Quatrième Internationale - Secrétariat unifié

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Le Secrétariat unifié est fondé en 1963 à la suite de la réunification des deux principaux courants trotskistes se revendiquant de la Quatrième Internationale : le « Secrétariat international de la Quatrième Internationale » (QISI) et une partie du « Comité international de la Quatrième Internationale » (QICI). Le « Secrétariat unifié » est l'organisme dirigeant de l'Internationale de 1963 à 2003, date à laquelle il est remplacé par un « Bureau exécutif » et un « Comité international », lui permettant une meilleure marge de manœuvre. Le « Secrétariat unifié » est la plus grande des internationales trotskistes en termes de militants et de pays couverts.

Ses sections les plus importantes se trouvent en Suède (Socialistiska Partiet), aux Philippines (Parti révolutionnaire des travailleurs de Mindanao, Rebolusyonaryong Partido ng Manggagawa - Mindanao) et au Sri Lanka (Nava Sama Samaja Pakshaya). La Ligue communiste révolutionnaire (France) en faisait partie jusqu'à sa dissolution en 2009 dans le Nouveau Parti anticapitaliste.

Aperçu historique[modifier | modifier le code]

Le « Secrétariat international de la Quatrième Internationale » (QISI) était l'organisme dirigeant de la Quatrième Internationale, fondée en 1938 par Léon Trotsky. En 1953, un nombre conséquent de dirigeants de l'Internationale, soutenus par la majorité des sections australiennes, anglaises, chinoises, françaises, néo-zélandaises, suisses et américaines (le Socialist Workers Party) s'organisent contre la tactique d'entrisme dans les Partis socialistes et communistes préconisée par Michel Pablo, un dirigeant central de l'Internationale. Ces désaccords entre ceux soutenant l'entrisme, et donc la tactique officielle de l'Internationale, et les autres reposent essentiellement sur la façon de construire des partis révolutionnaires, et comment y parvenir. Ces tensions récurrentes mènent finalement à la scission des sections rejetant l'entrisme, formant ainsi en novembre 1953 le « Comité international de la Quatrième Internationale » (QICI).

Au cours des dix années suivantes, la majorité des deux fractions ont développé des approches similaires sur une grande partie des problèmes internationaux : l'opposition au stalinisme pendant les insurrections polonaises et hongroises en 1956, le soutien de la révolution cubaine en 1959 et de l'indépendance pendant la guerre d'Algérie. Au même moment, de larges pans de la QISI renoncèrent à l'orientation de Pablo concernant les partis communistes. En 1960, des sections de la QISI et de la QICI se sont finalement réunifiées au Chili, en Inde et au Japon. En 1962, les convergences politiques entre les majorités des deux fractions sont assez fortes pour que la QISI et la QICI établissent une commission paritaire pour préparer un Congrès mondial commun. Un congrès qui a pour but de réunifier la Quatrième Internationale.

Quelques groupes des deux côtés ne soutiennent pas ce mouvement vers la réunification. Dans les rangs de la QISI l'on retrouve essentiellement Juan Posadas, dirigeant du secrétariat latino-américain. Pour lui et son groupe, les révolutions anticolonialistes doivent être une priorité pour l'Internationale, alors que la majorité de la QISI pense au contraire qu'il faut intensifier les activités en Europe.

Les mêmes problèmes se produisent dans la QICI. En 1961 des tensions apparaissent, le Parti communiste internationaliste (PCI) en France et la Socialist Labour League (SLL) en Grande-Bretagne soutiennent qu'un État ouvrier ne s'est pas créé à Cuba, les mettant ainsi en opposition directe avec le SWP américain et d'autres sections de la QICI. En 1963, ces tensions provoquent une scission organisationnelle. D'un côté les sections australiennes, chinoises, néo-zélandaises et le SWP américain tiennent un congrès et votent pour prendre part au congrès de réunification. De l'autre, Pierre Lambert du PCI et Gerry Healy du SLL appellent à une « Conférence Internationale des Trotskistes » afin de continuer le travail de la QICI de façon autonome.

Septième Congrès mondial : la réunification[modifier | modifier le code]

En juin 1963 à Rome s'est tenu le Congrès de réunification, le septième, qui représente une grande majorité des trotskistes du monde. Parmi la QISI et la QICI, seuls le PCI, le SLL et les défenseurs de Posadas refusent d'y participer. Le congrès décide - entre autres - d'élire une nouvelle équipe dirigeante incluant Ernest Mandel, Pierre Frank, Livio Maitan et Joseph Hansen.

Le congrès adopte également une résolution stratégique rédigée par Mandel et Hansen, « Les dynamiques de la Révolution mondiale aujourd'hui », qui deviendra un document de référence pour le Secrétariat unifié dans la décennie suivante. Ce texte explique que « les trois principales formes de révolutions dans le monde - la révolution anticolonialiste, la révolution politique dans les États ouvriers dégénérés et la révolution prolétarienne dans les pays impérialistes - forment une unité dialectique. Chaque forme influence les autres et reçoit en retour de puissantes impulsions ou freins sur son propre développement. » Réfléchissant sur la révolution cubaine, qui s'est produite sans parti révolutionnaire, il conclut que « la faiblesse de l'ennemi dans les pays en voie de développement a permis d'arriver au pouvoir avec une arme émoussée. » Ce point de vue sera renforcé l'année suivante à travers une résolution du Secrétariat unifié intitulée « La nature du gouvernement algérien », rédigée par Joseph Hansen.

Le Congrès de réunification adopte aussi une résolution sur « Le conflit sino-soviétique et la situation en URSS et les autres États ouvriers ». La résolution remarque le pouvoir déclinant du Kremlin aussi bien à l'intérieur des Partis communistes que dans les mouvements anti-impérialistes comme ceux de Cuba ou d'Algérie. Elle explique par ailleurs que la « déstalinisation » n'est qu'une libéralisation de façade du système soviétique, permettant à la bureaucratie de se maintenir. La rupture entre la Chine populaire et l'URSS reflète « les différents besoins des bureaucraties dirigées par les puissances en présence (...). La recherche d'accords et par-dessus tout d'un accord global avec l'impérialisme de la part de la bureaucratie soviétique entre en contradiction avec la recherche par les dirigeants chinois de plus d'aide et de meilleures défenses contre la forte pression de l'impérialisme. » La tendance menée par Pablo tire au contraire des conclusions beaucoup plus optimistes sur la déstalinisation. Elle présente ainsi une contre-résolution, qui ne gagne l'appui que d'une petite minorité. Cette tendance mineure quittera l'Internationale un an plus tard, sur le motif que Pablo aurait été intentionnellement évincé.

Après 1963[modifier | modifier le code]

Un autre départ est enregistré en 1964, le Lanka Sama Samaja Party (LSSP) du Sri Lanka. Il est expulsé de l'Internationale à la suite de son entrée dans un gouvernement de coalition du pays. La QISI a fortement critiqué les tactiques parlementaires du LSSP en 1960. Celui-ci était absent au congrès de 1961, mais était représenté en 1963 au Congrès de réunification par Edmund Samarakkody.

Huitième Congrès mondial : les foyers anti-impérialistes[modifier | modifier le code]

Au Huitième Congrès mondial, qui s'est tenu en décembre 1965 dans les montagnes Taunus d'Allemagne, Samarakkody est encore délégué mais d'une nouvelle section au Sri Lanka, le LSSP (R), résultat d'une scission dans le LSSP à la suite de son éviction. Soixante délégués participent au congrès, ils témoignent d'une radicalisation de la jeunesse et des étudiants de plus en plus forte, et ce au niveau mondial. La résolution principale nommée « La situation internationale et les tâches des marxistes révolutionnaires » s'intéresse particulièrement à la solidarité dans les luttes anti-impérialistes, comme le Viêt Nam, à l'intervention dans la jeunesse radicalisée et à la crise dans les « régimes staliniens ». D'autres résolutions importantes sont adoptées : « L'Afrique », « L'Europe de l'Ouest » et « La rupture sino-soviétique », qui est un approfondissement d'une résolution déjà existante. En outre, le congrès légitime deux organisations sympathisantes en Grande-Bretagne. La première, la Revolutionary Socialist League, rompt avec l'Internationale peu après considérant celle-ci comme « opportuniste » sur les mouvements anticolonialistes, de plus elle n'est pas d'accord sur la reconnaissance officielle du deuxième groupe qu'elle considère comme son rival. International Group, à la suite de cette rupture, devient ainsi la section britannique de l'Internationale.

Neuvième Congrès mondial : solidarité avec le Vietnam[modifier | modifier le code]

L'Internationale s'est fortement développée dans les années 1960. En avril 1969, le Neuvième Congrès mondial en Italie rassemble plus de cent délégués et d'observateurs de trente pays différents, comprenant de nouvelles sections en Irlande, au Luxembourg et en Suède. De nouvelles sections ont été reconstruites en France, au Mexique, en Espagne et en Suisse. Le congrès entérine une résolution principale « La radicalisation de la jeunesse ». Au cours des années suivantes, les sections continuent à se développer principalement à travers la campagne contre la guerre du Viêt Nam, mais aussi grâce à la radicalisation de le jeunesse et des étudiants.

De 1969 à 1976, l'Internationale est traversée par un débat virulent sur l'importance des « guérillas » en Amérique latine et ailleurs. En 1969, le congrès adopte une approche favorable aux tactiques de guérillas dans des cas précis, malgré l'opposition d'un des dirigeants de l'Internationale, le Chinois Peng Shuzi et de son texte « Retour au trotskisme ».

Dixième Congrès mondial : la guérilla[modifier | modifier le code]

En février 1974, les votes du Dixième Congrès mondial sont très divisés (45/55) sur la question de la lutte armée, avec une grande minorité opposée à l'utilisation généralisée des guérillas en Amérique latine. En effet la « Tendance léniniste trotskiste » (menée principalement par le SWP américain et plusieurs autres sections) a réussi à convaincre une partie de l'Internationale que l'orientation du précédent congrès, favorable aux tactiques de guérillas, était une erreur. Une « troisième tendance internationale » extrêmement minoritaire,elle aussi opposée à l'orientation latino américaine, regroupera essentiellement des militants français de la Ligue communiste, de la tendance « contre le courant » dirigée notamment par Jean-François Dumas et Dominique Losay (Letourneau), la tendance Kompass du GIM allemand, et le groupe de Roberto Massari dans les GCI Italiens.

Le congrès de 1974 note aussi une augmentation conséquente de ses participants, avec des organisations venant de 41 pays. Selon Pierre Frank, « environ 250 délégués de 41 pays différents ont participé [au congrès], représentant 48 sections de l'Internationale et d'organisations sympathisantes. Comparé au précédent congrès, la force numérique de la Quatrième Internationale est dix fois supérieure ». En vue du onzième congrès, un nouveau pas vers l'unité semble donc s'être fait dans l'Internationale.

Onzième Congrès mondial : fin du sectarisme[modifier | modifier le code]

Il se tient en novembre 1979 et rassemble 200 délégués de 48 pays. Le Onzième Congrès mondial reflète la poussée révolutionnaire mondiale, en baisse depuis quelques années : aucune nouvelle section n'est reconnue mais une nette augmentation des effectifs est enregistrée en Espagne, au Mexique, en Colombie et en France. Plusieurs résolutions sur la situation mondiale sont adoptées majoritairement : « L'Amérique latine », « La situation des femmes » et « L'Europe de l'Ouest ». Le congrès mondial convient que ses sections doivent opérer un « tournant ouvrier », et ouvre une discussion sur la place du pluralisme dans les « Démocraties populaires » d'Europe de l'Est, qui continuera jusqu'en 1985. Elle invite aussi à la discussion la Worker's Socialist League de Grande-Bretagne, une relation commence et mène en 1987 à l'entrée de l'International Socialist Group (successeur de la WSP) dans l'Internationale.

Le débat le plus contesté du congrès porte sur la révolution au Nicaragua. Deux points de vue sont développés, mais finalement l'Internationale dans son ensemble soutient le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) et plaide pour la construction d'une section à l'intérieur du FSLN. Seul un petit groupe mené par Nahuel Moreno (dont les désaccords avec l'Internationale étaient profonds depuis plusieurs années) quitte l'Internationale pour rejoindre brièvement l'organisation dirigée par Pierre Lambert.

Douzième Congrès mondial : le SWP rompt avec le trotskisme[modifier | modifier le code]

En mai 1982, la Quatrième Internationale ouvre une discussion importante en vue du Douzième Congrès mondial. En effet, la période précédant le congrès coïncide avec une crise profonde du SWP américain. Les dirigeants du SWP ont commencé à être en profond désaccord avec l'Internationale, se retirant progressivement de sa direction. En 1982, le Bureau Politique du SWP rejette la théorie de la « révolution permanente », un élément central des théories trotskistes. Le parti tend alors à se rapprocher de plus en plus du « castrisme » (soutien inconditionnel à Cuba et aux tactiques de guérillas). L'évolution du SWP américain est une discussion centrale du congrès, il quitte officiellement l'Internationale en 1990 suivant le SWP australien, dont les raisons du départ sont identiques. Après le retrait du SWP américain, l'Internationale est incitée à publier la Revue marxiste internationale (RMI) en 1982 et Inprecor en 1983 (RMI fusionnera avec Inprecor en 1995). L'Internationale soutient aussi la création de l'« Institut International pour la Recherche et la Formation » (IIRF) (voir Liens externes), toujours actif à l'heure actuelle.

Plus de 200 délégués et observateurs participent au Douzième Congrès mondial de janvier 1985. Les résolutions principales sont adoptées par l'écrasante majorité des délégués. De nouvelles sections sont reconnues au Brésil, en Uruguay, en Équateur, au Sénégal et en Islande, ainsi qu'un grand nombre de sections sympathisantes, élevant le nombre de pays couverts par l'Internationale à 50. Une résolution importante est adoptée sur « La dictature du prolétariat et la démocratie socialiste », terminant une discussion du congrès mondial de 1979.

Treizième Congrès mondial : le « Nouvel Ordre mondial »[modifier | modifier le code]

Le Treizième Congrès mondial, en février 1991, est un des plus ambitieux, impulsé par les récents évènements qui ont changé les rapports de forces au niveau mondial. Ses résolutions portent sur le « Nouvel Ordre Mondial », l'intégration du bloc de l'Est dans l'économie capitaliste, le féminisme et la crise de la gauche latino-américaine. Les résolutions notent un renversement fondamental dans la lutte anticapitaliste, prenant en compte les défaites en Amérique centrale, la contre-révolution dans le bloc de l'Est et l'affaiblissement du mouvement ouvrier. Le congrès rejette massivement une contre-résolution sur la situation mondiale provenant d'une tendance menée par les militants de l'International Socialist Group (Grande-Bretagne) et de la Ligue communiste révolutionnaire (France). Selon cette tendance, la crise de l'impérialisme allait s'accélérer dans les années à venir.

Une discussion s'est poursuivie sur une résolution, « Écologie et révolution socialiste », provisoirement adoptée pour être définitivement entérinée au quatorzième congrès. Il approuve aussi les grandes lignes d'un manifeste programmatique, intitulé « Socialisme ou barbarie au seuil du XXIe siècle », qui sera approfondi en janvier 1992 lors de la rencontre du Comité exécutif international. Finalement, une nouvelle section est reconnue au Sri Lanka, le Nava Sama Samaja Pakshaya, augmentant ainsi les effectifs de l'Internationale très nettement.

Quatorzième Congrès mondial : regroupement[modifier | modifier le code]

Cependant, de façon globale, la période après 1991 est très défavorable aux marxistes. Le Quatorzième Congrès mondial de juin 1995, tenu à Rimini en Italie, porte essentiellement sur la chute définitive de l'URSS et du réalignement, imposé de fait, des Partis communistes et du mouvement ouvrier international. Le congrès est suivi par 150 participants de 34 pays : des délégués de neuf autres pays n'ont pas pu s'y rendre. Les principales résolutions sont adoptées par 5/6e des délégués en présence. Les résolutions soulignent l'inefficacité des sociaux-démocrates et les opportunités pour un regroupement politique. Une tendance minoritaire est formée au congrès par l'International Socialist Group (Grande-Bretagne) et la Socialist Action (États-Unis), expliquant la nécessité de construire des sections de la Quatrième Internationale au-delà de ces regroupements.

Les résolutions du Congrès adoptent une politique qui encourage un réalignement et une réorganisation de la gauche, en incorporant ainsi les autres partis qui disent s'inscrire dans la lutte des classes, tels que le Parti de la refondation communiste en Italie, Gauches unies en Belgique, le Parti africain pour la démocratie et le socialisme au Sénégal et le Parti des travailleurs au Brésil, qui ont tous envoyé des représentants au congrès de l'Internationale. Ce congrès est aussi l'endroit d'une réunification, surtout symbolique, entre la petite tendance de Michel Pablo et l'Internationale qu'ils avaient quitté en 1964 (la tendance) et en 1965 (pour Pablo). Michel Pablo et Ernest Mandel meurent tous les deux peu de temps après.

Quinzième Congrès mondial : transformation[modifier | modifier le code]

En février 2003, au moment de la tenue du Quinzième Congrès mondial en Belgique, une transformation s'est opérée dans une partie de l'Internationale. Dans plusieurs pays, des sections se sont réorganisées en tendances dans de plus grands partis politiques, tandis que l'Internationale établissait des rapports amicaux avec un certain nombre d'autres organisations mondiales et nationales. Les résolutions du congrès qui ont pour thème « Une nouvelle situation mondiale », « Les résistances à la mondialisation capitaliste », « Écologie et socialisme », « La libération lesbienne/gay » et « Rôle et tâches de la Quatrième Internationale » sont débattues par plus de 200 participants faisant partie de sections, de groupes sympathisants et d'observateurs permanents venus d'Allemagne, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada – Canada anglais et Québec, Danemark, Équateur, Euskadi, État espagnol, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hong-Kong, Inde, Italie, Irlande, Japon, Liban, Luxembourg, Martinique, Maroc, Mexique, Norvège, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, Porto Rico, Sri Lanka, Suède, Suisse et l'Uruguay.

Le quinzième congrès adopte de nouveaux statuts donnant les pouvoirs du Secrétariat unifié à deux nouveaux comités de la Quatrième Internationale : un Comité international, qui se rencontre deux fois par an, et un bureau exécutif (appelé aussi le bureau international). Selon l'Internationale « la réforme des statuts, qui s'appuie sur notre expérience des derniers années, donne une base cohérente, qui favorisera à la fois le débat continu, ouvert et critique dans l'instance centrale, le Comité international (CI), et d'autre part le rôle du Bureau Exécutif (BE), comme centre actif de coordination du travail. »[1]

Seizième Congrès mondial : en 2010[modifier | modifier le code]

L'Internationale a tenu son seizième Congrès mondial en février 2010 en Belgique. Quelques points étaient déjà fixés sur l'agenda du congrès, mais des sujets supplémentaires ont pu être prévus si l'on regarde le dossier sur les débats du Comité international :

  • La situation politique mondiale. Selon l'Internationale, le développement des résistances contre le néo-libéralisme, et donc une des formes que prend le capitalisme, suggère pour les révolutionnaires de nouvelles tâches[2].
  • La construction de partis anti-capitalistes larges. Les sections de la Quatrième Internationale ont différentes expériences de cette tactique[3].
  • Le changement climatique et le mouvement écologique. La campagne sur le changement climatique est une des priorités de l'Internationale[4] et provoque encore des débats constructifs en son sein[5]. Notamment sur les nouvelles formes de pollution, les intérêts économiques qui en sont retirés, les solutions possibles et l'approche des écologistes non révolutionnaires.
  • La stratégie révolutionnaire en Amérique latine. Les situations au Brésil[6] et au Venezuela plus particulièrement.

L'Internationale aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, l'Internationale est considérée par la plupart des autres groupes trotskistes comme la plus grande et la plus développée des internationales trotskistes, avec des sections et des groupes sympathisants dans plus de 60 pays. Bien que d'autres groupements trotskistes internationaux existent (voir Quatrième Internationale), aucun ne prétend être plus grand que la Quatrième Internationale réunifiée (aucun ne publie de chiffres vérifiables de ses membres).

Depuis le congrès de 1995, l'Internationale continue de s'ouvrir jusqu'à la participation d'autres courants. En 2004, par exemple, Democratic Socialist Perspective en Australie, International Socialist Movement en Écosse et International Socialist Organization aux États-Unis interviennent dans son Comité international. Elle organise aussi une Rencontre Internationale des Partis radicaux au quatrième Forum social mondial.

Le congrès mondial est l'instance suprême de l'Internationale. Mais les débats, les dépêches et les décisions ne se limitent pas au congrès mondial. À travers ses différents journaux, notamment Inprecor (revue francophone de la Quatrième Internationale), International Viewpoint (revue anglophone) ou La Gauche, et ses instances comme le Comité international et le Bureau exécutif, l'Internationale donne ses analyses sur l'actualité mondiale et nationale, conseille des orientations pour ses sections, dialogue avec elles et les aide aussi par divers moyens quand cela est nécessaire (matériel, financier, venue de militants expérimentés), prouvant ainsi sa réactivité.

En outre, depuis près d'une trentaine d'années, se tiennent chaque année les Rencontres Internationales de Jeunes (RIJ) qui sont le camp d'été des jeunes de la Quatrième Internationale. Il réunit des centaines de jeunes de dizaines de pays (continent européen, mais aussi asiatique, américain et africain) dans un camp pour une semaine de débats, de formations, d'échanges d'expériences et de décisions dans une ambiance à la fois studieuse et festive. Il se déroule habituellement dans le sud de l'Europe et a lieu vers la fin du mois de juillet. Les jeunes de l'Internationale, dont - entre autres - les Jeunesses communistes révolutionnaires (organisation de jeunesse de la Ligue communiste révolutionnaire), sont donc chargés de l'organisation du camp dans un principe d'autogestion. Ces derniers ont organisé les camps de 2005 et de 2007 près d'Agen, dans le sud de la France. Le camp 2010 s'est déroulé en Italie, puis à nouveau en France en 2011, du 23 au 30 juillet. En 2012, les 29e RIJ se sont déroulées dans l’État espagnol du 29 juillet au 5 août.

Opportunisme et scissions[modifier | modifier le code]

D'autres groupes se réclamant du trotskisme jugent l'Internationale « opportuniste ». Une des raisons principales à cette critique est la participation en 40 ans de deux sections, par la suite exclues de l'Internationale pour cela, dans des gouvernements qui incluent des partis capitalistes bourgeois. Ce sont les gouvernements dirigés par le Parti des travailleurs de Lula au Brésil et la coalition de 1964 au Sri Lanka entre le Sri Lanka Freedom Party (SLFP) et le Lanka Sama Samaja Party (LSSP, section de l'Internationale).

Au Brésil, l'Internationale doutait fortement sur la décision d'un dirigeant de sa section brésilienne de participer dans le gouvernement de Lula, expliquant peu après qu'il « existait d'emblée des évaluations diverses, dans l’Internationale comme parmi vous. Mais, une fois la décision de participation prise par Democracia Socialista (DS), sans masquer nos réserves et nos doutes, nous avons respecté son choix et cherché à aider plutôt qu’à mettre des bâtons dans les roues. Ainsi, nous nous sommes efforcés de convaincre les camarades de nos propres sections, que la question de la participation gouvernementale devait être logiquement subordonnée à l’appréciation des orientations gouvernementales. Malheureusement, il n’y avait guère de suspens en la matière. En tout cas, il n’a guère duré : la nomination de Meirelles et de Palocci, et les premières mesures ont très vite annoncé la couleur.»[7]

Avec le temps, l'Internationale devient encore plus critique sur le rôle de sa section dans le gouvernement brésilien : « Les secteurs [de la gauche au sein du PT] tentent de mobiliser leurs bases en vue du prochain congrès du parti en décembre et comptent prendre activement part à la campagne électorale du PT en 2006. Mais le prix à payer pour rester au PT dans ces conditions est lourd : soutenir le gouvernement, appartenir au même parti que des dirigeants accusés de corruption, être solidaire d’une des politiques néolibérales les plus conséquentes d’Amérique latine. [...] Comment, alors, se revendiquer de positions anticapitalistes et soutenir Lula… alors qu’il y aura une candidate Heloísa Helena (ndt : membre du PsoL, faisant partie du courant de la nouvelle section de la Quatrième Internationale au Brésil) qui défendra une série de positions radicales contre le capitalisme libéral ? Comment appuyer Lula contre Heloísa pour des centaines de militants de la DS ? »[8] Depuis 2005, tous les liens avec l'Internationale ont été rompu par Democracia Socialista, qui n'est plus dès lors considérée comme sa section brésilienne. Une partie de Democracia Socialista, opposée à la participation dans le gouvernement, a fait scission et participe au Parti du socialisme et de la liberté (PSoL) en tant que courant et section reconnue de la Quatrième Internationale.

En 1964 la direction du LSSP abandonne son rôle d'opposition de longue date pour rejoindre la coalition du Sri Lanka Freedom Party (SLFP), complétant ainsi son renversement politique. Depuis 1960 l'Internationale condamne fortement le LSSP pour son soutien politique au SFLP. En 1964, l'Internationale est opposée à l'entrée du LSSP dans un gouvernement de coalition, Pierre Frank explique cette position du Secrétariat unifié à la conférence du LSSP en juin 1964. L'Internationale coupe toute relation avec le LSSP par la suite. Une scission a lieu dans ce parti comportant un quart des militants et menée par Bala Tampoe, un dirigeant syndicaliste, et 14 membres du comité central du LSSP, tous opposés à la participation gouvernementale. Tampoe et les autres dissidents créent le Lanka Sama Samaja Party (Revolutionary) (LSSP-R), qui devient la nouvelle section de l'Internationale au Sri Lanka; en 1977 le LSSP-R devient Nava Sama Samaja Pakshaya.

Les organisations[modifier | modifier le code]

Les organisations membres du Secrétariat unifié de la IVe Internationale (sections)[modifier | modifier le code]

Les organisations de jeunesse[modifier | modifier le code]

Organisations qui comportent des courants membres du Secrétariat unifié de la IVe Internationale[modifier | modifier le code]

Les organisations sympathisantes du Secrétariat unifié de la IVe Internationale[modifier | modifier le code]

Organisations ayant le statut d'observateur[modifier | modifier le code]

Les organisations qui partagent les perspectives de luttes de la Quatrième Internationale mais qui ne souhaitent pas encore la rejoindre formellement peuvent acquérir le statut « d'observateur permanent ». Ce statut leur permet de participer aux réunions des principales instances de l'Internationale avec le droit d'interventions mais pas celui de voter les décisions.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]