Le Ban-Saint-Martin

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Le Ban-Saint-Martin
Vue sur Le Ban-Saint-Martinet le mont Saint-Quentin.
Vue sur Le Ban-Saint-Martin
et le mont Saint-Quentin.
Blason de Le Ban-Saint-Martin
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Metz
Canton Montigny-lès-Metz
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Metz Métropole
Maire
Mandat
Henri Hasser
2014-2020
Code postal 57050
Code commune 57049
Démographie
Gentilé Ban-Saint-Martinois
Population
municipale
4 185 hab. (2014)
Densité 2 632 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 07′ 21″ nord, 6° 09′ 04″ est
Altitude Min. 165 m
Max. 325 m
Superficie 1,59 km2
Localisation

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Liens
Site web ban-saint-martin.fr

Le Ban-Saint-Martin est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Ban-Saint-Martinois.

Géographie[modifier | modifier le code]

À l’ouest de Metz, la Moselle borde le sud-est de la ville, tandis que le mont Saint-Quentin culmine à l’ouest. Les principales rues sont :

  • la route de Plappeville coupée en deux entre le ban de la commune et celui de Metz ;
  • la rue Saint-Sigisbert ;
  • l'avenue du Général-de-Gaulle ;
  • la rue de la Côte.
Rose des vents Plappeville Woippy Rose des vents
N Metz
O    Le Ban-Saint-Martin    E
S
Scy-Chazelles Longeville-lès-Metz

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Pendant l’annexion (en allemand) : Sankt Martinsbann ;
  • avant 1966 : Ban-Saint-Martin ;
  • 1966 : Le Ban-Saint-Martin.

Le ban désigne le territoire où s'exerce la juridiction d'un suzerain. Le ban permettait en outre au seigneur d'exiger un droit de passage sur ses terres, un péage.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’appellation Ban-Saint-Martin vient de l’abbaye Saint-Martin, dont la fondation, attribuée au roi d’Austrasie Sigebert III, remonte au VIIe siècle. Le ban de la commune correspond pour partie aux terres de cette abbaye qui fut détruite à plusieurs reprises et disparut définitivement en 1552 lors du siège de Metz par Charles Quint. Lors de la Révolution, en 1792, le village est érigé en commune autonome[1].

Le Ban sur la planche de l'Atlas de Trudaine consacrée à Metz, XVIIIe siècle (Archives nationales).

En 1429, l’abbaye et le village sont détruits. Les pierres de cette démolition serviront à reconstruire la digue de Wadrinau.

Commune de l’agglomération messine, le Ban-Saint-Martin est, en 1840, un petit village de vignerons, dont la population ne dépasse guère 480 habitants[1]. Sous le Second Empire, sa vocation militaire s’affirme avec la création de champ de manœuvres. Durant le Siège de Metz, une partie de l'armée de Bazaine établit ses quartiers sur les terrains militaires vacants. Pour échapper à la pression des civils messins, le maréchal Bazaine lui-même y établit son quartier général[2].

Comme les autres communes de Moselle, la commune du Ban-Saint-Martin est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. De par sa situation privilégiée, entre les fortifications de Metz et les nouveaux forts du Saint-Quentin et de Plappeville, elle devient vite un quartier important pour la garnison allemande. La population dépasse très vite les 2 000 habitants, atteignant 2 500 habitants en 1900[1]. En 1902, la Tour Bismarck, dédiée à la mémoire du chancelier Otto von Bismarck, est inaugurée sur la butte dite de Charles-Quint. Reprenant le type architectural « Crépuscule des dieux », sa silhouette altière dominait, à l'époque, la vallée de la Moselle. Deux ans plus tard, le premier club de football mosellan est fondé sur la commune[1]. Vers 1905, une nouvelle caserne d’infanterie, la caserne Dupuis, est construite sur les terrains militaires de la commune. Un pont, le pont du Sauvage, est inauguré en 1906[3]. En 1913, la municipalité célèbre le 1 300e anniversaire de la fondation du Ban-Saint-Martin, fixée arbitrairement à l’an 613[1].

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Ban-Saint-Martinois, comme les Mosellans, se battent pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes gens tomberont au champ d'honneur sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, en Prusse-Orientale, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres. Sujets loyaux de l'Empereur, les Mosellans accueillent cependant avec joie la fin des hostilités et la paix retrouvée. Fin 1918, l'armée française occupe les casernes et les infrastructures militaires laissées par l'armée impériale allemande. La Moselle est réintégré à la France, en juin 1919, conformément au traité de Versailles.

Dès 1925, les principales rues du Ban-Saint-Martin sont goudronnées et pourvues d’éclairage électrique[1]. En 1932, une nouvelle mairie-école est inauguré, dans un bel édifice militaire. Pendant la drôle de guerre, des soldats anglais et hindous sont cantonnés dans la caserne de la commune, qui reçoit la visite du roi George V du Royaume-Uni[4]. Le 14 juin 1940, Metz est déclarée « ville ouverte ». Huit jours plus tard, l'Armistice est signé dans la clairière de Rethondes. La commune du Ban-Saint-Martin est de nouveau annexée à l'Allemagne.

Lors de la seconde annexion, elle est rebaptisée « Martinsbann », avant d'intégrer le district urbain de Metz, ou Stadtkreis Metz, le 1er octobre 1940. À partir d'octobre 1942, des Malgré-nous sont incorporés de force dans l'armée allemande. Malgré la combativité de la 462e Volks-Grenadier-Division de l'armée de Knobelsdorff, le Ban-Saint-Martin est libérée par la 5e DI de l'armée Patton le 21 novembre 1944[5], à la fin de la bataille de Metz, mettant ainsi fin à quatre années de souffrance.

En 1947, un incendie détruit l’usine Loevenbrück du Sauvage et des inondations entraînent, fin décembre, d’importants dégâts dans la commune[1]. Un an plus tard, l’église paroissiale Sainte-Croix est inaugurée. Dans les années qui suivent, le village connaît une croissance continue. En 1951, une école d’enseignement ménager est créée dans le château Lasalle. En 1960, un centre socioculturel et le groupe scolaire Verlaine sont ouverts. Cinq ans plus tard, le collège Jean-Bauchez est inauguré. En 1976, les écoles Pagnol et La Pépinière ouvrent aussi[1]. Le Ban-Saint-Martin est aujourd'hui une commune résidentielle, d’environ 4 300 habitants, intégrée à l'agglomération messine. Les infrastructures militaires ont, pour la plupart, été détruites, mais certaines, rénovées, témoignent du riche passé militaire de la commune.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1818 1830 Jean-Baptiste Joseph de Lardemelle Monarchiste  
1945 1947 Marcel Loevenbruck    
1947 1954 Lucien Poinsignon    
1954 1963 Marcel Maujean    
1963 1988 Pierre Herment UDR puis app. UDF  
1988 mars 1995 Gérard Schnitzler    
mars 1995 en cours Henri Hasser DVD  

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[7],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 4 185 habitants, en diminution de -2,99 % par rapport à 2009 (Moselle : 0,02 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
210 204 247 248 306 286 385 445 380
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
821 1 594 1 695 1 793 2 382 2 444 2 750 1 264 1 715
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
1 849 2 299 2 513 2 534 2 849 2 954 3 624 3 815 3 733
1990 1999 2005 2010 2014 - - - -
4 066 4 293 4 472 4 252 4 185 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

L’économie est principalement composée de cultures maraîchères, de pisciculture, ainsi que de vignes.

Maison du XVIIIe siècle.

Patrimoine local[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Tour Bismarck, monument commémoratif élevé à la mémoire du chancelier impérial Otto von Bismarck, situé sur le mont Saint-Quentin. Unicum en France, la tour de Metz est du type Crépuscule des dieux, comme celle de Stuttgart.
  • Passage d’une voie romaine ;
  • Vestiges romains (canalisation) ;
  • mont Saint-Quentin ;
  • Ancien château Lasalle, situé 41 avenue de la Liberté, élevé vers le milieu du XVIIIe siècle (la plupart des pièces ont conservé leurs aménagements de l’époque) où se situe désormais l'IRTS de Lorraine ;
  • Villa Schock, 35 avenue de la Liberté, 1934 ; conçue par l’architecte suisse Otto Zollinger pour le minotier allemand Schock ; béton brut peint en blanc, larges ouvertures et distributions des pièces autour d’un axe de symétrie caractéristiques du style « paquebot » des années 1930 ; c’est l’un des seuls exemples mosellans de l’avant-garde moderne qui privilégie les formes pures et l’harmonie des proportions[10].
  • Collège Jean-Bauchez. Établissement scolaire, baptisé en l'honneur du chroniqueur Jean Bauchez, échevin de Plappeville et greffier du cardinal de Lavalette (XVIIe siècle).

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Croix.
Couvent des sœurs de Sainte-Blandine.
Chapelle des sœurs de Sainte-Blandine.
  • Église nouvelle Sainte-Croix, avenue de la Liberté, architecte Jean-Baptiste Hourlier (prix de Rome 1926), grande fresque et vitraux de Nicolas Untersteller, sculpture de Nicolas Letourneur et chemin de Croix par Mme Untersteller, 1948.
  • Couvent avec chapelle des sœurs de Sainte-Blandine.

Édifices militaires[modifier | modifier le code]

  • la caserne Dupuis, élevée par les allemands pendant l’annexion,cette caserne a été détruite en 2009[11].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Personnalités nées au Ban-Saint-Martin[modifier | modifier le code]

  • Theodor Berkelmann (1894-1943) homme politique, général allemand, né au Ban-Saint-Martin ;
  • Hans Otto Glahn (1895 - ap.1933), homme politique (SPD) allemand, né au Ban-Saint-Martin ;
  • Georges Zvunka (né en 1937 au Ban-Saint-Martin), footballeur professionnel dans les années 1950-1960 ;
  • Yvette Pierpaoli (1938-1999), militante humanitaire, dont le film The Constant Gardener s'inspire librement, née au Ban-Saint-Martin ;
  • Jules Zvunka (né en 1941 au Ban-Saint-Martin), footballeur professionnel dans les années 1960-1970, entraineur ;
  • Victor Zvunka (né en 1951 au Ban-Saint-Martin), footballeur, international A en 1975 (1 sélection), entraineur ;

Personnalités liées au Ban-Saint-Martin[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Site officiel du Ban-saint-Martin
  2. François Yves Le Moigne (sous la direction de), Histoire de Metz, Privat, 1986 (p.336).
  3. Le pont du Sauvage sera détruit le 18 novembre 1944, lors de la bataille de Metz.
  4. François Yves Le Moigne (sous la direction de), Histoire de Metz, Privat, 1986 (p.384).
  5. 1944-1945:Les années liberté, Le républicain Lorrain, 1994 (p.14: Recensement préfectoral sur les dates de libération)
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  10. Brochure du programme Constellation, « En attendant l’ouverture du Centre Pompidou-Metz », 136 p., Villa Schock, Le Ban-Saint-Martin, p. 102.
  11. Mise en œuvre du Programme Régional d’Accompagnement des Restructurations de Défense 1998-2008 sur epfl.fr (p.15)