Léon Trotski

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Léon Trotski
Trotski en 1929.
Trotski en 1929.
Fonctions
Commissaire du peuple pour les Affaires étrangères de la République socialiste fédérative soviétique de Russie
8 novembre 191713 mars 1918
Premier ministre Lénine
Prédécesseur Mikhaïl Terechtchenko
Successeur Gueorgui Tchitcherine
Commissaire du peuple pour l'Armée et les Affaires navales de la République socialiste fédérative soviétique de Russie
Mars 1918Juin 1923
Prédécesseur Nikolaï Podvoïski
Commissaire du peuple pour les Affaires militaires et navales de l'URSS
6 juillet 192315 janvier 1925
Premier ministre Lénine
Alexeï Rykov
Prédécesseur Nikolaï Podvoïski
Successeur Mikhaïl Frounze
Président du soviet de Petrograd
8 octobre 19178 novembre 1917
Biographie
Nom de naissance Lev Davidovitch Bronstein
Лев Давидович Бронштейн
Date de naissance 7 novembre 1879
Lieu de naissance Ianovka, Gouvernement de Kherson (Empire russe)
Date de décès 21 août 1940 (à 60 ans)
Lieu de décès Coyoacán, Mexico (Mexique)
Nationalité Soviétique
Parti politique Parti ouvrier social-démocrate de Russie
Parti communiste de l'Union soviétique
Opposition de gauche
Quatrième Internationale
Conjoint Aleksandra Sokolovskaïa,
puis Natalia Sedova
Profession Homme d'État
Religion Athée

Signature

Léon Trotski (ou Trotsky, voire Trotzky ou Trotzki[1] ; en russe : Лев Троцкий), de son vrai nom Lev Davidovitch Bronstein (en russe : Лев Давидович Бронштейн), né le 26 octobrejul./ 7 novembre 1879greg. à Ianovka (Ukraine actuelle) et mort assassiné le 21 août 1940 à Mexico (Mexique), est un révolutionnaire et homme politique russo-soviétique.

Militant marxiste, du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) puis, à partir de l'été 1917, bolchevik, il est plusieurs fois déporté en Sibérie ou exilé de Russie, et est notamment président du soviet de Petrograd lors de la révolution russe de 1905. Principal acteur, avec Lénine, de la révolution d'Octobre (1917), il est le fondateur de l'Armée rouge et peut être considéré comme l'un des principaux responsables de la victoire des bolchéviks sur les autres mouvements lors de la guerre civile russe de 1918-1921, ainsi que l'un des plus importants dirigeants du nouveau régime bolchevik.

Au cours de la guerre civile, il commande l'écrasement militaire de la Makhnovchtchina, qui, en 1921, sonne le glas de l'anarchisme en Russie soviétique, considéré comme « contre-révolutionnaire ». Trotski est, comme d'autres dirigeants, tels Lénine ou Staline, partisan de la violence, et a théorisé l'usage de la terreur pour éliminer tous ceux qui s'opposent à la conception Bolchevique de l'état et aux bolchéviks en général[2],[3],[4].

Il s'oppose à la bureaucratisation du régime et à Staline en prenant la tête de l'Opposition de gauche ; Staline le fait finalement chasser du gouvernement (1924) et du Parti (1927), puis l'exile en Asie centrale avant de le bannir d'URSS (1929) et de le faire traquer et assassiner par le NKVD.

À la fois orateur, théoricien, historien, mémorialiste et homme d'action, il est aussi le fondateur de la Quatrième Internationale (1938), et l'inspirateur commun dont se réclament toujours un certain nombre de groupes trotskistes à travers le monde.

Sommaire

Biographie[modifier]

La maison des parents de Trotski à Kherson.

Famille et enfance[modifier]

Famille[modifier]

Trotski est issu d'une famille juive des environs de Kherson, dans le sud de l'Ukraine. Il est le cinquième enfant de David Leontievitch Bronstein (russe : Давид Леонтьевич Бронштейн) (1843-1922) et d’Anne ou Annette Lvovna Bronstein née Jivotovskaïa (russe : Анна ou Анетта Львовна Бронштейн née Животовская). Ce sont des propriétaires terriens d’un khoutor près du village Ianovka (russe : Яновка) (district d’Élisavetgrad de la goubernia de Kherson, actuellement village Béréslavka, raïon de Bobrinetsk, oblast de Kirovograd en Ukraine)), dans le sud de l’Empire russe. Les parents de Trotski sont originaires de la goubernia de Poltava. Son père a bénéficié des réformes de Catherine II et ses successeurs qui donnent aux Juifs des terres pour les cultiver et qui leur permettent d'employer des chrétiens pour travailler. Il a ainsi acquis une grande étendue de terres et a un nombreux personnel sous ses ordres (garçons de ferme et domestiques). Le père est un homme doué pour le travail des champs mais illettré, c'est pourquoi son fils doit faire des études pour l'aider à faire la comptabilité, un domaine dans lequel il va exceller[5].

Enfance[modifier]

Trotski, prénommé Léïba (russe : Лейба, hébreu : לאון), variante de Léon, parle dans l’enfance l’ukrainien, le russe, ainsi que le yidiche. Il est envoyé à l’école Saint-Paul (tenue par des protestants allemands) d'Odessa, où il se distingue par ses brillants résultats. Pendant ses études à Odessa (1889-1895), Trotski loge chez son cousin maternel Moïse Filippovitch Spenzer, propriétaire de l’imprimerie scientifique « Matézis » (russe : Матезис) et sa femme Fanni Solomonovna ; ce sont les parents de la poétesse Véra Inber.

En 1896, Trotski évolue dans un cercle de propagande révolutionnaire de Nikolaïev. Il ne tarde pas à abandonner ses études, renonçant à devenir un mathématicien, sous l’influence d’un groupe populiste[6].

L'engagement politique[modifier]

Trotski en Sibérie, 1900.

Un temps tenté par les idées populistes, qui voient dans la paysannerie russe et ses fréquentes jacqueries le ferment de la révolution future, il adhère aux positions politiques sociales-démocrates (1896). Sous le pseudonyme de Lvov, Trotski participe à la création d'une organisation révolutionnaire, en particulier par la rédaction d'articles reproduits au moyen d'un hectographe et distribués à la sortie des usines.

En 1897, Trotski prend part à la création d'un « syndicat ouvrier du sud de la Russie ». En 1898, la police procède à des arrestations de masse durant lesquelles Trotski est arrêté. Il est transféré de prison en prison, d'abord à Nikolaïev puis à Kherson, et Odessa où il commence à étudier, dans les conditions que la prison lui permet. Trotski étudie les nombreux textes religieux à sa disposition à la bibliothèque de la prison, dont un certain nombre porte sur la franc-maçonnerie. Il s'initie également à la théorie marxiste à travers les écrits d'Antonio Labriola. Le rapprochement de Trotski du marxisme est probablement en partie lié à la relation qu'il lie avec la jeune marxiste Alexandra Lvovna Sokolovskaïa, l'une des anciennes dirigeantes du syndicat.

Trotski se marie avec elle en 1900 dans la prison de Moscou, pour éviter d'en être séparé, car il devait être envoyé en déportation en Sibérie à Oust-Kout. Ils ont deux filles. En déportation, Trotski établit le contact avec les agents de l'« Étincelle (Iskra) ». Sur recommandation de Gleb Maksimilianovitch Krjijanovski, qui lui donne son pseudonyme de « Plume » (russe : Перо), il intègre le groupe. Ne supportant plus l'enfermement devant sa tâche à accomplir, il réussit à s'évader en 1902, en laissant sa femme et ses filles derrière lui. Le passeport falsifié qu'il porte est au nom de « Troktski », d'après le nom d'un gardien de la prison d'Odessa, qu'il choisit peut-être pour dissimuler ses origines juives[7], et qu'il gardera comme pseudonyme. Sous cette fausse identité, il émigre alors vers l'Angleterre.

Premier exil[modifier]

À Londres, il rencontre Lénine dont il a entendu parler pour la première fois en 1900 et dont il a commencé à lire le traité politique Que faire ? peu avant son évasion de Sibérie. Lénine le fait entrer dans le comité de rédaction du journal Iskra (L'Étincelle), par cooptation ; il compte, par l'entrée de Trotski comme septième membre, aplanir le conflit entre les « anciens » (Plékhanov, Akselrod, Zassoulitch) et les « jeunes » (Lénine, Martov et Potressov).

Durant l'été 1903, au deuxième congrès du POSDR à Londres, qui voit la scission entre bolchéviques et menchéviques, Trotski soutient d'abord ardemment Lénine. Cependant, la proposition par Lénine d'un nouveau comité de rédaction (Plékhanov, Lénine, Martov ; seraient exclus Akselrod et Zasoulitch) pousse Trotski à se rallier aux menchéviques[8]. En septembre 1904, quand les positions des deux groupes divergent fortement, Trotski rompt avec les menchéviques et se rapproche de Parvus, séduit par son ambition de réunifier le parti et sa théorie de « révolution permanente » : analysant la situation dans les pays « arriérés » comme la Russie, il pronostique l'impossibilité d'une révolution « bourgeoise » apportant un régime démocratique et liquidant le féodalisme. Pour lui, la faiblesse de la bourgeoisie russe ne lui permettrait pas d'effectuer ces tâches et d'instaurer le capitalisme, et c'est la classe ouvrière qui devrait prendre en main la destinée du pays pour passer directement du féodalisme au socialisme, sans passer par le capitalisme. Dans le même temps, Trotski garde ses distances vis-à-vis de Lénine, lui reprochant ses méthodes autoritaires et son attitude, qu'il qualifie de « jacobine »[9]. Il conserve cette position intermédiaire mais isolée durant treize années, cherchant à fusionner les deux courants de la social-démocratie. Ce n'est qu'après la révolution de Février 1917 qu'il adhère au parti bolchevik et affirme que sa position conciliatrice d'alors était erronée.

En 1903 également, à Paris, Trotski épouse Natalia Sedova (russe : Наталья Седова[10]) mais le mariage n'est pas enregistré, puisque Trotski n'a pas divorcé d'Aleksandra Sokolovskaïa.

En 1905, Trotski rentre illégalement en Russie.

Président du soviet de Saint-Pétersbourg en 1905[modifier]

En 1905, lors de la première révolution russe, il devient, à l'âge de 26 ans, vice-président puis président du soviet de Saint-Pétersbourg, soviet composé en majorité de mencheviks. Au cours de la répression de la révolution de 1905, en 1907, il est condamné avec quinze autres personnes à la déportation à perpétuité en Sibérie et déchu de ses droits civiques. Cependant, Trotski s'évade durant le voyage vers Obdorsk (actuellement Salékhard) et entame alors son second exil.

Nouvel exil[modifier]

Fondateur du journal Pravda en 1912 à Vienne, où il fait par ailleurs connaissance avec Adolf Joffé, il se pose en défenseur de l'unité de l'ensemble des sociaux-démocrates, toutes tendances confondues, y compris les plus radicales. Cela lui vaut de vives tensions avec Lénine. Il organise, en août de la même année, une conférence pour l'unification, en réponse à la conférence de Prague ; mais les bolcheviks refusent d'y participer. Trotski quitte le « bloc d'août » peu de temps après.

La Première Guerre mondiale[modifier]

Trotski et sa fille Nina, en 1915.

Au début de la Première Guerre mondiale, alors que la grande majorité des partis sociaux-démocrates de la IIe Internationale succombent au nationalisme et soutiennent leurs gouvernements respectifs dans la guerre (vote des crédits de guerre, et parfois participation gouvernementale), Trotski fait partie des socialistes qui continuent à dénoncer le caractère impérialiste de la guerre, avec entre autres Lénine, le parti bolchevik et les mencheviks internationalistes, la tendance de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg dans le SPD en Allemagne (Ligue spartakiste), Pierre Monatte et Alfred Rosmer issus de la CGT ainsi que des minoritaires de la SFIO en France, le Parti socialiste de Serbie, le Sociaal-Democratische Partij des Pays-Bas, et la minorité du Parti social-démocrate d'Autriche autour de Max Adler. Il travaille un temps pour le quotidien Nache Slovo (« Notre Parole »), dont il est un collaborateur à Paris, tout en étant en relation avec l'organisation interrayons de Saint-Pétersbourg.

Le 5 septembre 1915, à l'initiative du socialiste suisse Grimm, se tient à Zimmerwald une conférence socialiste internationale contre la guerre, à laquelle participe Trotski et dont il est chargé de rédiger le manifeste. Avec celle de Kienthal qui se tient en 1916, Trotski contribue au rassemblement de ceux qu'on appelle alors les internationalistes ou Zimmerwaldiens et qui formeront pour la plupart en 1919 la IIIe Internationale, dite aussi Internationale communiste.

Arrêté, puis expulsé de France en septembre 1916, il est conduit à Irun, en Espagne. Là, il est arrêté par la police espagnole et embarqué de force avec sa famille pour les États-Unis. Installé à New York à partir de janvier 1917, il contribue au journal Novy Mir (« Nouveau Monde »).

Révolution russe de 1917[modifier]

Léon Trotski arrivant en train à Petrograd en mai 1917.
Trotski avec Lénine et des soldats à Petrograd en 1921.

Après la révolution de Février 1917, Trotski décide de retourner en Russie en mai 1917. D'après Jennings C. Wise, ce serait grâce à l'aide du président américain Woodrow Wilson[11], qu'il obtient un passeport américain[12], qui lui permet d'arriver en Russie. Il est d'accord avec les « thèses d'avril » de Lénine, qu'il considère comme un signal de ralliement à ses propres idées de « révolution permanente ». Il a alors abandonné l'espoir de parvenir à une union générale de tous les courants, mais continue cependant à travailler sur la fusion de l'organisation interrayons et des bolcheviks.

Lorsque le congrès d'unification a lieu, en août 1917, il est arrêté et emprisonné par le gouvernement provisoire. Malgré sa détention, il est élu au Comité central par le congrès. Libéré suite au putsch avorté du Général Kornilov, il devient président du soviet de Petrograd en septembre et du Comité militaire révolutionnaire en octobre, devenant l'un des principaux dirigeants bolcheviks de la révolution d'Octobre. Il réorganise l'Armée rouge, qu'il a fondée le 23 février 1918, en instaurant la conscription en pleine attaque des pays occidentaux sur le territoire russe.

La nuit du 11 au 12 avril 1918, en période de Guerre civile russe et d'offensive des armées blanches, une action dirigée contre les anarchistes russes (qualifiés d'« anarcho-bandits ») par le pouvoir bolchévique dont Trotski s'occupe personnellement lui fera dire : « Enfin, le pouvoir soviétique débarrasse, avec un balai de fer, la Russie de l'anarchisme[13] ! »

Le 4 juin 1919, l'ordre n° 1824 du Conseil révolutionnaire militaire de la République, signé de la main de Trotski (ainsi que de Vatzétis, Aratoff et Kochkareff), ouvre de manière ouverte les hostilités à l'égard des insurgés makhnovistes. Leurs congrès y sont interdits et leurs participants menacés d'arrestation pour faits de haute trahison. Cet ordre fait suite à un télégramme de Dybenko le IIIe congrès de la région libre de Goulaï Polié de « contre-révolutionnaire » et s'inscrit dans une vaste campagne de propagande bolchévique consistant à discréditer les combattants de la Makhnovtchina. Trotski lui-même, dans le numéro 51 de son journal En route, écrit un violent article contre la Makhnovtchina[14], dans lequel il accuse le mouvement de n'être qu'une révolte camouflée de riches fermiers (koulaks). Ces attaques sont le prélude d'une lourde offensive de l'armée rouge contre les insurgés ukrainiens[15]. Les troupes de Trotski finiront par anéantir les makhnovistes, affaiblis par les assauts répétés des armées blanches de Wrangel, dans le courant de l'année 1921 et fusilleront un grand nombre de paysans de la région pour avoir soutenu l'insurrection.

Il occupe ensuite le poste de commissaire du peuple aux affaires étrangères jusqu'en 1918, duquel il démissionne après avoir signé les accords de Brest-Litovsk.

Il devient ensuite commissaire à la guerre de 1918 à 1925, durant la guerre civile. Il organise les opérations militaires et intervient sur tous les fronts à bord de son train blindé. En parallèle, il fait partie du Bureau politique de 1919 à 1927.

En 1920 (notamment lors du IXe congrès du parti), afin de pallier la situation économique catastrophique de l'URSS, Trotski propose la militarisation provisoire du travail : selon lui, cette mesure était rendue nécessaire par le contexte de la guerre civile et de la révolution mondiale. Il posait déjà cette alternative en 1917 : « Ou bien la Révolution russe soulèvera le tourbillon de la lutte en Occident, ou bien les capitalistes de tous les pays étoufferont notre révolution[16].» Dans cette vision, toute grève est considérée comme une désertion, et toute revendication est considérée comme une insubordination.

En mars 1921, il ordonne l'assaut de la citadelle insurgée de Kronstadt.

Trotski, personnage central de la propagande des deux camps, durant la guerre civile 
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Violence politique et théorisation de l'usage de la Terreur[modifier]

Trotski est à l'origine d'un appareil de répression inédit en Russie tsariste, le camp de concentration[17]. Le 8 août 1918, Trotski ordonne la création des deux premiers camps en Russie, à Mourom et à Arzamas, destinés aux « agitateurs louches, officiers contre-révolutionnaires, saboteurs, parasites, spéculateurs[17]. » Il n'est toutefois pas seul dirigeant bolchévique à avoir cette conception de la violence politique, Lénine enjoignant dès le lendemain d'« enferme[r] les koulaks, les popes, les gardes blancs et autres éléments douteux dans un camp de concentration[17]. » Il fait ainsi partie des dirigeants communistes qui ont engendré ce qui allait devenir le Goulag, qui sera utilisé dans des proportions bien plus massives par Staline durant son règne, bien qu'il ne l'ai pas initié[17].

L'usage de la Terreur comme système de gouvernement, après le coup d'état des bolchéviques, est légitimée par Trotski, la violence étant nécessaire pour « terrifier l'adversaire[4]. »

Durant la guerre civile russe, Trotski était certainement le dirigeant bolchévique le plus prompt à utiliser la violence politique et la terreur, comme à les justifier au nom de la lutte pour la victoire de la révolution[18]. Son contemporain Boris Souvarine estimait ainsi que « Trotski était persuadé que toute difficulté, toute résistance pouvaient être surmontées par ce seul mot : “fusiller !”[19]. » En avril 1918, après la répression sévère du mouvement anarchiste en Russie Trotski s'exclame « Enfin, le pouvoir soviétique débarrasse, avec un balai de fer, la Russie de l'anarchisme[20] ! »

Déclin de Lénine et luttes pour le pouvoir[modifier]

une personnalité engagée et entière[modifier]

Trotski contrôle l'armée rouge, est le bolchevik le plus célèbre et probablement le plus féroce. Il s'affiche pourtant comme tenant de la démocratie dans le Parti et Isaac Deutscher [21], [22], son disciple et hagiographe le déifie en le présentant comme « l'épitomé de la noblesse bolchevique ». En réalité, il ne fut jamais rien d'autre qu'un chef de gang politique raffiné [23] qui se montre impitoyable aussi bien avec ses adversaires (hommes,femmes et enfants) qu'avec ceux de son bord : Les «lâches» sont décimés. Trotski est partisan de la ligne la plus dure . Il met en place la conscription du travail, détruit les syndicats indépendants et réprime avec sauvagerie les soulèvements : Il s'apprête à utiliser les gaz toxiques contre les mutins de Cronstadt, lorsque la révolte est écrasée. [24]
Se voulant aux avant-postes de l'action, au service du seul Parti, Trotski fait preuve d'un « relativisme moral de la plus dangereuse espèce jusqu'à son dernier jour [25]». Il écrit dans son dernier ouvrage, publié à titre posthume : « Leur morale ( celle de nos adversaires ) est la notre » [26] « Les problèmes de morale révolutionnaire ne font qu'un avec les problèmes de stratégie et de tactique révolutionnaires ».
Ses disciples partagent cette conception d'un code éthique défini de manière pragmatique, en marge de toute morale objective.

Maladresses dans les rivalités de fin de règne[modifier]

Alors que Lénine commence à être frappé d'incapacité, Staline cherche à prendre le pouvoir en se positionnant comme un homme du centre, un modéré. À sa gauche, trois hommes : Trotski, contrôle l'armée, Zinoviev dirige le Parti de Léningrad, Kamenev le Parti de Moscou. À sa droite, Boukharine, celui qui fait figure de principal théoricien. Staline va semer la division entre eux et les détruire tour à tour. Dans cette configuration Trotski va commettre de nombreuses maladresses qui accroissent le nombre de ses adversaires.
Déjà en 1920 , « Bertrand Russell avait noté le contraste entre la vanité de Trotski et la retenue de Lénine [27]» . Trotski méprisait ouvertement ses collègues et détestait les intrigues politiques et les corvées avilissantes qu'elles impliquaient. Bien que leader de l'armée, il ne tenta jamais de se servir d'elle et fut loyal au Parti sans chercher à se ménager un clan en son sein. Trotski -qui dira par la suite qu'il n'en avait pas été informé- n'assiste pas aux funérailles officielles de Lénine, erreur capitale car Staline en fit une restauration d'un rituel dans la vie russe, dont l'absence était ressentie depuis la destruction du trône et de l'autel; [28].

Trotski professe un antimaçonnisme politique dirigé particulièrement contre la franc-maçonnerie française[29]. En décembre 1922, dans un long discours au IVe congrès du Komintern, il dénonce l'idéologie de la franc-maçonnerie française, coupable de réunir les ennemis de classe et de vouloir substituer la tolérance à la lutte armée[30].

Affrontements à propos de la lutte contre la bureaucratie[modifier]

Trotski lors de son assignation à résidence à Alma-Ata, en 1928. Il y chasse.

En 1923, Lénine et Trotski, constatant la bureaucratisation du régime issu de la révolution, entrent en conflit avec la troïka Zinoviev-Kamenev-Staline[31]. Dans son livre Cours nouveau, il analyse l'évolution du parti bolchevik et propose des mesures pour limiter la tendance à la bureaucratisation qui se fait jour, en assurant une plus grande démocratie au sein du parti. Selon Trotski, la bureaucratisation du régime est due à la situation particulière de la Russie : la révolution y a vaincu, mais dans un pays arriéré, isolé après l'échec des révolutions, épuisé par la guerre, manquant de tout, une couche bureaucratique s'est constituée sur la base de la ruine du pays.

La mort de Lénine en 1924 permet à la bureaucratie de s'imposer malgré la formation de l'opposition de gauche, dans laquelle Trotski s'allie avec des militants bolcheviks comme Timofeï Sapronov, l'économiste Evgueni Preobrajenski, Nikolaï Ossinski, Victor Serge, Christian Rakovski, etc.

Mise en accusation du courant trotskiste[modifier]

Le terme «trotskiste» est lancé de manière injurieuse par Zinoviev et repris par Staline qui pointe la différence entre la «révolution permanente» soutenue par Trotski et son idée propre de « révolution d'un seul pays» [32] Durant l'été 1923, alors que Lénine est dans le coma, Staline lance son offensive et fait arrêter par la Guépéou un certain nombre de membres du Parti pour «indiscipline».
En mai 1924, Staline attaque Trotski lors du XIII° congrès du Parti en le qualifiant de «léniniste fractionniste [33]
Fin 1924, Staline, allié avec Kamenev et Zinoviev, érige le trotskisme en «hérésie», réussit avec l'appui du parti à reprendre le contrôle de l'armée et accrédite progressivement l'idée que le rôle de Trotski dans la révolution a été bien moindre que celle qu'il revendique. Son visage commence à être effacé sur les photographies trop révélatrices : Premier exemple stalinien de réécriture de l'histoire. [34].
Trotski se rapproche alors tactiquement, à partir de 1926, de Zinoviev et de Kamenev dans l'opposition unifiée et dirige avec eux un courant qui s'oppose à Staline. Mais il est trop tard , car ce dernier a déjà pris la main sur les principaux rouages de l'appareil du Parti. Au XV° congrès du Parti, Zinoviev est à son tour mis en cause, aux cotés de Trotski, et le 10 juillet 1928, Boukharine est à son tour condamné par le Comité Central.

Finalement, son opposition lui vaut d'être exclu du parti le 12 novembre 1927 et d'être déporté à Alma-Ata. Staline finit par le faire expulser d'Union soviétique en 1929, pendant que la répression s'abat sur ses partisans. Durant cet exil, il écrit de nombreux ouvrages et continue à militer pour le communisme et la révolution internationale. Il crée en 1930 l'opposition de gauche internationale.

L'historien Robert Service pense que l'opposition entre Trotski et Staline n'était pas aussi radicale que le prétendent les trotskistes. Leurs divergences concernant l'industrialisation de la Russie ou la conduite à adopter face aux milieux agricoles étaient une affaire d'opportunité plutôt que de principes, Trotski n'ayant jamais rechigné à employer des manières autoritaires en ces domaines[35].

Expulsé d’URSS[modifier]

En février 1929, Trotski est conduit à Constantinople où il remet aux autorités turques une lettre déclarant qu’il est venu contre son gré, après quelque temps passé dans l’ambassade soviétique il effectue plusieurs déménagements et finit par être placé en résidence surveillée sur l’île de Büyükada de l’archipel des îles des Princes (Prinkipo) au large de Constantinople. Il publie un bulletin mensuel d’opposition en langue russe dès juillet 1929. En avril 1930, il organise une conférence qui déboucha sur la mise en place d’un secrétariat international provisoire de l’opposition communiste. Après quatre années passées en Turquie, il séjourne en France de juillet 1933 à juin 1935, puis expulsé à nouveau, il trouve refuge en Norvège. Son fils Sergueï Sedov, resté en URSS, sera tué au cours des Grandes Purges staliniennes des années 1930, de même que son gendre Platon Ivanovitch Volkov et sa femme Alexandra Sokolovskaïa. La fille de Trotski, Zinaida Volkova, sera autorisée en 1931 à le rejoindre, en emmenant son fils, mais en laissant sa fille derrière elle en URSS. Le petit-fils de Trotski ne reverra sa sœur que plusieurs décennies plus tard, peu de temps avant le décès de cette dernière[36].

La création de la Quatrième Internationale[modifier]

Tableau de Diego Rivera représentant Trotski tenant le drapeau rouge de la IVe Internationale, 1934.
Trotski en compagnie de camarades américains à Mexico, peu avant son assassinat, 1940.

Toute sa vie, Léon Trotski continue à défendre les acquis de la révolution russe et l'« État ouvrier » qui en est issu, tout en dénonçant ce qu'il appelle une « monstrueuse dégénérescence bureaucratique »[réf. souhaitée]. Selon lui, la bureaucratie russe est une couche sociale parasitaire qui étouffe le pays en prélevant une part des richesses et dont Staline est le représentant politique et le défenseur.

Devant la montée du fascisme en Italie, puis du nazisme en Allemagne, Trotski préconise la constitution de fronts uniques de la part de toutes les organisations ouvrières, malgré leurs divergences. Il n'est pas écouté et la politique de Staline aboutit à l'écrasement de la puissante mouvance communiste allemande[réf. nécessaire]. Après 1934, Staline finit par imposer la création de Fronts populaires.

Avec la révolution espagnole, les partisans de l'opposition sont massacrés par milliers. Les procès de Moscou se tiennent en août 1936 et aboutissent à l'exécution des principaux accusés ; il en fut l'un des rares absents. Accompagné par le policier norvégien Jonas Lie, il quitte la Norvège le 19 décembre 1936, pour se réfugier au Mexique grâce à l'appui du président mexicain Lazaro Cardenas qui lui offre l'asile politique, où il débarque le 9 janvier 1937. Le 11 janvier, il s'installe avec son épouse Natalia Sedova chez le couple de peintres Diego Rivera et Frida Kahlo dans leur « Maison bleue ». Il a une liaison passionnée avec Frida Kahlo, âgée de 29 ans, qui lui dédie un tableau, Autoportrait dédié à Léon Trotsky. Il se brouillera avec Rivera en mars 1939 et s'installe dans une maison proche, calle Viena.

Les travaux de Trotski quant à l'organisation de l'opposition de gauche débouchent sur la création de la IVe Internationale le 3 septembre 1938 avec 25 délégués représentant 11 pays. À son activité militante peut être associée celle de son fils Lev Sedov.

Assassinat[modifier]

Stèle funéraire à Mexico.

Trotski est mortellement blessé le 20 août 1940 à Mexico, dans le quartier de Coyoacán, d'un coup de piolet à l'arrière du crâne par un agent de Staline (Jacques Mornard ou Franck Jackson, de son vrai nom Ramón Mercader)[37]. Son meurtrier est arrêté par Joseph Hansen et Charles Cornell, deux militants américains qui lui servaient de gardes du corps et de secrétaires. Ce dernier est présent au moment du meurtre mais ne réussit pas à l'empêcher. Ramón Mercader sera par la suite remis à la police mexicaine et condamné à vingt ans de réclusion, peine maximale alors en vigueur au Mexique. Il sera décoré de l'ordre de Lénine en Union soviétique. Trois cent mille personnes assistent à l'enterrement de Trotski, y compris des dirigeants politiques de l'État mexicain.

Sachant que les agents de Staline arrivaient pour l'assassiner, il aurait vu sa femme dans le jardin et aurait écrit « La vie est belle »[38].

Avant de succomber à ses blessures, Trotski peut encore confier : « Dites à nos amis : je suis sûr de la victoire de la IVe Internationale[39]. »

Postérité[modifier]

Pas de réhabilitation en URSS[modifier]

Contrairement à d'autres victimes de Staline, Léon Trotski n'a jamais été officiellement réhabilité par les autorités soviétiques, bien qu'il ait été autorisé d'honorer à nouveau son nom au moment de la Glasnost, à la fin des années 1980[36]. En 1987, Mikhaïl Gorbatchev continuait d'attaquer le rôle historique de Trotski[40].

La mouvance trotskiste[modifier]

Article détaillé : Trotskisme.

Les nombreux mouvements membres de la Quatrième Internationale se réclament toujours de la pensée de Léon Trotski, bien que leurs positions politiques soient loin d'être homogènes, l'héritage de Trotski étant revendiqué de manière contradictoire[41].

La vision critique de Boris Souvarine[modifier]

Boris Souvarine avait pris dans les années 1920 la défense de Trotski contre Staline. Plusieurs décennies plus tard, il se montrait cependant très critique à l'égard de Trotski et considérait que

« Trotski a contribué à forger avec Lénine le mythe néfaste de la “dictature du prolétariat” et le dogme funeste de l'infaillibilité du Parti, au mépris des idées réelles de Marx invoquées à tort et à travers. Tous deux, ivres de leurs certitudes doctrinales, juchés au sommet de la pyramide bureaucratico-soviétique, ont méconnu ce qui s'élaborait aux niveaux inférieurs, faisant preuve d'une inconscience qui a livré à Staline tous les leviers de commande. »

— B. Souvarine, « Staline : pourquoi et comment ? », Est et Ouest, 1er novembre 1977[42].

« Trotski était persuadé que toute difficulté, toute résistance pouvaient être surmontées par ce seul mot : “fusiller !”. »

— B. Souvarine, Sur Lénine, Trotski et Staline, Paris, Allia, 1990, p. 55.

La biographie d'Isaac Deutscher[modifier]

Article détaillé : Trotsky (Isaac Deutscher).

Bien qu'ayant rompu avec Trotski en 1938, l'historien marxiste Isaac Deutscher entame en 1954, une biographie monumentale de ce dernier en trois volumes — Le Prophète armé, Le Prophète désarmé, Le Prophète hors-la-loi —, fondée sur les archives personnelles du révolutionnaire russe à l'Université Harvard ; elle est achevée en 1963. À propos de Trotski, Deutscher reconnaît avoir un point de vue mêlé de « sympathie » et de « compréhension », même s'il le souhaite « aussi loin de celui du procureur que de celui de l'avocat »[43]. Sa longue biographie de Trotski prend parfois des accents lyriques : la vie du prophète est présentée tout à la fois comme héroïque et tragique. Deutscher s'est emparé dans son œuvre de la vision trotskiste d'une « contre-révolution » menée par Staline en Union soviétique. Il considère que l'autobiographie de Trotski intitulée Ma vie « est aussi scrupuleusement véridique que peut l'être un ouvrage de ce genre ». Il nuance cependant : « elle n'en est pas moins une apologie, rédigée dans le feu de la bataille perdue que son auteur menait contre Staline »[44].

La biographie de Robert Service[modifier]

Article détaillé : Trotski (Robert Service).

L'historien anglais, Robert Service, dans une biographie publiée en 2009, s'efforce de prendre ses distances avec les restes d'une « mythologie Trotski ». En opposition avec une opinion relativement répandue qui voit en Trotski une alternative possible à la terreur stalinienne, il avance que « Staline, Trotski et Lénine avaient bien plus de points communs que de différences », précisant que, au cas où Trotski l'aurait emporté, « le risque de voir l'Europe plongée dans un bain de sang aurait été bien plus grand ». Dans sa présentation personnelle de Trotski, Robert Service explique les échecs successifs de Trotski face à Staline par une personnalité narcissique, qui préfère la ferveur des discours et n'est pas suffisamment attachée à l'exercice du pouvoir[45]. Bertrand M. Patenaude, chercheur américain à l'université Stanford, dénonce cependant un livre à charge contenant de nombreuses erreurs factuelles par un article publié dans The American Historical Review[46].

Œuvres[modifier]

Photo d'identité judiciaire prise par la police secrète tsariste (circa 1900).
  • Bilan et perspectives (1905). D'après l'édition russe de 1919 : « Le caractère de la révolution russe, telle fut la question fondamentale par rapport à laquelle, selon la réponse qu'elles y apportaient, se regroupèrent les diverses tendances idéologiques et les organisations politiques du mouvement révolutionnaire russe. »
  • L'Internationale communiste après Lénine (ou le grand organisateur des défaites) (1928) – Trotski explique comment et pourquoi le développement de la bureaucratie en URSS a provoqué l'échec du prolétariat dans toutes les parties du monde à partir de 1923, et en même temps pourquoi elle s'est nourrie de ces échecs.
  • La Révolution permanente (1928-1931).
  • Histoire de la révolution russe (1930) – « L'histoire de la révolution est, avant tout, le récit d'une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées ».
  • Ma vie (1930) - Autobiographie.
  • L'Internationale communiste après Lénine (1930).
  • La Révolution permanente (1931).
  • Histoire de la Révolution russe (1932-1933).
  • La Jeunesse de Lénine (1936) – biographie.
  • La Révolution trahie (1936) – critique de la nature du pouvoir en URSS.
  • Programme de transition (1938).
  • Leur morale et la nôtre (1938).
  • Staline (1946).
  • Journal d'exil (1960).

Notes et références[modifier]

  1. Aucun consensus n'existe, parmi les auteurs en général et parmi les spécialistes, sur l'orthographe française à employer. La graphie Trotski, qui est conforme à la transcription du russe la plus couramment utilisée, est employée par Hélène Carrère d'Encausse (on en trouve des exemples dans ses ouvrages Lénine, Staline l'ordre par la terreur), François Furet (Le passé d'une illusion), Martin Malia (La tragédie soviétique), Boris Souvarine (Staline, aperçu historique du communisme), Stéphane Courtois (Le livre noir du communisme), dans l'ouvrage collectif Le siècle des communismes et dans des dictionnaires comme l'encyclopédie Larousse. L'orthographe Trotsky, employée par l'intéressé lui-même dans ses textes rédigés en français, est, quant à elle, utilisée par Nicolas Werth (Histoire de l'Union soviétique), Gilles Martinet (Les Cinq communismes), Pierre Naville (Trotsky vivant), Archie Brown (The Rise and fall of communism) ou François Fejtö (Histoire des démocraties populaires). Elle figure par ailleurs sur les éditions françaises de ses ouvrages, comme Ma Vie ou L'Internationale communiste après Lénine et est en outre employée par ses biographes Pierre Broué, Isaac Deutscher, Robert Service, Victor Serge et Jean-Jacques Marie. Archie Brown signale, en langue anglaise, les variantes Trotskiy ou Trotskii, cette dernière étant utilisée par des textes de la Bibliothèque du Congrès. Brown précise avoir choisi d'utiliser la forme Trotsky car celle-ci est la plus répandue en anglais (Archie Brown, The Rise and Fall of Communism, Vintage Books, 2009, p. 11).
  2. Trotski déclara par exemple le 1er décembre 1917 : « Dans moins d'un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l'instar de ce qui s'est passé lors de la Grande révolution française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la Grande révolution française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d'une tête, qui sera prête pour nos ennemis. » Repris dans Le livre noir du communisme, p. 86
  3. L'historiographie a retenu ces exactions sous le nom de « Terreur rouge. »
  4. a et b Gérard Chaliand, Pierre Dabezies, Sylvia Preuss-Laussinotte, Jean Servier, « Terrorisme », Encyclopædia Universalis (lire en ligne), consulté le 9 février 2013.
  5. Robert Service, Trotski, 2012.
  6. Léon Trotsky, Ma vie, 1929, chapitre 6.
  7. Max Eastman, Leon Trotsky: The Portrait of a Youth, chapitre 8.
  8. Le prophète armé, I. Deutscher (russe : Вооруженный пророк, И. Дойчер), 2006, p 90
  9. Trotsky, Nos tâches politiques, 1904.
  10. (ru) Vladimir Volkov, « Женщина в русской революции — Письма Натальи Седовой к Льву Троцкому » [« Jenchtchina v rousskoï revolioutsi – Pisma Natali Sedovoï k Lvou Trotskomou »], World Socialist Web Site, 10 juin 2003.
  11. (en) « Woodrow Wilson and a Passport for Trotsky »
  12. Jennings C. Wise, Woodrow Wilson: Disciple of Revolution, Paisley Press, New York, 1938.
  13. Voline, La révolution inconnue, livre 2, De l'anarchiste ukrainien.
  14. Cet article a été écrit par Trotski tandis qu'il était en route pour le front Sud où Denikine avait lancé son offensive (mai-août 1919). De nombreux écrits de Trotski au cours de cette période portent la mention En route. Ils furent avec d'innombrables autres documents, ordres aux diverses armées, etc., écrit dans son train blindé. En route était aussi le titre du journal publié par le train.
  15. Pierre Archinoff, L'histoire du mouvement makhnoviste, 1923 et Voline, La Révolution Inconnue, 1947
  16. Cité par Boris Souvarine dans L'observateur des deux mondes et autres textes, La Différence, 1982, p. 154.
  17. a, b, c et d Nicolas Werth, « Goulag », Encyclopædia Universalis (lire en ligne), consulté le 10 février 2013.
  18. (en) Robert Vincent Daniel, A Documentary History of Communism in Russia: From Lenin to Gorbachev, p.95-96 (lire en ligne)
  19. Boris Souvarine, Sur Lénine, Trotski et Staline, Paris, Allia, 1990, p. 55.
  20. [1].
  21. La Vie de Trotski en 3 volumes, Oxford 1954-63
  22. Stalin, a political biography (1946-66-67)
  23. Paul Johnson, op.cit. p.283
  24. Paul Avrich, Kronstadt 1921, (Princeton 1970)
  25. Paul Johnson, op cit P.283
  26. Léon Trotski , Traduit du russe en 1977 aux éditions Pauvert
  27. Paul Johnson, op cit p.284
  28. Trotsky, Mavie, Traduit du russe en 1973 par Gallimard
  29. http://www.trotsky-oeuvre.org/22/11/221125.html Communisme et franc-maçonnerie, 1922
  30. Article « Russie, XIXe siècle » in Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche, p. 775
  31. Léon Trotski, Ma vie, 1929, chapitre 40 : Le complot des épigones.
  32. Paul Johnson , op cit p.283.
  33. Paul Johnson, op cit P.284
  34. Staline, Oeuvres, (PCF)
  35. « Trotski déboulonné », Marianne, 18 septembre 2011.
  36. a et b (en) « Trotsky’s Grandson in Moscow – A Conversation with Esteban Volkov », sur le site marx.org.
  37. Pavel & Anatoli Soudoplatov, Missions spéciales : mémoires du maître-espion soviétique Pavel Soudoplatov, Paris, Éditions du Seuil, 1994.
  38. La Vie est belle de Roberto Benigni.
  39. Michel Lequenne, « Trotski et trotskisme », Encyclopædia Universalis
  40. « A review of two Trotski biographies by Geoffrey Swain and Ian Thatcher », World Socialist Website, 9 mai 2007.
  41. Documentaire L'Extrême Gauche en France : le poids de l'héritage, France 5, 11 mai 2009.
  42. Reproduit dans le recueil Chroniques du mensonge communiste, Commentaire/Plon, 1998, p. 134.
  43. Isaac Deutscher, Trotsky I. Le prophète armé, coll. 10/18, 1962, p. 11.
  44. Ibid., p. 10.
  45. Trotski déboulonné, Philippe Cohen, Marianne2.fr, 18 septembre 2011.
  46. (en) Bertrand Patenaude, « Robert Service. Trotsky: A Biography. David North. In Defense of Leon Trotsky », The American Historical Review, vol. 116, no 3, juin 2011, p. 900-902 [texte intégral, lien DOI] 

Bibliographie[modifier]

Films[modifier]

Romans[modifier]

Musique[modifier]

  • Les Tzars, une chanson du groupe français Indochine fait mention de l'assassinat de Trotski.

Annexes[modifier]

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Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]