Quartier du Faubourg-du-Roule

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Quartier du Faubourg-du-Roule
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Arrondissement municipal 8e
Démographie
Population 10 038 hab. (1999)
Densité 12 611 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 52′ 25″ N 2° 18′ 13″ E / 48.8735496, 2.3037383 ()48° 52′ 25″ Nord 2° 18′ 13″ Est / 48.8735496, 2.3037383 ()  
Superficie 79,6 ha = 0,796 km2
Transport
Métro (M)(1)(2)(6)(9)(13)
Localisation

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Quartier du Faubourg-du-Roule

Le quartier du Faubourg-du-Roule est le 30e quartier administratif de Paris situé dans le 8e arrondissement.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le quartier du Faubourg-du-Roule couvre 79,7 hectares, délimité par la place de l'Étoile, la place de la République-de-l'Équateur, l’avenue Matignon, le rond-point des Champs-Élysées. L’emplacement de la vieille porte du Roule qui marquait la limite du faubourg du Roule se situe au no 114 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. La barrière du Roule encore plus ancienne se situait place des Ternes. Avec la barrière de l'Étoile et la barrière de Monceau (dont on peut voir encore la Rotonde de Claude Nicolas Ledoux au métro Monceau), elle faisait partie du mur des Fermiers généraux, encerclant Paris et destiné à contrôler les marchandises soumises à l'octroi qui entraient dans la ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première mention du village du Roule se trouve dans des chartes du XIIIe siècle[1]. C'était alors un hameau dépendant de Villiers-la-Garenne, compris dans la seigneurie de Clichy, qui se trouvait au-delà d'un bras de la Seine qui devait, au XIVe siècle, être transformé en égout[2].

Vers 1200, la corporation des Monnayeurs de la Monnaie de Paris y achète une maison destinée à loger et soigner ses membres atteints de lèpre[3]. En avril 1217, Pierre de Nemours, évêque de Paris, l'autorise à construire une chapelle placée sous le vocable de saint Jacques et saint Philippe, patrons de la corporation[4], qui se présentait comme une petite église de campagne à nef unique, prolongée par un chœur éclairé de cinq fenêtres séparées par des contreforts. L'administration de la maison est précisée par une convention du 12 mars 1342[5]. Au milieu du XVIe siècle, la lèpre ayant presque disparu en France, les bâtiments sont loués par les Monnayeurs à leurs officiers comme maison de campagne.

Le village du Roule est porté pour la première fois sur le plan de Truschet et Hoyau en 1552. Le 20 décembre 1597 un acte passé par les Monnayeurs au terrier de Saint-Victor pour leur maison du Roule la mentionne comme « de présent en ruine »[6]. Mais au début du XVIIe siècle, d'importantes réparations sont effectuées à la ferme et les terres sont mesurées en vue de leur location[7].

Le quartier commence à se développer avec la création de la première pépinière royale, qui se trouvait entre la rue du Faubourg-du-Roule, l’égout correspondant au tracé de l’actuelle rue La Boétie, les Champs-Élysées et la rue de Chaillot (actuelle rue de Berri).

En 1639, à la demande des habitants, le Roi Louis XIII accorde la permission de bâtir et de s'unir au village de la Ville-l'Évêque[8]. La chapelle tombant en ruine, sa reconstruction est envisagée[9] : on projette de construire un petit bâtiment à nef unique se terminant en hémicycle de 9 toises 4 pieds de long sur 4 toises de large, mais le projet n'est pas mis à exécution. En 1636 et 1642, on se borne à faire des réparations à l'ancienne chapelle[7]. En 1657, Frémin de Cotte, architecte et ingénieur du Roi, et Jean Pasquinot, maître maçon juré, préconisent la démolition et la reconstruction.

En 1673, toutes les léproseries sont placées sous l'administration de l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, et l'ancienne maladrerie prend alors le nom de « commanderie du Roule »[6]. Mais en 1693, un nouvel arrêt rend leurs droits antérieurs aux Monnayeurs et à l'archevêque[10].

À la fin du XVIIe siècle, la population du Roule se compose de 75 ménages et environ 180 enfants. La chapelle de la maladrerie ne sert que de chapelle de secours : pour les sacrements, les offices et l'instruction religieuse de leurs enfants, les habitants du Roule doivent se rendre à Saint-Martin-de-Villiers, éloignée d'une lieue (environ 4 kilomètres)[7].

En 1695, les villageois demandent à Mgr de Harlay l'érection de la chapellenie en paroisse. Mgr de Noailles accède à leur requête le 28 janvier 1697[6] et l'abbé Pierre Le Voyer, qui était chapelain du Roule depuis 1671, en devient le curé[7]. Vers 1700, Nicolas de Lépine exécute de nombreuses réparations à la chapelle[11].

Le 30 janvier 1722, le Roule est érigé en faubourg de Paris[12]. En 1739, le lieutenant général de police René Hérault ordonne la démolition de la vieille chapelle qui menace ruine[13]. Les cloches sont mises dans un abri et le service est transféré provisoirement dans une grange, inondée à certains moments, « lieu tout à fait indécent pour une église et pour une paroisse de Paris qui à cet égard se voit réduite au dessous du dernier village du royaume », écrivent le curé et les marguilliers[14]. En 1741, le Roi offre un terrain détaché de l'ancienne pépinière pour construire une nouvelle église, mais le « grand égout », longeant l'actuelle rue La-Boétie, ne permettant pas d'asseoir des fondations assez solides[15], le projet doit être abandonné et le terrain donné par le Roi est utilisé comme nouveau cimetière.

La spéculation qui saisit le faubourg Saint-Honoré vers le milieu du XVIIIe siècle atteint le faubourg du Roule. En 1755, la comtesse de Langeac acquiert les terrains de l'ancienne pépinière royale pour y créer un lotissement. Les Monnayeurs vendent leur maison et leurs terres. L'évolution du quartier s'accélère si bien qu'en 1785, presque toutes les rues actuelles ont été percées[16].

En 1764, le curé et les marguilliers écrivent au Roi : « La paroisse devient tous les jours plus considérable par le nombre et par la qualité des paroissiens. »[13] À la suite de cette requête, le lieutenant général de police, Sartine, demande à l'architecte Louis-Marie Colignon de lui proposer les moyens de doter la paroisse d'une église digne d'elle. Colignon propose un plan de reconstruction totale de l'église sur le terrain actuel pour un devis de 70 000 livres[14], modeste mais encore hors de portée de la paroisse. Louis XV juge néanmoins ce projet insuffisant et, en 1767, un nouveau projet est demandé à Jean-François-Thérèse Chalgrin par l'intermédiaire du comte de Saint-Florentin, secrétaire d'État à la Maison du Roi, pour qui l'architecte construisait l'hôtel de Saint-Florentin.

Article détaillé : Église Saint-Philippe-du-Roule.

Les plans de Chalgrin sont approuvés le 12 octobre 1768 par l'Académie royale d'architecture mais l'achat des terrains traîne en longueur. Ce n'est qu'en 1773 qu'il est possible d'entreprendre les travaux de démolition et de fondation. En 1779, la construction est réalisée « presqu'à moitié »[17] mais elle doit être interrompue à la fin de l'été de la même année par manque de fonds. Les travaux sont achevés en 1783-1784, pour un coût total de 300 000 livres[13]. Au printemps 1784, l'église est en état de recevoir les fidèles ; elle est bénie par M. Chevreuil, vicaire général, le 30 avril 1784[18] ; il reste à édifier les deux clochers qui devaient encadrer le chevet et qui ne verront jamais le jour. Le presbytère, le vicariat et l'école, demandés par le Roi en 1772, ne seront pas bâtis en même temps que l'église[19].

Principales voies[modifier | modifier le code]

Rues[modifier | modifier le code]

Places[modifier | modifier le code]

Principaux sites[modifier | modifier le code]


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources =[modifier | modifier le code]

  • Sabine Drilhon-Codet, in : Béatrice de Andia (dir.) et Dominique Fernandès (dir.), Rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris, Délégation à l'action artistique de la ville de Paris,‎ 1994, 430 p. (ISBN 2-905118-49-0), chap. 154 (« Saint-Philippe-du-Roule »), p. 327-332

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sabine Drilhon-Codet, « Saint-Philippe-du-Roule », art. cit., p. 327
  2. Jean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, t. 1, Paris, A. Durand,‎ 1863-1870, 4 vol., p. 437
  3. terme désignant alors toute maladie de peau
  4. M. Dumolin, « La maladrerie et le fief du Roule », Bulletin de la Société historique de Paris et de l'Ile-de-France,‎ 1930, p. 49
  5. Arch. nat., T 149127
  6. a, b et c Arch.nat., S 3481
  7. a, b, c et d Sabine Drilhon-Codet, art. cit., p. 327
  8. Henri Sauval, Histoire et recherche des antiquités de la ville de Paris, Paris,‎ 1733, p. 335
  9. Arch. nat., T 14915
  10. Arch. nat., Q1 11341 et T 149131-37
  11. Arch. nat., T 149131
  12. Michel Félibien, Histoire de la ville de Paris, depuis son commencement connu jusqu'à présent, t. 2, Paris, Guillaume Desprez,‎ 1725, 5 vol. in-fol. fig. et pl., p. 504
  13. a, b et c Arch. nat., G9 154
  14. a et b ibidem
  15. Babeau, « La reconstruction de l'église Saint-Philippe-du-Roule », Bulletin de la Société historique des VIIIe et XVIIe arrondissements,‎ 1904, p. 73
  16. Sabine Drilhon-Codet, art. cit., p. 328
  17. Arch. nat., O1 2111
  18. Arch. nat., H5 3809bis
  19. Arch. nat., S 3481