Francaltroff

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 Ne pas confondre l’ancien nom de Francaltroff avec l’ancienne commune de la Moselle Altroff.
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Francaltroff
Étang de la Tensch.
Étang de la Tensch.
Blason de Francaltroff
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Sarrebourg-Château-Salins
Canton Le Saulnois
Intercommunalité Communauté de communes du Saulnois
Maire
Mandat
Bruno Bintz
2014-2020
Code postal 57670
Code commune 57232
Démographie
Population
municipale
744 hab. (2014)
Densité 60 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 57′ 48″ nord, 6° 47′ 53″ est
Altitude Min. 217 m – Max. 289 m
Superficie 12,46 km2
Localisation

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Francaltroff
Henriette de Lorraine, seigneur de Francaltroff en 1623 (Cornelis Galle II, 1635-70).

Francaltroff (Freialtdorf en allemand) est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Du germanique alt « vieux » + dorf « village », au XVIIe siècle apparaît un deuxième adjectif : frei « libre », traduit ensuite par franc en français[1].

Ancien noms[2]: Altorf (787 et 1476), Altorph et Altorff (1339), Altorff et Alstorff (1525), Altorff (1587), Freyaltroff (1590), Alstorf-lès-Leyningen (1594), Frey-Altroff (1628), Franc-Altorff (1630), Franc Altroff (1775), Altroff (1790), Freialtdorf (1871), Francaltroff (1919).

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Moyen Âge à la fin de l'indépendance lorraine[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention de Francaltroff se trouve dans une charte de l’évêque Enguerrand de Metz[3] datant de l’an 787. À la suite de Stoffel[4], la plupart des auteurs contemporains admettent que « Altorf juxta Tannae villam » fait référence à Francaltroff près de Grostenquin.

Francaltroff semble avoir fait initialement partie du comté de Marimont[5] dont elle a été détachée dès le XIIIe siècle. Morcelée au gré des héritages, la petite seigneurie de Francaltroff fut possédée par diverses familles nobles de Lorraine allemande et des États voisins.

En 1387, le chevalier Simund von Kastel engage la moitié des biens et revenus qu’il possède à « Altdorf près de Lendingen » à Simund Wecker von Zweibrücken-Bitsch jusqu’au remboursement de 180 Gulden d’or [6].

Le plaid annal qui s’est tenu à Francaltroff en 1578[7] mentionne comme coseigneurs fonciers et haut-justiciers de Francaltroff : Alexandre de Braubach (1/6 ), Guillaume Kranz de Geispolsheim, bailli d’Allemagne (1/6), Catherine de Raville, veuve Pallant (1/3) et le comte Jean de Nassau-Sarrebruck (1/3).

La seigneurie de Francaltroff était depuis des temps immémoriaux un franc-alleu du duché de Lorraine ce qui fut confirmé, à la faveur d'une requête des sieurs de Braubach et de Pallant, par une ordonnance[8] du duc Charles III datée du 18 décembre 1590. C’est là sans doute l’origine des noms « Frey Altroff » ou « Franc Altroff » souvent utilisés à partir du XVIIe siècle.

Le duc Henri II de Lorraine réunit en 1623 ses fiefs lorrains de Francaltroff et Léning à la seigneurie de Lixheim qui fut érigée en 1629 en principauté immédiate du Saint-Empire romain germanique par Ferdinand II de Habsbourg en faveur de Louis de Guise, baron d'Ancerville et de son épouse Henriette de Lorraine, sœur du duc Charles IV de Lorraine[9]. À la suite du décès sans postérité d’Alexandre de Grimaldi, neveu par alliance et héritier du dernier époux d’Henriette de Lorraine, l’éphémère principauté de Lixing est réintégrée au duché de Lorraine en 1707[10].

Les cinq sixièmes de la seigneurie de Francaltroff ont été acquis en 1711 à la barre de la cour souveraine de Lorraine par François Bleickhard baron d’Helmstatt, seigneur d’Hingsange et de Bischoffsheim, capitaine au service du roi de France[11] de la succession vacante du prince de Lixing. Un sixième de la seigneurie de Francaltroff appartenait en 1775 à monsieur de Gallonnier de Varize.

Vers 1740 la famille d'Helmstatt fit construire à Francaltroff un nouveau château « couvert d’ardoises avec un corps de logis double de 100 pieds de face, précédé d’une très vaste et grande cour » [12] afin de remplacer l’ancien château ruiné. La famille d’Helmstatt n’y résidait semble-t-il pas souvent. Après l’acquisition du comté de Morhange en 1742, ils y firent construire vers 1769 un nouveau château qui devint leur principal lieu de résidence au détriment d’Hingsange et de Francaltroff. À la veille de la Révolution, le château était « tenu à ferme d’un anabaptiste » [13].

Conformément aux dispositions du Traité de Vienne (1738), le duché de Lorraine perd son indépendance en 1766 à la suite du décès du duc Stanislas Leszczyński. Le village de Francaltroff est alors rattaché à la province de Lorraine placée sous la souveraineté du roi de France.

De la Révolution française aux guerres du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les cahiers de doléances d’Altroff[14] rédigés le 16 mars 1789, témoignent de l’injustice du système féodal et des nombreux litiges entre les villageois et le comte d’Helmstatt qui semble avoir été âpre au gain et fort peu conciliant. En 1790 la province de Lorraine est divisée en départements. Francaltroff est rattachée sous le toponyme d’ « Altroff » au département de la Meurthe et devint même pour quelque temps chef-lieu d’un canton du district de Dieuze avant d’être rattachée au canton d’Albestroff[15].

Carte postale de Francaltroff (« Freialtdorf») en 1915.

À l’issue de la guerre franco-prussienne de 1870, « Altroff » est annexé à l'Empire allemand en vertu du traité de Francfort. La commune prend le nom de « Freialtdorf» et est rattachée au Bezirk Lothringen, l’un des trois districts administratifs du Reichsland Elsass-Lothringen.

Conformément à l’article 27 du Traité de Versailles, la commune redevient française en 1919. Elle prend alors le nom actuel de Francaltroff et est rattachée au nouveau département de la Moselle qui adopte les limites administratives du Bezirk Lothringen. De 1940 à 1945, le village est occupé par l’Allemagne et annexé de facto au troisième Reich qui l’incorpore au Gau Westmark. La commune subit d’importantes destructions lors des combats de 1944.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 mars 1995 Jean-Marie Zimmermann    
mars 1995 mars 2008 René Rueff    
mars 2008 en cours Bruno Bintz    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[17],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 744 habitants, en diminution de -2,87 % par rapport à 2009 (Moselle : 0,02 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
726 834 886 973 1 189 1 208 1 178 1 157 1 067
1856 1861 1871 1875 1880 1885 1890 1895 1900
1 007 1 041 1 009 947 912 797 782 780 727
1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
716 716 600 601 595 611 552 517 582
1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014 -
563 558 564 615 678 748 750 744 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Francaltroff Blason '
Détails

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Château des comtes d'Helmstatt en 1905.
  • Passage au nord de la commune d'une voie romaine venant du vicus de Grostenquin[20].
  • Vestiges du château de Francaltroff construit vers 1740 par la famille d’Helmstatt. De plan rectangulaire il était couvert d'un toit d'ardoises à croupes. Il présentait une façade à trois niveaux de sept travées, soulignés par des bandeaux de grès. La porte d'entrée était surmontée d'armoiries[21]. Vendu comme bien national à la Révolution le château a été laissé à l’abandon par ses divers propriétaires, ses ruines ont été vendues dans les années 1970 à la commune pour le franc symbolique puis rasées. Il n’en subsiste que les communs.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint-Hubert
Chapelle Sainte-Barbe au cimetière.
  • Francaltroff demeura une annexe de la paroisse catholique de Léning jusqu’à la Révolution. Une chapelle dédiée à saint Hubert y fut construite au XVIIIe siècle et desservie par un vicaire résidant. Ce n’est qu’à partir de 1750 que Francaltroff eu ses propres registres paroissiaux[22].
  • L'église Saint-Hubert actuelle a été reconstruite après les destructions de 1944.
  • Vitraux de Baccarat.
  • Chapelle Sainte-Barbe XVIIIe siècle, au cimetière.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Toponymie générale de la France: Tome 2 - Ernest Nègre
  2. Dictionnaire topographique du département de la Meurthe - Henri Lepage (1862)
  3. Dom CALMET : Histoire de Lorraine, preuves, tome I, col. 293, première édition
  4. J. G. STOFFEL : De l’ancienneté du château de Morimont (Mörsperg), en Alsace. Le Bibliographe alsacien : gazette littéraire, historique, artistique, 1869 (4) p. 204-207, éditions Berger-Levrault Strasbourg, (ISSN 2015-2027)
  5. Die Alten Territorien des Bezirkes Lothringen nach dem Stande vom 1. Jan. 1648. II. Theil, Straßburg 1909 p 315-323
  6. Archives Départementales du Bas-Rhin, Strasbourg, E4390 /3
  7. Irmtraut EDER : Die saarländischen Weistümer, Dokumente der Territorialpolitik. Minerva-Verlag Thinnes u. Nolte, Saarbrücken 1978
  8. Die Reichs-Unmittelbarkeit der Herrschaften Hinsingen, Lenning, Frey Altroff, Mörchingen, Berendorf, Estroff und Kinger in Lothringen, p. 79-81, 1792. Generallandesarchiv Karlsruhe - Archivalieneinheit 69 von Helmstatt A 1361
  9. Henri HIEGEL : Le bailliage d'Allemagne de 1600 à 1632. Tome 1 : L'administration, la justice, les finances et l'organisation militaire, Sarreguemines, Éditions Pierron, 1961 p. 113-116
  10. Die Alten Territorien des Bezirkes Lothringen nach dem Stande vom 1. Jan. 1648. II. Theil, Straßburg 1909 p. 184
  11. Jacques CHOUX : Dictionnaire des Châteaux de France – Lorraine, Berger-Levrault 1978 (ISBN 2-7013-0229-3)
  12. États de consistances des terres et seigneuries de Franc Altroff, Léning, Montdidier, Val de Kinger et Baronville. Landesarchiv Saarbrücken, Bestand Helmstatt A2
  13. Charles ETIENNE : Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. Première série, Département de Meurthe-et-Moselle. Tome 2, Cahiers du bailliage de Dieuze, Imprimerie Berger-Levrault, Nancy 1912 p. 13
  14. Charles ETIENNE : Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. Première série, Département de Meurthe-et-Moselle. Tome 2, Cahiers du bailliage de Dieuze, Imprimerie Berger-Levrault, Nancy 1912 p. 6-14
  15. Henri LEPAGE : Dictionnaire topographique du département de la Meurthe. Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain. Publié par l’imprimerie impériale, Paris,1862 p. 4
  16. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  20. Marcel LUTZ, Maurice TOUSSAINT: La Moselle gallo-romaine. Société d'Histoire et d'Archéologie de la Lorraine, section de Sarrebourg, 1991
  21. Jacques CHOUX: Dictionnaire des châteaux de France - Lorraine. Éditions Berger-Levrault, 1978. (ISBN 2-7013-0229-3)
  22. Jean HOUPERT: La Prévôté d'Insming : repeuplement et restauration d'un canton lorrain après la guerre de Trente ans, Éditions Naaman, Sherbrooke, 1975 p. 74