Alphonse de Neuville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Neuville.
Alphonse de Neuville
Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville.jpg

Photoglyptie d'Alphonse de Neuville

Naissance
Décès
(à 48 ans)
Paris, France
Nom de naissance
Deneuville
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
A influencé
Distinctions
Œuvres réputées
Les Dernières Cartouches
Alphonse de Neuville en uniforme de la Garde nationale en 1870-1871.

Alphonse de Neuville né Alphonse-Marie-Adolphe Deneuville, (le « de » fut détaché par l’artiste), le à Saint-Omer (Pas-de-Calais) et mort le à Paris, est un dessinateur et illustrateur prolifique et un peintre académique français, élève de Picot. Il fut l'un des représentants principaux de la peinture militaire du XIXe siècle, et s'est rendu célèbre par des tableaux relatant la guerre franco-prussienne de 1870. Il repose au Cimetière de Montmartre à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille aisée, Neuville s'inscrivit, malgré l’opposition de sa famille, à l’École des mousses à Lorient après son baccalauréat. Sans y poursuivre ses études, il entra à l'âge de dix-huit ans dans l'atelier de François-Édouard Picot et exposa dès 1859 au Salon, où il reçut, pour sa première participation, une médaille de 3° classe et des conseils et des encouragements de Delacroix[2].

Il a contribué abondamment, par ses dessins d'illustration, à la revue Le Tour du monde d'Édouard Charton ; aux revues de théâtre ; aux éditions illustrées de Jules Verne et d'autres auteurs, mais son ambition est de devenir un peintre d'histoire.

Il prend par à la guerre franco-prussienne de 1870 en tant que garde national à Belleville et au Bourget et devient un peintre-combattant. Il connait le succès après la guerre de 1870, par sa peinture militaire[3]. De 1881 à 1883, il collabore avec Édouard Detaille à la réalisation des panoramas de Champigny et Rézonville.

Il épousa l'actrice Mimi Maréchal, qui avait quitté pour lui le théâtre, peu avant sa mort, après vingt-cinq ans de vie commune[4].

Thèmes[modifier | modifier le code]

« C'était par excellence le dramaturge de la guerre », écrit Wolff, « dont il retraça les épisodes sanglants avec une rare puissance de mise en scène et une saisissante vérité. Ni dessinateur irréprochable comme Detaille, ni coloriste au sens propre du mot. de Neuville n'en est pas moins parvenu à prendre rang parmi les meilleurs qui ont consacré leur talent à l'armée ».

Parmi les sujets qu’il a peints, on trouve la guerre franco-prussienne, la guerre de Crimée, la guerre anglo-zouloue et des portraits de soldats.

Au sujet de son travail, souvent qualifié de « patriotique[5] », sur la guerre franco-prussienne l'artiste déclare :

« Je désire raconter nos défaites dans ce qu’elles ont eu d’honorable pour nous, et je crois donner ainsi un témoignage d’estime à nos soldats et à leurs chefs, un encouragement pour l’avenir. Quoi qu’on en dise, nous n’avons pas été vaincus sans gloire, et je crois qu’il est bon de le montrer ! »

— Lettre d’Alphonse de Neuville au critique d’art Gustave Goestschy, 1881[6].

Expositions et ventes[modifier | modifier le code]

On trouve certaines de ses œuvres au musée de l'Ermitage et au Metropolitan Museum of Art.

Une vente d’œuvres de l’artiste eut lieu en son hôtel particulier, 25 rue Alphonse de Neuville, à Paris, les 23, 24 et 25 mai 1898. Elle comportait soixante-quatre tableaux et aquarelles de l’artiste, du no 65 au no 91 bis des tableaux anciens et modernes.

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Les Dernières Cartouches (1873)[modifier | modifier le code]

Son œuvre la plus célèbre est intitulée Les Dernières Cartouches (1873), il s'agit d'une peinture militaire représentant un épisode de la bataille de Sedan, soit la défense jusqu'aux dernières cartouches d'une maison cernée par l'ennemi à Bazeilles dans les Ardennes durant la guerre franco-prussienne; de Neuville en a été récompensé par la Légion d'honneur[7].

Elle passa en vente à la fin du XIXe siècle et fut alors le tableau le plus cher du monde[réf. souhaitée]. L'original a été racheté en 1960 et est depuis conservé au musée de Bazeilles nommé pour l'occasion la « Maison de la dernière cartouche » et qui n'est autre que l'ancienne auberge Bourgerie dans laquelle s'est déroulée la scène historique dépeinte dans l'œuvre.

Inspirations[modifier | modifier le code]

Les Dernières Cartouches, a été adaptée au cinématographe en 1897 par Georges Méliès (court-métrage muet en noir et blanc nommé Bombardement d'une maison), puis par les Frères Lumière entre autres, ce qui en fait le sujet d'un des premiers films de guerre de l'Histoire.

L'œuvre Bivouac après le combat du Bourget, également de 1873, a inspiré le tableau Le Rêve réalisé par Édouard Detaille en 1888[8].

Liste[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Une statue en bronze d'Alphonse de Neuville était érigée à Paris. Œuvre du sculpteur Francis de Saint-Vidal elle est installée en 1889 au centre de la place de Wagram quatre ans après la mort du peintre, mais elle a été réquisitionnée et fondue durant l'Occupation allemande en 1942. Il existe depuis 1862 une rue Alphonse-de-Neuville également située dans le 17e arrondissement de Paris.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catalogue de l’exposition, Alphonse Deneuville dit de Neuville, Saint-Omer, Musée de l'hôtel Sandelin, 1978.
  • Philippe Chabert, Alphonse de Neuville: l'épopée de la défaite, vol. 2, Copernic, coll. « Peintres témoins de l'histoire », , p. 76.
  • Alfred de Lostalot, « Alphonse de Neuville », Gazette des Beaux-Arts,‎ , p. 164-172 (lire en ligne).
  • Albert Wolff, « Alphonse de Neuville », dans La capitale de l'art, (lire en ligne), p. 299-.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Bellier de La Chavignerie, Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours, t. 2, , p. 157.
  2. « Nécrologie - A. de Neuville », La Justice, Paris,‎ (lire en ligne) ; « A. de Neuville », Le Voleur, cabinet de lecture universel,‎ (lire en ligne) ; Lostalot 1885; Bellier de la Chavignerie.
  3. Wolff 1886, p. 302sq.
  4. Wolff 1886, p. 309.
  5. Wolff 1886, p. 300, entre autres.
  6. « Le cimetière de Saint-Privat - Interprétation », sur histoire-image.org ( Musée de l'Armée).
  7. Chabert 1979, p. 76.
  8. Bertrad Tillier, Analyse de l'œuvre, L’Histoire par l’image.