Saint-Privat-la-Montagne

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Saint-Privat-la-Montagne
Église Saint-Privat.
Église Saint-Privat.
Blason de Saint-Privat-la-Montagne
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Metz
Canton Rombas
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Metz Métropole
Maire
Mandat
Jean-Claude Walter
2014-2020
Code postal 57855
Code commune 57622
Démographie
Gentilé Privatien [1]
Population
municipale
1 857 hab. (2014)
Densité 318 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 11′ 23″ nord, 6° 02′ 13″ est
Altitude Min. 280 m – Max. 342 m
Superficie 5,84 km2
Localisation

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Saint-Privat-la-Montagne
Liens
Site web http://saintprivatlamontagne.fr

Saint-Privat-la-Montagne est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Privat-la-Montagne s'étend sur 584 ha à l'extrémité-ouest du département de la Moselle (57), à 13 km au nord ouest de la préfecture et chef-lieu de la région Lorraine, Metz.

Desservie par l'autoroute A4 (sortie sainte Marie) et reliée au centre-ville de Metz par le réseau de bus TCRM et TIM. Une aire de repos sur l'autoroute A4 fait part au voyageur de la proximité du village : Aire de Metz-Saint Privat.

Carte de la commune.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village aurait été fondé au Ve siècle par les moines qui défrichaient le Pays Haut (la « Montagne ») et aurait été nommé en l'honneur de Privat de Mende, évêque et martyr. Commune du Pays-Haut Lorrain, possession du duché de Bar, à la frontière de l'évêché de Metz et du duché de Luxembourg (marche d'Estaut), le ban de Saint-Privat-la-Montagne fut le lieu de rencontre des princes voisins pendant le Moyen Âge.

Le village faisait partie du bailliage de Briey, paroisse (1704) dotée d'une église depuis 1682, relevant de l'archiprêtré de Hatrize, il devint français lors du rattachement du Barrois à la couronne de France (1766). Le village fut attribué au département de la Moselle, arrondissement de Briey (1790).

En 1817, Saint-Privat-la-Montagne, village de l'ancienne province du Barrois, comptait 331 habitants répartis dans 55 maisons.

Portail classé de l'ancien cimetière de Saint Privat-la-Montagne où se déroulèrent les derniers moments de la bataille.

Guerre franco allemande de 1870[modifier | modifier le code]

Il y eut une bataille à Saint-Privat-la-Montagne, le , pendant la guerre qui opposa la France à la Prusse et à ses alliés.

Les soldats Français occupant le village (480 habitants), ces combats ont été nommés Bataille de Saint-Privat par les historiens français. Les troupes allemandes tenant alors le village de Gravelotte la même bataille a été dénommée "Schlacht bei Gravelotte" par les historiens Allemands[2].

Aujourd'hui réconciliés, les historiens s'entendent pour la nommer Bataille de "Gravelotte-Saint-Privat".

Quoi qu'il en soit, la bataille, immortalisée par le tableau d'Alphonse de Neuville[3] fit plus de 20 000 morts dont 54 villageois (plus de 10 % de la population) et se solda par une victoire des armées prussiennes et saxonnes, malgré la défense héroïque des hommes du maréchal Canrobert.

Les derniers combats eurent lieu dans le cimetière du village et l'église fut détruite. Un odonyme local rappelle cette bataille : « Rue du 18-Août ». La placette voisine est dédiée au maréchal Canrobert et la rue qui la longe au curé de la paroisse, l'abbé Bauzin.

Cette bataille décisive eut pour conséquence l'encerclement de Metz par les troupes allemandes, la neutralisation de l'armée du Rhin et à terme la chute du régime, le chaos politique et la défaite.

Article détaillé : Bataille de Saint-Privat.

On (qui ?) prétend que, pendant que ses troupes se faisaient décimer, le maréchal Bazaine, commandant en chef, aurait joué au billard au quartier général.

L'abbé Jean-Nicolas Bauzin (1836-1903), curé de la paroisse, secourut les blessés des deux camps.

Muni d'un passeport allemand, il sillonna le nord de la France, l'Allemagne et l'actuel Benelux, collectant des fonds pour rebâtir l'église détruite pendant les combats. Le nouvel édifice, surnommé « la cathédrale du haut plateau », de style néo-gothique, a été inauguré en 1876. Les vitraux furent offerts par différents donateurs, l'horloge par le dernier suisse de l'église, monsieur Augustin Domange. La "grotte de Lourdes", située à l'intérieur de l'église, symbole à la fois religieux et patriotique français, avait la forme de la France. Elle a été démantelée en 2009.

Décoré de l'Ordre de l' Aigle Rouge, l'abbé Bauzin fut inhumé (après sa mort) en 1903 dans "son" église au pied de l'autel. Dans l'actuel cimetière militaire, un monument commémore son héroïsme et sa charité. Une des principales rues du village porte son nom depuis 1967.

L'empereur Guillaume II en 1900.
La Tour d'où, dit-on, Guillaume II observait les combats de Verdun.

Entre-temps, à la demande expresse de Guillaume Ier, nouvel empereur allemand qui surnommait le champ de bataille « le tombeau de ma garde », Saint-Privat et les villages voisins furent cédés à l'Empire allemand en échange de Belfort qui resta français.

Le champ de bataille, alors proche de la "nouvelle frontière", devint un lieu de pèlerinages patriotiques tant français qu'allemand et plusieurs monuments à la mémoire des soldats tombés au champ d'honneur furent érigés. Le village, au cours de cérémonies commémoratives ou de manœuvres militaires, fut honoré de plusieurs visites impériales et doté d'un musée, aujourd'hui à Gravelotte.

L'empereur Guillaume II, féru d'architecture, conçut personnellement le monument commémoratif dit "de Saint Michel" sis au lieu-dit de Habeau. Inauguré en 1899 en présence du Kaiser, le monument fut détruit en 1919 par les Français. Guillaume II vint plusieurs fois dans le village notamment pour assister à des manœuvres militaires.

La proximité des carrières de pierre de Jaumont, qui fait la beauté de la ville de Metz, l'ouverture de mines de fer dans les villages voisins et la construction de la gare frontière d'Amanvillers (1873) provoquèrent un changement d'activité pour la population jusqu'alors principalement rurale, et l'arrivée d'une importante immigration polonaise et italienne, durant la première moitié du vingtième siècle.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes Mosellans trouvèrent la mort au combat mais cette fois sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres[4]. Comme dans le reste de la "Lorraine Annexée", une politique de germanisation intransigeante est menée après la déclaration de guerre de la France et plusieurs habitants de Saint-Privat, village frontalier, donc "zone sensible", furent incarcérés dans la forteresse d'Ehrenbreitstein près de Coblence. Parmi ces déportés politiques, une femme, Marie Nommeuche. En 1918, le village redevient français.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Entre 1940 et 1944, la commune paye un lourd tribut à la guerre. Comme dans le reste de la Moselle annexée, la dictature nazie fait rage et apporte son lot de désolations. Beaucoup de jeunes gens incorporés de force dans les armées allemandes furent envoyés sur le Front de l'Est et certains ne revinrent jamais[4]. Les civils ne sont pas épargnés. Dans la nuit du 20 au 21 janvier 1943, dix huit familles furent déportées vers les Sudètes pour avoir refusé officiellement de prêter serment à Adolf Hitler. Évacuée par les autorités nazies en septembre 1944, la population se réfugia à Metz après avoir passé quelques nuits dans les bois voisins d'Amanvillers. Le village, fut en partie détruit par l'artillerie, notamment les maisons situées à proximité des routes menant à Metz. La commune fut libérée par les troupes du général Patton en novembre 1944 au cours de la bataille de Metz.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Le centenaire de la bataille de 1870 fut commémoré en 1970 en présence du prince Henri de Saxe. Comme toute la population du Nord de la Lorraine, les Privatiens souffrirent de la crise de la sidérurgie et de la fermeture des mines de fer dans les années suivantes.

Le village fait partie depuis 2004 de la CA2M (communauté d'agglomération de Metz Métropole) et du secteur paroissial Saint-Pierre de Jaumont tandis que le bourg voisin de Sainte-Marie-aux-Chênes, s'il fait partie du secteur paroissial ne fait pas partie de la CA2M.

Aujourd'hui encore Saint-Privat reste un village frontalier.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Privat-la-Montagne Blason De gueules semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or, à l'épée haute brochant d'argent, garnie d'or.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Francis Pochon    
1977 mars 2001 Bernard Deramaix DVD Conseiller général
mars 2001   Jean-Claude Walter   réélu en 2008 et 2014
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 857 habitants, en augmentation de 15,85 % par rapport à 2009 (Moselle : 0,02 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
319 318 317 361 405 426 472 480 424
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
448 474 491 506 455 555 589 830 1 041
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
1 188 1 019 959 859 930 1 109 1 105 1 195 1 297
1990 1999 2006 2011 2014 - - - -
1 398 1 374 1 532 1 733 1 857 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006 [8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments historiques[modifier | modifier le code]

Monument « du Lion » en son état actuel.
Monument « du Lion » avant 1918 : le lion rugissant semblait vouloir « manger la France ».
  • Des monuments commémorant la bataille de 1870 sont disséminés dans le village : le monument du lion, la tour, le monument de la reine Augusta (de Prusse)[9].

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Privat, construite en 1682, détruite après les combats de 1870, rasée en 1875 ;
  • Cimetière où se déroula la bataille (portail classé) ;
  • Église néo-gothique de 1876, construite grâce aux fonds collectés à travers l'Europe par l'abbé Bauzin.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • site de la commune : [1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.genealogie-metz-moselle.fr/marange/saint-privat-la-montagne.html
  2. Cette bataille est à l'origine de l'expression populaire "ça tombe comme à Gravelotte", les soldats français s'étant retrouvés sous une pluie de projectiles.
  3. peint en 1881 et aujourd'hui au musée d'Orsay
  4. a et b Leurs tombes sont aujourd'hui entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. La guerre de 1870