Irving Kristol

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Irving Kristol

Irving Kristol, né le 22 janvier 1920 à Brooklyn, à New York et mort le 18 septembre 2009 à Falls Church en Virginie, est un journaliste, éditeur et intellectuel américain considéré comme le fondateur du néo-conservatisme américain[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Irving Kristol est né dans une famille juive non pratiquante, et pauvre : d'ouvriers du textile, immigrée d'Europe de l'Est. Lors de ses études d'histoire, il a été membre de la Quatrième Internationale[2], fondée par Léon Trotsky. Qualifié parfois de néomarxiste, néotrotskiste, néosocialiste ou de néolibéral, il s'éloigne de la gauche et l'idéologie progressiste après la Deuxième Guerre mondiale, au cours de laquelle il sert en Europe dans l'infanterie. Il définira plus tard le néoconservateur comme un homme de gauche qui s'est fait agresser par la réalité.

Il a été éditeur de la revue Commentary de 1947 à 1952, puis de la revue britannique Encounter de 1953 à 1958, financée secrètement par la CIA par l'intermédiaire du Congrès pour la liberté de la culture. Il est le fondateur des revues The Public Interest (en), centrée sur les questions politiques et culturelles, et The National Interest, axée sur les affaires étrangères. Il a coédité The Public Interest depuis sa fondation en 1965 jusqu'à 2002 (d'abord avec Daniel Bell, puis avec Nathan Glazer) et a publié The National Interest depuis sa fondation en 1985 jusqu'à 2001. Irving Kristol a utilisé ces publications pour animer le mouvement néoconservateur.

Irving Kristol était professeur de sociologie à l'université de New York, spécialisé dans les questions d'éducation et de politiques sociales.

Idées[modifier | modifier le code]

C'est à partir de la présidence de Lyndon Johnson qu'Irving Kristol rompt avec la gauche[3]. Les raisons sont multiples.

  • Il y a d'abord la critique des aides sociales. Pour Irving Kristol les grandes politiques sociales sont le pendant de l'émergence d'une nouvelle classe d'éducateurs, criminologistes, légistes et planificateurs, un establishment anti-capitaliste qui tient entre ses mains le destin et l'espoir des pauvres, condamnés à quémander sa charité. Les politiques sociales ont pour effet non délibéré d'encourager la dépendance et de désinciter les pauvres à lutter, à consacrer de l'énergie à se réinsérer.
  • Par ailleurs, l'apparition de la contre-culture dans les mouvements estudiantins, dans laquelle il voyait la promotion du nihilisme, l'a fait réagir.
  • Ce qu'il considérait comme la molesse de la gauche démocrate à l'égard des dictatures, le conduisit à s'en détourner.
  • La volonté de soutenir Israël le poussa à prôner l'alliance des juifs avec les évangéliques et le sionisme chrétien et la droite évangélique dès 1984[4].
  • Enfin il était farouchement anticommuniste[3].

Dans ses tribunes, il invoquait les philosophes sous le patronage desquels il se plaçait : Platon et Aristote, Adam Smith et Lord Salisbury et, comme la plupart des néoconservateurs, Leo Strauss[3].

Il déniait au néoconservatisme la qualification d'idéologie, qu'il définissait d'abord comme une conception aprioriste de la réalité. Il estimait en effet que le néoconservatisme était plutôt l'« impulsion » qui permettait au conservatisme américain d'être plus intellectuel, plus ouvert et plus déterminé[3].

Famille[modifier | modifier le code]

Son fils William Kristol est rédacteur en chef de l'hebdomadaire néoconservateur The Weekly Standard.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Neoconservatism: The Autobiography of an Idea 1995 ( (ISBN 0-02-874021-1))
  • Reflections of a Neoconservative: Looking Back, Looking Ahead 1983 ( (ISBN 0-465-06872-3))
  • Two Cheers for Capitalism 1978 ( (ISBN 0-465-08803-1))
  • On the Democratic Idea in America
  • The American Revolution as a successful revolution (Distinguished lecture series on the Bicentennial) 1973 ( (ISBN 0-8447-1300-7))
  • Democracy does not guarantee equality of conditions - it only guarantees equality of opportunity.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Vernet, Irving Kristol, fondateur du néoconservatisme américain, Le Monde, le 22 septembre 2009.
  2. (en) William Palmer, Engagement with the past: the lives and works of the World War II generation of historians, University Press of Kentucky, 2001, p. 49.
  3. a, b, c et d The economist, 26/09/09, obituary
  4. Célia Belin, Jésus est juif en Amérique, éd. Fayard, Paris, février 2011, p. 181.

Liens externes[modifier | modifier le code]