David Korner

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David Korner plus connu sous le pseudonyme Barta (alias aussi M. Gauthier, A. Mathieu, Albert[1]), né le 19 octobre 1914, mort le 6 septembre 1976, est un militant trotskiste roumain, fondateur et dirigeant de l'Union communiste (1939-1950).

Il est à l'origine du mouvement Lutte ouvrière.

Biographie[modifier | modifier le code]

David Korner est né à Buhusi, Roumanie, dans une famille juive de petits commerçants.

Ayant acquis ses convictions trotskistes lorsqu'il est étudiant à Paris, David Korner constitue dans les années 1930 le Groupe Bolchévique-Léniniste de Roumanie. Lorsque la Guerre civile espagnole éclate, il retourne en France et devient membre du Parti ouvrier internationaliste. Il rejoint ensuite l'éphémère Parti socialiste ouvrier et paysan qui éclate au début de la Seconde Guerre mondiale.

Avec Yvan Craipeau, Jean Rous et Daniel Guérin, il crée le « Comité pour la IVe Internationale » qui diffuse, en parallèle à La Voix de Lénine, L'Étincelle, et de façon également confidentielle[2]. Ils prônent alors le « défaitisme révolutionnaire » [2]. Exclu du Comité sur suggestion de son ami roumain Spoulber (qui aurait eu une aventure avec sa femme avant qu'il n'arrive en France[2]), il forme alors, avec sa compagne Louise, L'Ouvrier, qui n'aura que trois numéros[2]. C'est alors que David Korner fonde un petit groupe trotskiste (sous le nom d'Union communiste), parfois appelé « groupe Barta ». Louise est arrêtée en janvier 1940, puis libérée pendant l'exode [2].

Après guerre, le groupe Barta joue un rôle important dans les grèves de 1947 chez Renault, avant d'éclater en 1950. David Korner refuse de s’impliquer lorsque Robert Barcia, alias Hardy le contacte pour reconstruire l’organisation révolutionnaire. Il ne reprend pas sa place de dirigeant (mais participe en adressant quelques articles). Sans lui, mais en s’appropriant sa démarche, son exemple et en se revendiquant de ses textes Pierre Bois[3] alias Vic[4], Hardy et quelques autres anciens du « groupe Barta » créent en 1956 le mouvement « Voix ouvrière » qui devient après mai 68 Lutte ouvrière. Il gardera toujours ses distances, et s’en explique dans un texte paru en 1972, complété en 1975[3] : « Mise au point concernant l’histoire du mouvement Trotskiste »[5] :

« Le contraste était complet entre l'audience considérable que rencontraient nos mots d'ordre quand il s'agissait de salaires et de revendications et l'indifférence, sinon l'hostilité, quand il s'agissait de notre politique antiraciste, anticolonialiste, internationaliste. Voilà la raison essentielle pour laquelle nos forces, de la grève à la disparition de l'organisation, ne se sont ni augmentées ni renouvelées : l'arbre prolétarien rejetait en fin de compte la greffe révolutionnaire. Ce qui, à terme, était une condamnation, nonobstant l'attitude de tel ou tel militant. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. MIA - Barta
  2. a, b, c, d et e Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 296-297
  3. a et b lettre jpb
  4. Lutte Ouvrière Hebdo - Pierre Bois, alias Vic, alias Vauquelin, alias Arnoud
  5. barta : mise au point (lettre à René Lefeuvre)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Véritable histoire de Lutte Ouvrière : Entretiens avec Christophe Bourseiller, Robert Barcia, Denoël, 2003, Denoël impacts, 326 pages, (ISBN 2-207-25422-4)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]