International Crisis Group

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L'International Crisis Group est une organisation non gouvernementale multinationale, à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et résoudre les conflits meurtriers grâce à une analyse de la situation sur le terrain et des recommandations indépendantes. Son président-directeur général est depuis juillet 2009 Louise Arbour, ancienne haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

Historique[modifier | modifier le code]

L'ICG a été créé en 1995 comme organisation non-gouvernementale internationale sur l'initiative d'un groupe de personnalités transatlantiques désespérées par l’incapacité de la communauté internationale à anticiper et répondre efficacement aux tragédies survenues en Somalie, au Rwanda et en Bosnie au début des années 1990. Cette initiative a été menée par Morton Abramowitz (en) (ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie et en Thaïlande, alors président de la Fondation Carnegie pour la paix internationale), Mark Malloch Brown (futur administrateur du PNUD, vice-secrétaire général de l'ONU et ministre britannique pour l'Afrique, l’Asie et l'ONU), et son premier président, le sénateur George Mitchell.

L'idée était de créer une nouvelle organisation dotée d’un personnel hautement qualifié, agissant en tant qu’yeux et oreilles du monde face à l'imminence de conflits, et d’un conseil d’administration jouissant d’une grande influence et capable de mobiliser une action efficace de la part des décideurs politiques du monde entier.

De débuts modestes — un bureau de deux personnes à Londres, et une équipe de terrain réduite dans les Balkans et en Afrique de l'Ouest — Crisis Group a connu une croissance rapide au cours de ces dernières années. Elle emploie actuellement quelque 130 professionnels dans le monde entier, de 46 nationalités et parlant 53 langues différentes, avec le soutien d’environ 20 consultants et 35 stagiaires.

Action[modifier | modifier le code]

Les équipes de l'International Crisis Group effectuent des évaluations et récoltent des informations dans les pays sensibles afin de prévenir les crises. Des comptes rendus sont régulièrement rédigés afin de toucher les décideurs internationaux (tels que l'ONU, l'UE ou la banque mondiale). L'ICG travaille en collaboration avec les gouvernements et d'autres ONG afin d’attirer leur attention sur les conflits possibles et d'anticiper les crises.

Les rapports de Crisis Group, de même que les activités de sensibilisation qui les accompagnent, ont eu un impact considérable en matière de prévention et de résolution de conflits dans des régions comme les Balkans, la Corne de l’Afrique, l’Afrique centrale ou de l’Ouest, et gagnent rapidement en influence dans d’autres régions, particulièrement au Moyen-Orient et en Asie – zones où les responsables politiques sont confrontés au terrorisme islamiste, à la prolifération nucléaire, aux conflits locaux et aux multiples problèmes posés par des États fragiles ou défaillants.

Crisis Group publie chaque année environ 90 rapports et briefings, ainsi que le bulletin mensuel CrisisWatch qui offre une mise à jour régulière des situations de conflits actuels ou potentiels dans près de 70 pays.

Financement[modifier | modifier le code]

L'International Crisis Group reçoit des financements[1] de divers gouvernements, pour l'essentiel occidentaux, ainsi que de fondations caritatives, d'entreprises et de donateurs individuels. En 2012, son budget s'élevait à 20,3 millions de dollars américains. Parmi ces fonds, 49 % de provenaient de 18 gouvernements différents et de l'Union européenne, 31 % d'entreprises privées et de donateurs individuels, et 20 % de diverses fondations et organisations philantropiques. George Soros, président de l'Open Society Institute, est membre de son conseil d'administration, et son conseil consultatif compte des entreprises telles que Chevron et Shell.

Critiques[modifier | modifier le code]

Les critiques font valoir que l'ONG ne mérite pas ce nom, 40 % de son financement venant directement des gouvernements selon le rapport annuel 2008[2], 30 % émanant d'entreprises privées. Ils accusent également l'ONG de promouvoir activement les campagnes de guerre de l'OTAN, notamment en Afghanistan[3] Elle est régulièrement invitée par l'OTAN[4]

Financeurs 2008[modifier | modifier le code]

  • 40 % gouvernements : Allemagne (Federal Foreign Office) • Australie (Agency for International Development; Department of Foreign Affairs and Trade) • Autriche (Austrian Development Agency) • Belgique (Ministry of Foreign Affairs) • Canada (Canadian International Development Agency; Foreign Affairs and International Trade Canada; International Development Research Centre) • Danemark (Ministry of Foreign Affairs) • États-Unis (U.S. Agency for International Development) • Finlande (Ministry for Foreign Affairs) • France (Ministère des Affaires étrangères) • Irlande (Irish Aid) • Liechtenstein • Luxembourg (Ministry of Foreign Affairs)• Nouvelle-Zélande (Agency for International Development) • Norvège (Ministry of Foreign Affairs) • Pays-Bas (Ministry of Foreign Affairs) • Qatar • République tchèque (Ministry of Foreign Affairs) • Royaume-Uni (Department for International Development; Economic and Social Research Council) • Suède (Ministry for Foreign Affairs) • Suisse (Federal Department of Foreign Affairs) • Turquie (Ministry of Foreign Affairs)
  • 30 % fondations d'intérêt privé : Carnegie Corporation of New York • Charles Stewart Mott Foundation • Ford Foundation • Fundacion DARA Internacional • Hunt Alternatives Fund • John D. and Catherine T. MacArthur Foundation • Korea Foundation • Open Society Institute • Pierre and Pamela Omidyar Fund • Ploughshares Fund • Pro Victimis Foundation • Sigrid Rausing Trust • VIVATrust • William and Flora Hewlett Foundation
  • 30 % de corporations ou personnes : Canaccord Adams Limited • Anglo American PLC • APCO Worldwide Inc. • BHP Billiton • Chevron • Citigroup • Credit Suisse • Equinox Partners • Frontier Strategy Group • Iara Lee and George Gund III Foundation • McKinsey & Company • Harriet Mouchly-Weiss • PT Newmont Pacific Nusantara (Robert Humberson) • StatoilHydro ASA • Tilleke & Gibbins • VIVATrust • Yapı Merkezi Construction and Industry Inc. • Landegger Charitable Foundation • The Power Foundation • PricewaterhouseCoopers - Netherlands • Sarlo Foundation of the Jewish Community Endowment Fund • White & Case LLP • John Whitehead • The Whitehead Foundation

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. notamment la liste des soutiens sur son site
  2. Disponible en ligne ([http://www.crisisgroup.org/library/documents/miscellaneous_docs/crisis_group_2008_annual_report_web.pdf
  3. Cf. par exemple Afghanistan : La communauté internationale doit rester déterminée.
  4. « Le vice-président Nick Grono, donne un aperçu général de la manière dont évolue la guerre médiatique menée par les talibans – et indique comment riposter. » [1]

Lien externe[modifier | modifier le code]