Cheminot (Moselle)

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Cheminot
Longeville-lès-Cheminot
Cheminot (Moselle)
Église Saint-Maurice de Cheminot.
Blason de Cheminot Longeville-lès-Cheminot
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Metz
Intercommunalité Communauté de communes du Sud Messin
Maire
Mandat
François Henot
2020-2026
Code postal 57420
Code commune 57137
Démographie
Gentilé Caminetois [1]
Population
municipale
812 hab. (2019 en augmentation de 11,08 % par rapport à 2013)
Densité 71 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 56′ 51″ nord, 6° 08′ 24″ est
Altitude Min. 172 m
Max. 255 m
Superficie 11,5 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Metz
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Faulquemont
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Cheminot
Longeville-lès-Cheminot
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Cheminot
Longeville-lès-Cheminot
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Cheminot
Longeville-lès-Cheminot
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Cheminot
Longeville-lès-Cheminot

Cheminot est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la commune.

Cheminot se situe en Moselle, dans le canton de Faulquemont, à 20 km au sud de Metz et à 9 km de Pont-à-Mousson.

Le village est placé entre l'autoroute A31 et la gare lorraine du TGV Est.

La commune est composée du village de Cheminot, de celui de Longeville-lès-Cheminot et du lieu-dit Marly-aux-Bois.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Cheminot est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Metz, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 245 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,9 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (89,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (57,1 %), prairies (28,8 %), forêts (7,8 %), zones urbanisées (3,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,3 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

En lorrain : Chemnat[9].
Cheminot est déjà connue à l’époque gallo-romaine sous le nom de Villa Caminetum. Elle borde la voie romaine reliant Marseille à Cologne.
Camenittum (945) ; Caminet (1075) ; Caminetum (1192) ; Cheminet (1211) ; Chaminetum (1227) ; Chaminat (1308) ; Chemenat (1338) ; Chaimenat (1372) ; Chamenat (1404) ; Chaminon (1429) ; Chamenet (1431) ; Cheminat (1500) ; Chaminot (1513) ; Cheminon (1594) ; Chemeno (XVIIe siècle)[9].

Sobriquet[modifier | modifier le code]

Lés hhofiats d’Chem’not (les soufflets/les asthmatiques de Cheminot)[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les fondations d’une importante villa romaine ont été trouvées près de la ferme de Marly-aux-Bois.

Par la suite, le village de Cheminot, ainsi que ceux de Longeville (actuel Longeville-lès-Cheminot), Éply, Lesménils et Bouxières-sous-Froidmont, sont regroupés dans une seigneurie dépendant d’un palais de Charlemagne. Le , Hildegarde donne le domaine à l’abbaye de Saint Arnoul. L'abbaye conserva cette propriété jusqu’à la Révolution de 1789.

En 783, fondation et donation de la reine impératrice Hildegarde femme de Charlemagne "donnant la susdite seigneurie de Cheminot, autrement Vachières, qu'elle possédait au tittre de douaire, avec toute intégrité, franchise et exemption de droit régalien et de franc alleu" à l'abbaye royale de Saint Arnoul.[11]

En 1075, Heriman, Evêque de Metz, confirme le franc alleu de Longueuille ban de Cheminot conformément aux exigences de Charlemagne Roi de France, & Empereur donnant à Saint Arnoul le ban de Cheminot, " qui defend tres expressement à l’Abbé, & Religieux d’icceluy de iamais ne le donner en fief à personne, ainsi de le poseder tousjour avec la mesme authorité qu’il le possedoit. Que si les sieurs Treze (l'oligarchie messine) estoient souverains de Cheminot, ainsi qu’ils s'imaginent, il faudroie voir par quel tiltre ils le font, & quel droict, quel cens, quelle amende, quel revenu ils en tirent à cause de leur souveraineté imaginaire."[12]

En 1211, une charte de Thiébaut, Comte de Bar, accordée à l'Abbaye de Saint Arnoul, présente un Foulques, Chevalier de Norroy, engageant son fief de Cheminot qu'il tenait des abbés de Saint Arnoul[13].

En 1404, Philippe de Norroy, seigneur de Port-sur-Seille,au service du comte de Nassau et contre le duc de Bar, fait brûler le village et ravage les environs de Metz[14]. Le , au cours du siège de Metz, le roi de France Charles VII occupe à son tour le village.

Après la Révolution, le 22 prairial de l’an VIII, les villages de Cheminot et Longeville sont regroupés en une seule commune.

Comme les autres communes de l'actuel département de la Moselle, Cheminot est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. Les villages de Cheminot et Longeville-lès-Cheminot sont rebaptisés respectivement Kemnat et Langendorf bei Kemnat en . Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent pour l’Empire. En 1919, Cheminot redevient française.

La commune est de nouveau annexée à l'Allemagne en 1940. La Seconde Annexion durera quatre ans. Le , la population est expulsée vers Vic-Fezensac dans le Gers, ainsi qu’à Muret dans la Haute-Garonne. Elle est remplacée par des colons lorrains de la région de Bitche, eux-mêmes expulsés, et par des colons allemands du Palatinat. En 1941, les villages de Cheminot et Longeville-lès-Cheminot sont respectivement rebaptisés Kemmen et Langendorf bei Kemmen. La commune est libérée le , à la fin de la bataille de Metz[15].

De 1790 à 2015, Cheminot était une commune de l'ex-canton de Verny.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
? 1923 Jules Martin    
? 1947 Jean Laurent    
1953 mars 1971 Antoine Gabbardo    
mars 1971 mars 2008 Jean Lorrain    
mars 2008 avril 2014 Claude Leroy    
avril 2014[16] En cours François Hénot    

En 1923, le maire Jules Martin démissionne, car les habitants du village refusèrent d’aller bénir le corps défunt de sa fille de 6 ans morte de diphtérie (peur de l’épidémie).

En 1947, le maire Jean Laurent démissionne car son métier de policier est incompatible avec la fonction.

Le , les archives municipales sont détruites par un incendie.

Fin 1956, plusieurs conseillers municipaux démissionnent pour protester contre le mode de facturation de l’eau au bétail.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[17]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[18].

En 2019, la commune comptait 812 habitants[Note 3], en augmentation de 11,08 % par rapport à 2013 (Moselle : −0,03 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
349307300590644620624580561
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
579594556514507501470468366
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
361356364187365306344386490
1990 1999 2006 2007 2012 2017 2019 - -
507535614625684775812--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Plus de 100 salariés travaillent en 2006 sur la commune.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Juste à côté de l’église, se trouve le monument aux morts, création du sculpteur Okuda, inspirée du plafond de la chapelle Sixtine. Il fut inauguré le .
  • L’actuelle mairie se situe dans une ancienne maison de type Renaissance construite au XVIe siècle dont les Façades et toitures sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du [21].

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Ancienne chapelle Saint-Pierre de Longeville-lès-Cheminot.

Le principal monument du village est l’église Saint-Maurice de Cheminot. Elle fut édifiée par l’abbé Richer au début du XIIIe siècle sur l’emplacement d’une ancienne église du VIIIe siècle où reposaient les reliques de saint Redemptius.

Achevée en 1229, elle est parfois appelée « la cathédrale de la Seille ».

Elle subit de nombreux dommages durant les siècles qui suivirent. En 1308, elle est saccagée par Renaud de Bar (évêque de Metz). En 1404 et 1443, elle est en partie brûlée. En 1444, elle est pillée.

Elle fut plusieurs fois restaurée et remise en état durant tous ces siècles. Les fresques qui recouvraient les murs furent effacées au XVIIIe siècle.

La dernière destruction eut lieu en 1944, pendant la libération du village. La restauration commença en 1950 et ne fut achevée qu'en 1962 avec l'arrivée des cloches.

Elle est classée monument historique depuis 1888[22].

À Longeville-lès-Cheminot, la chapelle Saint-Pierre date du XIIe siècle, elle était occupée par des bénédictins. C’est une maison d’habitation depuis 1800.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Thomas (1770 - 1853), général français de la Révolution et du Premier Empire, né à Cheminot.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Richard, Cheminot, Longeville, édité par la mairie de Cheminot, 1987

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.genealogie-metz-moselle.fr/verny/cheminot.html
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Metz », sur insee.fr (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. a et b Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868
  10. Passé-Présent : La Moselle dévoilée N°9 (Juin-juillet-août 2013)
  11. Valladier, L’auguste basilique de l’abbaye royale de Saint Arnoul de Metz de l’ordre de Saint Benoit, 1615
  12. Valladier, L’auguste basilique de l’abbaye royale de Saint Arnoul de Metz de l’ordre de Saint Benoit...1615
  13. François, Jean, et Nicolas Tabouillot. Histoire de Metz  :  [919-1523]. 7 vol. Histoire de Metz. Paris: Éditions du Palais-Royal, 1974.
  14. Comptes de Collin Drouin ADMeuse B 1520.
  15. La Moselle libérée, in 1944-1945 : Les années liberté, Le républicain Lorrain, Metz, 1994 p. 15.
  16. « Cheminot : François Hénot élu maire », sur republicain-lorrain.fr, Le Républicain lorrain (consulté le ).
  17. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  18. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  21. « Maison numéro 56 », notice no PA00106746, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  22. « Eglise Saint-Maurice », notice no PA00106745, base Mérimée, ministère français de la Culture.