Pontpierre (Moselle)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pontpierre.
Pontpierre
Église Saint-Calixte de Pontpierre.
Église Saint-Calixte de Pontpierre.
Blason de Pontpierre
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Forbach-Boulay-Moselle
Canton Faulquemont
Intercommunalité Communauté de communes du District de Faulquemont (depuis 1975)
Maire
Mandat
Christian Hauser
2014-2020
Code postal 57380
Code commune 57549
Démographie
Gentilé Pontpierrois
Population
municipale
745 hab. (2013)
Densité 88 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 02′ 33″ Nord 6° 38′ 35″ Est / 49.0425, 6.64305555556
Altitude Min. 243 m – Max. 345 m
Superficie 8,48 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Moselle

Voir sur la carte administrative de Moselle
City locator 14.svg
Pontpierre

Géolocalisation sur la carte : Moselle

Voir sur la carte topographique de Moselle
City locator 14.svg
Pontpierre

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Pontpierre

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Pontpierre

Pontpierre est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de la Moselle-Est, en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

Village de l'ancien comté de Créhange, Pontpierre est rattaché à la France en 1793. Culturellement, la commune fait partie du pays de Nied et d'une manière plus large, de la Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Pontpierre est traversé au sud par la Nied allemande ainsi que de tout son long, du nord au sud, par un ruisseau qui prend sa source à Tritteling-Redlach, le Hoellengraben.

Au début, Pontpierre est concentré seulement sur le bas de la rue de Téting. Les seuls bâtiments qui s'en éloignent sont un des deux moulins du village, à lin, dans la Muehletzel, aujourd'hui en ruines (voir la carte des Naudins) et l'autre l'ancienne église du village et son presbytère, encore debout.

Sitzmannshaus est un écart de la commune[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Les villages les plus proches sont Vahl-lès-Faulquemont à 2,1 km, Guessling-Hémering à 2,2 km et Teting-sur-Nied à 2,3 km. Les villes les plus proches sont Faulquemont à 3,1 km, Folschviller à 4,4 km et Créhange à 5 km.

Communes limitrophes de Pontpierre
Tritteling-Redlach Laudrefang
Faulquemont Pontpierre Teting-sur-Nied
Vahl-lès-Faulquemont Guessling-Hémering

Voies de commmunication et transports[modifier | modifier le code]

La route départementale 20 construite au nord du village évite une forte circulation dans le village.

Transports[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes[1] :

  • Stegenbiedersorf en 1026 ;
  • Stegnibuderstorph en 1283 ;
  • Stembuderstroff en 1302 ;
  • Steguenbudestrof en 1320 ;
  • Bedestroff en 1332 ;
  • Stegebudestroff en 1400 ;
  • Steigbiderstorf en 1440 ;
  • Steinbiderstroff et Buderstroff en 1544 ;
  • Steinbiederstroff, Steinbiedersford (par ordre du duché de Lorraine) en 1594 ;
  • Pont de Pierre en 1604 et 1677 ;
  • Pontpierre ou Steinbidestroff au XVIIIe siècle ;
  • Pont-Pierre en 1793 ;
  • Steinbiedersdorf en 1871 ;
  • Pontpierre en 1919.

En allemand : Biedersdorff ou Steinbiedersdorff[1], puis Steinbiedersdorf (1871-1919 et 1940-1944). En francique lorrain : Sténbidaschtroff[2] / Stémbidaschtroff.

Au XIXe siècle, Pontpierre est également connue au niveau postal sous l'alias de Steinbider-Stroff[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2010).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

En 1309, l’église de Pontpierre dépend de l’abbaye Saint-Martin-de-Glandières de Longeville-lès-Saint-Avold puis, en 1322, de Saint-Avold. En 1588, le comte de Créhange dont dépend le village autorise l'érection de l'église de Pontpierre en paroisse qui se place sous le vocable saint Érasme.

En 1635, dans le contexte de la guerre de Trente Ans, le village est ravagé par les Suédois, alliés du roi de France, Louis XIII. En 1680, Pontpierre est rattachée au royaume de France par arrêt de la Chambre de réunion[1]. Cependant, le village est rattaché à nouveau au Saint-Empire romain germanique par le traité de Ryswick en 1697[1].

Pontpierre est un des rares cas où l'on constate la présence de juifs qui peut s'expliquer par le fait que les comtes de Créhange, de confession protestante, ont pris en protection la communauté israélite au début du XVIIIe siècle. Beaucoup de maisons sont louées aux juifs vu l'importance de leur présence.

En 1739 il devient nécessaire de restaurer et d'agrandir l'église. Le comte de Créhange doit, en sa qualité de collateur, pourvoir à la construction et à l'entretien de l'église mais il refuse. L'église est interdite d'accès car trop dangereuse. En 1741, le comte Adolphe de Wied-Runckel prend la résolution d'indemniser les laboureurs du village pour la réparation de l'église. La première pierre de la rénovation est posée par le curé-archiprêtre de Pontpierre, Lambert. La tour, vestige unique du village avant l'invasion de 1635, est conservée. L'église, rénovée en 1742, peut désormais contenir environ 500 places (précédemment 280 places serrées).

En 1758, la communauté villageoise refuse de payer la milice obligatoire du cercle du Haut-Rhin. Il s'en suit une dette pesante à long terme, que les villageois ne veulent toujours pas payer. En 1763, une révolte se met en place dans le village. Ceux qui refusent de payer l'impôt s'emparent des biens de ceux qui le payent. Le comte fait arrêter cinq villageois. Ils refusent de payer la taxe qui leur a été imposée. Une dernière révolte en 1768 fait réagir les autres villages et la révolte devient intercommunale : la moitié des villages sur le territoire lorrain du comté qui avait aussi des possessions en Rhénanie, soit quatre villages, se révoltent. Les villages sont condamnés par la cour impériale de Wetzlar à verser au comte 4 marks d'Or (400 livres). On voit par ces incidents l'impopularité des comtes étrangers à la région — la branche de Créhange, en la personne de la comtesse Dorothée, s'est mariée à une petite principauté allemande, les Wied-Runckel, à la fin du XVIIe siècle — que la plupart des habitants rejettent. Pour diverses raisons, les villageois se rebellent en 1769 et 1770. Les révoltés sont condamnés à restriction en 1778. La dette due au Cercle du Haut-Rhin n'est remboursée qu'en 1832. En 1785, Pontpierre compte 747 habitants dont 612 catholiques, 134 juifs (18 % des habitants) et 1 protestant.

Pontpierre ne devient française que le [4], par arrêté de la Convention et de manière définitive par l'article 6 du traité de Lunéville[1]. Tous les villages alentour sont déjà entrés dans la Révolution depuis 1789-1791 et le village se languit du jour où il va aussi s'y donner. La Révolution française trouble le village, principalement dans le domaine religieux : le curé Boursier de Mondeville est interdit de célébrer la messe. Des habitants du village se réunissent la nuit dans une grange pour faire des messes basses. Plusieurs habitants sont surveillés et même emprisonnés pour leur foi dans le presbytère. Dans la maison This un curé est caché ; il y célèbre la messe ainsi qu'à Lelling. Ce devait probablement être l'abbé Kremer de Lelling. Un prêtre juré est nommé au village, le prêtre Nicolas Hippert de Téting. Il a prêché qu'il n'y avait pas de Dieu et qu'avant la Révolution, il a donné neuf enfants à sa servante.

Jean Georges Lang, curé du village de 1803 à 1816, est contesté par une partie de la communauté, dont le conseil municipal, car il plante du tabac et le vend contrairement aux lois relatives aux plantations de tabac. Des paroissiens fidèles livrent au dépôt de Faulquemont 300 quintaux de tabac. Il doit d'ailleurs payer une taxe en 1810 mais continue son activité illégale. Après de multiples pétitions et lettres adressées à l'évêque de Metz, la municipalité obtient gain de cause en 1816 et Jean Georges Lang doit quitter le village.

Carte postale datant d'environ 1910.

En 1842, par la volonté du gouvernement français, le chemin de fer est construit dans toute la France et passe par la commune.

Pontpierre passe sous autorité impériale en 1871 par le traité de Francfort.

Une nouvelle église, beaucoup plus grande que l'ancienne est construite en 1879, rue Principale (rue de Saint Germain), avec un presbytère et une école. Elle est dédiée à Calixte Ier, pape du IIIe siècle, patron du village depuis 1699. Elle est construite parce que l'ancienne église est dans un état lamentable et la rénovation aurait coûté aussi cher qu'une nouvelle construction.

En 1917, les cloches et les tuyaux de la façade de l'orgue sont réquisitionnés par les autorités allemandes. Les cloches sont remplacées par trois neuves par Causard de Colmar en 1924 et les tuyaux remplacés par Frédéric Hærpfer en 1929. En 1943, les autorités allemandes réquisitionnent à nouveau deux cloches. En 1948, de nouvelles cloches sont réalisées la cloche restante étant réutilisée en refonte.

Pontpierre redevenue française en 1919, est intégré au IIIe Reich en 1940 et est libérée par les Américains, alliés de la France, en novembre 1944.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
17?? 174? Louis Pierra    
1791 1793 Pierre June   menuisier, cordonnier
1793 An ? Georges Dimanche (Sondag)   charron
An ? An X Marie Jean Fogt   tissrand, aubergiste
An X 1808 Nicolas Ismert   propriétaire
1808 1810 Jacques Klein   pensionnaire d'État
1810 1816 Henrich Hauser   tailleur d'habits, journalier
1816 1822 Jacques Klein   pensionnaire d'État
1822 1831 Edme Gamichon   propriétaire, laboureur
1831 1848 Antoine Torlotting   laboureur, meunier à la Hanffeld
1848 1851 Nicolas Torlotting   laboureur, frère d'Antoine maire
1851 1865 Jean Richard   Secrétaire de mairie, instituteur du village
1865 1871 Jean Lang   cultivateur, laboureur
1871 1887 Jean Christian Albert    
1887 1901 Pierre Guerber   épicier
1901 1906 François Nicolas Varis   cultivateur
1906 1915 Georges Girard   menuisier au village
1915 1925 Georges Michel Gustave Lang   entrepreneur de battage
1925 1935 Joseph Klein   entrepreneur en bâtiment
1935 1939 Raymond Decker    
1939 1941 Nicolas Eugène Helleringer    
1941 1942 M. Gérard    
1942 1945 Pas de maire pendant cette période   Commune rattachée à Téting/Nied (Tétlingen)
1945 1945 Raymond Decker    
1945 1953 Isidore Bouton   maréchal ferrant
1953 1965 Alfred Ismert    
1965 1991 Paul Albert    
1992 1995 Marc Filser   directeur de plateforme postale
1995 1998 Marc Filser   directeur de plateforme postale
1999 2001 Christian Hauser   Agriculteur/fermier du village
2001 2008 Christian Hauser   Agriculteur/fermier du village
2008 2014 Christian Hauser   Agriculteur/fermier du village

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 745 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
786 851 902 911 921 901 780 802 801
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
739 751 709 687 633 615 618 621 520
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
575 543 528 587 560 628 590 569 579
1990 1999 2004 2008 2009 2013 - - -
661 725 793 783 777 745 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Vestiges gallo-romains, conservés au musée de la Cour d'Or de Metz.
  • Église néo-gothique Saint-Calixte, 1879.
  • Orgue Dalstein-Haerpfer (opus 79) de 1889 désigné comme un des plus beaux orgues de Lorraine, classé Monument historique en 2013 et relevé par la manufacture d’orgue Freddy-Bauer de Sarralbe en 2014-2015.
  • Croix monumentale érigée en 1803 dans le bois de Pontierre et restaurée en 1957, inscription en allemand mentionnant la découverte d'hosties en 1733 à cet endroit[7][8].
  • Chapelle du XIXe siècle dans le bois à proximité de la croix monumentale[9] détruite durant la Seconde Guerre mondiale puis restaurée de 1996 à 1998[10].
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Lambert Cahen, né à Pontpierre en 1767 et mort à Paris en 1854, père de Samuel Lambert, fondateur d'une famille de banquiers belges ;
  • Marcel Pierre Thisse, né le à Pontpierre (Moselle), déporté le de Compiègne, mort en déportation à Buchenwald le .

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Pontpierre Blason De gueules au pont d'argent sur une rivière d'azur, surmonté d'un écusson d'argent à la fasce de gueules.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868
  2. Gau un Griis - Muselfränkische Kaart - Niedland
  3. Administration générale des postes, Dictionnaire des postes aux lettres, contenant les noms des villes, communes et principaux lieux habités de la France, Paris, Imprimerie royale, 1845.
  4. Claude Philippe de Viville, Dictionnaire du département de la Moselle, 1817.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2008, 2009, 2013.
  7. Inscription sur la croix « Im Jahre 1733 sind an diesem Ort die in der Pharrkiche Pontpierre geraubten Hostien wieder gefunden worden
    Zum andecken an diese begebenheit wurde dieses Kreuz aufgerichtet im Jahre 1803.
     », au pied « Erneurrt im Jahre ».
  8. Photo de la croix de la chapelle du bois de Pontpierre, Mr.28, mai 2014 sur Panoramio.com. Visité le 21 avril 2016.
  9. Romuald Ponzoni, « Les villages de moselle-est Pontpierre, la carte séduction », Le Républicain lorrain,‎ (lire en ligne)
    « Une chapelle légendaire y a été érigée en mémoire d’une affaire qui a bouleversé la vie de la paroisse en 1733. Cette année, là des bûcherons ont découvert dans une clairière des plaquettes de couleur blanchâtre et ont compris qu’il s’agissait d’hosties. Une procession expiatoire se rendit sur les lieux, curé en tête, en vue de récupérer « ce trésor ». Une croix en bois fut plantée à l’emplacement, remplacée en 1803 par une croix en fer et abritée en 1830 en l’honneur du Dieu des saints Sacrements que le peuple dédia au Bon Dieu abandonné. »
  10. « La chapelle reprend vie avec les jeunes », Le Républicain lorrain,‎ (lire en ligne)
    « Une équipe rajeunie s'est attelée au nettoyage de la chapelle de Pontpierre, située dans un écran de verdure au milieu de la forêt communale. »