Baalbek

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Baalbek
(ar) بعلبك — Ba'labakk
Image illustrative de l'article Baalbek
Administration
Pays Drapeau du Liban Liban
Gouvernorat Bekaa
District Baalbek
Démographie
Population 81 052 hab. (est. 2008)
Géographie
Coordonnées 34° 00′ 25″ N 36° 12′ 14″ E / 34.006944, 36.203889 ()34° 00′ 25″ Nord 36° 12′ 14″ Est / 34.006944, 36.203889 ()  
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Liban (administrative)

Voir la carte administrative du Liban
City locator 13.svg
Baalbek

Géolocalisation sur la carte : Liban (relief)

Voir la carte topographique du Liban
City locator 13.svg
Baalbek
Baalbek *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Le temple de Bacchus
Le temple de Bacchus
Pays Drapeau du Liban Liban
Type Culturel
Critères (i) (iv)
Numéro
d’identification
294
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 1984 (8e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Baalbek (écrit aussi Baalbeck ou Baalback ou Balbeck ou Balback ou Baalbec, en arabe بعلبك) est l’ancienne Héliopolis des Romains. Aujourd’hui, la ville moderne, chef-lieu du district de Baalbek, au Liban, compte environ 80 000 habitants, majoritairement chiites. La température la plus élevée du Liban y a été recensée avec 47°C.

La ville antique, située dans le nord de la plaine de la Békaa, est composée de ruines de l’époque gréco-romaine, avec des traces plus anciennes de l’époque sémitique. Le site figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Le complexe de trois temples géants laissé par les Romains comprend :

  • Le temple de Bacchus, un des temples les mieux conservés du monde gréco-romain,
  • Le temple de Jupiter dont il reste six colonnes de granite,
  • Le temple de Vénus.

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville phénicienne[modifier | modifier le code]

L’histoire de Baalbek remonte au moins à la fin du IIIe millénaire av. J.-C. Baalbek était une ville phénicienne florissante où était célébré le culte de Baal, le dieu de l'orage et de la pluie chez les Phéniciens et les Cananéens. À cette époque, le culte s’adressait donc à cette divinité orientale : Baal, dieu de la foudre qui donnait aussi des pluies bienfaisantes, et qui formait avec Astarté, sa parèdre féminine, le couple divin le plus populaire dans la zone phénico-cananéenne.

La ville hellénistique et romaine[modifier | modifier le code]

Monnaie frappée en la cité d'Héliopolis
Reconstitution du sanctuaire de Baalbek au temps de sa splendeur

La ville fut ensuite appelée Héliopolis, « Ville du Soleil ». Selon certaines hypothèses, ce nom fut donné au Baalbek de l’époque hellénistique, car les Grecs identifiaient Hélios, dieu du Soleil, à Hadad[pas clair]. D’autres affirment que la ville antique reçut ce nom à l’époque romaine, lorsque Marc-Antoine la concéda à Cléopâtre. Les vestiges visibles remontent surtout à l’époque romaine.

La ville fut conçue sur un plan classique. Les rues s’y organisèrent en damier sur la base de deux grandes artères, le decumanus et le cardo. Le site comporte trois sanctuaires principaux : ceux de Jupiter, de Bacchus et de Vénus, bâtis par les empereurs Néron, Trajan, Hadrien et Antonin le Pieux.

C’est pour montrer la toute-puissance de l’Empire romain qu’Auguste décida la construction d’un grand sanctuaire à Héliopolis. Les travaux commencés sous son règne, vers 14 av. J.-C., se prolongèrent pourtant jusqu’à la fin du IIe siècle. Le sanctuaire fut bâti en conformité avec les principes caractérisant l’architecture religieuse romaine, et les éléments du décor furent empruntés au répertoire ornemental gréco-romain, mais l’organisation tint compte des usages religieux de l’Orient. À titre d’exemple, les autels de Baalbek étaient beaucoup plus importants que ceux des sanctuaires romains. De même, les temples comportent des escaliers, à côté de leur entrée principale, qui permettent d’accéder au toit. Ceci servait sans doute à des activités culturelles orientales. Or, ce genre d’escaliers n’existe pas dans les temples romains.

À l’époque romaine donc, les cultes orientaux originaux se transformèrent en cultes mystiques destinés à consacrer la renaissance après la mort. Dans ce contexte, le sanctuaire de Bacchus commença à connaître un grand succès, notamment dans les cités de la côte phénicienne. Puis, les mystères de Bacchus conquirent Rome. Cette évolution fit donc qu’Adonis fut assimilé à Bacchus, et non à Hermès, et amena à lui dédier un grand temple dont la décoration intérieure comporte maintes allusions à sa personnalité divine.

La ville depuis le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Plusieurs tremblements de terre, destructions et autres constructions médiévales firent perdre à Baalbek une partie de sa splendeur ancienne. Le dernier grand tremblement de terre date de 1759, et fit s’effondrer trois des neuf colonnes du temple de Jupiter. Le festival d’été de Baalbek, qui a commencé en 1955, a pourtant fait revivre la Ville du Soleil.

Le site archéologique fut transformé en citadelle arabe. Une mosquée fut construite sur le site à l’aide de pierres trouvées sur place; les murs du temple de Jupiter furent déplacés de quelques mètres pour en faire une formidable muraille.

Description[modifier | modifier le code]

A : Temple de Jupiter ; B : Temple de Bacchus ; C : Cour hexagonale ; D : Grande cour.

Sanctuaire de Bacchus[modifier | modifier le code]

Le temple de Bacchus

Le sanctuaire de Bacchus, construit au IIe siècle, est le mieux conservé. On y pénètre par un escalier à trois volées, comme dans le temple de Jupiter. Le temple lui-même est périptère. Bien que de dimensions inférieures à celles du temple de Jupiter (69 mètres de long sur 36 de large avec des colonnes hautes de 22 mètres), il figure, lui aussi, parmi les plus grands temples du monde romain. Il se composait d’un pronaos précédé de huit colonnes et d’une cella, entourée de demi-colonnes, comportant au fond un escalier menant à un adyton où trônait la statue du dieu. Ses 42 colonnes hautes de 8 mètres supportent un entablement relié au mur de la cella par d’énormes dalles. Sur l’un d’entre eux qui est à terre, on voit un serpent mordre Cléopâtre. Ce portail très fin est classé parmi les plus beaux du monde romain. À l’angle sud-est du temple, se dresse une tour mamelouke datant du XVe siècle. Elle servait de résidence au gouverneur de la citadelle. Derrière le mur fortifié et le temple, se trouve encore une mosquée remontant au temps des Ayyoubides.

Grande cour[modifier | modifier le code]

La grande cour ou la cour des sacrifices, très étendue (134 et 112 mètres), était entourée d’un élégant portique dans lequel s’ouvraient quatre exèdres semi-circulaires et huit rectangulaires. Au centre de ce vaste espace, s’élevaient un autel pour les sacrifices et une tour flanquée de deux colonnes de granit rouge et gris dont il ne reste que de rares vestiges. La tour servait probablement de lieu utilisé par les pèlerins pour suivre les cérémonies. Elle fut détruite vers la fin du IVe siècle pour donner place à une basilique chrétienne qui fut, elle aussi, détruite à une époque ultérieure. Il ne reste de la basilique que quelques parcelles de l’autel, notamment des parties en bois qui abritaient les fidèles ainsi que de grandes parties du portique et de ses éléments décoratifs.

Vue panoramique de la cour principale du complexe religieux de Baalbek

Cour hexagonale[modifier | modifier le code]

À côté de la cour des sacrifices, la cour hexagonale de 50 mètres de long, à ciel ouvert, construite dans la première moitié du IIIe siècle, était entourée à l’origine d'un portique de 30 colonnes et de quatre exèdres rectangulaires richement décorés.

Cette cour fut également transformée en église dédiée à la Sainte Vierge entre la fin du IVe et le début du Ve siècle. La ville est un ancien évêché.

Temple de Jupiter[modifier | modifier le code]

Temple de Jupiter

Le temple de Jupiter, le plus ancien, fut construit en plusieurs étapes. Le temple était déjà bien avancé sous Néron, mais l’ensemble ne fut achevé et inauguré qu’au IIIe siècle. On y accède par un propylée : un escalier monumental conduit à un portique à douze colonnes encadré de deux tours. Selon une inscription latine, un légionnaire aurait fait recouvrir d’or l’un des deux chapiteaux des colonnes. Par un escalier monumental à trois volées, les prêtres atteignaient le temple de Jupiter dont ne subsistent que 6 colonnes, hautes de vingt-deux mètres, avec une base de 2 mètres 20 de diamètre. Ce temple est le plus grand (88 mètres sur 48) de tout le monde romain. Il était probablement périptère, avec dix colonnes en façade et dix-neuf sur les longs côtés. Si son plan intérieur était similaire à celui du temple de Bacchus, il comportait un pronaos précédé de huit colonnes et d’une cella.

Temple de Vénus[modifier | modifier le code]

Le temple de Vénus se caractérise par l’originalité de son plan circulaire ainsi que par l’harmonie de ses formes, dans une cité dont les autres sanctuaires sont marqués par le gigantisme. Dans une carrière située près de la cité, on peut d’ailleurs découvrir la plus grande pierre taillée au monde : 21 m de long, 4,5 m en hauteur et largeur pour une masse d’environ 1 200 tonnes.

La ville aujourd’hui[modifier | modifier le code]

La zone verte de Baalbek est connue sous le nom de Ras El Ayn (رأس العين) ; il s’agit d’une grande zone verte formée d’un boulevard ovale.

Festival international de Baalbek[modifier | modifier le code]

Le Festival international de Baalbek, est un grand événement culturel, organisé en été.

Des activités culturelles sont organisées dans les ruines romaines à partir de 1955. En 1956, gérée par des bénévoles, l’association prend le nom officiel de « Festival international de Baalbek ». Cette institution, soutenue par le président de la République de l’époque, Camille Chamoun, devient alors une des institutions officielles du gouvernement dont la mission est de promouvoir la vie culturelle et touristique du pays. En 1966, le festival fonde une école d’art dramatique dans le but de promouvoir le théâtre libanais.

En vingt ans, le Festival international de Baalbek a acquis une renommée internationale et les artistes du monde entier et de toute discipline viennent s'y produire : des compagnies de danse ( l'Australian Ballet, The Royal Ballet, le Alvin Ailey American Dance Theater , ...), des orchestres (l'Orchestre symphonique du Liban, l'Orchestre symphonique de Pittsburgh, l'Orchestre philharmonique de New York, ...), des solistes (Abdel Rahman El Bacha, Claudio Arrau , ...) des chanteurs lyriques, de jazz ou de variété (Plácido Domingo, Ella Fitzgerald, Johnny Hallyday, ...) et des compagnies de théâtre (la Comédie-Française, le Théâtre national de Belgique, ...).

Les activités du Festival international de Baalbek ont été interrompues en 1975, durant la guerre civile, jusqu'à la reprise, en 1997.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

La ville de Baalbek est jumelée avec les villes suivantes:

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lina Murr Nehme, Baalbek la Phénicienne, Aleph et Taw, François-Xavier de Guibert,‎ 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]