Opération Raisins de la colère

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L'opération Raisins de la colère est le nom d'une opération militaire de l'armée israélienne en avril 1996, visant pendant 16 jours les forces du Hezbollah au Liban du Sud afin de faire cesser les tirs de roquettes Katioucha contre les villes du nord d'Israël, et particulièrement contre la ville de Qiryat Shemona.

639 roquettes visèrent le nord d'Israël. En réponse à ces attaques, plus de 1 100 raids furent menés par l'armée de l'air israélienne et plus de 25 000 obus furent largués.

Un accord de cessez-le-feu fut obtenu le 27 avril 1996 pour empêcher davantage de victimes parmi les civils. Cette offensive a fait en seize jours 175 morts et 351 blessés, pour l'essentiel des civils, et jeté sur les routes du Liban plus de 300 000 réfugiés.

L'un des épisodes les plus marquants de ce conflit fut le bombardement de Cana, une installation de l'ONU touchée par les obus israéliens, ce qui entraina la mort de 118 civils libanais.

Contexte de l'escalade[modifier | modifier le code]

Cette opération se déroule 14 ans après l'opération Paix en Galilée de 1982 au cours de laquelle l'armée israélienne avait envahi le Liban jusqu'à Beyrouth pour y déloger l'OLP et établir en 1985 une zone tampon dans le sud du Liban afin d'empêcher les attaques contre le territoire israélien. En 1993, les forces israéliennes mènent l'opération Justice rendue pendant une semaine, en vain, pour mettre un terme aux actions du Hezbollah qui poursuit ses attaques contre Tsahal, l'Armée du Sud-Liban et des zones habitées[1].

En avril 1996, Israël tente une nouvelle fois de soumettre le Hezbollah en lançant l'opération Raisins de la colère.

Casus Belli[modifier | modifier le code]

Le 30 mars, 2 hommes sont tués à Yafar (Liban) par un missile lancé par l'armée israélienne (Israël reconnut son erreur). Le Hezbollah répond par le tir de 20 missiles contre le nord d'Israël. Une bombe, qui explose sur une route, tue un garçon libanais de 14 ans et blesse 3 personnes au village de Barashit, ce qui donne une raison au Hezbollah de tirer 30 nouveaux missiles contre les villes du nord d'Israël, le 9 avril. Les missiles de Hezbollah font 6 blessés parmi les civils israéliens. Les officiers israéliens annoncent alors l'opération Raisins de la colère (qui commence le 11 avril) comme une réponse aux tirs de roquettes mais aussi comme opération préventive pour affaiblir le Hezbollah (Amnesty 1996).

Déroulement de l'opération[modifier | modifier le code]

Les cibles des raids israéliens sont essentiellement des rampes de lancement de Katioucha, les installations du Hezbollah et de ses militants, ainsi que les infrastructures civiles qui sont employées à des opérations du Hezbollah, d'après Israël.

Des transmissions radiodiffusées préviennent la population pour qu'elle fuit la région (entre 300 000 et 500 000 personnes évacuent alors la zone). Le Hezbollah avertit à son tour les populations du nord d'Israël de son intention d'intensifier ses attaques, faisant se réfugier 30 000 personnes.

Les attaques qui suivent font entre 154 et 170 morts au Liban, selon les différentes sources. Environ 350 civils sont blessés au Liban (HRW 1997) et 62 civils israéliens sont blessés[2].

Les dommages sur l'infrastructure libanaise sont importants, avec la destruction de ponts et de centrales d'énergie. D'après HRW, 2018 maisons et immeubles furent détruits ou gravement endommagés par les bombardements.

Israël a estimé à 150 millions de shekels les dommages dont le pays a été victime. Les estimations des dommages sont de 20 millions sur les habitations civiles et de 40 millions de façon indirecte pour l'industrie du tourisme[3].

Cessez-le-feu[modifier | modifier le code]

La diplomatie américaine obtient un accord écrit informel de cessez-le-feu israélo-libanais après la mort de 102 civils libanais réfugiés dans un camp de Casques bleus à Qana. Annoncé le 26 avril à 18 h, il est effectif le lendemain à h.

L'accord interdit toute nouvelle attaque contre des civils de part et d'autre de la frontière, ainsi que l'usage des villages frontaliers pour tirer des roquettes. Un comité d'observateurs américains, français, syriens, libanais et israéliens, fut mis en place pour discuter toute infraction à l'accord.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Military operations by Lebanese guerilla forces », sur hrw.org
  2. [1][2]
  3. (en) « Summary of Katyusha attacks - 21-Apr-96 », sur mfa.gov.il,‎ 21 avril 1996

Voir aussi[modifier | modifier le code]