Angevillers

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Angevillers
Angevillers
Église Saint-Michel d'Angevillers ancienne et nouvelle.
Blason de Angevillers
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Thionville
Intercommunalité Communauté d'agglomération Portes de France-Thionville
Maire
Mandat
Jean-Marie Colin
2020-2026
Code postal 57440
Code commune 57022
Démographie
Gentilé Angevillois, Angevilloises
Population
municipale
1 252 hab. (2018 en augmentation de 0,4 % par rapport à 2013)
Densité 144 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 23′ 19″ nord, 6° 02′ 36″ est
Altitude Min. 315 m
Max. 418 m
Superficie 8,71 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Luxembourg (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Algrange
Législatives Huitième circonscription
Localisation
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Liens
Site web http://www.angevillers.fr

Angevillers est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Angevillers est un village français situé en Lorraine, dans le département de la Moselle. Sa population s'élève à un peu plus de 1 200 habitants.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Angevillers
Rochonvillers Escherange
Havange, Tressange Angevillers Œutrange
Fontoy Algrange

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Angevillers est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Luxembourg (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 115 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (68,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (67,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (60,5 %), forêts (20,8 %), zones urbanisées (8,5 %), prairies (5 %), zones agricoles hétérogènes (2,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,3 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

D'un nom de personne germanique Ansher suivi du latin villa[8].

  • Anciens noms[9],[10]: Ansheresvilla ou Ansherisvilla (926), Antweiler (975), Ansieviller (1236), Answilre (1403), Anßwyler (1450), Anenviller (1544), Answeiler (1572 et XVIIe siècle), Answeiller (1606), Antzueyller (1688), Angeviller (1693), Augevillers (1793), Angewillers (XIXe siècle).
  • En allemand: Answeiler[9], puis Arsweiler (1871-1918).
  • En francique luxembourgeois : Aasler[11] et Uerswëller[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention écrite concernant Angevillers date de 926 sous le nom d'Ansheresvilla, mais quelques pièces de monnaies romaines, des tombes mérovingiennes mises au jour en 1966-1967 et une meule en lave basaltique attestent d'une occupation plus ancienne.

Le village d’Answeiler — nom du village le plus courant jusqu'au XVIIe siècle — dépendait de Trêves, du Duché de Bar puis de Luxembourg, comme toute la région de Thionville jusqu'en 1659 (traité des Pyrénées). Un dialecte luxembourgeois s'y est d'ailleurs maintenu jusqu'aux années 2000, principalement chez les personnes les plus âgées.

Le village était fief des seigneurs de Bassompierre du XIVe siècle au XVIIe siècle. La seigneurie est vendue à Jacques-Antoine Lecomte, gendre de Rodolphe de la Roche-Hullin, propriétaire des forges d'Hayange. Une mauvaise gestion des biens le contraint à vendre les forges à Jean-Martin Wendel. Par la suite ses héritiers revendent la seigneurie au baron de Bergh qui s'installe plus durablement au château. Ses héritiers revendent la seigneurie à Dominique Elminger, maître des Eaux et Forêts de Thionville. La nuit du met fin aux privilèges des nobles et la famille Elminger est inscrite sur les listes des émigrés de la Révolution. Réfugiée à Metz, elle tente de faire valoir ses droits. Le château passe dans les mains d'un notaire qui le revend pierre par pierre. L'enceinte du château existe toujours et enserre aujourd'hui deux fermes construites au milieu du XIXe siècle.

La commune fit partie en 1790 du canton de Florange, puis de celui d'Œutrange sous l'organisation de l'an III.

En 1817, il y avait 395 habitants répartis dans 59 maisons.

Le début de l'exploitation de la mine contribua à l'essor démographique de la commune. Dès 1880, un afflux de population allait transformer radicalement le petit monde d'agriculteurs et d'artisans. Une première cité de mineurs, « la colonie du haut », est construite dans les années 1890 suivie de « la colonie du bas » vers 1914.

Le camp d'Angevillers a été construit dans les années trente pour abriter les troupes de forteresse des ouvrages de la ligne Maginot des ouvrages de Molvange et de Rochonvillers.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie d'Angevillers.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1794 1796 Pierre Taite    
1796 1797 Nicolas Maire    
1797 1798 Martin Baué    
1798 1799 Nicolas Bosseler    
1799 1800 Pierre Taite    
1800 1831 Jean Frantz    
1831 1834 Jean-Pierre Gretten    
1835 1844 Jean-Pierre Clément    
1844 1846 Nicolas Oury    
1846 1847 Nicolas Taite    
1847 1848 François Haut    
1848 1859 Nicolas Taite    
1859 1882 Michel Mouraux    
1882 1896 Jean-Baptiste Schneider    
1896 1916 Auguste Mouraux    
1916 1918 Ernst Jung    
1918 1919 Auguste Mouraux    
1919 1935 Joseph Schneider    
1935 1938 Auguste Hoffmann    
1939 1940 Edmond Baué    
1941 1944 Angevillers rattaché à Algrange    
1945 1977 Gabriel Maire    
1977 1992 Albert Hoffman    
1992 2008 Gilbert Fendt    
2008 2020 Marcelle Brier    
2020 En cours Jean Marie Colin    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[14].

En 2018, la commune comptait 1 252 habitants[Note 3], en augmentation de 0,4 % par rapport à 2013 (Moselle : −0,32 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
308301365667484504454411417
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
3843894134354425917281 081704
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
1 0761 3831 4216781 2551 5981 3971 4411 284
1990 1999 2006 2007 2012 2017 2018 - -
1 1751 1851 2621 2731 2471 2531 252--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Vestiges préhistoriques et antiques
  • Découverte de bronzes de l'époque romaine.
  • Traces du "Château Bourg" XVIIe siècle (les caves).
  • Ouvrage de Rochonvillers

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Église paroissiale Saint-Michel.
Ancienne église Saint-Michel.
  • Ancienne église Saint-Michel XVIIIe siècle (désaffectée).
  • Église paroissiale Saint-Michel 1946.

Croix et calvaires[modifier | modifier le code]

Plus d'une douzaine de croix et calvaires se trouvent au détour d'un chemin dans le village :

  • rue de Fontoy, ferme Kaiser. Statue de sainte Anne et de la sainte Vierge dans une niche. Une statue de saint Hubert s'y trouvait jusqu'en 1944.
  • rue de Fontoy. Croix composite de plusieurs époques dont le fût, sans doute du XVIIe siècle, a été encastré dans le mur d'un jardin.
  • clos des Groseilliers. Croix de chemin du XVIIIe siècle ou début XIXe siècle qui se trouvait à l'origine de l'autre côté de la chaussée.
  • chemin d'Algrange. Croix de mission probablement, vers 1825, démontée lors de la réalisation de la route départementale et remisée dans le garage communal.
  • rue de Thionville. Croix datée de 1844, érigée par les familles Mangeot et Schneider ; aujourd'hui dans le jardin d'un particulier.
  • impasse des Fauvettes. Lanterne d'un ancien calvaire à demi enterrée. La croix se trouve dans le garage de particuliers.
  • rue de Havange. Croix restaurée par la veuve Haut en 1826. Le fût du XVIIIe siècle est l'œuvre de Théodore Leleyter, maçon de Fontoy.
  • rue de Havange. Croix de mission, probablement de la première moitié du XIXe siècle.
  • rue de Havange, dans l'enceinte du stade Majcherczyk. Croix "Saint-Jacques" érigée en 1877 par la famille Frantz.
  • rue d'Escherange. Calvaire érigé par Dominique Schneider et Marguerite Schmit en 1697.
  • route d'Escherange. Croix de mission, probablement de la première moitié du XIXe siècle.
  • route du camp militaire, à la sortie de la rue de la Forêt. Croix de mission probablement de la première moitié du XIXe siècle.
  • adossée au clocher de l'ancienne église. Croix du XVIIIe siècle qui se trouvait dans la forêt. Elle a été restaurée et bénie le à l'occasion des 60 ans de la nouvelle église.
  • sans oublier "Notre-Dame du Chêne", ("Kreuz'Eich" pour les autochtones...). La légende raconte qu'un jeune homme de Fontoy revenant de chez sa fiancée originaire d'Oeutrange se trouva pris dans la forêt pendant un orage. Un éclair foudroya un chêne et, se mettant à prier, il fit le vœu de placer dans ce chêne une statue de la Vierge s'il sortait vivant de la forêt... C'est ce qu'il fit ! À partir de ce moment, l'endroit est devenu un lieu de dévotion populaire. En 1909, une bougie mit le feu au chêne et les habitants d'Angevillers et des environs confièrent à Joseph Hoffmann, entrepreneur d'Angevillers, la construction du monument où brûlent de petites bougies allumées quasi quotidiennement par des marcheurs. Depuis de nombreuses années, des personnes de tous les villages environnants se retrouvent le pour prier et partager un moment de convivialité autour d'un café et d'une part de tarte...

Le bunker d’Adolf Hitler[modifier | modifier le code]

Bunker de Hitler en 2011.

Dans la forêt se trouve un bâtiment inachevé, connu sous le nom de "Brunehilde Anlage" qui aurait dû être le centre de commandement d'Adolf Hitler pour les opérations à l'ouest. L'arrivée précoce des troupes alliées ayant suspendu les travaux, le Führer n'y vint que pour observer l'évolution du chantier, et ne put jamais y installer son commandement. La construction d'un tel ouvrage à cet endroit est due à la localisation même d'Angevillers, qui se trouvait alors à l'extrémité occidentale du Reich, à 850 km de Berlin et à 350 km de Paris.

Les vitraux exceptionnels de la nouvelle église[modifier | modifier le code]

Depuis 1914, l'église d'Angevillers était devenue trop petite. En 1935, l'abbé Jean Keime devenait le nouveau curé de la paroisse. Jeune et plein d'enthousiasme, sous-officier de réserve, il administrait une paroisse en pleine expansion grâce aux nombreuses familles de militaires de la Cité des Jardins et à la garnison du Camp. En 1936, il relança l'idée d'agrandir l'église puis, face à de nombreuses contraintes techniques, renonça à ce projet au profit de la construction d'un nouvel édifice. Cette idée n'eut pas de suite l'assentiment général. Toutefois, en était posée la première pierre et le gros œuvre était terminé en 1940 quand les travaux durent être provisoirement arrêtés à cause de la guerre. Une fois la guerre terminée et l'abbé Keime revenu dans sa paroisse, l'église fut inaugurée et ouverte au culte en 1946 avant d'être consacrée le . Œuvre de la générosité des paroissiens, chacun a pu contribuer à sa construction en moulant des pierres, en participant financièrement... même les petits garçons ont fourni une partie du plomb qui a servi à la fabrication des vitraux en donnant leurs petits soldats. Les vitraux proviennent des ateliers des frères Ott de Strasbourg et représentent des scènes de la vie de saints mais un d'entre eux attire particulièrement l'œil pour son originalité : la messe de plein air avec les scouts. Le lutrin qui sert aux lectures, tout comme le support de l'encensoir ont été réalisés avec des barres de forage entre 1965 & 1969, fabriqués par des ouvriers dans l'atelier du jour de la Mine d'Angevillers à Algrange et offerts par les mineurs.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Liste des communes composant l'aire d'attraction d'Luxembourg (partie française) », sur insee.fr (consulté le ).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Passé-Présent : La Moselle dévoilée no 1 (Mai-Juin 2011)
  9. a et b M. Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868 sous les auspices de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, Paris, Imprimerie nationale.
  10. Martina PITZ, Genuine Übersetzungspaare primärer Siedlungsnamen an der lothringischen Sprachgrenze, Onoma 36
  11. Marcel Konne et Albert-Louis Piernet, « Dierfer vun äiser Hemecht », Hemechtsland a Sprooch, no 1,‎ (ISSN 0762-7440).
  12. Luxemburger Wörterbuch, Luxemburg, P. Linden, 1950-1977 (lire en ligne)
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.