Katioucha

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BM-13

Katioucha (en russe : Катюша), diminutif russe du prénom Ekaterina (Екатерина, Catherine), est le surnom donné par les Soviétiques à un lance-roquettes multiple de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs batteries de Katiouchas étaient généralement alignées, dans le but de créer un tir de barrage et de destruction très important. Leur formidable puissance de feu était néanmoins altérée par une forte imprécision du tir.

Surnoms[modifier | modifier le code]

Son surnom vient de la célèbre chanson traditionnelle Katioucha, très populaire à la veille de la guerre. Les raisons en sont obscures, mais certains font le rapprochement entre la « haute rive escarpée » dont parle la chanson avec la falaise au sommet de laquelle furent tirées, le 14 juillet 1941, les premières katiouchas sur la ville de Roudnia durant la bataille de Smolensk, ville située dans l'oblast de Smolensk en Russie[1].

Les Cosaques l'appelèrent "Maria Ivanovna" du nom de l'épouse de leur général préféré : Golikov[2].

Elle était surnommée par les Allemands « orgue de Staline » (Stalinorgel) à cause notamment du rugissement caractéristique que chaque roquette produisait lors de son tir. De plus, le fait que celles-ci soient disposées en rangée sur un châssis de camion, pouvait effectivement faire penser à un ensemble de tuyaux d'orgue.

Description[modifier | modifier le code]

BM-13 Katioucha
Tir de Katioucha durant la seconde guerre mondiale à Berlin

Il existe deux versions de ce lance-roquettes en rafale, le BM-8 de 82 mm et le BM-13 de 132 mm (BM pour Boïevaïa Machina, « véhicule de combat »). Chaque camion comportait entre 14 et 48 lanceurs.

Les roquettes du système BM-13, appelé RS-132 (RS pour реактивный снаряд, Reaktivny Snariad, « roquette auto-propulsée ») étaient hautes de 1,8 m, de 132 mm de diamètre et d'un poids de 42 kg. Les roquettes étaient lancées par un propulseur solide à base de nitrocellulose disposé dans le moteur en acier de la roquette. La roquette était stabilisée par des ailerons cruciformes en tôle d'acier. L'ogive explosive, pouvant être à fragmentation, était hautement explosive et d'un poids d'environ 22 kg. La distance de tir des Katioucha était d'environ 8 km.

Les travaux soviétiques sur l'artillerie commencèrent en 1938 et le déploiement des BM-8 de 82 mm fut approuvé le 21 juin 1941. Le 14 juillet 1941, une batterie d'artillerie expérimentale de sept lanceurs fut utilisée pour la première fois dans un combat contre l'armée allemande à Roudnia, sous le commandement du capitaine Flerov.

Les huit premiers régiments de Katioucha (36 lanceurs dans chaque unité) furent créés le 8 août 1941. Une version améliorée appelée BM-13N (« normalisé ») fut développée en 1943. Plus de 1 800 lance-roquettes de ce modèle furent fabriqués jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour des raisons de discrétion et de sécurité les unités de Katiouchas étaient désignées « Régiments de mortiers de la Garde », alors que les Katiouchas (lanceurs de fusées) n'ont rien à voir avec les mortiers (artillerie à tir courbe).

Inventeur[modifier | modifier le code]

La katioucha a été imaginé par le général Kostskov[3]. C'est de manière impromptue, en se documentant sur l'histoire des armes à feu, qu'il tomba sur une édition française décrivant la machine infernale de Giuseppe Fieschi. Quand le général reçut une récompense de 100 000 roubles, il fit célébrer un office religieux à l’église de l'Arbat à Moscou en hommage à Giuseppe Fieschi[4]. Ceux qui l'aidèrent à mettre au point l'arme étaient également présents : le major-général Basile Abarenkov, les colonels Ivan Gval et Vladimir Golskovski[4].

Hypothèse moins probable[modifier | modifier le code]

Les roquettes et leurs lanceurs ont été inventés conjointement par Gueorgui Langemak et Sergueï Korolev [réf. souhaitée] qui travaillaient à l'époque dans le laboratoire de recherche Institut de recherche scientifique sur les moteurs à réaction dédié à la propulsion par fusée. En 1937, Langemak fut arrêté sur de fausses accusations dans le cadre des purges staliniennes, torturé puis exécuté. Korolev fut également arrêté quelques mois plus tard, puis interné dans un camp du Goulag de la Kolyma. Il fut libéré ultérieurement et dirigea le programme spatial soviétique.

D’après des recherches d'historiens[réf. souhaitée], les deux inventeurs se seraient inspirés de la machine infernale de Giuseppe Fieschi qui fit un attentat contre le roi français Louis-Philippe, cette machine consistait en une série de canons de fusil qui tirait une salve pour tuer le roi et sa suite, on peut actuellement voir l'original au musée Carnavalet à Paris, ainsi qu'une copie au musée de la préfecture de police, et on dit également qu'un ingénieur russe fit célébrer une cérémonie d'hommage à Giuseppe Fieschi comme martyr révolutionnaire républicain.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le terme Katioucha est devenu générique pour désigner les lance-roquettes d'origine soviétique ou s'en inspirant. Ainsi, il est utilisé notamment dans le conflit israélo-libanais de 2006 ou la guerre civile libyenne de 2011 pour désigner les BM-21 Grad.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Armes russes - « Katioucha » », sur Voix de la Russie (consulté le 19 aout 2010)
  2. Kalinov, Les maréchaux soviétiques parlent, Perrin, 2012, p. 226.
  3. Kalinov, Les maréchaux soviétiques parlent, p. 225-226, Perrin, 2012.
  4. a et b Kalinov, Les maréchaux soviétiques parlent, p. 225-226

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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