Sainte-Hélène (île)

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Sainte-Hélène
Carte de Sainte-Hélène.
Carte de Sainte-Hélène.
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 15° 57′ S, 5° 42′ O
Superficie 122 km2
Point culminant Diana's Peak (823 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Territoire britannique d'outre-mer Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha
Démographie
Population 4 534 hab. (2016)
Densité 37,16 hab./km2
Plus grande ville Jamestown
Autres informations
Découverte 1502
Fuseau horaire UTC±00:00
Site officiel http://www.sainthelena.gov.sh/

Géolocalisation sur la carte : océan Atlantique

(Voir situation sur carte : océan Atlantique)
Sainte-Hélène
Sainte-Hélène
Îles au Royaume-Uni

Sainte-Hélène[1], en anglais Saint Helena, est une île volcanique de 122 km2, située au milieu de l'océan Atlantique sud, à 1 856 km à l'ouest des côtes de l'extrême-nord-ouest de la Namibie et à 3 286 km à l'est-sud-est de la ville brésilienne de Recife faisant partie de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha, territoire d'outre-mer du Royaume-Uni. Elle fut découverte par le navigateur galicien João da Nova Castella le et nommée en l'honneur d'Hélène, mère de Constantin Ier. Dès 1657, elle devient possession de la Compagnie anglaise des Indes orientales.

Essentiellement connue comme lieu d'exil de Napoléon Ier du 14 octobre 1815 à sa mort le 5 mai 1821, l'île lui doit son intérêt touristique qui repose sur l'attrait des lieux qu'il a fréquentés. En 1890, le chef zoulou Dinizulu y fut détenu, avant que les Britanniques y emprisonnent le général Piet Cronje et 6 000 Boers durant la Seconde Guerre des Boers.

Île forteresse sur le passage des navires de la Compagnie des Indes, elle perdit son rôle stratégique lors de l'ouverture du Canal de Suez.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Découverte[modifier | modifier le code]

L'île est découverte par le navigateur galicien João da Nova le 21 mai 1502[2], jour de la fête de sainte Hélène selon l'usage antique et orthodoxe, qui lui vaut son nom.

Quelques aventuriers et esclaves la peuplent. Les voiliers, au cours de leurs longues traversées, y font escale pour renouveler leur provision d'eau douce et de vivres frais, ce qui lui vaut le nom d'« Auberge de l'Océan »[3]. En 1633, une flotte hollandaise en prend possession au nom des Pays-Bas qui l'annexe sans l'occuper. La Compagnie britannique des Indes orientales qui ne possède dans les mers australes aucun point de relâche pour ses navires, s'en empare en 1659 et l'aménage avant de la céder à la Couronne en 1834. Des gouverneurs sont alors nommés. De 1815 à 1821, l'île est prêtée au Gouvernement britannique comme lieu d'exil pour Napoléon[4].

Détention de Napoléon Ier[modifier | modifier le code]

Sainte-Hélène - La vallée du Tombeau

À la suite des Cent-Jours, Napoléon Ier fut exilé et déporté par les Britanniques sur Sainte-Hélène où il arriva le 14 octobre 1815 à bord du HMS Northumberland et y débarqua le 16 octobre 1815[5]. L'arrivée de l'empereur entraîna une augmentation de la population de l'île : près de 1 500 soldats anglais (en plus des 800 militaires de la compagnie des Indes) et 500 marins de la flottille de guerre, ainsi que des officiels du gouvernement britannique, accompagnés de leurs familles, sans oublier la petite colonie française qui vivait dans l'entourage de Napoléon Ier[6]. De plus, les Britanniques, craignant un débarquement de marins français pour libérer le prisonnier, revendiquèrent l'île de l'Ascension — jusque-là inhabitée — et y établirent une garnison.

Napoléon mourut le 5 mai 1821. Le lendemain, le gouverneur de l'île, sir Hudson Lowe, jusqu'alors en perpétuel conflit avec son ancien prisonnier, vint en personne s’assurer de sa mort et déclara alors à son entourage : « Hé bien, Messieurs, c'était le plus grand ennemi de l'Angleterre et le mien aussi ; mais je lui pardonne tout. À la mort d'un si grand homme, on ne doit éprouver qu'une profonde douleur et de profonds regrets[7]. »

Conformément à ses dernières volontés dans le cas où son corps ne devait pas être ramené en Europe, Napoléon Ier fut inhumé le 9 mai près d'une source, dans la vallée du Géranium, dénommée depuis « vallée du Tombeau ». Le 27 mai, toute la colonie française quitta l'île. Dix-neuf ans après la mort de Napoléon, le roi Louis-Philippe put obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de l'ex-empereur. L'exhumation du corps de Napoléon eut lieu le 15 octobre 1840, puis il fut rapatrié en France et inhumé aux Invalides à Paris.

En 1822, l'habitation de Longwood fut cédée à un fermier qui lui redonna l'usage de ferme qu'elle avait avant l'arrivée de Napoléon Ier, si bien, qu'ensuite, les visiteurs constatèrent que la maison de l'empereur en détention abritait « moulin, silo, bottes de paille et même des chevaux. »[8]

À partir de 1854, l'empereur Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l'achat de Longwood House et de la vallée du Tombeau, qui devinrent propriétés françaises en 1858, sous le nom de « Domaines français de Sainte-Hélène » et gérées depuis par le ministère des Affaires étrangères. Le pavillon des Briars, première demeure de l'empereur sur l'île, fut adjoint au domaine en 1959, lorsque sa dernière propriétaire en fit don à la France.

Population[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de population indigène sur l'île. Les habitants de l'île sont des Européens descendants de Britanniques, des Africains descendants d'esclaves et des Chinois. Tous les habitants parlent anglais ; il n'y a jamais eu de créoles et les populations d'origine non britannique ont perdu la langue de leurs ancêtres.

La population s'élève à environ 4 200 habitants en 2008 en incluant les visiteurs (3 900 en ne comptant que les autochtones), se répartissant pour la plupart dans l'intérieur de l'île, plus verdoyant. Cependant, celle-ci est en forte baisse, puisqu'elle a perdu 1 000 habitants depuis 1998.

La capitale de l'île est Jamestown, qui en est également la ville principale avec 864 habitants. Située sur la côte, s'étirant sur 1,5 km, mais dépourvue de port, elle est si encaissée entre deux montagnes que les habitants ne reçoivent aucune chaîne de télévision.

Politique[modifier | modifier le code]

Élizabeth II détient le pouvoir exécutif sur l'île.
Article détaillé : Politique de Sainte-Hélène.

Sainte-Hélène est régie par une constitution datant de 1988. À Sainte-Hélène, le pouvoir législatif est exercé par un conseil législatif de quinze membres, dont douze sont élus par la population du territoire pour un mandat de quatre ans. Les trois autres sont le gouverneur et deux officiers désignés par la couronne britannique.

Le pouvoir exécutif est détenu par la reine Élisabeth II, qui le délègue à un gouverneur, le gouverneur de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha, nommé par elle sur conseil du gouvernement britannique. Un conseil exécutif existe également, comprenant le gouverneur et ses deux officiers, et six membres élus choisis par le gouverneur parmi les douze du conseil législatif. Le gouverneur actuel est Michael Clancy (depuis octobre 2004).

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Les districts de Saint-Hélène.
District Superf.
km2
Pop.
22 févr.
1987
Pop.
3 mars
1998
Pop.
10 févr.
2008
Densité
hab./km2
Alarm Forest 5,9 ... 289 276 46,8
Blue Hill 36,5 190 177 153 4,2
Half Tree Hollow 1,6 1 075 1 140 901 563,1
Jamestown 3,6 ... 884 714 198,3
Levelwood 14,0 415 376 316 22,6
Longwood 33,4 ... 960 715 21,4
Sandy Bay 15,3 305 254 205 13,4
Saint Paul's 4,4 ... 908 795 69,7
Total 121,7 5 644 5 157 4 255 35,0

Ces districts sont réduits à deux : Est et Ouest. Quatorze hectares forment les Domaines français de Sainte-Hélène.

Présence française[modifier | modifier le code]

Après la détention de Napoléon Ier en 1815 à Longwood, la France est devenue propriétaire des bâtiments et des terrains ayant servi à accueillir l'empereur sur l'île. Ce domaine, qui est détenu par le Ministère des Affaires étrangères de la France, regroupe trois territoires : la maison de Longwood, le domaine de la Tombe et le pavillon des Briars en plus d'un terrain.

Le domaine est actuellement administré par un consul honoraire et conservateur du Domaine, Michel Dancoisne-Martineau[9], auteur en 2017 de Je suis le gardien du tombeau vide.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

La végétation de l'île comptait de nombreuses espèces endémiques au moment de sa découverte, mais a été fortement dégradée par la présence de l'homme. La destruction a commencé peu de temps après la découverte par les Portugais en 1502, avec l'introduction de chèvres. Comme il n'y avait aucun animal herbivore sur l'île, la flore n'était pas adaptée au pâturage. Plus tard, avec l'établissement d'une population permanente par la Compagnie anglaise des Indes orientales en 1659, de nombreuses plantes, comme Phormium tenax, ont été introduites, lesquelles ont créé de nouveaux paysages. De plus, les arbres ont été fortement utilisés pour la construction et la cuisine, et la distillation de l'arrack.

Si l'intérieur de l'île était probablement couvert par une dense forêt tropicale, ainsi que la côte, le paysage actuel est très différent. Il y a trois grandes zones de végétation : les fourrés de fougères arborescentes, sur les plus hautes parties de l'île, des pâturages aux altitudes moyennes, et une zone complètement érodée, sur les parties basses.

Certaines espèces comme Acalypha rubrinervis et Nesiota elliptica (olivier de Sainte-Hélène) ont maintenant disparu. D'autres espèces, comme Pelargonium cotyledonis sont devenues rares ou en voie d'extinction. Une espèce particulière est rentrée dans l'Histoire: il s'agit du saule pleureur qui ombrageait le tombeau de Napoléon [10].

Faune[modifier | modifier le code]

Le Pluvier de Sainte-Hélène figure sur le blason et le drapeau de l'île. Plusieurs sous-espèces d'oiseaux endémiques de l'île ont disparu depuis l'occupation humaine (chasse, destruction de la forêt primaire subtropicale, espèces prédatrices introduites...) : Râle de Sainte-Hélène (Aphanocrex podarces), Huppe de Sainte-Hélène (Upupa antaios), Pigeon bleu, Coucou de Sainte-Hélène (Nannococcyx psix) et une sous espèce de Pétrel.

Accès à l'île[modifier | modifier le code]

Voie maritime[modifier | modifier le code]

L'île est accessible par bateau et occasionnellement par avion depuis la construction d'un aéroport, mais ne possède pas de port à quai ; les passagers et les marchandises étant débarqués par des transbordeurs. Un navire britannique le RMS St Helena (RMS pour Royal Mail Service, le dernier bateau postal britannique encore en service), mi-cargo mi-paquebot fait désormais la liaison depuis l'Afrique du Sud ainsi qu'avec l'île de l'Ascension. Avant octobre 2011, il fallait quatorze jours au RMS St Helena, pour parcourir les 8 000 kilomètres qui séparent Cardiff au Pays de Galles de Jamestown, avec une escale à Tenerife aux îles Canaries.

Voie aérienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aéroport de Sainte-Hélène.

Après beaucoup de controverses, le projet d'aéroport est abandonné en raison de la crise économique mondiale en 2009. Cependant, le nouveau gouvernement britannique du premier ministre David Cameron décide en juin 2010 de relancer le projet qui est adopté en novembre 2011. C'est une société sud-africaine, Basil Read, qui obtient le contrat de 200 millions de livres, et l'aéroport devait ouvrir en 2015 (date du 200e anniversaire de l'arrivée en exil de Napoléon), avec des vols entre l'île et l'Afrique du Sud[11]. L'ouverture fut reportée à la suite d'un vol test soulignant de « dangereuses conditions climatiques » lors de l'approche. Finalement, l'aéroport est inauguré le 21 mai 2016. Cependant, des tests effectués par un Boeing 737 de British Airways, montrent que les vents balayant l'île rendent très difficile l'atterrissage. Ainsi, au 23 septembre 2016, aucune ligne n'a encore été ouverte sur l'aéroport et son avenir demeure incertain[12]. Une nouvelle ligne devrait voir le jour en octobre 2017 mais pour un avion de quatre-vingts places maximum[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commission de toponymie de l'IGN - Institut national de la statistique et des études économiques, Pays indépendants et capitales du monde : Entité géopolitiques dépendantes au 01.09.2007, Paris, , 10 p. (lire en ligne), p. 6.
  2. Jules-Sébastien-César Dumont d'Urville, Voyage pittoresque autour du monde, tome II, p. 547.
  3. Ulane Bonnel, Sainte-Hélène, terre d'exil, Hachette, , p. 17
  4. Jacques Macé, Dictionnaire historique de Sainte-Hélène, Tallandier,
  5. Thierry Lentz, Napoléon, Éditions La Boétie, , p. 82.
  6. Michel Dancoisne-Martineau, Chroniques de Sainte-Hélène: Atlantique sud, Perrin, , p. 301.
  7. Napoléon, Larousse, , p. 91.
  8. Albert Benhamou, L'autre Sainte-Hélène : la captivité, la maladie, la mort et les médecins autour de Napoléon, 2010, p. 373.
  9. Les domaines français de Sainte-Helene : l'achat de la maison de Longwood et du domaine de la tombe sur le site www.napoleon.org, consulté le 5 juin 2017.
  10. L'autre Saint-Hélène, sur le site lautresaintehelene.com, consultée le 26 novembre 2014.
  11. (en)Remote UK island colony of St Helena to get airport BBC 3 novembre 2011.
  12. Guerric Poncet, « Sainte-Hélène : un aéroport sans avion à 330 millions d'euros », (consulté le 23 septembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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