Main de justice

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Main de justice, l'une des regalia en France ; elle symbolisait au Moyen Âge le pouvoir de juger du roi

La main de justice est un insigne du pouvoir royal en France utilisé depuis le XIIIe siècle lors du sacre. Il prit son nom au XVe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peu de récits du sacre des rois capétiens existent, ce qui rend difficile l'établissement d'une chronologie de l'apparition de la main de justice. Cependant on sait que jusqu'à la fin du XIIe siècle, les rois de France reçoivent lors de la cérémonie du sacre une verge, symbole de commandement. On ne sait si avant le XIIe siècle, cette verge était une main de justice. Des théories divergentes demeurent encore aujourd'hui sur l'analyse d'une représentation du sceau de Hugues Capet datant de 1681 et sur laquelle le premier des Capétiens y figure tenant une main de justice[1]. Interprétation abusive ou réalité ? Quoi qu'il en soit, la main de justice n'apparait plus par la suite sur les sceaux royaux.

Hervé Pinoteau a fait le point des connaissances sur la main de justice[2] :

  • La main de justice du roi, qui fut dite de Charlemagne au XVIIe siècle, devait en fait dater des derniers Capétiens directs ou des premiers Valois.
  • Le roi de France étant classiquement comparé à David depuis Charlemagne, la fausse étymologie de David qui signifierait « main forte » donnée par saint Jérôme et encore connue en 1300, suggérerait que la main de justice est un sceptre davidique (le roi David de l'église Sainte-Bénigne de Dijon porte d'ailleurs une main de justice[3]).
  • Cependant, le terme « main de justice » n'apparaît dans les textes que depuis la seconde moitié du XVe siècle, lors des obsèques de Charles VII.
  • Il n’existe qu’une seule représentation précise de cette main de justice, sur le tableau représentant Louis XV qui est à Furnes (Veurne, Flandre-occidentale, Belgique) qui serait d’Henri Testelin.
  • Long de 0,591 m avec une main de 7 cm, ce sceptre court fut envoyée à la casse par la Convention nationale.
  • La reine en recevait une également lors de son sacre.
  • Lors de la cérémonie du sacre, la main de justice était remise après le sceptre, dans la main gauche du souverain. Après la cérémonie, elle était confiée au trésor de l'abbaye royale de Saint-Denis avant d'être ressortie pour le prochain sacre.
  • D'autres souverains que le roi de France ont utilisé la main de justice : les rois de Navarre et d'Écosse au XVIe siècle ; le duc de Lorraine (lors des obsèques de Charles III de Lorraine en 1608) ; Napoléon Ier, Félix Baciocchi, prince de Lucques, Louis-Napoléon roi de Hollande, Jérôme-Napoléon roi de Westphalie, Joachim-Napoléon roi des Deux-Siciles ; les empereurs du Brésil au XIXe siècle ; l'empereur Augustin Ier du Mexique ; les rois des Belges depuis 1830 ; Louis-Philippe roi des Français.
  • Il n’y a plus de main de justice en France sauf celle du milieu du faisceau de pique du Sénat.

Symbolisme[modifier | modifier le code]

Du fait de son nom, on attribue à la main de justice la signification que le roi peut rendre la justice.

Traditionnellement, on lui attribuait une dimension religieuse, chaque doigt de la main représentant :

Les trois doigts ouverts symbolisaient également la Trinité.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Mabillon, De re diplomatica lib. VI, Paris, 1681, pl. XXXVIII, d'après le sceau autrefois fixé sur un diplôme du roi en faveur de Saint-Philibert de Tournus (22 mai 989).
  2. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve-XVIIIe siècles, P.S.R. éditions, 2004, p. 306-307 et 315.
  3. Dom Urbain Plancher OSB, Histoire générale et particulière de Bourgogne, Dijon, 1739, t. 1, face p. 502.