Loi du milliard aux émigrés

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Loi du milliard aux émigrés

Présentation
Titre Loi concernant l'indemnité à accorder aux anciens propriétaires de biens-fonds confisqués et vendus au profit de l'État en vertu des lois sur les émigrés, les condamnés et les déportés
Pays Drapeau de la France France
Type Loi ordinaire
Adoption et entrée en vigueur
Législature IVe législature de la Restauration
Gouvernement Gouvernement Jean-Baptiste de Villèle
Adoption
Promulgation

Lire en ligne

Collection complète des lois, etc., p. 154


Les historiens Bernard Bodinier et Éric Teyssier parle de la vente des Biens Nationaux comme du « plus grand évènement de la Révolution »[1], en reprenant une formule de l'historien Georges Lecarpentier, qui y ajoute à cependant à cela « la conquête de l’égalité civile et celle de la liberté politique »[2]. A l'époque, le chef du gouvernement, Villèle, considère la question du vote de cette loi en ces termes : « La plaie de l'État est dans les Biens Nationaux ».

La loi dite « du milliard aux émigrés » est une loi française promulguée le 27 avril 1825, consistant à indemniser les émigrés qui avaient perdu leurs biens vendus comme Bien national sous la Révolution (à partir de 1793 pour les nobles émigrés condamnés à mort) pour calmer les craintes des acheteurs. La loi est soutenue devant la chambre des députés par le comte de Vaublanc et le vicomte de Martignac[3]. Toutefois, il est à noter, attendu la composition de nobles de l'ancien régime des Chambres, l'existence d'un réel conflit d'intérêt dans le vote de cette loi.

Un autre problème est posé par le vote de cette loi : la Charte constitutionnelle de 1814 précise dans son neuvième article « l'irrévocabilité » de la vente des Biens Nationaux. La Bourdonnaye en défend à cette occasion l'abrogation.

Les émigrés reçurent des rentes de 3 % (630 millions de francs en valeur réelle et près d'un milliard en valeur nominale). Le paiement de ces rentes posa problème car Villèle avait déchaîné les passions et l’opposition se scandalisait des milliards pris sur le Trésor public. Malgré les protestations, de grandes figures du libéralisme aristocratique, comme Lafayette, Talleyrand, ou encore Louis-Philippe, encaissent une indemnité. En réalité, cette indemnisation n'intéressait pas juste les émigrés mais tous ceux dont la propriété avait été confisquée pendant la Révolution.

Le vote de la loi[modifier | modifier le code]

La Chambre haute (ou chambre des pairs) réunie à cet effet vote le 21 février 1825 à 159 voix contre 63 cette loi. Le 23 février, c'est au tour de la Chambre basse de la voter à 221 voix pour, 130 contre.

Honoré de Balzac en a fait le sujet d'une nouvelle parue en 1832 : Madame Firmiani. La loi sert aussi de contexte au roman Armance de Stendhal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BODINIER (Bernard) et TEYSSIER (Éric), L’Évènement le plus important de la Révolution. La vente des biens nationaux en France et dans les territoires annexés (1789-1867), Paris, CTHS et Société des Études robespierristes, 2000, 503 p.
  2. LECARPENTIER (Georges), La Vente des biens ecclésiastiques pendant la Révolution française, Paris, Alcan, 1908, 191 p., p. 4.
  3. Histoire des Émigrés Français, A. Antoine, p. 267 [1]