Frégate (navire)

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La frégate furtive française Surcouf de classe La Fayette.
La Rieuse, frégate à rames de 30 canons (1674-1698).

Le mot frégate désigne des types de navires très différents, il est originaire de la Méditerranée, et est resté très proche dans plusieurs langues (fregata en Italie, fragata en espagnol et en portugais, frigate en anglais, Fregatte en allemand).

Dans la marine à voile, la frégate se situe entre le vaisseau et la corvette.

Dans la marine moderne une frégate est une protection d'un bâtiment précieux (porte-avions, bâtiment de projection et de commandement, sous-marin nucléaire), lutte anti-navire, lutte anti sous-marine ou anti-aérienne, surveillance d’une zone maritime...

Dans la terminologie militaire moderne, une frégate est un navire de guerre de surface de taille moyenne, dont les dimensions, les armes et les équipements lui permettent :

  • de naviguer au large quelles que soient les conditions météorologiques ;
  • d'attaquer et de se défendre contre des sous-marins, des avions ou d'autres navires ;
  • éventuellement d'attaquer des cibles terrestres ;
  • d'agir isolément ou au sein d'une force navale.

Dans les marines de l'OTAN :

– le numéro de coque des frégates est précédé par un « F » ;
– l'appellation codée est « FF », « FFG » (dotée de missiles surface-air), « FFH » (porte-hélicoptères).

Dans la Marine nationale, les frégates sont classées en 2 catégories. Les frégates de 1er rang classe Georges Leygues, Cassard ou type « Horizon » (Forbin et Chevalier Paul) considérées comme des destroyers (lettre D, normalement associée aux destroyers) et de second rang, classe Lafayette ou Germinal (lettre F).

Leur tonnage se situe entre 2 000 et 7 000 tonnes ; plus petites, on parle de corvettes ou de patrouilleurs ; plus grosses et polyvalentes, de croiseurs.

Historique[modifier | modifier le code]

Modèle de grosse frégate de 40 canons au milieu du XVIIIe siècle.

Les frégates sont apparues au XVIe siècle, pendant l’âge d’or des galions. C’étaient alors de petits navires de guerre rapides, à un pont découvert et légèrement armés (une évolution de la simple barque à rames et voile latine munie d’une ou deux pièces d’artillerie).

Les premiers navires de guerre lancés par la Marine royale française et désignés sous le nom de frégate sont la Cardinale et la Royale en 1638 à l'arsenal de Brest. Elles jaugeait 400 tonneaux, portaient une seule batterie d'une dizaine de pièces d'artillerie de chaque bord.

À cette époque, la frégate désigne tous les bâtiments de voiliers, qu'il s'agisse de corsaires, de contrebandiers ou de navire de guerre, caractérisés par leur grande finesse, manœuvrabilité, et rapidité.

Entre la seconde moitié du XVIIe et le XIXe siècle, les frégates évoluèrent en navires de guerre de taille moyenne avec un pont d’artillerie portant des pièces de calibre moyen, elles furent équipées de deux batteries supplémentaires de petit calibre, avec un total de 40 pièces.

Les grandes guerres maritimes entre l'Espagne, l’Angleterre, la Hollande et la France vont révolutionner les tactiques des combats navals. Jusqu'alors les bâtiments se précipitaient, quelle que fût leur taille, sur les bâtiments adverses. La seule manœuvre tactique consistait à attaquer par l'arrière un bâtiment déjà engagé dans un combat d'artillerie bord à bord. La tactique dite de la ligne de bataille apparaît alors et sera utilisée jusqu'au XIXe siècle, les puissants navires de lignes, qui prendront le nom de vaisseaux, forment une ligne de manière à ne pas se gêner et à pouvoir tirer ensemble une bordée entière, tout en étant capable de virer de bord et de résister au tir de l'ennemi. Les frégates, peu résistante sont placées hors de la ligne de bataille, ainsi abritées elles ont une vue d'ensemble et renseigne leur amiral sur la situation tactique. Les frégates sont plus rapides et manœuvrables que les vaisseaux tout en gardant une grande autonomie, un grand rayon d’action et des capacités militaires importantes.

Au début du XVIIIe siècle la Royal Navy divise ses bâtiments en 6 classes, les frégates sont alors les bâtiments de cinquième et sixième rang jaugeant 500 à 600 tonneaux armées d'une batterie complète de 20 pièces de livres. Les Français dont le système administratif est beaucoup plus souple et favorable au progrès technique que celui des anglais vont progressivement prendre l'avantage dans la construction navale et faire évoluer les frégates au cours du XVIIIe siècle[1].

Le calibre maximal des pièces d'artillerie des frégates va aller continuellement augmenter au cours du XVIIIe (6 à 8 livres, puis à partir de 1747: 12 livres, puis après 1782 : 18 livres et exceptionnellement jusqu'à 24 livres lors des guerres de la période napoléonienne) et des affûts sur le pont supérieur. Au milieu du XIXe siècle, les Britanniques et les Français commencèrent à qualifier de croiseurs leurs grandes frégates à long rayon d’action.

Les frégates furent à cette époque les vaisseaux les plus actifs, elles étaient constamment maintenues opérationnelles, contrairement aux grands navires de ligne qui eux étaient souvent désarmés et maintenus dans les ports, en temps de paix, car le coût de leur entretien était prohibitif. Les frégates constituaient donc en temps de paix, le gros de la flotte active et les meilleurs équipages et chefs y servaient.

En temps de guerre, elles effectuaient des missions de reconnaissance (rôle d’aviso) ou de liaison (véritables estafettes des mers, elles convoyaient les ordres et les messages importants) pour les flottes de ligne, et attaquaient les convois commerciaux en pratiquant la guerre de course, seules ou regroupées dans de petites unités. Elles étaient ainsi souvent missionnées comme navires corsaires et accomplissaient des exploits comme ceux de Robert Surcouf ou René Duguay-Trouin.

Les plus grands modèles pouvaient rivaliser avec les plus petits vaisseaux de ligne et combattaient parfois au sein d'une escadre.

À noter que lors des grandes batailles de destruction qui voient s'opposer des vaisseaux, les frégates se tiennent du côté opposé à la ligne de feu, permettent la transmission des ordres et messages, et ne participant que rarement au combat. En particulier, un vaisseau n'attaquera jamais une frégate, qui constitue en général un adversaire beaucoup plus faible en puissance de feu et en capacité d'encaissement (bien que plus rapide): en principe lorsque des engagements de ce type ont eu lieu, c'est pratiquement toujours la frégate qui a pris l'initiative de l'affrontement.

Les frégates ont souvent représenté la pointe du progrès dans la marine à voile, tant en matière de gréement qu’en dessin des coques ; autour des années 1800, un bon marcheur pouvait filer dans les 12 nœuds, vitesse remarquable pour l’époque. Leur armement pouvait aller de 16 à 22 canons sur un pont (La Confiance de Surcouf, par exemple) jusqu’à 60 canons sur deux ponts (la Belle-Poule de 60 canons, qui ramena les cendres de Napoléon de Sainte-Hélène) qui apparurent lors du XIXe siècle. Il allait généralement de 32 à 44 canons, de 8 à 24 livres (3,6 à 11 kg) plus quelques caronades.

Les frégates anciennes étaient classées d'abord, selon le calibre des canons de la première batterie, exprimé par la masse du boulet en livres. Soit du XVIIe siècle jusqu'au milieu du XVIIIe siècle :

  • frégate-vaisseau de 8 ou de 12 sur la seconde batterie, la première batterie ne comportant que quelques canons de 18 ou 24 livres vers 1640 à 1756 ;
  • frégate légère de 6 comptant environ 150 hommes vers 1659 à 1744 ;
  • frégate de 8 comptant environ 200 hommes vers 1740 à 1744.

Puis du milieu du XVIIIe siècle jusqu'au début du XIXe siècle :

Enfin au XIXe siècle, elles sont classées par le nombre de canons embarqués :

  • frégate de second rang, portant 50 canons, comptant environ 430 hommes, vers 1772 à 1843 ;
  • et frégate de premier rang, portant 60 canons, comptant environ 500 hommes, vers 1805 à 1846 qui sont l'aboutissement de la marine à voile avec le seul calibre de 30 livres. Les différentes frégates, vers 1830, de 40, 50 ou 60 canons ont un assortiment de canons courts, moyens et longs, tous de 30 livres. Ces calibres se retrouvent aussi sur les vaisseaux et les corvettes de l'époque, le seul calibre différent concernant l’obusier de marine.

Après que la vapeur eut fait son apparition (1840-1860), les frégates à vapeur étaient alors les bateaux les plus rapides. Avec la systématisation des blindages, elles évoluèrent finalement en croiseurs à la fin du XIXe siècle, le terme tombant en désuétude.

Le terme de « frégate » réapparut dans la marine britannique pendant la Seconde Guerre mondiale pour désigner les navires plus grands que les corvettes, mais plus petits que les destroyers, et chargés de l'escorte des convois. Ces bâtiments avaient principalement un armement et un équipement à vocation anti-sous-marine, délaissant l'armement de lutte contre les navires de surface, en particulier, les torpilles. Ils étaient plus lents que les destroyers, car ils escortaient surtout des convois de cargos qui faisaient route à moins de quinze nœuds, mais aussi plus endurants en particulier quand la mer était grosse, car il devait remplir leur mission sur toute la longueur de l'Atlantique. De par leurs missions et leur caractéristiques, ils s'apparentaient étroitement aux destroyers d'escorte de l'US Navy.

Frégates modernes[modifier | modifier le code]

L'appellation de frégate est devenue à peu près interchangeable avec celle de destroyer, en fonction des traditions des différentes marines.

Dans les années 1960 et 1970, l’introduction puis la généralisation des missiles anti-navires et anti-aériens révolutionnèrent leur ligne. Suivant une tendance à la spécialisation des rôles, héritée de la Seconde Guerre mondiale (avec les escorteurs d'escadre), elles devinrent des navires spécialisés dans les tâches de lutte anti-sous-marine ou anti-aérienne, tout en gardant des capacités anti-navires (grâce à l'artillerie et aux missiles mer-mer comme l’Exocet). La plupart des frégates modernes portent des hélicoptères, qui sont utilisés pour la lutte anti-sous-marine ou anti-navires (avec des missiles air-mer), la reconnaissance, le sauvetage ou les liaisons.

Entre 1950 et 1970, certaines marines, en particulier la Marine nationale et l'US Navy, construisent les premiers bâtiments polyvalents lance-missiles sous la dénomination de frégates, telles que les Suffren et Duquesne, premières frégates lance-missiles françaises lancées en 1963 et 1964 qui déplacent 6 000 t à la vitesse de 34 noeuds. Les frégates anti-sous-marines, telles que la classe Tourville quant à elles, sont équipées de sonars actifs ou passifs, de coque ou remorqués, de torpilles, et de missiles porteurs de torpilles. Elles embarquent aussi des hélicoptères, eux-mêmes équipés de sonars trempés, de bouées acoustiques et de torpilles.

L’évolution de la construction des frégates a permis l’apparition de frégates furtives[2] munies de capacités anti-missiles (comme les classe La Fayette munie du missile Crotale, ou de classe Horizon munie du missile ASTER. Leurs formes géométriques ont été réalisées pour minimiser la réflexion des ondes radars. Les frégates modeste escorteur à leur origine sont devenus au début du XXIe siècle avec la classe Horizon les plus puissants bâtiments de combat de surface en Europe après les porte-avions, par l’amélioration de la technologie du traitement du signal radar, des automatismes et de la gestion des systèmes de combat ainsi que des missiles anti-aérien et anti-missiles, capable d’assurer leur autodéfense et la protection d'une force navale jusqu'à une distance de 180 km contre les bâtiments de surface, de 100 km contre les aéronefs et de plusieurs dizaines de km contre les sous-marins, de contrôler l'espace aérien d'une zone maritime ou terrestre jusqu'à une distance de plus de 400 km et sur 360°.

Enfin, les six premières frégates franco-italiennes de type FREMM seront équipés de missiles de croisière MDCN faisant à partir du 19 mai 2015 de la Marine nationale la seconde Marine avec l'US Navy ayant une capacité d'attaque contre la terre à partir d'un bâtiment de surface[3] [4].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grande encyclopédie Alpha de La Mer, Grange batelière, Paris et Istituto geografico de agostini, Novare,‎ , Frégate
  2. ministere defense, « [Intégrale] Furtivité, le camouflage haute technologie (JDef) », sur Dailymotion (consulté le 12 juin 2015)
  3. « Première en Europe : la FREMM Aquitaine tire un missile de croisière naval », sur Marine nationale,‎ (consulté le 20 mai 2015)
  4. « La France à l’heure du missile de croisière naval », sur Mer et Marine,‎ (consulté le 31 mai 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]