Abolition du travail salarié

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'abolition du travail salarié est l'un des fondements de certains courants du socialisme, dont le marxisme et l'anarchisme.

Présentation[modifier | modifier le code]

Pour Karl Marx, le travail salarié, c'est-à-dire la location de la force de travail de l'employé par le capitaliste, est un aspect du mode de production capitaliste. Selon lui, il transforme le travail en marchandise et le développement du salariat implique celui du rapport social capitaliste dans la société.

Marx a élaboré cette notion pour l'opposer à la lutte pour l'augmentation des salaires, qui est un éternel recommencement puisque, répercutée dans le coût de production, elle ne fait qu'amener une continuelle hausse des prix. L'abolition du travail salarié vient interrompre ce cycle. Il l'oppose également au mouvement des coopératives, qui maintient le salariat.

Il l'oppose également au développement de la petite propriété privée des moyens de production, c'est-à-dire à l'artisanat, qu'il juge réactionnaire. Pour Marx, le communisme, c'est-à-dire la propriété commune des moyens de production, est une étape du développement des sociétés humaines qui se situe au-delà du capitalisme, alors que la petite production artisanale est une étape dépassée de cette évolution. Cela fait partie de son argumentation contre Proudhon. Trois raisons à cela :

  1. La petite production privée ne permet pas d'assurer une production suffisante pour permettre l'abondance de biens nécessaire au communisme.
  2. Elle implique une mentalité particulière, étroite et patriarcale puisque fondée sur la transmission familiale de la propriété.
  3. Ses fondements ne sont pas différents de ceux du capitalisme, puisque sa survie face à la concurrence implique de se développer sous la forme d'une entreprise capitaliste (recours au crédit, accumulation du capital, embauche de salariés).

Bien que l'abolition du travail salarié soit un concept important de la pensée marxienne, elle n'a jamais fait l'objet de mise en pratique. Durant la révolution russe de 1917, le parti Bolchevik, a employé l'argumentation marxiste contre la petite propriété, mais n'a pas aboli le salariat. Dans les courants actuels du marxisme, le théoricien communiste-ouvrier Mansoor Hekmat et le Parti socialiste de Grande-Bretagne sont les plus attachés à cette notion.

Citation[modifier | modifier le code]

En même temps, et tout à fait en dehors de l'asservissement général qu'implique le régime du salariat, les ouvriers ne doivent pas s'exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne. Ils ne doivent pas oublier qu'ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu'ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu'ils n'appliquent que des palliatifs, mais sans guérir le mal. Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par les escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiétements ininterrompus du capital ou les variations du marché. Il faut qu'ils comprennent que le régime actuel, avec toutes les misères dont il les accable, engendre en même temps les conditions matérielles et les formes sociales nécessaires pour la transformation économique de la société. Au lieu du mot d'ordre conservateur: « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable », ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d'ordre révolutionnaire: « Abolition du salariat ».

Karl Marx a écrit Travail salarié et Capital en 1847 et Salaire, prix et plus-value, en 1865.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Berger, Pour l'abolition du salariat, Spartacus, Paris, 1976.
  • Claude Berger, Marx, l'association, l'anti-Lénine, vers l'abolition du salariat, Payot, Petite bibliothèque 238, 1974.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]