaine de l'anthropologie (Lévi-Strauss) et de la littérature (Barthes et alii). Le discours médiatique de l'époque accole l'épithète « structuraliste » à nombre de personnalités et de théories qui n'en relèvent pas ou pas entièrement : Lacan, Foucault. L'appartenance d'Althusser au courant structuraliste doit donc être analysée plutôt que postulée.
  2. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation (consulté le 19 juin 2014). Le premier est Jean Deprun ; François Châtelet est 6°, Gilles Deleuze 8°.
  3. a, b, c et d Frédérique Matonti, « Marx entre communisme et structuralisme », Actuel Marx, n° 45 2009/1 [lire en ligne]
  4. Thèses de juin 1986 (feuillets dactylographiés, Archives IMEC). Cité par Toni Negri, « Pour Althusser : notes sur l’évolution de la pensée du dernier Althusser », décembre 1993, publié sur le site de Multitudes.
  5. a, b, c et d Voir par exemple François Matheron, Louis Althusser ou l’impure pureté du concept, Dictionnaire Marx contemporain (dir. Jacques Bidet et Eustache Kouvélakis), PUF 2001. Publié sur le site HyperSpinoza le 8 mars 2004, mis à jour le 10 mai 2004.
  6. voir le texte de la soutenance dans L. Althusser, Solitude de Machiavel, présentation d'Yves Sintoner, PUF, 1998, p. 199. Jury B. Rousset, président, M. Barthélémy-Madaule, J. d'Hondt, P. Vilar
  7. « Louis Althusser ou l’impure pureté du concept », sur HyperSpinoza,‎ 8 mars 2004 (consulté en 3 février 2011)
  8. Jason Barker, Alain Badiou : a critical introduction, Pluto Press, 2002 (p.1)
  9. En anglais : « the systematic induction of Spinoza into historical materialism by Althusser and his pupils was intellectually the most ambitious attempt to construct a prior philosophical descent for Marx and to develop abruptly new theoretical directions for contemporary Marxism from it. » (Perry Anderson, Considerations on Western Marxism, London, New Left Books, 1976, p.65) En fait, comme le remarque André Tosel dans Du matérialisme de Spinoza (éd. Kimé, 1994), le marxisme s'est tourné vers Spinoza à chaque crise, dans les années 1890, 1920, 1970 et 1980, d'August Thalheimer à Toni Negri, en passant par Plekhanov (voir préface de Warren Montag (en) à Étienne Balibar, Spinoza and Politics, Verso, 1998).
  10. Que le structuralisme.
  11. « Très en gros, écrit Althusser, je me suis avisé de deux choses : 1. que la philosophie avait un rapport organique avec la politique et 2. que je ne savais pas ce qu'est la politique. » Lettres à Franca, Stock/Imec, 1998, p. 754 ; cité par François Matheron, « Des problèmes qu'il faudra bien appeler d'un autre nom et peut-être politique », in Althusser et l'insituabilité de la politique, in Machiavel et nous, Tallandier, 2009, ici p. 183
  12. Machiavel et nous, Tallandier, 2009, p. 57
  13. François Matheron, « Louis Althusser ou l'impure pureté du concept »
  14. Lettres à Franca, ibid.
  15. pp. 233-234
  16. Virtus : vertu. La béatitude n'est pas la récompense de la vertu, mais la vertu elle-même. Beatitudo non est virtutis premium, sed ipsa virtus. (Spinoza, Éthique V, prop. 42)
  17. Fortitudo : force d’âme. Je ramène à la Force d’âme les actions qui suivent des affections se rapportant à l’Âme en tant qu’elle connaît, et je divise la Force d’âme en Fermeté et Générosité. Omnes actiones quæ sequuntur ex affectibus qui ad mentem referuntur quatenus intelligit, ad fortitudinem refero quam in animositatem et generositatem distinguo. (Spinoza, Éthique III, prop.59 scolie)
  18. Louis Althusser, Pour Marx, 1965
  19. Tony Judt, Retour sur le XXe siècle. Une histoire de la pensée contemporaine, Éditions Héloïse d'Ormesson, 2010, chapitre VI.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]