Adolphe Guillaumat

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Adolphe Guillaumat
Image illustrative de l'article Adolphe Guillaumat

Naissance 4 janvier 1863
Bourgneuf (Charente-Maritime)
Décès 18 mai 1940 (à 77 ans)
Nantes
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Flag of France.svg Armée française
Arme Infanterie
Grade Général d'armée
Années de service 18821933
Conflits Révolte des Boxers
Première Guerre mondiale
Commandement 5e Régiment d'Infanterie
33e Division d'Infanterie
4e Division d'Infanterie
1er Corps d'Armée
IIe Armée
Ve Armée
l'A.O.(Armée d'Orient)
Faits d'armes Première bataille de la Marne
Bataille de Verdun
Bataille de la Somme
Distinctions Médaille militaire
Légion d'honneur
Autres fonctions Inspecteur général des armées,
président des commissions de défense du territoire,
commandant de l'armée d'occupation du Rhin,
commandant supérieur des forces alliées des territoires rhénans,
ministre de la Guerre,
membre du Conseil supérieur de la Guerre
Famille Louis Guillaumat
Pierre Guillaumat

Marie Louis Adolphe Guillaumat, né le à Bourgneuf (Charente-Maritime) et mort le à Nantes, est un militaire français. Il participe aux différents conflits coloniaux d'avant guerre. Au cours de la Première Guerre mondiale, Guillaumat commande une division, puis un corps d'armée et une armée avant d'être dépêché dans les Balkans pour organiser le front de Salonique. En 1918, il est rappelé en France après les attaques allemandes du printemps. Après la guerre, il commande l'armée d'occupation de la Rhénanie, puis devient ministre dans le gouvernement d'Aristide Briand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Adolphe Guillaumat est le fils de Louis Guillaumat, capitaine d'infanterie, et de Marie-Noémie Fleury. Marié le à Louise Bibent, de bonne famille toulousaine (morte le ), il a deux fils : Louis, devenu professeur d'ophtalmologie et Pierre, devenu haut fonctionnaire et ministre des armées.

Entré major à Saint-Cyr en 1882, il en sort le major de la promotion des « Pavillons noirs » et choisit de débuter comme sous-lieutenant au 65e régiment d'infanterie à Nantes.

En 1892, le lieutenant Guillaumat participe à une levée de cartes à Teniet el-Haad en Algérie ; l'année suivante, il participe à des travaux topographiques à Kairouan en Tunisie.

En novembre 1893, Adolphe Guillaumat est nommé capitaine et muté au 147e régiment d'infanterie ; en 1895, le capitaine Guillaumat commande le fort de Douaumont à Verdun ; puis il réussit à se faire affecter à la Légion étrangère et passe deux ans en Algérie.

En septembre 1897, il quitte le 2e régiment étranger et est muté au Tonkin pour y prendre le commandement du 2e Bureau. Il fait la connaissance de Paul Doumer, alors gouverneur général, et de l'amiral de Beaumont.

Au printemps de 1900, on l'envoie étudier la situation en Chine. La révolte des Boxers éclate à ce moment, et il est envoyé commander la défense de la concession française de Tien-Tsin. Le 25 juin, il est blessé au coude par un éclat d'obus et est envoyé en convalescence à Hiroshima où il passera six mois.

Promu chef de bataillon en décembre 1900, Adolphe Guillaumat rentre en France en avril 1901 et enseigne pendant trois ans l'histoire militaire à Saint-Cyr.

En 1905, il reçoit le brevet direct d'état-major avec la mention très bien. En juin 1907, promu lieutenant-colonel, il succède au lieutenant-colonel Pétain à la chaire de tactique appliquée à l'infanterie à l'École supérieure de guerre. Puis, à partir de septembre 1908, il commande pour deux ans le Prytanée militaire de La Flèche.

En septembre 1910, promu colonel, il prend le commandement du 5e régiment d'infanterie à Paris jusqu'en janvier 1913. Il est ensuite nommé directeur de l'infanterie au ministère de la Guerre. Le , il est promu général de brigade.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est depuis le chef du cabinet militaire du ministre de la Guerre Adolphe Messimy. Quand ce dernier est remplacé, Guillaumat prend le le commandement de la 33e division d'infanterie. Il prend par aux combats de Vitry-le-François lors de la Première bataille de la Marne. Par la suite, il tient avec sa division un secteur sur le front de Champagne. Le , nommé général de division à titre temporaire, il prend la tête de la 4e division d'infanterie.

Le , il est nommé à la tête du 1er corps d'armée aussi appelé le « groupement Guillaumat », qu'il mène à la première bataille de Champagne, puis à celle de la Woëvre (en avril 1915).

En février 1916 le 1er corps subit le premier choc de l'attaque allemande sur Verdun, avant d'être envoyé en septembre 1916 renforcer la 6e armée française qui, au nord de la Somme, doit soutenir l'aile droite des armées anglaises. Il y mène une offensive couronnée de succès à Combles.

Le , lorsque le général Nivelle est nommé commandant en chef, Guillaumat le remplace à la tête de la 2e armée. Il retourne alors sur le front de Verdun avec ses 650 000 hommes, arrêtant les attaques allemandes au printemps de 1917 ; puis, le 20 avril, il part à l'assaut, portant les lignes françaises au nord de la côte 304 et du Mort-Homme[1].

Le , il prend la succession du Général Sarrail dans les Balkans ; il améliore les relations avec les alliés sur place et prépare l'offensive en Macédoine qui sera victorieusement menée par son successeur Franchet d'Espèrey.

Cependant, la deuxième défaite du Chemin des Dames à la fin de mai 1918 porte les Allemands à 75 km de Paris et c'est pourquoi, le 17 juin 1918, Clemenceau rappelle le général Guillaumat pour prendre la place du général Dubail comme Gouverneur militaire de Paris. Après le succès de la Seconde bataille de la Marne, il prend le 7 octobre le commandement de la 5e Armée, qu'il mène jusqu'à l'Armistice dans les Ardennes.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, en juin 1919, il est nommé inspecteur général des armées ; en 1920, il est membre du Conseil supérieur de la guerre.
De 1922 à 1931, il préside les Commissions de défense du territoire - la première, créée en 1922 par André Maginot, ministre de la Guerre, est remplacée par une commission de défense des frontières, préfigurant la C.O.R.F. (Commission d'organisation des régions fortifiées) et la ligne Maginot à laquelle il s'oppose, lui préférant un système de fortifications en profondeur qui n'hypothèque pas les choix stratégiques et ne sert pas d'alibi à un refus de mettre l'armée à niveau. En même temps, à partir du 11 octobre 1924, il commande l'armée d'occupation du Rhin et exerce le commandement supérieur des forces alliées des territoires rhénans.

Le général Adolphe Guillaumat avec le drapeau de la France devant la porte du Deutschhaus, à Mayence le 30 juin 1930.

Adolphe Guillaumat est un admirateur de Frédéric Bastiat, du 23 juin au 19 juillet 1926, il est nommé ministre de la Guerre du gouvernement d'Aristide Briand, qu'il a connu comme son aîné d'un an au lycée de Nantes ; ce gouvernement démissionne au bout de quatre semaines, l'Assemblée ayant refusé des pouvoirs fiscaux exceptionnels à Joseph Caillaux.

Ayant conservé son commandement jusqu'à l'évacuation de la Rhénanie le 30 juin 1930, continuant à participer aux travaux du Conseil supérieur de la guerre, le général Guillaumat est finalement placé « hors-cadre sans emploi » le . Il meurt sept ans plus tard.

En novembre 1947, ses cendres ont rejoint le caveau des gouverneurs militaires de Paris à l'Hôtel des Invalides.

Honneur[modifier | modifier le code]

Le , le général Adolphe Guillaumat est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur et le il reçoit la médaille militaire pour avoir été commandant en chef devant l'ennemi dans les Balkans (mais il n'est pas fait maréchal comme Franchet d'Espèrey en 1918 : il est trop tard, Poincaré s'oppose à la nomination de maréchaux en temps de paix), il reçoit la Army Distinguished Service Medal[2] en 1919.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Récit du dégagement de Verdun, de la côte 304 et du mort-Homme », sur http://www.chtimiste.com.
  2. Home of heroes en anglais.

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