Hellimer

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Hellimer
Hellimer
La maison Bonert en pans de bois (1716).
Blason de Hellimer
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Forbach-Boulay-Moselle
Intercommunalité Communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie
Maire
Mandat
Romuald Yahiaoui
2020-2026
Code postal 57660
Code commune 57311
Démographie
Gentilé Hellimérois, Helliméroises
Population
municipale
535 hab. (2018 en diminution de 6,3 % par rapport à 2013)
Densité 51 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 59′ 54″ nord, 6° 49′ 50″ est
Altitude Min. 218 m
Max. 334 m
Superficie 10,42 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Sarralbe
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Hellimer
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Hellimer

Hellimer est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de la Moselle-Est, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé au croisement de la D 674 (ancienne N 74) reliant Sarreguemines à Nancy, et la D 29 reliant Rosbrück à Insming, Hellimer est un petit village lorrain, principalement concentré autour de son église.

Accès[modifier | modifier le code]

Hydrographue[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Hellimer est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3]. La commune est en outre hors attraction des villes[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (35,7 %), prairies (30,9 %), zones agricoles hétérogènes (22,5 %), zones urbanisées (6,1 %), forêts (4,8 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Son nom d'origine germanique viendrait d'une chapelle dédiée à saint Martin (en allemand : Heiliger Martin), autrefois située à l'emplacement de l'église actuelle.
  • Successivement : Heylimer (1121), Helgemer et Heilgemer (1315), Heilmer et Heilgmer (1316), Helimberg (1354), Herligenner (1429), Heiligmer (1441), Helgenmöre (1509), Heylingenner et Heligenner (1594), Hœligmer (1606), Heligmer (1664), Helymer (1700), Heillimer (1755), Heilimer (1779), puis Hellimer (depuis 1789)[8].
  • En allemand : Helmer[9]. En francique lorrain : Hellmer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Xe s., Hellimer est inscrit comme possession de l'abbaye Saint-Martin-des-Glandières[10], de Longeville-les-Saint Avold.

Au XIVe s., il est la propriété du comté de Morhange.

Le , le comte Antoine de Morhange qui était alors seigneur de Hellimer fut fait prisonnier au château par les troupes messines. Il ne dut sa vie qu'après avoir donné gage de se mettre au service de ses vassaux et de la population du village afin ...d'indemniser tous ceux qui avaient souffert du siège de cette forteresse sous peine de se rendre prisonnier à Metz.

En 1571, Un traité partagea la seigneurie qui comprenait Hellimer, Diffembach et Ackerbach pour un quart (Diffembach et Ackerbach) à l'évêque de Metz, qui restait suzerain des voués, et trois quarts (Hellimer) au duc de Lorraine qui devint celui des seigneurs.

En 1630, Georges II Du Gaillard, capitaine Châtelain d'Albestroff, qui avait été fait "baron libre du Saint Empire" par un diplôme daté du par l'empereur Ferdinand II De Habsbourg (1578-1637)[11], entre en possession de la seigneurie de Hellimer qu'il acheta au baron Guillaume Marzloff de Braubach le .

Pendant la Guerre de Trente Ans (1618-1648), toute la région lorraine est devenue une très complexe mosaïque de territoires appartenant à des fiefs qui dépendent du Saint Empire, du duché de Lorraine et des Trois Evêchés. La famine, la peste et les raids militaires meurtriers conduisant à d'incessants changements d'autorité, aboutissent à un dépeuplement rapide. Ce fut particulièrement vrai pour Diffembach et Hellimer lors de l'attaque de la châtellenie d'Albestroff et de ses dépendances en . Les régiments de suédois du duc de Weimar et les troupes de la garnison de Saverne furent particulièrement meurtriers. Selon le témoignage du châtelain d'Albestroff, rescapé de l'attaque, datant de , il ne restait plus que 11 habitants sur 300 à Albestroff, 7 sur 80 à Hellimer, et 4 sur 45 à Diffembach[12].Quelques années plus tard, en 1642, ce sont les troupes de Louis XIII qui prennent le château de Hellimer et causent encore des pertes. Ce n'est que dans le dernier quart du XVIIe s. que le village, comme beaucoup d'autres dans la région, fut repeuplé par une vague d'immigrants venus des Ardennes, de Belgique, de Sarre, du Tyrol et de Bavière.

Le , Stanislas Leszczynski (1677-1766), duc de Lorraine depuis 1737, érige le domaine en comté en faveur de Claude Du Gaillard.

Conformément aux dispositions du traité de Vienne (1738), Hellimer est rattaché au royaume de France en 1766.

Une petite communauté de confession juive commence à s'installer à Hellimer vers 1753[13]. Le cimetière est créé en 1786 par les frères Salomon qui achètent le terrain au comte d'Hellimer Gabriel Pleickart Du Gaillard (1726-1795). En 1811, la communauté juive de Hellimer est la plus importante en Moselle-Est, si bien qu'une Synagogue est érigée en 1822. En 1841 on compte 319 habitant de confession juive sur 1097 habitants. Durant la guerre de 1939-1945, la totalité de la population de confession juive a été déportée les 10 et dans les convois 68 et 71 au départ de Drancy.

En 1790, Hellimer devient chef lieu de canton[14] du district de Sarreguemines. Le redécoupage administratif de 1801 lui fera perdre ce titre qui passera alors à Grostenquin.

En 1870, après la défaite de Sedan, l'Alsace-Moselle est annexée par l'Allemagne et Hellimer est intégré dans le Landkreis de Mörchingen (Morhange)

En 1940, le poste de commandement du secteur fortifié de la Sarre était installé à Hellimer. Ce secteur courait le long de la frontière formant une ligne de Lixing, passant par Puttelange, jusqu'à Sarralbe.

Le village a été libéré dans la nuit du 22 au par le 212e bataillon de la 6e Armée américaine.

Les Hospitaliers[modifier | modifier le code]

Ackerbach est une ancienne commanderie des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, érigé en cense fief en 1745 (ferme, chapelle, étang, 16 ha).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1983 mars 1995 Jean-Paul Schatz    
mars 2014 En cours Romuald Yahiaoui LR Fonctionnaire territorial, conseiller départemental depuis 2021

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[16].

En 2018, la commune comptait 535 habitants[Note 2], en diminution de 6,3 % par rapport à 2013 (Moselle : −0,32 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
7208329201 5241 1891 0971 001947885
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
865854837777759696657615537
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
526496489390469494461470521
1990 1999 2006 2007 2008 2013 2018 - -
537486593608623571535--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Château d'Hellimer.

Sa construction date de 1332[19].

Il est assiégé par les troupes de Metz dès 1391.

Il fut à nouveau le théâtre d'un siège particulièrement dur en . Le château fut pris et partiellement détruit lors d'une attaque menée par Philippe II Andrault, comte de Langeron (1603-1675), sous les ordres de François de l'Hospital, comte de Rosnay, seigneur du Hallier (1583-1660), maréchal des armées de Louis XIII. Le sieur De La Vallée, gouverneur de la place et représentant du Saint Empire y fut capturé alors qu'il tentait de s'enfuir et fut pendu.

Successivement brûlé (XVIIe s.), remanié (XVIIIe s.), il servit d'hôpital sous la Révolution puis fut démoli en 1842.

  • Moulins.

Un dictionnaire du département de la Moselle publié en 1817, fait état de la présence de 4 moulins sur le territoire de Hellimer :

-Le moulin du Schenkelbach, qui se trouvait ..près de la chapelle Ste Marguerite, non loin de la ferme.,

-Le moulin du Rodhof, situé près de la ferme du même nom,

-Le moulin d'Ackerbach, situé non loin de la chapelle,

-Le moulin du château (Kleinmihl).

Il semble ne rester aucun vestiges de ces différents édifices.

  • Maison lorraine à pans de bois.

La maison Bonert est située au 15 quartier de l'Eglise. Cette maison traditionnelle en pan de bois entièrement réhabilitée est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [20].

  • Ackerbach. (ferme, chapelle, étang, 16 ha).

Petit hameau (ferme,chapelle et moulin) Ackerbach est une dépendance seigneuriale jusqu'à son rattachement au comté de Hellimer lors de sa création en 1765.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin (1740)

Beau mobilier du XVIIIe s. Boiseries, stalles, confessionnaux, orgue (buffet classé aux Monuments Historiques), lutrin.

  • Synagogue

La première synagogue datait du XVIIIe siècle, et a fonctionné jusqu'à l'érection de la seconde qui quant à elle, date de 1822 et fut construite dans le style de celle de Nancy. Située rue de l'École, elle fut brûlée par les nazis mi- et ne fut pas reconstruite, pas plus que l'école juive. L'école actuelle se trouve sur le lieu où était érigé cet édifice. Pour ne pas oublier une plaque commémorative y a été inaugurée par la municipalité le [21].

  • Ancien cimetière israélite

Grand cimetière ouvert en 1786.

  • Chapelle Sainte-Marguerite (XIVe siècle)

Son existence est attestée dans un document des archives de l'évêché datant de 1368. Elle est mentionnée comme étant en ruine dans le Dictionnaire de l'ancien département de la Moselle, Edition de 1862. C'est aujourd'hui une très modeste bâtisse à l'abandon située en plein champ de pâture.

  • Chapelle Saint-Antoine d'Ackerbach (XVIIIe siècle)

Art populaire, pèlerinage.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Hellimer Blason
De gueules aux trois besants d'or mal ordonnés, mantelé fascé d'argent et d'azur de six pièces.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Albestroff, siège d'une châtellenie de l'Evêché de Metz p.65-66 - Mémoires de la société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, Edition 1862, p.124
  9. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868.
  10. Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, Ernest Bouteiller 1874
  11. Albestroff, siège d'une châtellenie de l'Evêché de Metz p.48
  12. Archives départementales de Meurthe et Moselle, Archives de l'évêché
  13. Hellimer en Moselle, éléments de la vie quotidienne des Juifs d’une communauté rurale
  14. Ce Canton comprenait : Altrippe, Biding, Diffembach, Fremestroff, Freybouse, Gréning, Hellimer, Hilsprich, Laning, Leyviller, Lixing, Lelling, Morsbronn, Castviller, Maxstadt, Nelling, Petit-Tenquin et Vahl Ebersing
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  19. Dictionnaire du département de la Moselle par M. de Viville Edition 1817
  20. « Maison Ferme », notice no PA00107067, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. Hellimer en Moselle