Oswald Boelcke

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Oswald Boelcke
Image illustrative de l'article Oswald Boelcke

Naissance
Giebichstein, Empire allemand
Décès (à 25 ans)
Bapaume, France
Mort au combat
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Arme Luftstreitkräfte
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement Jasta 2 (en)
Distinctions Pour le Mérite

Oswald Boelcke (Giebichstein, - Bapaume, ) est un pilote allemand de la Première Guerre mondiale. As de l'aviation, il formule les premiers principes du combat aérien, plus connus sous le nom de Dicta Boelcke.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts dans l'aviation[modifier | modifier le code]

Oswald Boelcke voit le jour à Giebichstein près de Halle, en Saxe-Anhalt, le 19 mai 1891. Après sa scolarité, il s'engage en 1911 comme Fahnenjunker, élève officier, au 3e bataillon de télégraphie de Coblence. Il suit sa formation militaire à l'école de guerre de Metz d'octobre 1911 à juillet 1912[1]. Les cours théoriques consistent à faire de la gymnastique, de l'équitation, du tir et toute autre activité sportive en rapport avec l'instruction militaire, comme le maniement de la lance dans le module cavalerie[1]. Les élèves participent à des manœuvres en campagne, notamment autour des forts de Metz, pour mettre en pratiques les cours de tactique, et plus généralement tous les cours théoriques suivis lors du premier semestre. Si la discipline est sévère, des moments de détente existent. Boelke et un groupe de camarades, surnommé "la Clique", forme un "club" informel à l'hôtel Englischer Hof, non loin de l'école, où les aspirants ont l'habitude de souper et de se relaxer, en écoutant de la musique, piano ou guitare, avant l'appel du soir[1]. Les élèves sortent parfois avec leurs officiers formateurs, pour faire la fête dans des brasseries de Metz. Boelcke, qui note la présence quotidienne de Zeppelins au-dessus de la ville, participent aux festivités organisées pour les occasions officielles, ainsi qu'aux sorties commémoratives sur les champs de bataille de la guerre de 1870, notamment sur le site proche de Gravelotte[1]. Une école de pilotage ayant été créée à Metz en 1911, en même temps qu'à Döberitz et Strasbourg[1], Boelcke reçoit son baptême de l’air en juin 1913, à l'occasion d'une visite à l'aérodrome de Metz-Frescaty[note 1]. Enthousiasmé par cette première expérience, Boelcke passe, en mai 1914, dans la Fliegertruppe des Heeres, les troupes aériennes de l'armée de Terre allemande, après avoir suivi une formation à l'école de pilotage de Halberstadt.

Oswald Boelcke vole d'abord comme observateur sur la ligne de front dans le Fliegerabteilung 13, le 13e groupe aérien. Après diverses mutations, il est nommé en été 1915 à Douai où il fait la connaissance de Max Immelmann. Il remporte sa première victoire en combat aérien le 4 juillet 1915, contre un Morane Bullet. À sa huitième victoire remportée avec Immelmann, l'empereur Guillaume II leur décerne la médaille Pour le Mérite, la plus haute distinction prussienne pour courage face à l'ennemi[note 2].

En mars 1916, au début de la bataille de Verdun, est créée le Kampf Einsitzer Kommando Sivry (KEK), le groupe de combat sur monoplace de Sivry, embryon des futurs Jagdstaffel (Jasta), Jagdgeschwader et autre « Fliegender Zirkus ». Le groupe était composée de cinq pilotes de combat et placée sous son commandement.

Boelcke réforme les escadrilles[modifier | modifier le code]

Dans les semaines qui précédent la bataille de la Somme en 1916, l'état-major allemand se rend compte qu'il perd la supériorité aérienne face aux avions Nieuport et qu'une réorganisation des forces aériennes s'impose. Boelcke se voit confier cette tâche et est alors rappelé d'urgence d'une mission dans les Balkans pour laquelle il était parti à la suite de la mort d'Immelmann.

L'idée de Boelcke consiste à reformer les unités, qui était alors composées d'éléments mixtes. Chaque escadrille comprenait 12 avions répartis en deux groupes de six, subdivisés eux-mêmes en deux sous-groupes de trois. Leur tâche était d'abattre les avions de reconnaissance ennemis. Promu au grade de capitaine, il est autorisé à choisir les pilotes de sa première escadrille. La Jasta 2 (en) est créée officiellement le .

Oswald Boelcke est responsable non seulement du choix des pilotes, mais aussi de leur formation et du matériel utilisé. Le 17 septembre 1916 est considéré comme la date officielle de la création de l'escadrille royale de Prusse. Pendant la formation des nouveaux pilotes, Boelcke était le seul à pouvoir voler. On raconte qu'il décollait au petit matin, le soleil dans le dos, pour pouvoir abattre un avion ennemi en profitant de l'aveuglement des pilotes adverses venant de l'ouest. Lorsqu'il revenait le menton noirci par la poudre, on savait qu'il avait été victorieux.

Il perfectionna la technique d'attaque frontale, volant face à l'adversaire jusqu'à ce que celui-ci effectue un dégagement par une manœuvre en évasive et se présente à lui sous son côté le plus vulnérable.

Sa dernière mission[modifier | modifier le code]

Boelcke finit par être connu de l'adversaire et les Britanniques savent où le trouver. Ils bombardent alors plusieurs fois son aérodrome, près de Lagicourt. Le , alors qu'il avait déjà effectué cinq missions avec son escadrille, un nouvel appel du front parvient à 16 h 30. Dix minutes plus tard, Boelcke et cinq autres pilotes décollent avec leurs Albatros D.II. Ils engagent rapidement un combat aérien avec deux Airco DH.2 de la 24e escadrille pilotés par les lieutenants Knight et McKay.

Boelcke attaque un avion, sans remarquer que son ami, le sous-lieutenant Erwin Böhme, avait choisi la même cible. La partie inférieure du fuselage de Böhme touche l'aile supérieure gauche de l'avion de Boelcke, et tous deux s'écrasent au sol. Böhme survit à l'accident, tandis que Boelcke meurt sur le coup. Dans sa hâte, il avait omis d'attacher sa ceinture, ce qui aurait pu lui sauver la vie.

Les Britanniques larguèrent par la suite au-dessus du front une gerbe en son honneur. Sa tombe se trouve à Dessau-Roßlau.

Boelcke a édicté plusieurs règles fondamentales du combat aérien : le Dicta Boelcke. Certaines sont toujours applicables de nos jours.

Le Dicta Boelcke[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dicta Boelcke.

Le Dicta Boelcke est une liste de règles fondamentales applicables en combat aérien, formulé par Oswald Boelcke durant la Première Guerre mondiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À Metz-Frescaty, une base de Zeppelins créée en 1909 et une école de pilotage créée en 1911 ont permis à de futurs pilotes, notamment Otto Könnecke, Alfred Keller, Friedrich Marnet ou encore [[Karl Braun (aviateur)|]], de faire leurs premiers essais.
  2. Médaille Pour le Mérite, surnommée Blauer Max en raison de sa couleur bleue et en hommage à Max Immelmann.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Johannes Werner: Knight of Germany: Oswald Boelcke German Ace, Arno Press, New York, 1972 (p. 26-36)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Johannes Werner : Boelcke, der Mensch, der Flieger, der Führer der deutschen Jagdfliegerei : Ein Lebens- u. Heldenbild aus seinen Briefen gestaltet, Leipzig : K. F. Koehler, 1932.
  • Heinz Kraft : Boelcke, Oswald, in Neue Deutsche Biographie (NDB), vol 2, Duncker & Humblot, Berlin, 1955.
  • (de) Walter Waiss, Chronik Kampfgeschwader Nr. 27 Boelcke, Neuss, W. Waiss, coll. « Aus dem Boelcke-Archiv » (no 4),‎ (ISBN 978-3-938-20807-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. (de) Histoire de l'aviation, version complète

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