Diego Rivera

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Diego Rivera

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Diego Rivera en 1932.

Nom de naissance Diego María de la Concepción Juan Nepomuceno Estanislao de la Rivera y Barrientos Acosta y Rodríguez
Naissance 8 décembre 1886
Guanajuato, État de Guanajuato
Décès 24 novembre 1957 (à 70 ans)
Mexico
Nationalité Mexicaine
Activités Peinture murale
Élèves Jacqueline Nesti Joseph
Mouvement artistique Muralisme mexicain


Diego Rivera, né le 8 décembre 1886 à Guanajuato (Mexique) et mort le 24 novembre 1957 à San Ángel, un quartier aisé de Mexico, est un peintre mexicain connu pour ses fresques murales, principalement dans les bâtiments officiels du centre historique de Mexico.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1886, naissance des jumeaux Diego María Rivera et Carlos María Rivera à Guanajuato.

Peu après le décès de son frère jumeau en 1888, Diego commence à dessiner.

La famille Rivera déménage à Mexico en 1893.

Il entre en 1898 à l'école nationale des Beaux-Arts de San Carlos, contre l'avis de son père qui lui aurait préféré une école militaire. En 1905 il sort diplômé de San Carlos ; il reçoit de Teodoro Dehesa, alors gouverneur de l'État de Veracruz et pilier du gouvernement de Porfirio Díaz une bourse lui permettant d'aller étudier en Europe.

Il se rend en Europe en 1907, d'abord à Madrid. En mars 1909 il achève ses études et déménage à Paris, puis quelques semaines après il fait un tour de l'Europe du Nord, visite Bruges et les Pays-Bas ainsi que Londres. Il rencontre en 1909, lors d'un voyage à Bruxelles avec María Blanchard, la peintre russe Angelina Beloff, qu'il épouse et avec laquelle il visite la Bretagne.

Il retourne au Mexique en 1910 pour assister aux festivités du centenaire du début de la guerre d'indépendance. Le 20 novembre 1910, Carmelita Díaz, épouse du président Díaz, inaugure une exposition d'œuvres de Diego Rivera et lui achète six tableaux destinés à sa collection personnelle ; l'État mexicain en acquiert sept.

La révolte s'étend dans le pays, et après la prise de Ciudad Juárez par les troupes de Francisco Madero le président Diaz part en exil en mai 1911, espérant ainsi éviter une guerre civile au pays.

Article détaillé : Révolution mexicaine.

Rivera, lui, a quitté le pays pour Paris en avril 1911.

Il voyage en Catalogne, visite Tolède et Madrid accompagné d'Angelina Beloff.

Le gouvernement madériste renouvelle sa bourse en 1911, ce qui lui permet de passer l'été et l'hiver 1912 en Espagne où il s'intéresse aux œuvres du Greco.

Modigliani, Diego Rivera, 1914, huile sur toile.

En 1913 le régime de Madero est renversé par Victoriano Huerta. Dès 1914 Rivera s'installe à Montparnasse, où il se lie d'amitié avec Modigliani, qui fait son portrait. Mais le gouvernement mexicain en pleine guerre civile ne lui verse plus sa bourse : il doit partir à Majorque, puis passe l'hiver à Madrid.

Appauvri et quasiment sans ressources il regagne Paris, toujours en compagnie d'Angelina Beloff, qui lui donne en août 1916 un fils, Miguel Ángel (il mourra à quatorze mois).

Rivera entame une liaison avec l'artiste russe Marie Vorobieff (Marevna), qui durera six ans. Il a aussi plusieurs autres enfants de maîtresses avec lesquelles il entretient de brèves relations. Il n'assume toutefois jamais ses paternités. Ses œuvres sont exposées à la Modern Gallery de New York avec celles de Picasso, Van Gogh et Cézanne.

Le Mexique connaît alors une des phases les plus violentes de la guerre civile qui oppose les factions révolutionnaires. Appauvri, Rivera doit exécuter des portraits de commande.

En 1919 le gouvernement constitutionaliste de Venustiano Carranza invite Rivera à rentrer au Mexique ; il lui octroie aussi une subvention qui lui permet d'aller étudier des fresques en Italie, mais la violence continue au Mexique ; Emiliano Zapata est assassiné cette même année sur ordre de Carranza, qui le sera lui-même l'année suivante sur ordre d'un autre révolutionnaire, Alvaro Obregón.

Au début des années 1920, une fois la révolution mexicaine terminée, Rivera retourne au Mexique où il s'intéresse, par le biais[Quoi ?] de la politique, à l'extrême-gauche. Il réalise sa première peinture murale où figurent des sujets ethniques mexicains dans un contexte politique de gauche nationaliste. Il divorce d'Angelina Beloff en 1921.

Rivera peint beaucoup, souvent pour attaquer l'Église et le clergé, sur commande des gouvernements post-révolutionnaires, dont il devient peu à peu un des peintres officiels. Avec des artistes comme José Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros et Rufino Tamayo, il commence à s'essayer aux fresques, sur de grands murs, dans un style simplifié et en employant des couleurs vives en phase avec les thèmes de la révolution de 1910 ou de la guerre civile des années 1911-1920.

Ses fresques commandées par le gouvernement les plus emblématiques se trouvent au palais national à Mexico, où il peint notamment sa fameuse Épopée du peuple mexicain entre 1929 et 1935,et à l'école nationale d'agriculture à Chapingo. Rivera en peint plusieurs aux États-Unis, qu'il visite au début des années 1930 et aussi en 1940, privilégiant surtout les thèmes industriels. Sa plus célèbre fresque se trouve à l'institut des arts de Détroit.

Entre 1927 et 1930, financé par Dwight Morrow (en), alors ambassadeur des États-Unis au Mexique, il peint le mural en plusieurs tableaux nommé Historia de Morelos, Conquista y Revolucíon. Il y dénonce notamment les mauvais traitements et l'exploitation infligés par les hacendados (entrepreneurs) aux péones (travailleurs) employés dans l'industrie sucrière moderne[1].

Diego Rivera et Frida Kahlo sur une photographie de Carl Van Vechten (1932).

Après plusieurs mariages et aventures amoureuses, il est présenté à Frida Kahlo, une militante communiste et peintre jouissant d'une certaine cote. À l'automne 1927, il se rend à Moscou pour la célébration des dix ans de la Révolution d'Octobre. Il en est expulsé l'année suivante pour activités antisoviétiques. De retour à Mexico, il est exclu du parti communiste mexicain (1929).

Il épouse en 1929, à 43 ans, Frida, de 21 ans sa cadette. Il divorcera en 1939 pour se remarier avec elle un an plus tard[2].

Il rencontre Serguei Eisenstein qu'il aide à connaître le Mexique pour la préparation du film Que Viva Mexico !. En 1933, sa fresque Man at the Crossroads (en) (l'homme à la croisée des chemins) pour le Rockefeller Center de New York est détruite, car elle contient un portrait de Lénine[3],[4]. Après ce scandale médiatique, une commission annule une commande prévue pour la foire internationale de Chicago. Pour sa part, Rivera s'en est souvenu puisque sur ses fresques ultérieures, Rockefeller, devenu sa némésis, est représenté.

Ayant rejoint la section mexicaine de la IVe Internationale[5], il sympathise avec l'exilé soviétique Léon Trotski, qui habite chez lui à partir de janvier 1937. Mais ils ont un différend car sa femme Frida a une brève liaison avec Trotski qui doit alors quitter le domicile de Rivera en 1939[6]. Trotski est assassiné le 21 août 1940. Frida Kahlo meurt d'une pneumonie en 1954.

Rivera est l'un des membres fondateurs du Colegio Nacional (en) en 1943.

Atteint d'une forme rare de cancer, il meurt en 1957. Sa dépouille est inhumée au Panteón de Dolores (en) à Mexico.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

De 1913 à 1918, ses peintures sont d'inspiration cubiste (dont paysage zapatiste, 1915), puis il revient à la figuration. Son voyage en Italie, en 1920 lui fait découvrir les fresques murales qui vont l'inspirer pour son œuvre ultérieure la plus connue, ses immenses peintures murales. Il utilise pour cela les pigments traditionnels utilisés à l'époque pré-hispanique[7]. Les thèmes traités sur commande du gouvernement sont sociaux et historiques, concernant l'histoire officielle récente du Mexique. L'inspiration est également politique avec la représentation du travail ouvrier(L'industrie de Detroit, 1932-1933)[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. M. G. Le Clézio, Diego et Frida, Folio, 1995 (ISBN 2-07-038944-8)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Patrick Marnham, Diego Rivera, Seuil, Paris, 2000 (ISBN 2-02-0376091)
  • Elena Poniatowska, Cher Diego, Quiela t’embrasse, 1978
  • Diego Rivera, Écrits sur l'art, sélection et traduction des textes de Catherine Ballestero, Ides et calendes, Neuchâtel (Suisse), 1996.
  • Hans F. Secker, Diego Rivera, Verlag Der Kunst, Dresde, 1957

Divers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Philippon C, Frida Kahlo, l'art pour autobiographie, L'objet d'art, hors série n° 71, octobre 2013, p 24-33
  3. (en) Bernice Kert et Abby Aldrich Rockefeller, The Woman in the Family, New York, Random House,‎ 1993, p. 352–65.
  4. (en) Cary Reich, The Life of Nelson A. Rockefeller: Worlds to Conquer, 1908–1958, New York, Doubleday,‎ 1996, p. 105–11.
  5. « Diego Rivera », FR, Evene.
  6. (en) « Biography », Diego Rivera
  7. Vial MP, Avnazi B, Un couple et deux peintres aux cimaises de l'orangerie, L'objet d'art, hors série n° 71, octobre 2013, p 2-9
  8. Aguilar A, Diego Rivera, l'art entre esthétique et politique, L'objet d'art, hors série n° 71, octobre 2013, p 42-48
  9. « Nouveau billet de 500 pesos & photo dudit », sur La Depeche, FR,‎ 31 août 2010 (consulté le 2 février 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]