Sophie de Bavière

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Sophie de Bavière
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L'archiduchesse Sophie (1858).
Biographie
Titulature Princesse de Bavière puis archiduchesse d'Autriche
Dynastie Maison de Wittelsbach
Naissance
Munich
Décès (à 67 ans)
Vienne
Sépulture Crypte des Capucins
Père Maximilien Ier Joseph de Bavière
Mère Caroline de Bade
Conjoint François-Charles de Habsbourg-Lorraine, archiduc d'Autriche
Enfants François-Joseph Ier d'Autriche
Maximilien Ier du Mexique
Charles-Louis de Habsbourg
Marie-Anne d'Autriche
Louis Victor de Habsbourg-Lorraine

Frédérique Sophie Dorothée Wilhelmine de Wittelsbach, duchesse de Bavière puis archiduchesse d'Autriche, princesse de Bohème et de Hongrie, née le à Munich et décédée le à Vienne était un membre par alliance de la Maison de Habsbourg-Lorraine, « le seul homme de la famille » disait d'elle le chancelier Metternich. Elle est la mère des empereurs François-Joseph Ier d'Autriche et Maximilien Ier du Mexique.

Une princesse de la famille de Wittelsbach[modifier | modifier le code]

Membre de la Maison de Wittelsbach, Sophie et sa sœur jumelle, Marie, sont les filles de l'électeur Maximilien IV de Bavière et de sa seconde épouse, Caroline de Bade.

Sophie, duchesse de Bavière, adolescente

L'Électrice Caroline est la petite-fille du margrave Charles-Frédéric de Bade, souverain d'un État petit et de peu d'influence (il n'est même pas un électorat) mais qui est bordé par la France et dont la politique éclairée est admirée en Europe. L'Électrice a de nombreuses sœurs qui se marient avec de bons partis et « trustent » les trônes d'Europe. Alors que la France révolutionnaire sombre dans la guerre et la Terreur, la première, Louise-Auguste est choisie en 1793 par la tsarine Catherine II de Russie pour être l'épouse de son petit-fils, le futur tsar Alexandre Ier de Russie. Dès lors les trônes Européens sont offerts aux princesse de Bade : Frédérique est mariée au roi Gustave IV de Suède (qui sera détrôné en 1809), Marie et devient duchesse de Brunswick et Wilhelmine, landgravine puis grande-duchesse de Hesse-Darmstadt.

La duchesse Sophie de Bavière et ses deux sœurs, Ludovica et Marie (Stieler, 1815)

L'an 1805 qui commence par la naissance des deux princesses bavaroises se termine par la victoire des Français à Austerlitz. L'empereur d'Autriche ne peut que se résigner à entériner la fin du quasi-millénaire Saint Empire romain germanique sur lequel il règne depuis 1792 et ne conserve que ses possessions patrimoniales mais doit céder le Tyrol et le Vorarlberg donnés à la Bavière qui, opportunément et comme ses voisins Badois, Wurtembergeois et Saxon, choisit le camp du vainqueur.

L'empereur des Français crée de toutes pièces une « Confédération du Rhin », dont il s'arroge la mission de « protecteur », à laquelle la Bavière et ses voisins adhèrent sans rechigner. Par la grâce de l'empereur des Français, la Bavière, le Wurtemberg et la Saxe deviennent des royaumes tandis que Bade, dont le soutien à la politique Française n'a pas été jugé suffisamment enthousiaste par l'empereur n'est qu'un grand-duché.

Soucieux d'une véritable union avec les familles royales d'Europe, Napoléon, ne craignant pas le scandale, envisage de marier ses proches aux membres de grandes dynasties : Tandis qu'une fille du roi de Wurtemberg est mariée à Jérôme Bonaparte, promu par son frère roi d'un royaume de Westphalie créé ex-nihilo, le grand-duc héritier de Bade épouse Stéphanie de Beauharnais, une nièce du premier mari de l'impératrice des Français, adoptée et créée princesse impériale pour l'occasion, la sœur aînée de Sophie Augusta-Amélie de Bavière épouse en 1806 Eugène de Beauharnais, le fils de Joséphine, adopté lui aussi par l'empereur des Français. La duchesse Marie-Élisabeth en Bavière, une cousine de la branche cadette, a été mariée en 1808 au maréchal Berthier, promu depuis peu au rang de prince (prince de Neuchâtel et de Valangin (1806) puis de Neuchâtel, de Valagin et de Wagram (1809)), qui représentera l'empereur de Français à Vienne lors des cérémonies du second mariage par procuration du souverain avec l'archiduchesse Marie-Louise. Nonobstant l'alliance Française, lorsque Napoléon envisage d'unir le prince héritier de Bavière à une de ses parentes, le jeune homme est rapidement marié à une princesse de sang royal bien que d'une Maison secondaire et protestante. Sans l'exprimer, le roi de Bavière considère une union avec les Bonaparte comme une mésalliance et ne souhaite pas que le mariage de l'héritier de la dynastie puisse un jour être considéré comme morganatique.[réf. nécessaire]

À la chute de l'Empire français, le roi de Bavière ayant opportunément rallié les alliés, conserve son royaume et son titre et, pour faire oublier son passé « bonapartiste », marie ses filles cadettes aux vainqueurs du jour. Caroline-Auguste, après un mariage annulé avec le prince héritier de Wurtemberg, épouse en 1816 l'empereur François Ier d'Autriche, Élisabeth épouse en 1820 le roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse, Marie-Léopoldine et Amélie sont chacune à leur tour reines de Saxe. Seule, la benjamine Ludovica ne porte pas couronne, elle est mariée pour des raisons familiales à un cousin d'une branche cadette, le duc Maximilien en Bavière. Elle souffrit beaucoup de sa différence de rang avec ses sœurs mais prit sa revanche en mariant brillamment ses filles[réf. nécessaire].

Ainsi, Sophie est également la tante (et belle-mère) de l'impératrice Élisabeth d'Autriche, la célèbre « Sissi », de la reine Marie des Deux-Siciles et de la duchesse d'Alençon.

Mariage[modifier | modifier le code]

L'archiduc François-Charles (vers 1825)
L'archiduchesse au sein de la famille impériale de gauche à droite l'impératrice, l'empereur, le duc de Reichstadt, la duchesse de Parme, l'archiduchesse, le Kronprinz Ferdinand, l'archiduc François-Charles
L'archiduchesse Sophie présidant la prière du soir de ses enfants, les archiducs François-Joseph, 9 ans, Charles-Louis, 6 ans et Ferdinand-Maximilien, 7 ans ainsi que l'archiduchesse Marie-Anne, 4 ans qui mourra l'année suivante. (Fendi,1839)

Belle et intelligente, Sophie épouse à contrecœur le 4 novembre 1824 à Vienne l'archiduc François-Charles d'Autriche, homme faible, sans beauté et sans charme, mais apparemment promis au trône impérial, son frère étant visiblement incapable. En revanche, le jeune archiduc, passionné de chasse, sera très amoureux de sa très jolie épouse. N'ayant aucun goût pour le pouvoir ni la politique, il sera un époux et un père dévoué voire soumis.

Sa mère, à qui la jeune Sophie se plaignait, lui répondit : « Que voulez-vous, cela a été décidé au congrès de Vienne ». Cependant, quelque temps après son mariage, la jeune archiduchesse écrivait froidement à sa mère : " je ne suis pas heureuse, je suis satisfaite".[réf. nécessaire]

La jeune fille est accueillie chaleureusement par l'empereur François Ier qui est en même temps son beau-père et son beau-frère puisque lui-ci a épousé en troisièmes noces Caroline-Auguste de Bavière, demi-soeur de l'archiduchesse.

Après six années de stérilité dont quatre fausses-couches (notamment en 1827 et en 1829) – un handicap politique –, le couple a six enfants :



L'archiduchesse est une mère aimante et attentionnée, particulièrement attentive à l'éducation donnée à ses enfants. La mort de sa fille la laissera inconsolobale.

Au cœur des rumeurs[modifier | modifier le code]

L'archiduchesse Sophie d'Autriche
Le duc de Reichstadt
Le prince de Vasa

Si certains ragots non fondés prétendent que le prince de Vasa serait le père de l'empereur François-Joseph, des rumeurs affirment que le père de son second fils Ferdinand-Maximilien n'était autre que le neveu de son mari le duc de Reichstadt, le fils de Napoléon[1], qui n'était que de six ans son cadet, avec lequel elle était intimement liée : elle fut, dit-on, le grand amour de l'Aiglon et l'assista dans ses derniers jours. Membre à part entière de la Maison d'Autriche par sa mère l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche devenue duchesse régnante de Parme, et traité avec affection par son grand-père l'empereur François, le duc de Reichstadt éveilla en Sophie, elle aussi en exil, des sentiments probablement partagés entre amour romantique et amour maternel[réf. nécessaire] mais rien ne permet d'affirmer qu'ils furent amants, bien que l'empereur Napoléon III le croyait. Avant de partir pour le Mexique, l'archiduc prétendait être le petit-fils illégitime de Napoléon Ier.


Portrait réalisé en 1832 par Joseph Karl Stieler pour la galerie des beautés

De même, l'archiduchesse sympathisa avec le prince de Vasa, son cousin utérin, fils du roi détrôné Gustave IV de Suède. De six ans son aîné, le prince était officier dans l'armée impériale. D'une belle prestance et d'une grande beauté, il l'emportait largement sur l'archiduc François-Charles, quelque peu victime de la consanguinité. Rien ne permet de confirmer les ragots qui firent de l'archiduchesse et du prince des amants. L'archiduchesse était trop consciente de son rang, ses ambitions pour son mari puis pour son fils trop puissantes et son sens politique trop développé pour prendre le risque d'une disgrâce. En revanche, la princesse Amélie de Suède, sœur du prince de Vasa, fut agréée comme dame de compagnie de l'archiduchesse. Les deux femmes tissèrent des liens d'amitié qui durèrent jusqu'à la mort de la princesse en 1853.

Par ailleurs, la famille paternelle de Sophie devait beaucoup à l'ex-empereur des Français : le roi Maximilien Ier, père de l'archiduchesse, devait son titre royal à Napoléon et sa sœur aînée, la duchesse Augusta-Amélie de Bavière avait épousé le prince Eugène de Beauharnais, créé duc de Leuchtenberg - mariage d'État devenu véritable union amoureuse ; Sophie ne cacha jamais son admiration pour Napoléon ni son affection pour son beau-frère Beauharnais. En revanche, elle concevait la France comme la mère des idées révolutionnaires et ne cachait pas son mépris pour les différents régimes qui succédèrent à la Restauration.

La Maison de Wittelsbach se faisait aussi remarquer par son goût pour les arts et son excentricité. Le roi Louis Ier, frère aîné de l'archiduchesse, fonda la pinacothèque de Munich et se rendit célèbre par sa Galerie des beautésil souhaita voir figurer le portrait de sa sœur en bonne place[réf. nécessaire]. Sa passion pour la danseuse Lola Montez l'obligea à abdiquer en 1848. Son hellénophilie permit à son fils Othon de monter sur le trône de Grèce en 1831. Le beau-frère de l'archiduchesse, le duc Max, escalada la pyramide de Khéops et joua de la cithare à son sommet.

Archiduchesse d'Autriche[modifier | modifier le code]

Le chancelier Metternich
L'archiduchesse (en costume Biedermeier) et son fils aîné, l'archiduc François-Joseph

Dès son arrivée à la Cour de Vienne, la jeune fille y occupe de facto la première place. Sa demi-sœur (et belle-mère), Caroline-Augusta, bien qu'impératrice en titre, lui laisse jouer ce rôle qui convient parfaitement à sa personnalité. L'empereur François Ier la considère comme sa fille et fait montre d'une extrême bienveillance. A la mort de l'empereur François Ier, en 1835, l'impératrice Caroline se retire à Salzbourg et la nouvelle impératrice en titre, née Marie-Anne de Sardaigne et qui ne parle pas l'allemand, ne lui conteste pas ce rôle.[réf. nécessaire]

Cependant, elle trouve en face d'elle, le chancelier de l'empire, le prince de Metternich qui gouverne depuis 1810 et se méfie de cette jeune archiduchesse ambitieuse et à la forte personnalité qui pourrait lui faire de l'ombre.

Confronté aux capacités très limitées de son héritier, l'archiduc Ferdinand, homme d'un caractère doux et aimable mais à la limite de la débilité l'empereur songeait à transmettre la couronne à son fils cadet l'archiduc François-Charles. Celui-cis aurait dû à la mort de son père devenir empereur d'Autriche et Sophie impératrice. Le chancelier Metternich évoqua le principe dynastique pour s'opposer à cette substitution. Le chancelier voyait dans le monarque plus l'institution que l'homme et il craignait aussi d'avoir à compter avec Sophie, dont le mari était à sa dévotion. C'est d'ailleurs le chancelier qui, après la naissance de l'archiduc François-Joseph, avait incité l'empereur à conserver ses droits à la couronne à l'archiduc Ferdinand et à le marier alors qu’il approchait de la quarantaine, afin de procréer et d'éloigner Sophie du trône. Avec Ferdinand, un empereur faible, marié à une femme sans intérêt pour les affaires politiques comme l'archiduchesse Marie-Anne, Metternich put ainsi conserver la haute main sur la politique autrichienne durant les treize années suivant la mort de l'empereur François Ier. Cette période de l'histoire est appelée le Vormärz.

Déçue dans ses ambitions, l'archiduchesse reporta ses espoirs sur son fils appelé à succéder à son oncle. Reconnaissant la valeur du chancelier, elle se rapprocha de lui et lui confia une partie de l'éducation de son fils, François-Joseph, en qui elle voit déjà le futur empereur.

Bien que quatre de ses sœurs fussent souveraines, deux reines de Saxe et une reine de Prusse, une impératrice d'Autriche, et que son frère Louis Ier fût roi de Bavière, et qu'étant devenue par mariage membre de la Maison de Habsbourg-Lorraine (comme un certain nombre de princesses de sa Maison), Sophie était la véritable tête de la famille. En 1841, l'archiduchesse perd sa mère. La reine douairière de Bavière, née Caroline de Bade était un soutien et une confidente pour l'archiduchesse qui ressentit douloureusement cette disparition. Enceinte pour la onzième fois, elle met au monde un quatrième fils, l'archiduc Louis-Victor d'Autriche qui sera son dernier enfant et commence à tenir un journal.

Durant la période Biedermeier, l'archiduchesse fut une figure éminente du monde viennois. Son salon était réputé ouvert aux artistes et elle y reçut, entre autres Franz Liszt et Johann Strauss qui lui consacra une valse. Une des salles de bals les plus fréquentées de Vienne portait son nom, la Sophiensaal. En 1827, le rosiériste français Jean-Pierre Vibert lui dédie une rose créée en 1824 par Cottin, la rose "Princesse Sophie de Bavière".

Se posant résolument comme la championne de la tradition, elle s'opposa avec succès aux projets de mariage du duc d'Orléans, héritier du « roi des barricades » et petit-fils d'un prince régicide avec l'archiduchesse Marie-Thérèse, fille de l'archiduc Charles-Louis (qui épousera en 1837 le roi Ferdinand II des Deux-Siciles).

L'empereur François-Joseph en 1853

Sophie savait également former autour d'elle un cercle familial chaleureux dans ce monde curial qui l'était si peu.

La révolution de 1848[modifier | modifier le code]

La révolution de 1848 chasse Metternich du pouvoir et l'oblige à l'exil le 13 mars 1848. La Hongrie se soulève et le roi Charles-Albert de Sardaigne, profitant des difficultés de l'empire lui déclare la guerre. La famille impériale se réfugie à Innsbruck puis à Prague et, après l'assasinat du ministre de la guerre Theodor Baillet von Latour, à Olmütz.

Cependant, ayant conscience que la monarchie devait se rénover et que, seul, un jeune souverain pourrait faire face aux troubles causés par les révolutions nationales, l'archiduchesse Sophie, avec la complicité de sa sœur, l'impératrice douairière, veuve de François Ier d'Autriche, et de sa belle-sœur, l'impératrice Marie-Anne, obtint que son mari, l'archiduc François-Charles, trop faible de caractère pour assumer la fonction impériale, renonçât à ses droits à la couronne, et que son beau-frère l'empereur Ferdinand Ier abdiquât en faveur de François-Joseph, ce fut le « complot des Dames ».

L'archiduchesse accorde son soutien au forces conservatrices et à la répression conduite par le général-comte von Grünne, les princes Felix zu Schwarzenberg et Alfred de Windisch-Graetz.

Influence auprès de François-Joseph[modifier | modifier le code]

La famille impériale (1861)

Par son caractère et sa fermeté, ainsi que grâce à l'appui des ultramontains, Sophie asseoit les débuts du règne de son fils aîné sur un régime absolutiste et autoritaire qui s'appuie sur l'armée et le clergé catholique. Le Concordat de 1855 qui met un terme à la politique joséphiste autrichienne et renforce le contrôle du clergé sur la société la réjouit. Cependant cette politique se heurte aux résistances des nationalités qui minent l'empire et aux échecs en politique extérieure. L'empereur est contraint d'adhérer au parlementarisme et de reconnaître une large autonomie à la Hongrie. Déplorant l'évolution de la politique autrichienne, minée par les échecs, l'archiduchesse ne s'efface du pouvoir qu'à l'approche de la mort.

Après avoir écarté l'archiduchesse Elisabeth dont l'empereur s'était épris mais qui cumulait les handicaps politiques - issue de la branche hongroise, veuve d'un prince de la branche de Modène et mère d'une petite fille -, elle souhaite affaiblir la Prusse en mariant une nièce du roi, la princesse Anne de Prusse, à l'empereur. Mais les Hohenzollern ne veulent pas d'une alliance avec les Habsbourg-Lorraine et l'archiduchesse se tourne vers sa Bavière natale, seconde puissance catholique de la Confédération Germanique après l'Autriche. Cependant, François-Joseph faisant preuve pour la première fois d'indépendance, épouse non la fiancée désignée mais sa sœur.

Les autres fils se marient aussi selon leur cœur. D'abord le troisième Charles-Louis épouse en 1856 la duchesse Marguerite de Saxe, une cousine saxonne qui meurt prématurément, puis la princesse Maria-Annunziata des Deux-Siciles, une cousine sicilienne en exil qui meurt après lui avoir donné quatre enfants et enfin une princesse de Bragance, fille de l'ex-roi du Portugal, elle aussi exilée, Marie-Thérèse de Portugal.

Ferdinand-Maximilien, le second, épouse très diplomatiquement une princesse ni Allemande, ni Hongroise, ni Slave, ni Italienne : Charlotte, l'ambitieuse fille de l'ambitieux roi des Belges.

Dernières années et mort[modifier | modifier le code]

L'exécution de Maximilien, (Manet, 1868)

La défaite de l'Autriche face à la Sardaigne, alliée de la France, qui permet la création du Royaume d'Italie en 1861 puis celle de 1866 face à la Prusse qui exclut l'Autriche de la sphère germanique, le Diplôme d'octobre 1860 qui met fin au néo-absolutisme, le compromis austro-hongrois de 1867, victoire de l'impératrice Élisabeth et le révision du concordat sous l'impulsion de la majorité libérale de la diète consacre l'échec politique de l'archiduchesse. La mort tragique de son fils, l'empereur du Mexique, fusillé en 1867 à Queretaro après un procès inéquitable la brise. La guerre franco-prussienne de 1870/1871 qui consacra l'unification de l'Allemagne sous l'égide de la Prusse la confine un peu plus dans une solitude morale. Elle se rend alors à Possenhofen chez sa sœur Ludovika mais s'y trouve confronté à une famille endeuillée : Hélène, veuve éplorée mais digne de son mari mort prématurément et le duc Charles-Théodore, dont la jeune épouse Sophie de Saxe est morte à l'âge de 22 ans, laissant une fille, Amélie Marie.

Sans une plainte ni une critique, l'archiduchesse se retire peu à peu du monde. Elle n'assiste pas au couronnement de son fils et de sa belle-fille à Budapest. Elle ne pardonna jamais à Napoléon III d'avoir entraîné son fils dans l'aventure Mexicaine, puis de l'avoir abandonné, et refusa de le rencontrer lors de la visite de condoléances que celui-ci fit à Vienne quelque temps plus tard. Elle salua cependant la bravoure des troupes Bavaroises pendant la guerre Franco-prussienne mais déplora l'inféodation de sa patrie à la Prusse. Enfin la mort prématurée de sa belle-fille l'archiduchesse Maria-Annunziata,qui laisse l'archiduc Charles-Louis, veuf pour sa seconde fois à l'âge de 38 ans avec quatre enfants en bas âge affecte l'archiduchesse qui soutient son fils et se consacre à sa vie familiale, notamment à ses petits-enfants, l'archiduchesse Gisèle et le Kronprinz Rodolphe ainsi qu'aux enfants de la défunte Maria-Annunziata, les archiducs François-Ferdinand dont elle note le caractère nerveux, Othon et Ferdinand-Charles et la petite Marguerite née en 1870.

En 1872, elle assista aux fiançailles de sa petite-fille, l'archiduchesse Gisèle à peine âgée de 15 ans, avec le prince Léopold de Bavière. Tout en respectant les convenances sociales, cette union était un mariage d'inclination auquel l'impératrice avait largement contribué. Une fois encore Habsbourg-Lorraine et Wittelsbach s'alliaient mais, tout en se réjouissant du bonheur des amoureux, l'archiduchesse, fidèle à elle-même, concluait : "politiquement, ce mariage ne vaut rien".

Sans se départir de sa dignité, l'archiduchesse mourut d'une pneumonie le 28 mai 1872 à l'âge de 67 ans.[2] Elle fut veillée jusqu'à sa fin par l'impératrice, sa belle-fille.

Sophie de Bavière dans la culture[modifier | modifier le code]

L'archiduchesse Sophie en 1866

Le cinéma – notamment l’œuvre de Ernst Marischka – a laissé de l'archiduchesse Sophie (interprétée par Vilma Degischer) l'image d'une femme politique au caractère ferme et autoritaire. Les diplomates disaient qu’elle était « le seul homme de la famille impériale ». Ce caractère bien trempé se heurta très vite à la personnalité indépendante de sa jeune belle-fille et nièce, l'impératrice Elisabeth.

L'archiduchesse Sophie n'était pas la méchante femme présentée parfois : son principal souci était la grandeur de l'Autriche et de sa Maison souveraine ce qui explique qu'elle n'hésita pas à inspirer à son fils une politique réactionnaire, autoritaire, centralisatrice et cléricale.

La révolution de 1848 qui ébranla fortement le principe monarchique l'effraya mais ne lui fit pas perdre contenance. Ayant compris qu'une période nouvelle était advenue, elle préféra renoncer au trône en y plaçant son fils aîné à peine sorti de l'adolescence : « Adieu ma jeunesse » aurait dit l'empereur de 18 ans.

Si elle avait renoncé au trône, l'archiduchesse n'avait pas renoncé au pouvoir. À peine cinq ans plus tard, l'archiduchesse cherchait pour son fils l'empereur François-Joseph une union capable de renforcer la monarchie danubienne. La princesse Hélène en Bavière, dix-neuf ans, jolie, sage, pieuse et cultivée fut choisie. Les deux promis ne furent consultés que pour la forme.

« Sissi » en 1865

Mais l'archiduchesse dut s'incliner devant la volonté de son fils, décidé à choisir lui-même son épouse. Comme toujours elle s'adapta, disposée à aimer sa belle-fille. Néanmoins, elle se montra très maladroite avec cette adolescente un peu puérile et narcissique. Femme de devoir, elle ne pouvait comprendre que l'impératrice fît passer ses propres sentiments avant les devoirs de son État.

Bien que manquant de tact et de patience envers sa belle-fille qui se montrait de moins en moins capable de remplir correctement ses devoirs[réf. nécessaire], elle fut une excellente mère pour ses quatre fils et une excellente grand-mère, proche de tous ses petits-enfants.

Au seuil de la vieillesse, les défaites militaires de 1859 et 1866, le Diplôme d'octobre 1860 qui mettait fin à l'absolutisme, la révision du concordat moins favorable au clergé, la création de l'Autriche-Hongrie signèrent l'échec de sa vision politique. La catastrophe mexicaine qui fut fatale à son fils préféré la brisa. L'unification de l'Allemagne sous l'égide de la Prusse à laquelle la Bavière avait dû prêter son concours fut aussi une humiliation et un chagrin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Castelot, Madame Royale, Perrin 1962, rééd. 1999, p. 265
  2. Erika Bestenreiner, Sissi, ses frères et sœurs, Pygmalion 2004, p. 101

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Bled, Sophie de Habsbourg. L'impératrice de l’ombre, Perrin, 2018, 304 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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