Robert Gates

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gates.
Robert Gates
Portrait officiel de Robert M. Gates, 2006
Portrait officiel de Robert M. Gates, 2006
Fonctions
22e secrétaire à la Défense des États-Unis
18 décembre 200630 juin 2011
Président George W. Bush
Barack Obama
Prédécesseur Donald Rumsfeld
Successeur Leon Panetta
16e directeur de la CIA
6 novembre 199120 janvier 1993
Président George H. W. Bush
Prédécesseur William Webster
Successeur R. James Woolsey
Biographie
Nom de naissance Robert Michael Gates
Date de naissance 25 septembre 1943 (71 ans)
Lieu de naissance Wichita (Kansas, États-Unis)
Parti politique Indépendant
Diplômé de College of William and Mary
Université d'Indiana de Bloomington
Université de Georgetown
Profession Historien

Signature

Robert Gates
Secrétaires à la Défense des États-Unis

Robert Michael Gates (né le 25 septembre 1943 à Wichita, Kansas) fut le 22e secrétaire à la Défense des États-Unis.

Entré dans le gouvernement de George W. Bush à la suite de la démission de Donald Rumsfeld, le 8 novembre 2006, Robert Gates est maintenu à son poste par le président Barack Obama, travaillant donc au sein de son administration. Il a annoncé qu'il se retirerait en 2011 et, le 28 avril 2011, le Président Obama a annoncé qu'il serait remplacé par Leon Panetta.

Origines et études[modifier | modifier le code]

Natif de Wichita au Kansas, Gates fut membre des Boy Scouts of America. Après le lycée de Wichita East d'où il sort diplômé avec mention en 1961, il continue des études supérieures grâce à une bourse scolaire au prestigieux College of William and Mary. Il y est notamment président de la fraternité Alpha Phi Omega et membre des jeunes républicains. Diplômé en 1965 d'un B.A. en histoire européenne, il poursuit ses études à l'université d'Indiana de Bloomington d'où il est diplômé en 1966 d'un master en histoire.

En 1974, il termine son cursus universitaire par un doctorat d'histoire de la Russie et de l'Union soviétique, acquise à l'université de Georgetown.

Historien, il est également à titre honorifique, docteur en lettre du College of William and Mary (1998).

Carrière à la CIA (1966-1993)[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses études, Robert Gates fait son entrée à la CIA en 1966 en tant que simple analyste de renseignements.

Après avoir franchi graduellement tous les paliers de la hiérarchie, Ronald Reagan le propose en 1987 pour diriger la direction de la principale agence de renseignements américaine, mais il est contraint de retirer sa candidature en raison de questions quant au rôle attribué à Gates et à la CIA dans le scandale de l'Irangate portant sur les ventes secrètes d'armes à l'Iran pour financer la guérilla des Contras au Nicaragua.

Scandale Iran-Contra[modifier | modifier le code]

De par son statut élevé dans la hiérarchie de la CIA, Gates était proche de plusieurs personnalités ayant eu un rôle important dans le scandale Iran-Contra et était en position de connaître leurs activités. Les preuves fournies par le Conseil indépendant (Independent Counsel) n'ont pas permis de confirmer les accusations portées contre Gates pour son rôle dans le scandale Iran-Contra, ou pour ses réponses aux enquêtes officielles.

Gates fut très tôt le sujet d'une enquête du Conseil indépendant. Elle reçut une nouvelle impulsion en mai 1991, lorsque le président Bush proposa Robert Gates pour prendre la direction de la CIA.

Le président et le vice-président du Comité de sélection du Sénat pour le renseignement demandèrent par écrit au Conseil indépendant, le 15 mai 1991, toute information qui pourrait « influer de manière significative sur le choix » de Gates pour le poste à la CIA.

Gates a témoigné de manière constante qu'il a entendu parler pour la première fois, le 1er octobre 1986, de la bouche de Charles E. Allen, l'officier des renseignements le plus proche de l'initiative iranienne, que le revenu des ventes d'armes à l'Iran avait peut-être été détourné pour soutenir les Contras. D'autres preuves démontrent, cependant, que Gates avait reçu un rapport sur les détournements, pendant l'été 1986, de la part du DDI Richard Kerr[1]. Le sujet fut de savoir si le Conseil indépendant pouvait prouver au delà du doute raisonnable que Gates avait menti délibérément lorsqu'il avait prétendu ne se souvenir d'aucune référence au détournement avant sa rencontre avec Allen en octobre.

Les règles du secret du Grand Jury ont entravé la réponse du Conseil indépendant. Cependant, afin de pouvoir répondre à des questions sur des témoignages précédents de Gates, le Conseil indépendant a accéléré son enquête pendant l'été 1991. L'enquête fut close le 3 septembre 1991, et le Conseil indépendant affirma que les activités de Gates dans l'affaire Iran-Contra et ses témoignages ne justifiaient pas de poursuites.

Le Conseil indépendant a fait dépendre sa décision d'éléments qui auraient pu justifier une réouverture de l'enquête, notamment le témoignage de Clair E. George, l'ancien directeur adjoint aux opérations. Lorsque le Conseil indépendant a décidé la clôture de l'enquête, il était toujours possible que Clair George fournisse des informations poussant à reconsidérer le rôle de Gates. Clair George refusa de coopérer avec le Conseil et fut mis en examen le 19 septembre 1991. Il a cité Gates comme témoin de la défense lors de son premier procès à l'été 1992, mais Gates ne fut jamais appelé.

Conseiller adjoint au Conseil national de sécurité (1989-1991)[modifier | modifier le code]

De 1989 à 1991, Gates est conseiller adjoint du président George Herbert Walker Bush au sein du Conseil national de sécurité où il travaille avec Condoleezza Rice.

Directeur de la CIA (1991-1993)[modifier | modifier le code]

Robert Gates, directeur de la CIA

En novembre 1991, lors de son audition devant les sénateurs pour valider sa nomination au rang de directeur de la CIA, Gates reconnaissait avoir fait des erreurs dans l'affaire Iran-Contra. Il fut aussi accusé d'avoir faussé des informations émanant des renseignements pour favoriser la politique anti-soviétique de Ronald Reagan dans les années 1980[2].

Sa nomination fut confirmée par le Sénat par 64 voix contre 31.

Il dirigea l'agence jusqu'à la fin du mandat de George Bush en janvier 1993.

Carrière professionnelle post-CIA (1993-2006)[modifier | modifier le code]

De 1999 à 2001, il est doyen par intérim de l'École d'administration George Bush (George Bush School of Government and Public Service) de l'Université A&M du Texas, université dont il devient le président en 2002.

Gates a été membre du conseil d'administration d'un certain nombres d'entreprises comme Fidelity Investments, NACCO Industries, Inc., Brinker International, Inc., Parker Drilling Company, Science Applications International Corporation, et VoteHere, une société produisant des machines à voter électroniques.

Membre du CFR depuis, au moins, 1987[3], il copréside, avec Zbigniew Brzezinski, de janvier à juillet 2004 un groupe d'étude du Council on Foreign Relations portant sur les relations américano-iraniennes. Engager une diplomatie soutenue sur la question du nucléaire iranien fut l'une des recommandations fondamentales du groupe. Il fut proposé de permettre à l'Iran de développer son programme nucléaire à la condition que l'Iran utilise ses moyens nucléaires uniquement dans des buts civils[4].

En 2006, Gates participa aux débats sur l'Irak en tant que membre du Groupe d'étude sur l'Irak, présidé par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker et par l'ancien représentant démocrate Lee Hamilton, chargé de formuler des recommandations sur la politique à mener dans ce pays.

Secrétaire à la Défense dans l'administration Bush (2006-2009)[modifier | modifier le code]

George W. Bush entouré de Donald Rumsfeld et de Robert Gates, le 8 novembre 2006

Le 8 novembre 2006, le président George W. Bush le nomme au poste de secrétaire à la Défense des États-Unis au lendemain de la victoire des démocrates aux élections du Congrès. Le 5 décembre, sa nomination au poste de secrétaire à la Défense est approuvée à l'unanimité des 24 membres de la Commission sénatoriale des Forces Armées. Il est confirmé le lendemain par le Sénat américain en obtenant les voix de 95 sénateurs (52 républicains, 42 démocrates et 1 indépendant) contre deux voix hostiles (celles des sénateurs républicains Rick Santorum et Jim Bunning) alors que 3 sénateurs s'abstenaient (les démocrates Joseph Biden et Evan Bayh, la républicaine Elizabeth Dole). Il entre en fonction le 18 décembre 2006.

En avril 2007, il effectue une tournée au Proche-Orient qui le mène à Amman, au Caire et à Jérusalem. Il rencontre notamment le président égyptien Hosni Moubarak qu'il met en garde contre les conséquences d'un « effondrement » de l'Irak pour les pays de la région tout en soulignant « le traditionnel leadership de l'Égypte dans le monde arabe », sollicitant un « engagement total » de ce pays pour le règlement des problèmes les plus urgents au Proche-Orient.

Hervé Morin, ministre français de la défense et Robert Gates en 2007

Comme ministre de la défense de George W. Bush, il est considéré comme l'architecte de la stratégie de renforts en Irak, un des succès de l'administration Bush.

Lié aux républicains, sans être membre du parti, et proche de la famille Bush, Robert Gates est unanimement apprécié aussi bien côté démocrate que républicain. Pour ces raisons, il est maintenu à sa fonction de secrétaire à la Défense par Barack Obama, le successeur démocrate de George W. Bush, pendant au moins un an ; mais il est opposé à un calendrier rigide de retrait des troupes d'Irak[5], et désapprouve les diminutions incessantes depuis 2009 du budget de la défense nationale décidées par Barack Obama. Il démissionne donc de ses fonctions le 28 mai 2011[6],[7]. Gates est aussi membre du Strategy Group de l'institut Aspen[8].

Secrétaire à la Défense dans l'administration Obama (2009-2011)[modifier | modifier le code]

Seul membre du Cabinet et de la Ligne de succession présidentielle à rester en place avec l'arrivée de Barack Obama, il a été désigné pour être le "Survivant désigné" lors des cérémonies d'investiture du nouveau président le 20 janvier 2009 et n'y assistait pas, abrité par le Secret Service dans un endroit tenu secret[9].

Il annonce à plusieurs reprises au cours de l'été et de l'automne 2010 son intention de se retirer en 2011. Le 28 avril, le président Obama annonce le prochain remaniement de son équipe de renseignement et de défense. Gates laissera sa place de secrétaire à la Défense au directeur de la CIA, Leon Panetta.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marié, Gates est père de deux enfants. Il est l'auteur d'un ouvrage sur la guerre froide et l'espionnage, intitulé From the Shadows: the Ultimate insider's story of five presidents and how they won the cold war (De l'ombre: l'histoire secrète de cinq présidents qui ont gagné la guerre froide).

Références[modifier | modifier le code]

http://www.zimbio.com/photos/Ibrahim+Al-Malik

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]