Chen Duxiu

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Chen Duxiu
Chen Duxiu
Chen Duxiu
Fonctions
Secrétaire général du parti communiste chinois
1921 – 1922
Prédécesseur aucun
1925 – 1928
Successeur Xiang Zhongfa
Biographie
Date de naissance 8 octobre 1879
Lieu de naissance Huaining, Chine
Date de décès 27 mai 1942
Nationalité Chinoise
Parti politique Parti communiste chinois
Secrétaires généraux du Parti communiste chinois

Chen Duxiu (EFEO : Tchen Tou-sieou ; Wades-Giles : Ch'en Tu-hsiu ; chinois traditionnel : 陳獨秀 ; chinois simplifié : 陈独秀 ; pinyin : Chén Dúxiù), né en 1879 à Huaining, province de l'Anhui et décédé en 1942, est un homme politique chinois d’orientation marxiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après la mort de son père, mandarin militaire en Mandchourie, peu après sa naissance, il est élevé par son grand-père puis son frère et devient bachelier en 1898. Mais Chen Duxiu opte alors pour une formation moderne et se rend à Hangzhou pour y suivre des cours dans une école de construction navale, qui sont dispensés en langue française.

À cette époque, il commence également à se dédier à des activités sur le domaine politique et, suite à sa critique du gouvernement, se voit forcé de fuir au Japon de 1900 à 1902. Il y étudie d'abord à l'École normale de Tokyo puis à l'université Waseda. De retour en Chine en 1903, il accepte un poste d’enseignant supérieur à l’école supérieure de l'Anhui à Wuhu. Peu de temps après son chemin le dirige de nouveau au Japon, puis de 1907 à 1910 on perd sa trace : il effectue peut-être un séjour en France, afin d’y étudier[1]. Occidentaliste convaincu, il refuse cependant d'adhérer au groupement de Sun Yat-sen, dont il rejette le racisme anti-mandchou. Après la révolution de 1911 il est commissaire à l'Éducation dans le gouvernement de l'Anhui. Mais en 1913 il prend parti contre Yuan Shikai et doit fuir au Japon, d'où il revient en 1915[2].

Nouvelle Jeunesse
La revue Nouvelle Jeunesse

Imprégné par les impressions de ses séjours à l’étranger, Chen Duxiu s’adonne complètement à la politique, à partir de ce moment et, à cette fin, fonde, dans la concession française de Shanghai, une revue d’orientation politique et littéraire sous le nom de Nouvelle Jeunesse (Xin Qingnian) en 1915, qui soutient un rejet du système de valeurs traditionnellement confucéennes, en faveur d’une nouvelle orientation vers celles de l'égalité et des Droits de l'homme, ainsi qu’un nationalisme censé servir à ces fins, promues par l’Occident, et qui est accueillie avec enthousiasme dans le cercle des jeunes intellectuels. La revue a la particularité de porter un sous-titre en français, La Jeunesse et paraîtra jusqu'en 1926. C'est dans ses pages que sont publiés le manifeste de Hu Shi, en 1917, appelant à l'abandon du chinois littéraire, puis la première œuvre en chinois vernaculaire de la littérature moderne, le Journal d'un fou de Lu Xun, en 1918. La revue défend deux valeurs : démocratie et science.

De nouveau chargé d’enseignement au supérieur en 1916, cette fois à l’université de Pékin, il lui est possible de poursuivre ses activités sous une nouvelle forme. Sous l’influence de la révolution en Russie, dans laquelle il perçoit des courants comparables à ceux de la société moderne en Chine, il étudie intensément les théories marxistes. En 1918, Chen et Li Dazhao crée une nouvelle revue, La Critique hebdomadaire, plus politique et plus radicale[3]. En mai 1919 paraît un numéro spécial de Nouvelle Jeunesse consacré au marxisme-léninisme[4]. L'orientation radicale donnée à Nouvelle Jeunesse provoque le départ de Hu Shi et Lu Xun du comité de rédaction en 1920. À partir de juin 1923, Nouvelle Jeunesse devient une revue du parti communiste chinois.

Pour son rôle dominant dans le cadre du Mouvement du 4 mai en 1919, Chen est emprisonné de juin à septembre. À sa sortie de prison, il s’engage d’abord au sein d’un groupe communiste pour participer à la fondation du Parti communiste de Chine en 1921 à Shanghai[5] et en devenir le secrétaire général, au sein du 1er bureau central du Parti[6]. Alors que la fondation du parti se base sur le soutien du Komintern, celui-ci entre également en contact avec le parti nationaliste, le Kuomintang, de telle façon qu’en 1923, suivant les instructions du Komintern, les deux partis forment un Front unifié. Il fait partie du 3e bureau central du Parti communiste chinois, du 4e et du 5e. Avec la mort de Lénine en 1924 et de Sun Yat-sen en 1925, la politique dans les deux pays est dominée par les querelles concernant leur succession. En Chine, Staline représente une politique censée soutenir une révolution, atteignant toutes les classes, sous la commande du Kuomintang, Trotski, son principal concurrent, au contraire, se centre sur les forces révolutionnaires du Parti Communiste Chinois. Dans ce cadre, la politique de Chen Duxiu, qui est axée sur le maintien d’une position distancée envers le Kuomintang, est attaquée.

Après le coup d'État de Chiang Kai-chek le 12 avril 1927 et la répression contre les communistes qui s'ensuit, Chen est rendu responsable du désastre et en août 1927 il est obligé d’abandonner la direction du parti ; deux ans plus tard, en 1929, il est exclu du parti ; c'est cette même année qu'il rallie l'Opposition de gauche dont le leader est Léon Trotsky. De 1932 à 1937, il sera détenu par le gouvernement nationaliste. En 1942, finalement, il meurt dans les environs de Chongqing.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Guillermaz, Histoire du parti communiste chinois, p. 56
  2. Lucien Bianco, Les Origines de la révolution chinoise, 1915-1949, pp. 73-74
  3. Lucien Bianco, Les Origines de la révolution chinoise, 1915-1949, p. 90
  4. Jacques Guillermaz, Histoire du parti communiste chinois, p. 45
  5. Lucien Bianco, Histoire : la naissance du Parti communiste chinoisgb times, 25 août 2010
  6. Bruno Philip, « Dans un quartier branché de Shanghaï, la maison natale du PCC » Le Monde, 25 septembre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Bianco, Les Origines de la révolution chinoise, 1915-1949, Gallimard, collection « Folio-Histoire », 1967
  • Jacques Guillermaz, Histoire du parti communiste chinois, 2 vol., Payot, 1975
  • Yves Chevrier, « De l’occidentalisme à la solitude : Chen Duxiu et l’invention de la modernité chinoise », Études chinoises, no  3, 1984. [lire en ligne]